HYPERESTHÉSIE
On donne le nom d'hyperesthésie à l'exaltation de la sensibilité dans les tissus qui se manifeste au moment du contact des excitants naturels de leur sensibilité. C'est ce qui établit une différence entre elle et la douleur qui peut appalaître sponianémeiil. Toutefois, comme l'a fort bien établi V. A. Racle, l'hyperesihésie et la douleur ont entre elles de nombreux points de contact, car là
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OÙ il y a douleur, il y a toujours liyperestliésie, et les parties qui sont le sièges» de l'hyperesthésie sont aussi le siège de douleurs spontanées (1). Je dirai volon-i', tiers que les douleurs tiennent davantage de l'état morbide, et que le tégument*! externe, dans ces maladies, est disposé de telle sorte, que le contact des exci- > tants ordinaires provoque de la douleur.
L'hyperesthésie s'observe exclusivement dans les organes des sens, dans la peau et dans les muqueuses organes du toucher, dans les muqueuses organe^ du goût ; AsiWs l'œil et ses dépendances organes de la vision; dans l'organe de l'ouïe et dans la muqueuse pituitaire organe de Vodorat.
C'est un trouble fonctionnel, idiopathigue de la sensibilité ou au contraire \ un trouble symptomatique d'une lésion du système nerveux, en un mol un q symptôme.
L'hyperesthésie cutanée et celle des orifices muqueux est une de celles qu'on • observe le plus communément.
Dans cet état d'exaltation de la sensibilité, la peau est ordinairement exempte t de maladie. Ce ne sont pas les pressions fortes qui déterminent de la douleur, ■. ce sont les attouchements les plus légers qui ne font qu'efileurer la surface; : ainsi le contact des vêtements. La douleur ainsi provoquée est souvent assez vive t pour amener des cris, pour déterminer la syncope.
L'hyperesthésie se montre tantôt le jour, tantôt la nuit. Il arrive qu'elle se déploie tout à coup, et que, quittant un endroit, elle se montre subitement en un lieu assez éloigné du premier point affecté. D'autres fois, elle s'épuise eu quelque sorte, et elle est remplacée par une espèce d'anesthésie.
Quand l'hyperesthésie est très-prononcée, on observe des névralgies super- • ficielles et profondes, de la rougeur, de la chaleur, une fièvre locale qui, du i reste, dure peu de temps.
Les muqueuses peuvent être hyperesthésiées : ainsi la muqueuse de la bouche, » la muqueuse des fosses nasales, la muqueuse du vagin, du col de l'utérus, du méat urinaire chez la femme, de l'orifice vulvaire, ce qu'on appelle d'un nouveau nom, le vaginisme. On trouve quelquefois le vagin et l'orifice vulvaire tellement sensibles, que le toucher et le coït sont impraticables. En raison do cette hyperesthésie, le caihétérisme est quelquefois très-douloureux et irèsredoulé chez certaines femmes hystériques affectées de rétention d'urine.
L'hyperesthésie est habituellement superficielle, cutanée, ou elle occupe les organes des sens, particulièrement l'œil et les oreilles, mais elle peut cire profonde et occuper les os ou les muscles. Ainsi tout le monde sait que chez les hvstériques, on provoque des douleurs en appuyant sur les apophyses épineuses des vertèbres dorsales et cervicales ou rachiaîgie, sur les muscles des gouttières vertébrales, sur les attaches de quelques muscles et en pariicuhcr sni les attaches des muscles du tronc.
Avant de mentionner les maladies dans lesquelles on rencontre l'hypcresthésie, dans lesquelles par conséquent cette exaltation de la sensibilité a une va-
(1) Racle, Trailé do diagnostic médical, 4" édition. Paris, 1868, p.