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TROUBLES DE LA. SENSIBILITÉ. — HYPERESTIIÉSIE

leur diagnostique, je dois dire que le plus souvent l'hyperestliésie existe indépend.imment de toute" airection uialérieile du centre céphalo-racliidien, et que l'existence de l'hyperestliésie doit même d'emblée faire penser à toute autre chose qu'à une alTectiou cérébrale. Cet état morbide est généralement attribué, depuis les travaux de MM. Cazenave, Gendrin et Racle, à une névrose, c'est-àdire à un trouble dynamique indépendant de toute altération matérielle appréciable.

Elle s'observe dans la plupart des névroses, dans la chorée, dans l'hystérie, dans l'état nerveux ou nervosisme (1), dans la convalescence, au début de quelques maladies de la peau, etc.

. L'hyperesthésie s'observe au début du lichen et àa prurigo. Il n'y a pas encore de papules qu'on observe déjà, dans certains cas, cette exaltation de la sensibilité des téguments. On l'observe également, mais à diverses époques de la maladie, dmsVérythème, dans Veczéma, dans quelques affections vésiculeuses et squameuses.

Dans les névralgies, l'hyperesthésie est un phénomène constant, et les points douloureux des névralgies, bien étudiés par Valleix, ne sont pas autre chose que des points de la peau affectés d'hyperesihésie.

Dans V hystérie, les points d'hyperesihésie sont assez communs. Ils ne sont pas étendus, habituellement très-circonscrits ; de là les noms de points douloureux, clou hystérique. Les points d'hyperesthésie se montrent à la tète, sur les apophyses épineuses des vertèbres dorsales, cervicales, au niveau des gouttières vertébrales, surtout à la région du dos, à la base de la poitrine, au niveau dés ptaches du grand dentelé et du droit antérieur de l'abdomen, au niveau des attaches supérieures de ces muscles, sur le pubis, dans les flancs, au niveau de la pointe du cœur, à l'épigastre, etc. Ces points douloureux se montrent surtout ^ùcôté gauche du corps.

îi L'hyperesthésie symptomatique est beaucoup plus rare et appartient aux maladies du système nerveux et aux différentes maladies organiques qui intéressent quelques cordons nerveux.

Dans la congestion céi^ébrale, dans la méningite et àains l'encéphalite, l'hyperesthésie est très-rare et ne se montre qu'au début de la période d'excitation des organes intra-crâniens. On la reconnaît, parce que, avec l'ophthalmoscope, il est possible de découvrir une lésion du nerf optique ou de la rétine. Dès que les altérations anatomiques sont bien formées, quand il y a épanchement de sérosité ou de pus, il n'y a plus d'hyperesthésie. Toutefois elle peut reparaître quand ces affections, déjà en voie de guérison, offrent les signes d'une récidive, d'une recrudescence, et lorsqu'une encéphalite circonscrite tend à se développer autour d'un produit morbide accidentel, de nature tuberculeuse ou autre.

Dans la méningite cérébro-spinale particuHèrement, il y a également de l'hyperesthésie superficielle et profonde, et l'exaltation de la sensibilité est telle, qu'on ne peut souvent toucher la peau, même avec les plus grandes précautions.

(1) Voyez E. Kouchut, De l' état nerveux ou nervosisme. Paris, 1860.

SÉMfilOr.OGIE.

sans provoquer des douleurs extrêmement vives. Il eu est de même dans la myélite des cordons postérieurs de la moelle, mais alors, par la cérébroscopie, on constate une hypérémie ou un œdème de la papille qui indique la nature spinale organique de cet excès de sensibilité.

Dans le ramollissement du cerveau, l'hypereslhésie se montre quelquefois avant la paralysie, et il est important de la reconnaître. C'est, dans quelques cas, le seul phénomène qui soit bien appréciable, et il faut se garder de la coufondre avec une névralgie ou une manifestation rhumatismale.

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