CÉPHALALGIE
C'est une douleur vive, souvent sus-orbitaire, sans mouvement fébrile, mais accompagnée de chaleur et de pesanteur de tète, avec étourdissements, éblouissements. Elle dure de quelques heures à un jour ou deux; elle s'accompagne fréquemment de perte de l'appétit et de vomissements. Aucun autre trouble organique ne vient la compliquer. — Cette douleur de tête s'accompagne souvent de congestion papillaire et choroïdienne, et annonce une névrose congestive, ce que prouve du reste assez souvent l'œdème et l'hypérémie des paupières. Elle n'est pas grave par elle-même, elle n'est que très-pénible par ses retours fréquents. Cependant elle finit, au bout d'un certain temps, par déterminer de la faiblesse intellectuelle et une sorte d'hébétude.— Quelquefois, les femmes sujettes à la migraine ont des points d'hyperesthésie très-prononcés sur différents points du corps.
Il" Dans Vépilepsie il y a douleur de tête, mais dans les accès seulement, à moins, bien entendu, que la névrose ne soit symptomatique d'un produit morbide développé dans la substance cérébrale. Certains individus, ressentant une douleur vive de tête, sont ainsi avertis de l'imminence d'une attaque. C'est donc un symptôme prodromique. Tantôt elle est générale, tantôt, et c'est ce qui se montre le plus communément quand le mal de tête précède de trèsprès une attaque convulsive, elle est circonscrite et localisée en un seul point de la tête.
Après les attaques, il y a toujours de la douleur de tête. Celle-ci est lourde, pesante, et ces troubles fonctionnels durent plus ou moins longtemps, de quelques heures à plusieurs jours.
5° Dans Vhystérie la douleur de tête existe presque toujours avant les accès et dans leur intervalle. C'est un symptôme utile à rechercher pour établir le diagnostic quand il n'y a pas encore eu d'attaques de nerfs chez une femme que l'on présume hystérique. Ici la céphalalgie peut être générale et ne présenter aucun caractère spécial : c'est, ailleurs, une névralgie, une simple pesanteur, la céphalalgie des congestions cérébrales, tantôt enfin une douleur très-vive, limitée à un point circonscrit de la tête et formant ce qu'on appelle le clou hystérique.
La céphalalgie est, dans cette maladie, un signe si précieux, qu'on peut dire d'une manière générale qu'une femme nerveuse, sujette aux vapeurs, aux spasmes, à des douleurs vagues, à la tympanite épigastrique, à la boule, etc., qui a une céphalalgie habituelle, générale ou limitée à un seul point et surtout occipitale, est une femme atteinte d'hystérie.
6" Dans Vhypochondrie, la céphalalgie est habituelle, presque permanente, et offre tantôt le caractère d'une constriction temporale, et tantôt celui d'une pesanteur telle, que la tête s'incline sur le cou. Quelquefois elle offre des exacerbations. Le plus souvent générale, elle est quelquefois circonscrite, localisée; dans ce cas, elle est le plus souvent sus-orbitaire et occipitale.
7° Dans les fièvres et surtout dans la fièvre typhoïde, la céphalalgie est un ^les premiers symptômes de la maladie; elle survient en général quelques jours avant le mouvement fébrile. Elle ne cède pas au moment de l'invasion de la
SÉMÊIOLOGIE.
(lî'Vfo ; au contraire elle augmente. Ainsi viennent des Alourdissements et le délire. La cépluilalgie est donc un symptôme très-précieux dans la fièvre typhoïde, le seul ({uel<[uefois dont se plaignent les malades. C'est tout à la fois un symptôme du début et un symptôme de la période d'état de la maladie; sa diminution coïncide avecl'amélioralion du mal, et lorsque toutefois la guérison doit avoir lieu. Quand, au contraire, la maladie paraît tendre vers une terminaison funeste, la céphalalgie persiste. Dans le cas où elle di.sparaît, il est biea rare de la voir se reproduire. Aussi, si ce phénomène anomal se montre vers . le déclin de la maladie, on doit craindre une complication, le retour du mouvement fébrile, des accidents du côté de l'intestin, une pneumonie, mais surtout une méningite ou un épanchement séreux dans les ventricules du cerveau ou dans la cavité de l'arachnoïde.
Dans la fièvre intermittente, la céphalalgie est un symptôme prodromique ■ des accès. C'est un symptôme qui manque très-rarement et qui, en l'absence d'accès bien complets et bien déterminés, peut mettre sur la voie d'une fièvre intermittente. D'ailleurs, il y a une forme de fièvre intermittente pernicieuse ; dans laquelle le mal de tète constitue le symptôme principal. On appelle cette : lièvre fièvre pernicieuse cépJialalgique.
Dans les fièvres éruptives, la céphalalgie, qui ressemble beaucoup à celle ; qu'on rencontre dans la fièvre typhoïde, cesse dès l'éruption. C'est un phéno- mène du début. — Si la douleur de tête persiste malgré l'apparition de l'éruption, c'est un signe de mauvais augure : ou bien l'éruption est incomplète, ou il se prépare une complication.
8° Il y a enfin des douleurs de tête sympathiques des maladies des voies digestives dans l'indigestion, dans Vemburras gastrique, mais plutôt dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques. Elles s'observent aussi dans la chlorose, dans l'anémie et dans les altérations du sang par les poisons, lorsque la substance portée dans l'estomac a une action plus ou moins directe sur le
système nerveux. ,
De cette étude résultent des indications thérapeutiques très-dilTerentes selon les différentes espèces de céphalalgie. - A la céphalalgie chlorotique, le fer, le quinquina et les toniques; à la céphalalgie syphilitique, le mercure et l lodure de potassium; à la céphalalgie paludéenne, le sulfate de quinine; a la céphalalgie sympathique d'embarras gastriques, un vomitif; de vers intesin.aux les vermifuges; mais quand elle dépend d'une lésion cérébrale, d n'y a (pie la disparition de la cause qui puisse l'enlever.
Dans tous les cas, d'ailleurs, il y a les palliatifs, les op.aces et es s..,dai.fs à l'intérieur, ou à l'extérieur, par la méthode endermique ou par les injections sous-cutanées sédatives, et enfin les révulsifs de la peau.
TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ