SIGNES FOURNIS PAR LES VEINES ET PAR LA CIRCULATION VEINEUSE
Les veines peuvent se développer d'une façon considérable et devenir localement variqueuses ou être le siège de pulsations particulières dans un certain nombre de maladies.
Leur dilatation localisée, leur flexuosité et leur état variqueux résultent ordinairement d'un obstacle au retour du sang vers le cœur, soit par le fait de la pesanteur, soit au contraire par suite d'une lésion matérielle comprimant le vaisseau. Cette dilatation est partielle ou générale. — La dilatation partielle des veines sous-cutanées s'observe, soit au cou, soit à la face, dans les cas de compression de la veine cave supérieure par une maladie du cœur droit, par un anévrysme de l'aorte, par une tumeur du médiastin ou du poumon. — La dilatation des veines superficielles du ventre indique un obstacle au cours du sang dans la veine porte, une cirrhose du foie, une tumeur volumineuse de l'abdomen, une ascite, etc. — La dilatation des veines rétiniennes indique la congestion' cérébrale, les tumeurs et les phlegmasies du cerveau ou des méninges (1).— Celle qu'on observe dans les veines des membres inférieurs accompagne la phlegmatia alba dolens, la grossesse et les tumeurs du ventre; mais alors cette dilatation acquiert des proportions considérables et donne lieu a une altération des veines connue sous le nom de varices.
Les varices, comme la dilatation simple des veines, indiquent souvent un obstacle au cours du sang, soit parce que l'influence de la pesanteur empêche ce fluide de rentrer des membres inférieurs au cœur, soit parce que des tumeurs de l'abdomen ou des amas de matières fécales compriment le tronc de la veine cave inférieure. C'est ainsi que dans un grand nombre de circonstances se forment les hémorrhoïdes, qui sont, comme on sait, les varices de la fin de
l'intestin. , , . , „
te phénomène le plus important qui ait été observé dans les veines est un mouvement d'impulsion, appelé pouls veineux, observé dans les vemes du fond de l'œil et dans les veines jugulaires. Dans l'insuffisance et dans le rétrécissement de l'orifice fermé par la valvule tricuspide, à chaque contraction, le sang reflue dans la veine cave supérieure et donne heu à un battement des veines jugulaires appréciable à l'œil, sans être jamais assez fort pour être senti avec la main. Ce pouls veineux est le caractère paihognom nique des maladies de l'orifice auriculo-ventriculaire droit. On rencontre quolnuefois un phénomène analogue dans les veines des membres, lorsqu il y a vl e anév ysmale, c'est-à-dire communication accidentelle entre une vem iruiie artèil, mais alors c'est plutôt un pouls artériel avec frém.ssemon. vibratoire qu'un véritable pouls veineux.
(1) Voyez CÉRKBBOscoi'iE, page 913.