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CHAPITRE PREMIER

DE La respiration NORiWALE.

Les phénomènes de la respiration normale doivent être parfaitement connus de tous ceux qui veulent apprécier les modifications qu'éprouve la fonction respiratoire dans l'état de nialadie, et il est de toUte nécessité de cOtlîmence^ l'étude de ces modifications pal- quelques considérations préliminaires, salis les^ quelles il serait impossible de déterminer leUt' Valeur àu point de vUe dU diagnostic et du pronostic.

A l'état de parfaite santé, la respiration est égale ; elle se fait sans effort et sans bruit. Le nombre de respirations se répète un certain nombre de fois, toujours le même, dans l'espace d'une minute, suivant les âges, et peUt-êtfe aussi suivant certaines conditions individuelles eU dehors de tout état pathologique. Ainsi, chez l'enfartt, il varie entre vingt-cinq et trente ; chez l'adulte et le vieillard, il oscille entre douze et vingt ; on considère généralement le nombre sCiZe comme représentant assez exactement la moyenne ilorinalc; Chez la femme et chez les sujets d'un tempérament nerveux, irritable, chez d'autres aussi qui passent pour avOir l'haleine courte, la respiratioli est tlU peU plus accélérée. Oit remarque assez habituellement que le chiffre des mouvements respiratoires est dans un rapport presque exact avec celui des battements du pouls, comiiie 1 est h ti.

Chaque respiration se compose de deux mouvements successifs, entièrement distincts dans leur mécanisme et opposés dans leur résultat i Vinspiration, phénomène actif, s'opérant par des contractions masculaires et ayant pour but

SÉMÉIOLOGIE.

d'introduire l'air dans le poumon, c'est-à-dire dans les cellules pulmonaires ; l'expiration, purement passive, se produisant par la cessation de ces contractions, par l'élasticité du tissu pulmonaire qui revient sur lui-même, et dont le résultat est l'expulsion de l'air qui a servi à la respiration.

Le docteur Edw. Smith donne les résultats d'une longue série d'expériences qu'il a faites sur lui-même, âgé de trente-six ans, et sur quatre femmes de sa famille, âgées de six ans, huit ans et demi, trente-quatre ans et trente-neuf ans,, dans le but de connaître la fréquence absolue et relative des pulsations et des inspirations aux différentes heures du jour et de la nuit, et l'influence qu'exercent la nourriture, le jeûne, etc. , sur ces actes organiques. Ces expériences avaient pour but d'obtenir une base de comparaison pour de semblables recherches relatives à la phlhisie pulmonaire. Il est arrivé aux résultats suivants : La respiration et les pulsations sont plus fréquentes le jour que la nuit, mais leur, progression n'est pas dans le même ordre. 1° Pour les pulsations, voici l'ordre de la progression : nuit, de une à cinq heures du matin ; soir, de neuf heures du soir à une heure du matin; matin, de cinq à dix heures; jour, de neuf heures du matin à neuf heures du soir; 2° pour la respiration, la progression est dans l'ordre suivant : nuit, jour, soir et matin. Il y avait aussi des variations sous l'influence des repas : ainsi, dans les trois heures qui suivaient chaque repas, il y avait une augmentation du nombre des pulsations, variable pour chaque repas; elle était en moyenne de 15 pour le déjeuner, 12 pour le dîner, et 6 pour le thé. Il en était de même pour les inspirations, l'augmentation moyenne étant de k,li après le déjeuner, et de 2,1 après le dîner ou le thé; cependant, c'est le dîner qui avait l'influence la plus prolongée. Le jeûne prolongé ralentissait les pulsations et la respiration, mais surtout les pulsations. Le rapport du nombre de respirations à celui des pulsations était très-variable, le chiffre le plus bas étant trouvé chez les enfants pendant le sommeil, 1 à 5, 7, et le plus haut, chez les persoiuies les plus âgées, et pendant la veille, 1 h 2, 9. L'auteur en conclut que, bien que ces deux fonctions ne soient pas nécessairement dépendantes l'une de l'autre, il est cependant incontestable que la circulation est réglée par la respiration.

Sans vouloir entrer ici dans l'histoire physiologique de l'acte respiratoire, nous devons attirer un instant l'attention sur quelques différences qui existent, suivant les âges et les sexes, dans le mécanisme des deux temps dont il se compose. Chez l'enfant, c'est plus particulièrement par le mouvement d'élévation des côtes que se fait l'inspiration; chez le vieillard, au contraire, la mobiliié des côtes étant grandement diminuée par l'ossification des cartilages du sternum, c'est principalement par le diaphragme qu'elle s'accomplit Un phénomène moins facile à expliquer, et qui est établi par M.^I, Beau et Maissiat (1), c'est que, dans l'Age adulte, l'inspiration, chez l'homme, a une prédominance bien marquée à s'exercer par l'action du diaphragme, l'un des dilatateurs les

(1) lîeau et Maissiat, Recherches sur le mécanisme des mouvements respiratoiies {Arch. gén. de méd., 18/i3, I, 265; II. 257; III, 2^9).

FRÉQUENCE DE LA RESPIRATION. ^^^ô

plus énergiques de la cavité du thorax, tandis que, chez la femme, la dilatation se fait beaucoup plutôt par lesmuscles intercostaux, scalènes, etc., et mouis par le diaphragme; en un mot, chez l'homme la respiration est à un haut degré diaphragmatique ou abdominale; chez la femme elle est surtout thoracique ou costale. Nous verrons plus loin de quelle importance est cette distinction au point de vue pratique.

Les deux mouvements dont l'accomplissement constitue l'acte respiratoire ont, à bien peu de chose près, la même durée. Cependant, s'il y avait une différence appréciable, il semblerait, à l'examen extérieur, que l'expiration fût un peu plus lente, un peu plus prolongée que l'inspiration. Au contraire, lorsque l'on pratique l'auscultation de la poitrine, on reconnaît de la manière la plus évidente que le bruit inspiratoire est, en réalité, beaucoup plus long que le bruit qui se produit pendant l'expiration. C'est là un point assez important sur lequel nous reviendrons dans le cours de ce chapitre.

Nous avons dit, au commencement de ce paragraphe, que dans l'état de santé la respiration n'est accompagnée d'aucun bruit, on a déjà compris que nous n'entendons parler ici que des bruits perceptibles à distance, et nullement de ceux que nous révélera plus tard l'auscultation. Normalement, un frémissement à peine sensible l'accompagne ; la présence de mucosités dans les fosses nasales ou dans le pharynx, la diminution, par une disposition physiologique individuelle, du calibre des voies destinées au passage de l'air, peuvent produire pendant le sommeil un ronflement passager. La production de bruits particuliers perceptibles à distance est un résultat de la maladie des bronches ou du poumon, et nous en parlerons plus loin. Chacun des phénomènes physiologiques que nous venons de passer en revue peut être modifié sous l'influence des affections de l'appareil respiratoire.

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