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LIVRE SIXIEME SECTION PREMIÈRE

L'état des lèvres présente de l'intérêt et peut devenir un signe diaguoslique d'une valeur réelle, mais il faut remarquer qu'il est impossible de l'isoler complètement des autres phénomènes morbides.

De même que, dans l'état de santé, les lèvres contribuent à donner l'expression au visage, de même, dans l'éiat de maladie, elles concourent à donner à la physionomie l'une ou l'autre de ces expressions si utiles à connaître, et auxquelles les anciens médecins attachaient, avec raison, une grande importance.

Les lèvres peuvent être sèches, ce qui arrive presque toujours dès le début et pendant le cours des maladies inflammatoires aiguës, chroniques, des fièvres continues, et pendant les accès de fièvres intermittentes.

Elles peuvent être croûteuses ou couvertes d'un enduit épais, poisseux, jaunâtre qui se concrète à l'air libre et forme à leur surface une couche brune ou noire, plus ou moins résistante: c'est ce qu'on voit fréquemment pendant la périïfde d'état des maladies dans lesquelles il existe une grave affection du tube digestif, ou dans lesquelles U y a une altération profonde de la composition du sang, comme dans la dysenterie épidémique, le typhus, la fièvre typhoïde, la lièvre puerpérale, l'infection purulente, la morve, et toutes les maladies gra^es,

ataxiquesou adynamiques. n..,t ria..v

Le volume de ces parties doit attirer l'attention. Les lèvres se gonflent d ^ l'érysipèle, dans la phlegmasie . du tissu cellulaire qu'elles renferment. S parler ici du volume excessif, d'une sorte d'hypertrophie qui constitue difformité et réclame l'emploi de moyens chirurgicaux, les livres par u épaisseur, donnent un caractère tout particulier à la physionomie. C est a n que dans la scrofule on voit souvent les lèvres grosses , sai lantes en a aH^ principalement la lèvre supérieure, et formant comme des boun-elet • Ut iisposîtion est d'ailleurs jointe, dans cette maladie, h certains -^^^^^^ lement caractéristiques. - Chez, les idiots, chez les c^éin^s cle d. eisc^^ oca l . la lèvre inférieure est grosse, pendante, et s'avance au ckla de ^» ^ rieure ; elle est presque toujours couverte de salive qu elle n a plus la de retenir dans la cavité buccale. nuc mnirinent.

Les lèvres peuvent être le siège d'ulcérations très-vanées. El es F i.c pe par leur face interne, aux lésions des diverses stomat.t^ simples ulc ulcéro-membraneuses, syphilitiques et gangréneuses de la boucne. a .

SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES LÈVRES. 11o9

peuvent, dans ces occasions, changer de volume, se couvrir de fissures siniples ou syphilitiques, d'ulcérations membraneuses aux commissures et sur le sillon médian, d'aphthes, de plaques gangréneuses, d'Oidium albicans, le cryptogame du muguet, etc. Ces modifications sont surtout très-marquées dans la stomatite mercurielle, dans la stomatite ulcéreuse, dans la gangrène de la bouche, dans le muguet, dans la syphilis congénitale héréditaire, etc.

Elles peuvent être le siège de tumeurs de nature bénigne ou maligne. On y , trouve des tumeurs érectiles, des durillons chez les fumeurs de pipe à court tuyaux, heureux quand ces durillons ne forment pas des épithéliomas ou tumeurs épithéliales aussi appelées cancroïdes, qu'on ne peut enlever sans craindre la récidive, et qui font périr la plupart de ceux qui les portent.

La coloration des lèvres peut être différente de l'état normal. Dans la syncope, le mal de mer, le vomissement, elles deviennent instantanément blanches, comme le reste des téguments, mais c'est une pâleur momentanée qui est bientôt remplacée par la couleur rosée naturelle, Au contraire, dans la chlorose, dans l'anémie et dans les cachexies des maladies chroniques, elles sont habituellement pâles; cette coloration, qu'on retrouve dans les autres tissus, est le résultat de l'appauvrissement du sang et de la diminution du chiffre des globules.

Il est à remarquer que les différences dans la coloration ai^s lèvres indiquent plutôt des maladies chroniques que des maladies aiguës. Ainsi, en outre de la pâleur chloro-anémique et cachectique, on retrouve chez de vieux apoplectiques, chez les déments, chez les lypémaniaques, quelquefois chez les sujets affectés de ramollissement cérébral, une teinte jaune et blafarde des lèvres. Elles sont noirâtres chez ceux qui ont pris du nitraie d'argent pendant quelques mois; cyanosées ou livides, bleuâtres, avec une dilatation variqueuse des vaisseaux qui rampent sous la muqueuse, chez les malades qui ont une maladie chronique organique du cœur. — C'est surtout dans l'apparence que donne au visage la contraction de leurs muscles intrinsèques que l'on trouve des signes diagnostiques d'un grand intérêt, pour un certain nombre de maladies du tube digestif.

Dans ce qu'on nomme la face grippée, les commissures labiales sont tirées en bas, la lèvre inférieure est comme inerte, din)inuée de volume. Du reste, ici, tous les traits sont amincis et rapprochés du centre du visage. C'est spécia- 'lement dans les maladies abdominales aiguës et douloureuses qu'on rencontre ce masque particuHer; ainsi, dans la péritonite, dans la dysenterie, dans l'hépatite, idans le choléra, dans l'entérite aiguë, dans la cystite. Il semble lié au phénomène idouleur, et, ce qui le prouve, c'est qu'on l'observe également dans quelques autres affections douloureuses, mais sans fièvre, comme la gastralgie, la colique lintestinale, hépatique, néphrétique, etc., avec cette différence que la figure, ipromptement altérée, reprend son calme aussitôt que l'accès est terminé.

Le tremblement, les convulsions et la déviation des lèvres sont fort importants à considérer en pathologie.

Le tremblement des lèvres est un des premiers signes certains qui indiquent

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cliez un ivrogne, l'imminence d'un accès de ddirium tremem ; et chez uni démenl, dont l'intelligence est même encore assez peu alFaiblie, il annonce l'inva-k sien prochaine de la paralysie générale.

C'est également dans les fièvres graves, et notamment dans la fièvre lyphoïde,!i que le tremblement des lèvres a une grande valeur diagnostique. Au début de lau maladie surtout, il est certainement un des premiers phénomènes de l'ataxie, Aussi, tout en donnant la mesure de l'intensité et de la forme de la maladie, ilii oblige le médecin à une grande circonspection pour le pronostic. \

Comme chacun sait, c'est par un état convulsif des lèvres, c'est-à'dire par le» trismus, que commence le tétanos. I

Les convulsions des Imras se montrent dans quelques névroses, particulière'*ment dans les attaques de l'épilepsie, dans l'éclampsie, dans la chorée, et enûnii dans l'agonie aux approches de la mort.

La déviation des lèvres à droite ou à gauche indique, soit une paralysie des» lèvres du côté opposé, soit une contracture des muscles du côté déformé. Dans le premier cas, elle annonce, soit une paralysie des nerfs de la face dans le côté opposé à la déviation, soit une altération du cerveau dans le côté correspondant à cette déviation. En cas de contracture, elle indique une encéplialiic dans l'hémisphère cérébral opposé à la déformation.

SECTION II

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