SIGNES FOUBNIS PAR L'EXAMEN DES DENTS
Les anciens auteurs, Hippocrate lui-môme, se sont occupés de l'état dfisdents dans les maladies, et ils ont cherché a trouver des signes diagnostiques' dans la manière d'être de ces parties. C'est une étude utile et qui est aujourd'hui trop négligée.
Enduit muqueux des dents. — Dans l'embarras gastrique , on voit souvent autour des dents un enduit blanchâtre ou gris qui résulte des sécrétions muqueuses épithéliales altérées par des parasites de l'espèce f/^ptothrix buccnhs.
tnduit fuligineux ou fuliginosites. — Dans la fièvre typhoïde , dès que celle-ci prend la forme adynamique, dans la péritonite, dans l'infection purulente, dans toutes les maladies graves, telles que certaines phlegmasies dos organes de la respiration, certaines fièvres éruptives revêtant le caractère typhoïde; les deiiis deviennent fuligineuses; elles se aiuvrenl d'un enduit poisseux brun ou nonàtre; bientôt cet enduit devient sec et c«n.stilue les fuliginosités, spécialement liées à l'adynamie, car on ne les retrouve pas dans ces fièvres tyi)hoïdes à forme ataxiquo qui tuent souvent les sujets avant la fia du premier septénaire. Ici, les dents sont à l'étal normal, ou bien elles sont sèches et lisses.
SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DES GENCLVES. 1191
, Coloration rouge. — Elles se colorent en rouge dans le choléra, el cette couleur indélébile résiste au lavage et à la lime, car elle s'étend à toute la profondeur de la dent.
Ramollissement de l'émail. — Blanches , opaques , chez les sujets de forte 'constitution, elles sont bleuâtres, ou laiteuses, ou transparentes, chez les personnes faibles, prédisposées à la scrofule et à la phihisie. Chez tout le monde elles s'allèrent par les maladies de longue durée. Cela est surtout marqué dans Venfance. Les dents sont comme les os en voie de développement : elles se pamoUissent par l'inanition et la maladie, leur émail s'amincit, s'altère, et, quand on voit chez un adulte des dents piquées de petits trous noirs, ou coupées par pn sillon noirâtre, on peut être assuré que la personne a eu autrefois une maladie longue assez sérieuse.
Coloration noire. — Elles noircissent sous l'influence des sels solubles de fer administrée dans un but thérapeutique.
. Dissolution de l'émail et carie. — Les dents se perdent par la destruction de leur émail, dans quelques maladies aiguës, dans la fièvre typhoïde et dans la grosiesse, lorsqu'il y a une acescence très-marquée de la bouche. Les femmes enceintes qui vomissent beaucoup et qui rejettent d'abondantes mucosités acides perdent plus facilement leurs dents que les autres. Les acides de la matière des vomispements dissolvent l'émail des denls^ et l'os, qui n'est plus protégé, s'altère à son tour et devient le siège de la carie.
Le grincement des dents pendant le sommeil, considéré comme phénomène isolé surtout chez les enfants, n'a pas une grande valeur, et il peut parfaitejnent s'accorder avec la santé ; mais, quand il survient tout à coup chez on individu qui n'y était pas sujet, et surtout s'il est accompagné d'un réveil brusque de frayeur, d'un regard fixe, brillant ou éteint, il donne lieu de craindre des convulsions, surtout si c'est un enfant. Ilippocrate l'avait déjà re^ marqué. Accompagné de fièvre, de soupirs et de cris aigus, il indique la méningite.
C'est avec raison qu'on a regardé le grincement et le claquement des dents, pendant le sommeil des vieillards qui n'éprouvent pas ordinairement ce phénomène, comme les signes d'une apoplexie prochaine.
, Le grincement des dents, surtout s'il est joint à des tremblements des lèvres, ù ■une difficulté dans la préhension des boissons, quand il se montre pondant la période d'état d'une fièvre typhoïde, est du plus mauvais augure.
Les grincements et les claquements de dents sont fréquenunent les signes précurseurs des accès de delirium irernens et de manie aiguë.
CHAPIÏllE II
SIGNES FOURNIS PAR L'eXAMEN DES GENCIVES.
Les gencives oll'rent d'assez nombreuses modifications dans leur coloration et dans leur texture.
SÉMÉIOLOGIE.
Elles sont pûtea dans la chlorose, et en général dans toutes les maladies où la quantité des globules du sang est notablement diminuée comme à la suite des • grandes hémorrhagies; des maladies longues et chroniques; dans les anciennes -, fièvres intermittentes et en général dans la plupart des cachexies.
Elles sont d'une rougeur livide dans la stomatite simple et ulcéreuse, ou dans le scorbut, et elles saignent au moindre contact.
Sur les bords se montre quelquefois un liséré noirâtre de sulfure de plomb chez les ouvriers qui travaillent le plomb ou chez les sujets qui ont une affectioa saturnine et un liséré bleuâh'e chez les persoimes qui pendant longtemps ont pris du nitrate d'argent.
Dans les maladies aiguës fébriles, leur coloration n'offre rien de particulier, si ce n'est dans la forme adynamique des fièvres ; ici, elles sont rouges ou brunes, ou même noirâtres.
Enduits. — Souvent elles se couvrent d'un enduit blanchâtre épithélial sous forme de pellicule grise, que le docteur Ranque (d'Orléans) a, très à ton, considérée comme caractéristique de la fièvre typhoïde. Cette pellicule existe dans un grand nombre de maladies aiguës. — Ailleurs il s'y développe des fausses membranes de diphthérite ou des taches blanches laiteuses miliaires de muguet. C'est de V Oïdium albicans.
La sensibilité, la tuméfaction, la mollesse, l'état spongieux et fongueux des gencives, leur facilité à saigner, constituent une des altérations les plus constantes du scorbut, et même de l'affection qui persiste le plus communément après lui.
Ulcérations. — Des ulcérations s'y développent assez souvent. Elles sont transversales, sinueuses, étroites, placées au bord libre, à l'endroit où sortent les dents. Cela s'observe lorsqu'il y a dans la bouche une dent cariée dont la couronne est détruite, et chez les enfants atteints de stomatite ulcéro-membraneuse, au moment du travail de la dentition, lorsqu'une dent sort pour la première fois, ou, plus tard, lorsqu'une dent permanente chasse les dents de lait. Ces ulcérations sont infectes, plus ou moins étendues, rouges sur les bords, grisâtres au fond, d'apparence diphihéritique, et n'ont jamais plus d'un millimètre de large.
Ailleurs, les gencives se détruisent complètement par la mortification ; elles laissent les os à nu, ne retiennent plus les dents dans leurs alvéoles ; c'est ce qu^on observe quelquefois dans la stomatite ulcéro-membraneuse et dans la gangrène de la bouche.
SECTION III