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DE LA DIARRHÉE

La diarrliée est un symplônic commun à beaucoup de maladies. Elle est caractérisée par la fluidité des matières alvines.

Ce phénomène est dû à une augmentation de quantité dans les sécrétions de la muGiueuse et des glandes de l'intestin. On l'a appelé flux, hypercrinie, diacrise. Pour quelques médecins, il y en a trois espèces :

1° Diarrhée idiopathique ou essentielle, à laquelle appartiennent les diarrhées nerveuse, catarrhale, spasmodique.

2° La diarrhée sympathique ou flux de ventre proprement dit.

3" Diarrhée symptomalique, résultant d'une inflammation, ou d'une lésion organique du tube intestinal.

Quelques auteurs, se plaçant à un point de vue moins élevé, ont admis, d'après des considérations secondaires, des diarrhées éphémères, chroniques, colliquatives, cholériformes, critiques, crapuleuses. Ces diarrhées existent, il est vrai ; mais ce sont des variétés que l'on peut et doit faire rentrer dans le cadre précédent. — Pour moi, je considérerai la diarrhée comme un symptôme se rattachant à des causes principales ou secondaires. Elle résulte d'un trouble fonctionnel isolé de la sécrétion intestinale, ou de ce même, trouble associé à un désordre matériel organique appréciable, d'où la nécessité d'admettre deux espèces de diarrhée :

1» La diarrhée catarrhale ou spasmodique, c'est-à-dire le flux intestinal ;

2° La diarrhée symptomatique des maladies aiguës ou chroniques de l'intestin ou des organes placés dans le voisinage.

Je vais d'abord passer en revue les difl'ércntes causes de la diarrhée catarrhale et spasmodique, c'est-à-dire de cette espèce de diarrhée qui est indépendante des phlegmasies de l'intestin.

On l'observe chez les enfants pendant le travail de dentition et après le sevrage, quelquefois chez les adultes et chez les vieillards; chez les sujets à constitution faible, à tempérament lymphatique prononcé, où elle alterne souvent avec la constipation.

D'autres fois elle tient à une prédisposition héréditaire, à certaines conditions atmosphériques, telles que le froid humide et un courant d'air froid sur le corps échauffé ou sur l'abdomeii. Celte cause est parfaitement appréciée des Orientaux, qui portent toujours de la laine sur les parois abdominales.

L'alimentation et la quantité ou la qualité des aliments ont une grande nifluence sur l'état solide ou liquide des matières. — Il y a une diarrhée qui résulte de la trop grande masse d'aliments, c'est la diarrhée crapuleuse. Certaines idiosyncrasies favorisent son apparition, car on rencontre des personnes chez lesquelles telle ou telle espèce de viande provoque de la diarrhée. Je connais une dame qui n'a jamais mangé une fraise sans éprouver un effet |iur-

DE LA DIARUMÊE.

gatif bioa marqué. Le café au lait agit souvent de la même manière. Nous savons tous que beaucoup d'étrangers sont pris de diarrhée en arrivant, à Paris, lorsqu'ils ne sont pas encore habitués à l'usage des eaux chargées de matières organiques altérées de la capitale. Beaucoup de personnes croient que Tusage des fruits amène la diarrhée. C'est une opijiion erronée que n'admettent ni Pringlc, ni Tissot, lequel, au contraire (1), recommande leur usage dans le but de prévenir la dysenterie.

Le lait chez quelques personnes est une cause fréquente de diarrhée, et j'ai souvent observé, comme médecin de l'hôpital des Enfants et comme médecin de la direction des nourrices, des diarrhées opiniâtres chez les enfants qui prenaient le lait séreux rempli de colostrum des mauvaises nourrices.

D'autres fois encore, à la suite d'une abstinence prolongée, lorsqu'on donne sans mesure à l'estomac une nourriture à laquelle il n'est plus habitué, ou bien une nourriture trop copieuse, la digestion se fait mal, et souvent les aliments iiidigérés passant dans le canal intestinal, qu'ils irritent à la manière d'un corps étranger, amènent une diarrhée plus ou moins abondante.

Il y a une diarrhée produite par des substances médicamenteuses, par les purgatifs, qui agissent en excitant les follicules intestinaux, ce qui amène une augmentation de sécrétion de la muqueuse ou flux de ventre.

On l'observe également à la suite de fatigues excessives, de contrariétés, d'impressions morales vives, chez certains individus qui commencent à fumer. Fabrice de Hilden rapporte qu'une femme avait un flux bilieux toules les fois qu'elle se mettait en colère. M. Gaillard, médecin de THotel-Dieu de Paris, fit une chute et fut afl'ecté d'une eutérorrhée qui dura deux mois environ. Cette diarrhée se produit aussi chez les sujets très-nerveux qui doivent subir une grande opération, et quelquefois chez les jeunes soldats qui vont au feu pour la première fois, ce qui a motivé le mot de Voltaire : « Quel rapport y a-t-il en un boulet de canon et une selle ? » Tout le monde connaît l'influence fâcheuse de la peur pendant les épidémies cholériques, et chacun sait qu'il en résulte des cholérines pouvant se terminer par un vrai choléra.

Certaines fièvres graves, telles que la rougeole et lo choléra, sont précédées de diarrhée sans que l'intestin soit altéré. La métro-péritonite puerpérale est tantôt accompagnée de constipation, tantôt d'une diarrhée jaune qui apparaît les trois ou quatre premiers jours ; quelquefois môme elle précède l'apparition de la maladie. Mais cette diarrhée s'observe le plus fréquemment dans la forme typhoïde, tandis que la constipation se montre dans la forme inflammatoire. Dans le premier cas, les selles sont liquides, fétides, glairèuses, quelquefois brunes, le plus souvent jaunâtres, quelquefois sanguinolentes.

Nous appellerons sympathique la diarrhée qu'on observe à la période ultime des maladies, au moment de l'agonie.

Voyons à présent quelles sont les causes de la diarrhée symptomaiique Lorsque l'intestin est U' siège d'une lésion organique ou d'une inflannnation

(1) TiBsot, Avis au peuple sur sa sanlc. Paris, 1768.

B. — r^TUOL. CÉN.

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muqueuse, la diarrhée est dite sympfomatique. On l'observe dans les plilcgmasies aiguës ou chroniques du tube digestif, dans la gastro-entérite avec ou sans ulcérations, dans l'entéro-colite, dans l'irritation par des lombrics, dans les ulcérations cancéreuses, tuberculeuses, typhoïdes, dysentériques, etc. La diarrhée colliquative, qu'on observe souvent chez les phthisiques, est due à la présence de tubercules dans l'intestin.

Quelquefois ce sont des corps étrangers, des vers intestinaux, des matières fécales durcies, qui, par leur séjour prolongé dans l'intestin, l'enflamment et amènent la diarrhée. C'est ainsi qu'on observe, chez certaines personnes, des alternatives de constipation et de dévoiement.

Certaines fièvres éruptives, la rougeole, la variole surtout, sont parfois aussi compliquées de diarrhée. Sydenham nous fait remarquer que la diarrhée précède toujours la variole confluente, tandis que la variole discrète est précédée de constipation. Quelle en serait la cause? Il est difficile de le dire. Nous serions volontiers porté à croire que la diarrhée est produite par une fluxion sanguine très-intense de l'intestin.

Nous avons parlé plus haut de la diarrhée qu'on observe dans la fièvre typhoïde, et nous l'avons rangée parmi les diarrhées symptomatiques de lésions intestinales. Il nQus semble qu'on a pris quelquefois la cause pour l'effet et qu'on a été un peu trop loin en considérant la lésion des glandes de Payer comme un signe anatomique constant de cette maladie. Stoll ne serait-il pas plus dans la vérité lorsqu'il dit que c'est la sécrétion abondante de bile qui, par son acrimonie, ulcère et désorganise l'intestin, lequel, une fois altéré, devient alors lui-même une cause de diarrhée et entretient celle qui existe déjà? C'est l'histoire du pus engendrant le pus.

Symptômes. — Quand, sous l'influence de ces causes, la diarrhée catarrhale ou la diarrhée organique et symptomatique se manifestent, les matières excrémentitielles liquides se produisent avec plus ou moins d'abondance, le mouvement péristaltique augmente et l'excrétion des matières ofl"re des particularités importantes, selon l'abondance des évacuations.

Dans la diarrhée catarrhale et spasmodique, ou flux de ventre, les selles sont plus ou moins fréquentes, plus ou moins abondantes, faciles, avec ou sans coliques, et, le plus souvent, sans fièvre. Le ventre est indolent à lapression, aplatiou ballonné,' selon qu'il y a présence ou absence de gaz ; il résonne peu à la pression, et le bruit qu'il fait entendre est un bruit hydro-aérique plus prononcé dans le caecum ou dans 1'^ iliaque. — Si la diarrhée est très-abondante, le pouls est petit, accéléré, inégal, ainsi qu'on l'observe dans la cholérine. - L'abondance des évacuations amène une déperdition considérable de chaleur, les extrémiles se refroidissent, se cyanosent ; on observe une faiblesse générale ; la voix se perd, K malade ne peut plus parler, ou ne parle qu'à voix basse; en même icmi^s la peau devient pille, terreuse, les chairs mollasses, les yeux s'enfoncent dans le^ orl)ites et sont entourés d'un cercle bleuâtre, i^ar suite de l'absorption du tissu cellulaire. La phvsionomie prend alors une expression caractéristique qui i trompera jamais un médecin exercé. - Si la diarrhée est très-forte, si les sen«»

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