IV PRÉFACE DE LA DEUXIEME ÉDITION
et puisqu'ils m'obligent à les réimprimer sans cesse, je puis, sans vanité, en conclure qu'ils y trouvent quelque charme et peut-être aussi quelque profit.
En les publiant, j'obéis à l'impulsion désintéressée d'une science que j'aime avec passion, et je fais ce qu'elle m'inspire sans espérer d'autre récompense de mes travaux, après le plaisir de les avoir entrepris, que la satisfaction de les voir bien accueillis de mes confrères.
Tout pour la science et par la science. Tel est le programme des ouvrages dont je viens d'énumérer les titres, et qui ont absorbé vingtcinq ans de ma vie. Il n'en est pas un qui ne représente une idée et qui n'offre en même temps le respect des hommes et des choses de l'époque. J'y ai mis ce que je crois être le vrai dans l'observation de la nature de l'homme sain ou malade, et ce que me commandaient les besoins de la pratique. On en verra encore la preuve dans cette nouvelle édition. Sans rien changer aux hases essentiehes de mon hvre, tout ce que le progrès a condamné a disparu pour être remplacé par l'exposé des conquêtes nouvelles de la science.
Bien que la pathologie générale ne soit pas susceptible de changer aussi complètement que la pathologie spéciale, les mouvements progressifs de nos recherches médicales agissent également sur elle en y introduisant de nouvelles idées qui modifient la forme des principes qui lui servent de base.
Qii est-ce que la pathologie générale? — C'est la science des vérités fondamentales de la médecine, ou, si l'on veut, c'est la connaissance des lois de la vie et de la maladie. — Comme la philosophie, c'est la science des premiers principes et des premières causes.
En m'imposant la tâche de faire connaître ces principes, ces causes et ces vérités médicales premières à ceux qui débutent dans la carrière de la médecine, je ne me suis pas dissimulé les difficultés etles périls de l'entreprise. Mais en voyant les abus dnpartidldarisme,] ai repris courage, profondément convaincu que la connaissance de 1 ensemble est aussi utile à l'étude de ses faits de détail que la recherche des détails peut l'être à la constitution de l'ensemble.
Toutes les vérités qui forment la base de la pathologie générale ne sont pas également importantes. Néanmoins, par cela même qu elles résultent de la généralisation de faits isolés, elles ont l'avantage de simplifier l'étude, et il faut les connaître. Elles sont relatives : aux causes morbifiques et à l'effet qu'elles produisent; à la nature et a la forme des maladies; à la marche et à la durée de leurs principaux