‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 5 sur 439 · PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. V

phénomènes; aux lois de développcmenl des lésions organiques; au pronostic; aux médications générales qu'il convient d'employer, etc.

Commencer l'étude de la médecine sans connaître les principes o-énéraux de la science et sans les avoir approfondis ne peut mener qu'à l'erreur. Autant vaudrait s'embarquer sans boussole pour faire le tour du monde, ou prétendre conduire une armée sans avoir la carte et le plan du sol ennemi. L'étude des vérités fondamentales de la médecine, de ses faits et de ses principes généraux, quelquefois trop pompeusement décorés du titre de lois, est la boussole de la science, c'est la carte du sol à parcourir, et, pour tout dire en un mot, c'est la base de la clinique.

Que le médecin, déjà instruit des lois de la vie et de leurs aberrations, s'abandonne à la recherche minutieuse et impartiale des faits particuliers dont la signification est inconnue, pour en pénétrer la nature, les causes et les conditions générales de développement, rien de mieux; car cette méthode analytique est la seule qui favorise les progrès d'une science d'observation, et qui prépare les grandes découvertes: c'est le travail delà construction scientifique. Au contraire, celui qui pénètre pour la première fois dans le champ de la médecine ne doit pas s'arrêter aux détails de chaque fait en particulier. Semblable à l'artiste disposé à peindre une grande composition d'histoire ou un tableau emprunté à la nature, et qui contemple d'abord les masses principales, l'ensemble et l'aspect de l'objet à représenter, il doit, en ce qui concerne l'homme malade, connaître les causes et les lois générales delà naissance, du développement et de la fin des maladies. Il lui faut descendre ainsi du général au particulier pour remonter du particulier au général, afin de contrôler les principes mal établis, de réviser les lois mal faites et de découvrir des faits généraux susceptibles d'agrandir l'horizon de la science.

De la nécessité qu'il y a de simplifier l'élude des faits particuliers parla recherche des principes généraux et des lois qui rendent compte en peu de mots de leur existence, de leur évolution et de leur fin, est née la pathologie générale, la plus importante des branches de la nosologie. J'en ai dit assez pour indiquer la place qu'elle occupe dans l'étude de la médecine ; mais il me reste à démontrer l'exactitude de mes assertions.

La pathologie générale a été créée par Hippocrate (1), et l'on n'a guère ajouté que des faits de détail aux principes généraux d'étiologie,

(1^ Hippocrate, Œuvres complètes, trad. Littré. Paris, 1839-1861.

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