‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 411 sur 439 · JIÉACTION ACIDE DES URINES · texte numérisé non relu

JIÉACTION ACIDE DES URINES

Les urines sont toujours acides et rougissent Je papier de tournesol dans leur état normal. Elles sont assez souvent neutres, ce qui n'a aucune signification ; mais, dans quelques circonstances, elles sortent de la vessie en offrant une réaction alcaline très-prononcée. Cela s'observe dans quelques cas rares de cystite chronique, de purpura, de maladie de Bright et de néphrite chronique, dans la gravelle phosphatique et dans quelques paraplégies occasionnées par une maladie de la moelle.

Les cas où se rencontre surtout l'alcalinité des urines sont les suivants :

1" Par suite des substances alcalines ingérées qui passent dans l'urine : exemple, l'usage des eaux de Vichy.

2° Par le fait d'une alimentation de certaine nature : l'urine des herbivores est alcaline, et il en est quelquefois de même chez l'homme depuis longtemps soumis à une alimentation herbacé.

3° Par suite d'un long séjour dans la vessie, où l'urine se décompose en formant du carbonate d'ammoniaque : exemple, la rétention d'urine.

k" Enfin, elles sont alcalines au sortir des reins, par suite d'une modification de la sécrétion rénale dépendant du purpu?», ou quelquefois d'une maladie de la moelle , mais cela est très-rare.

ARTICLE VU

MODIFICATIONS DE COMPOSITION DE L'auNK.

L'urée qui existe dans l'urine, et qui provient de la décomposition de nos organes par l'élimination des principes azotés qu'ils renferment, varie dans ses proportions. Elle augmente ou diminue de quantité absolument comme dans le sang augmentent ou diminuent les globules, et cela dans les mêmes circon stances. 11 y a plus d'urée dans l'urine des individus pléthoriques que dans celle des sujets chlorotiques ou chloro-anémiques, cachectiques, de même qu'il v a plus ou moins de globules dans leur sang.

§ — Do l'urée, de Vnotac iirif|ii<; «t mates.

Vurée que l'on recueille par analyse sous forme de cristaux en prismes h quatre pans (fig. 270), n'augmente que très-rarement sous l'innuence de là maladie, et il n'y a, dit-on, que le catarrhe intestinal, la variole, le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie, qui la fassent augmenter. Sa diminution est plus fréquente : c'est le signe de la fièvre typhoïde, de la chlorose, de l'anémie dfis maladies chroniques, etc. On l'observe également dans les névroses oui donnent lieu à des urines pâles et abondantes, et dans la névrite albumineusc

StMÉlOLOGIE.

FiB. 270. — Lti^u.

(Bnule.)

cliroiiique. Plus il y a d'albumine clans l'urine, et moins elle renferme d'urée : c'est un rapport constant établi par de nombreuses observations.

Voici à ce sujet les recherches récentes de S. Moos, d'Heidelberg.

On a toujours examiné l'urine des vingt-quatre heures, au moyen de liqueurs titrées, en prenant autant de précautions que possible pour éviter les chances d'erreur.

Fièvre typhoïde. — La quantité de l'urine est le plus faible la première semaine; elle est la moitié de la quantité normale; elle augmente les semaines suivantes; dans la deuxième et la troisième, elle est à peu près les deux tiers, et redevient normale dans la quatrième semaine. Le poids spécifique de l'urine est le plus élevé dans la première semaine et diminue progressivement dans les suivantes. Elle tombe de 1,024 à 1,022, 1,020 et 1,018.

La quantité de chlorure sodique est la plus petite la première semaine et va en augmentant peu à peu : ainsi Oe',9; 1,1 ; 3,/i ; 10,7. A l'entrée de la convalescence, ce sel devient plus abondant dans l'urine, même quand le régime de la maladie est continué. Il est évident que les sels de soude sont éliminés avec les matières alvines; car avec la cessation de la diarrhée, toutes choses restant égales d'ailleurs, le chlorure sodique se retrouve dans l'urine en plus grande quantité, et les analyses de Zimmeftnann ont démontré qu'il était trcs-abondaiii dans les selles diarrhéiques des typhoïdes.

La quantité d'urée diminue chaque semaine, à partir de la première; néanmoins elle reste au-dessus de la normale, eu égard au peu de matières alimentaires ingérées, jusqu'à la période de diminution de la fièvre typhoïde. Première semaine, 36,9; deuxième semaine, 33,2; troisième semaine, 25,9; quatrième semaine, 22. Lorsqu'il survient de nouvelles lésions avec redoublement de la fièvre, l'urée reste augmentée jusqu'à ce que la convalescence soit de nouveau déclarée, à moins que la nouvelle maladie ne soit de nature à entraver les fonctions rénales. (|

Catarrhe intestinal. — La quantité de l'urine va en augmentant chaque semaine, tandis que son poids spécifique diminue dans la seconde. Première semaine, 1020; deuxième semaine, 1017; troisième semaine, 1017.

Le chlorure sodique, peu abondant la première semaine, S^^.S, monte à 6,2 dans la seconde, et à 12/i dans la troisième semaine. Sa quantité correspond toujours ù celle des aliments.

L'urée donne, la première semaine, 2,13 ; deuxième semaine, 23,2 ; Iroisiônio semaine, 25, /i. La quantité n'est pas en rapport avec celle des aliments; il va un léger excédant de 2 à 6 grainmes. Observons, à cet égard, qu'il est bien difficile de déterminer d'une manière absolue l'augmentation et la diminuiion de la quantité d'urée, parce que nous ne possédons pas de moyenne réelle normale. Cette valeur varie, selon les dilTérents expérimentateurs, dans des limites trop larges, pour qu'une évaluation exacte de la quantité moyenne d'urée excrétée

SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DliS URINES. 1265

dans les vingt-qnalre heures soit possible. La quanlité elle-même n'est pas absolue ; elle dépend de beaucoup de circonstances individuelles et d'influences extérieures, et, de plus, les différentes méthodes d'analyse ne donnent pas le même résultat. Ainsi, M. Moos a tiré sa moyenne de l'observation d'un seul individu mis en expérimentation pendant quatre jours avec des régimes divers. La nourriture habituelle, la portion de l'hôpital, composée de viande et de légumes, avait donné une moyenne de 26^'", 8 d'urée et iU grammes de chlorure sodique. La diète n» 1, composée de 200 grammes de pain, 25 centilitres de lait et un litre d'eau et de bouillon en soupe, avait diminué ces chiffres à 18 grammes d'urée et à 3,8 de sel. Il aurait fallu multiplier ces essais sur différentes personnes pour avoir une moyenne plus générale, obtenue avec les nouveaux moyens d'invesiigation (1).

On voit, par ces chiffres, que, dans la fièvre typhoïde et dans le catarrhe intestinal, la quantité d'urée excrétée dans les vingt-quatre heures est dans des rapports inverses. Très-abondante au début et de beaucoup au-dessus de la moyenne, elle va en . diminuant dans la fièvre typhoïde, tandis que, dans le catarrhe intestinal, elle est faible et va en augmentant,

1" semaine. 2» semaine.

Fièvre typhoïde 36,9 33^2

Catarrhe inte.stinal 21,3 23,2

La comparaison ne peut plus se faire pour la troisième semaine, parce que le régime, dans ces deux maladies, est trop différent.

Dans le catarrhe intestinal, la quantité de chlorure sodique, faible au début, augmente dans la deuxième semaine ; dans la fièvre typhoïde, il y a bien une légère augmentation, mais la quantité absolue reste toujours inférieure à celle obtenue dans l'autre maladie.

1" semaine. 2' semaine.

Fièvre typhoïde 0 9

Catarrhe intestinal 3,8 6,2

La quantité d'urée et de chlorure sodique dans l'urine de vingt-quatre heures peut donc servir de signe diagnostic entre la fièvre typhoïde et le catarrhe intestinal (2).

Dans la fièvre typhoïde, plus l'urée dimimie tôt, plus le pronostic est favorable,

et vice verso..

L'augmentation et la diminution de l'urée et du chlorure sodique ne peuvent sci-vir provisoirement de diagnostic qu'entre les deux maladies précédentes, car on les observe également dans d'autres affections. Cependant, dans un cas de

(1) Voyez Picard, De la -présence de l'urée dans le sang et de sa diffusion dans l'oroonisme, thèse de Strasbourg, 1856.

(2) Au moins à partir du quatrième jour, car aucun cas de catarrhe intestinal n'a tu être observé avant cette époque. '

B. — PATIIOL. GÉN. "

1206 SÉMÉlOLOGll:.

bronchite fébrile, avec sympiômes généraux simulant une typhoïde comnieu' çante, l'urée flottant entre 16 et 25 grammes, a fait éliminer cette dernière affection ; effectivement, la convalescence s'est établie le onzième jour.

Variole. — A la période d'érupiioa , beaucoup de fièvre ; diète ; urée, 83 ; sel, 2 grammes.

Rhumatisme articulaire aigu. — Diète ; urée, 28 ; sel, 28.

Diabète insipide. — Urée, de 33 à 54 gram. ; sel, de 8 à 20,8 gram.

Pleuropneumonie. — Pendant l'hépatisation, urée entre 33,3 et gram. Le dixième jour, commencement de la résolution, urée, 38,8 ; le onzième joui', urée, 28,8, et diminuaut depuis cette époque; le quinzième joui-, fiu delà résolution, elle était de 11,3 grammes. Le chlorure sodique, presque absent pendant l'hépatisation^ devint tout à coup abondant le troisième jour de la résolution, et est allé en augmentant. Douzième jour, 4,1; treizième jour , 9,7; quatorzième jour, 15. Lionel Beale (1) explique ce fait par la grande quantité de chlorure sodique renfermé dans l'exsudation pulmonaire qui constitue l'hépatisation.

Fièvre interm,ittente. — Dans les cas récents, l'urée est augmentée pendant l'accès, et encore quelque temps après. Le chlorure sodique correspond à l'alimentation. Dans un cas chronique, avec cachexie, l'urée était diminuée comme chez les anéniiques.

Une méningite observée du quatrième au huitième jour, et une apoplexie cérébrale, le troisième et le quatrième jour, ont donné une augmentation considérable de l'urée.

Ces sortes de recherches, qui peuvent paraître un luxe inutile en médecine, ont cependant une grande importance; car elles nous permettront certainement

p,5, 271, Acide urique, d'uprèa Ch. Robin [Ckimit anatomiqut).

un jour de voir plus clair dans la patliogcnèsc et dans l'évolution dos maladies, ei exerceront alors de l'inlluencc sur la thérapeutique. Dans la fièvre typhoïde, si les proportions d'urée et de chlorure sodique découvertes se confirment par

(1) Lionel Beale, De l'urine^ dos dépôts urinaires el des calculs, trad. par A. et G. Bergeron. Paris, d865, p. 20G.

SIGNES FOURNIS PAU L'jîXAMEN DES UlUNES. 1267

une expérimentation suffisamment prolongée , nous aurons un moyen de dia -

FiG. 272. — Acide urîc(ae.

gnostic de plus pour reconnaître cette affection dans les cas douteux (1). H acide urigue, et les tirâtes, qui existent en faible quantité dans les urines

PiG, 273. — Urate d<3 somlu. (Lionel Boule.)

normales, s'y forment dans les mêmes conditions que celles qui augmentent ou

â74. — Lnito il uimnouinciiH', d'aiirès C.li. Koliin {l'.himir ■imtlotniijiic).

di(ninuent la proportion de l'urée.

Il y en a beaucoup cbez les individus <iui font usage d'une nourriture forle-

(1) Zeilschr. f. rat. Medicin,\.. Vil, ii" 3, el Union médicale, l. X, in-lol., n» )55.

SÉMÉIOLOGIK.

ment animaliséc, ot dans quelques maladies fébriles ou chroniques on le rencontre à l'état de pureté ou associé à une base. Il est pur, amorphe ou cristallisé en cubes rouges (lig. 271 et 272), dans l'urine de la gravelle et de la goutte, et il s'en dépose également sur divers points de l'organisme. Plus ordinairement combiné avec la soude, sous forme de petites aiguilles agglomérées (fig. 273), la cliaux ou l'ammoniaque, il se présente à l'état iVurate acide d'ammoniaque (fig. 21U). C'est un des signes de l'état fébrile, quelles qu'en soient la cause et la nature. Plus la fièvre est forte et plus aussi la quantité d'urate acide d'ammoniaque est considérable. Ce sel existe également en proportion considérable dans la cirrhose.

% Z. — Oxalatc de cbaux ot pbosphatcs terreux.

Les autres se /s c?e /'wrme augmentent ou diminuent de proportion dans un certain nombre de maladies. Ils restent dissous, se précipitent par le repos ou sous l'influence de la chaleur et d'une réaction chimique, l'acide nitrique par exemple. Dans ce cas, il faut prendre garde de se tromper et de prendre ce précipité pour de l'albumine; ce qui a lieu très-souvent. On évitera l'erreur : 1« en ajoutant une goutte d'acide nitrique aux urines qui précipitent par la chaleur ; 2° en chauffant le précipité obtenu par l'acide nitrique. Dans le premier cas, l'acide dissout le précipité fait par l'ébuUition, ce qui n'a pas lieu si le précipité est constitué par de l'albumine. De même, dans le second cas, la chaleur dissout le précipité fourni par l'acide nitrique, ce qui n'arrive pas lorsqu'il est formé d'albumine. Si les urines restent acides, les sels qui s'y trouvent sont des urates; mais, au contraire, ce sont des phosphates si elles deviennent alcalines.

On y trouve aussi Voxalate de chaux, facile à reconnaître à la forme octaé-

Kiu. 275. — OxiiliUe lie t'ImiiN.

dri(iuc de ses cristaux (lig. 275) ; le phosphate ammoniaco-moynésicn, ([ui ne se trouve (pie dans les urines alcalines; reconnaissable, quand d est neutre, a. sa forme de prisme triangulaire h tenuinaisons variées; les arêtes souvent remplacées par des facettes (fig. 276).

En ajoutant de l'ammoniaque dans le fond sédimentcux de l'urmc, on produit le phosphate bibasique, qui présente la forme de feuilles de fougère.

FiG. 276. — Phosphate ammoniaco-magnésien neutre.

bide. On y trouve du sang, de l'albumine, de la bile, du mucus, du pus, de la gravelle, des poils, des cellules épithéliales, des débris de tubes urinifères, des débris d'hydatides, du sperme, du sucre, etc.

§ 3. — Du snng dans les urines.

Du sang mélangé à l'urine lui donne une couleur rouge ou brune plus ou moins prononcée. Sa présence n'est pas toujours facile à constater. La couleur seule peut suffire; mais, en cas de doute, il faut recourir au microscope, qui permet de constater la présence d'un certain nombre de globules rouges. Les urines ensanglantées appartiennent aux blessures des organes génilo-urinaires et aux maladies développées dans ces organes, à la cystite aiguë, au fongus et au cancer de la vessie, aux calculs vésicaux, à la néphrite simple ou albumineuse aiguë, à la néphrite calculeuse, au cancer des reins, etc.

§ <S. — ne rnlhiiniinc ilanH rnrinc.

L'albumine dans les urines s'observe très-fréquemment avec ou sans changement de couleur dans ce liquide. Des urines pâles, un peu troubles, comme du bouillon de poulet, renferment presque toujours de l'albumine. A pari ce changement extérieur, qui fait pressentir l'alléralion, il n'y a que la réaction par la chaleur et par les acides concentrés ([ui puisse la démontrer. En faisant bouillir quelques ccnlimèlrcs d'urine dajis un tube à expérience, ou en y ajoutant

SÉMftlOLOGIE.

quelques gomtos (riicidc nitrique, il se fail un précipilé hlanc gnimolenv qui se dépose assez vite, et dans lequel le microscope permet de voir ime niaii^rc amorphe irrégulière.

Il faut toujours faire la double expérience, afin de contrôler l'une par l'autre, dans le but d'éviter l'erreur. Quelquefois l'ébullition donne lieu à un précipilé que l'on prend pour de l'albumine et qui est formé de sels, et il en est de même pour l'acide nitrique. On reconnaît la nature du précipité aux caractères suivants : s'il est produit sous l'influence de la chaleur, s'il est formé de sels, il se redissout par l'addition d'une goutte d'acide nitrique, et, produit par l'acide nitrique, il se dissout ensuite par l'ébullition. Ces phénomènes ne se montrent jamais dans les cas où ce précipité est de nature albumineuse, de sorte qu'en contrôlant ces deux sécrétions l'une par l'autre, il est impossible de ne pas reconnaître réellement l'albumine qui existe dans les urines.

On peut employer dans ce but tous les acides concentrés, et particulièrement, d'après M. Barreswil, l'acide pyrophosphorique, qui révèle les plus petites quantités d'albumine et qui ne précipite que cette substance.

Les urines albumineuses ont été un moment considérées comme le signe constant d'une maladie grave des reins, dite maladie de Bright ou néphrite albumineuse. C'est une erreur. On les observe dans un grand nombre de maladies de la vessie et des reins autres que la néphrite albumineuse, lorsque du sang passe dans l'urine ou lorsqu'il y a une simple hypérémie rénale. Alors avec l'albumine il y a souvent une certaine quantité de globules sanguins. C'est ce qui a lieu dans la cystite aiguë, dans la cystite cantharidienne, dans le cancer delà vessie et des reins, dans la néphrite calculeuse, etc.

Les urines albumineuses s'observent aussi dans un grand nombre de maladies, à cette condition toutefois qu'elles soient de nature à produire une congestion rénale. J'en ai rencontré dans plusieurs cas de maladies du cœur occasionnant une stase sanguine générale ; dans la grossesse et dans les tumeurs du ventre qui compriment la veine cave inférieure ; dans l'hypérémie des reins qui accompagne souvent la fièvre typhoïde et les fièvres éruptives.

Les urines sont toujours albumineuses dans le choléra, ainsi que je l'ai établi le 14 avril 1849 avec Rostan à l 'Hôtel-Dieu. Je sondais les malades qui ne pouvaient uriner, j'obtenais un centimètre cube d'urine, et partout, sans aucune exception, au moyen de la chaleur, j'ai trouvé à la première période une albuminurie considérable durant jusqu'au moment de la réaction, et ne disparaissant que dans la convalescence. La cessation de l'albuminurie dans le choléra était pour nous le signe certain de la guérison prochaine.

Cette altération existe également dans l'angine couenneuse, dans le croup et dans les cas de résorption diphthérique, fait important que j'ai établi en 1858 avec M. Empis, et dont la vérification a été faite par tous les observateurs (1).

On a dit aussi que les convulsions de l'enfance et des femmes en couche

(1) E. Bouchut, Traité des maladies des enfants, article Croup, Angine couenneuse et DlPHTHÉBiTE. Paris, 1867, 5' édition.

SIGNKS FOURNIS PAR L'kXAMF.N OKS URINKS.

pouvaient produire i'hypérémie des reins et l'albuminurie passagère. Cela est à démontrer. Cette albuminurie est de courte durée, et il suffit d'une ou plusieurs émissions sanguines accompagnées d'un régime sévère pour les faire disparaître.

Il y a enfm une albuminurie permanente due à une hypérémie primitive des reins et h la désorganisation graisseuse des tubes urinifères, qui conslitue la

FiG. 277. — Moules : quelques-uus pourvus d'épitbélivim. Deux sont d'une couleur très-foucée par la présence d'urate de soude. (Lionel Beale, Dg. 85.)

maladie de Bright. Celle-là se reconnaît au moyen des réactifs d'abord, ensuite par le microscope, qui permet de constater quelques tubes urinifères dans les

Fio. 278. — Moules contenant du sang. (Lionel Beale.)

Fm. 279.— Moules de tubes contenant des globules buileux. (Lionel Beale, fie.'88).

dépôts de l'urine (fig. 278 et 279), et enfm par la durée ordinairement trèslongue de la maladie.

A l'état normal, les (ubuli des reins sont revêtus par un épilbélium dans lequel on trouve diverses variétés de cellules. — Sous l'influence de certaines circonstances que nous indiquerons, cet épithélium se produit en grande abondance ou subit diverses altérations. On rencontre dans les urines des cylindres d'épitbélium plus on moins réconnaissables. Quelquefois ces cylindres sont formés de cellules désagrégées et converties en poussière granuleuse.

D'autres cylindres, dits liématiques, sont formés par une trame fd)rineuse colorée par un certain nombre de globules sanguins. On y trouve quelquefois des cristaux d'oxalate de chaux.

Les cylindres cireux, hyalins, plus volumineux que les autres, sont formés par une substance blanche de nature encore mal déterminée, ayant l'aspect de la cire.

1272 SÉMÉIOLOGIE.

Les cylindres graisseux ne sont nuire chose que les précédents, au moment où ils subissent la dégénérescence graisseuse.

Enfin, on trouve quelquefois dans les urines des cylindres formés par une substance fibrineuse contenant une plus ou moins grande quantité de globules purulents.

Voyons maintenant quelle est la valeur diagnostique de ces différents produits rencontrés dans les urines.

Les cylindres épithéliaux n'ont pas grande signification. Ils peuvent se rencontrer à l'état normal, lorsque le rein a été légèrement excité.

On trouve les cylindres hématiques dans la néphrite aiguë, dans les hémorrhagies rénales peu intenses. Ils apparaissent en grande quantité dans la période aiguë de l'albuminurie qui se manifeste à la suite d'un refroidissement brusque, dans la convalescence de la scarlatine.

L'apparition des cylindres creux indique que les tubuli ont perdu leur revêtement normal. Ils sont probablement un produit de sécrétion de la membrane propre de ces tubes. Aussi leur présence révèle-t-elle en général une lésion rénale déjà caractérisée et ordinairement au-dessus des ressources de l'art.

Fréquemment on les trouve unis aux cylindres graisseux.

La présence des cylindres graisseux a été considérée comme caractéristique de la maladie de Bright confirmée. Celte assertion n'est pas exacte dans son acception la plus absolue. Mais il est incontestable que c'est dans la maladie de Bright qu'on les trouve le plus habituellement. Ils indiquent la dégénérescence graisseuse du rein.

Quant aux cylindres purulents, on les rencontre dans la néphrite suppuréc et dans certains catarrhes de longue durée.

§ 5. — De la bile dans l'iirino.

La bile, ou plutôt la matière colorante de la bile, passe quelquefois dans l'urine, lorsque cette matière colorante s'est introduite accidentellement dans le sang. En même temps il y a ictère. Les urines sont très-foncées en couleur^ elles tirent sur le brun, et, quand on y ajoute de l'acide nitrique, il se fait un précipité de matière verte foncée, quelquefois unie à une faible teinte rouge, qui sont les matières colorantes de la bile, et à un trouble opalin formé par les matières résineuses de la bile. Au bout de vingt-quatre heures et par le repos, ce précipité devient presque noir.

La cyanurine, ou matière bleue, qu'on arrive à isoler et que Fordos a obtenue sous forme de cristaux polyédriques très-transparents. Cette matière se précipite sous l'influence de l'acide nitrique ajouté lentement par petites doses, et dans cette expérience les urines prennent une couleur bleue claire, puis une couleur très-foncée.

Les urines chargées de cyanurine se produisent dans la diarrhée, dans le choléra, etc.

SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMIîN DES URINES.

§ 6. — Un pus dans les urines.

Le mucus et le jms dans l'urine y forment des dépôts blanchâtres semblables à un dépôt de sels. On les distingue au microscope par la présence de globules muqueux et purulents bien formés, et, à défaut de cet instrument, au moyen de l'ammoniaque, qui, avec le pus, forme une masse gélatineuse demi-transparente, homogène, facile à reconnaître, et au moyen des acides, qui n'y produisent aucune réaction.

Du pus dans l'urine indique un abcès de la prostate récemment ouvert, un catarrhe de la vessie, un calcul ou un cancer de cet organe, une pyélito aiguë ou chronique, etc.

§ 9. — nu sable dans les urines.

La çjravelle dans l'urine se montre sous forme de sable fin, d'acide uriquc, rouge, amorphe ou cristallisé en cubes appréciables par la loupe, sous forme de cristaux microscopiques de phosphate aramoniaco-magnésien réunis en masse grisâtre, ou enfin sous la forme infiniment plus rare de gravelle blanche d'oxalate de chaux.

§ s. — Bes matières pileuses et autres.

Des poils formant la gravelle pileuse^ des débris d'acéphalocystes, des fragments de fausses membranes, des cellules cancéreuses, s'il y a cancer vésical (fig. 280), se rencontrent dans l'urine. Ils indiquent : soit la présence de

FiG. 280. Cellules canci'Tuusos ti'ouvùes ilnns l'urine d'une malade ntti>inU' de eancer de la vessie.

tumeurs hydatiques placées au voisinage de la vessie et ouvertes dans son intérieur, soit une cystite cantharidicnne avec production d'une plus ou moins grande quantité de fausses membranes.

§ W. — I»u sperme dans les urines.

Le sperme existe quelquefois en quantité assez grande au fond des urines, cIkz les individus affectés de perles séminales. Il n'y en a souvent que des traces, et alors il est très-diiïicilc de le reconnaître. Dans ce cas, il ne faut pas

sfiMfiioi.ofiii:.

s'en fier à l'œil, et le dépôt blanchâtre, opalin, gélatinonx, doit être oxaniiiK'.

au microscope, qui permet de découvrir les sperrn; tozoïdes (fig. 281).

Les spermatozoaires de l'homme se composent d'une partie plus large et un peu aplatie qu'on nomme ike, corps ou dùque, et d'un long appendice cylindrique appelé queue, plus étroit que la tête. La queue va en s 'amincissant toujours et se termine par une pointe extrêmement fine. Leur longueur totale est de 5 centièmes de millimètre; la tête a O^"', 005 de long, O""", 003 de large et 0"'"\001 à 0"",002 d'épaisseur.

La présence de ces infusoires est seule caractéristicpie des pertes de semence. Cet état des urines annonce, soit une maladie de la prostate, soit une inflammation de la partie prostatique de l'urèthre, soit enfin une atonie génitale essentielle très -souvent accompagnée d'hypochondrie ou de démence.

Fig. 281.

zoîcles

Spermato-

§ lO. — Du sucre do glycose dan» les urines.

Le sucre de glycose, ou sucre de diabète, d'après Cl. Bernard, qu'on observe quelquefois dans les urines, est toujours l'indice d'un état morbide. Il n'y en a pas dans l'état habituel. C'est le signe d'un certain nombre de maladies assez différentes, et, comme l'albuminurie, la glycosurie n'est qu'un symptôme dont la cause est souvent difficile à déterminer.

C'est quelquefois un trouble fonctionnel passager qui disparaît ti'ès-rapidement, et ailleurs c'est une altération permanente et définitive de la sécrétion urinaire. Quelle est la nature de ce trouble? Il est difficile de le dire, malgré les recherches publiées récemment sur la fonction glycogénique du foie par M. Cl. Bernard. Répéter avec Cullen que c'est un vice des puissances assimilatrices ou de celles qui convertissent les matières alimentaires en vrais fluides animaux, c'est en réalité ne faire qu'une hypothèse. Un instant on crut, avec M. Bouchardat (1), que le diabète résultait de la formation dans l'économie d'un principe particulier ayant sur l'amidon une action semblable h la diastasc, et changeant en sucre les matières féculentes du tube digestif, d'où elles jiassaient dans la circulation, et de là dans l'urine. Il n'y avait rien à opposer à cette théorie, puisque le fait sur lequel elle s'appuie est et demeure incontestable. Malheureusement ce fait n'est pas spécial aux malheureux diabétiques; il est général, et les choses se passent ainsi chez tout le monde. Partout, chez riionnne sain comme chez le diabétique, la fécule est transformée en sucre à la partie supérieure de l'intestin, et le diabétique n'on"re rien de particulier sons ce rapport.

(1) Bouchardat, Du diabète sucré (Mém. do l'Acad. de mcd. Paris, 1852, 1. XYI, p. (i9).

(*) n, spoiiniilMoidi.s dont lu .|iieiic pst rcnnée dcrrifrc Iç i-pnOpmcnt p^phaliq"''; >>, 1p nu^niP, vu .1' cM(- ; r l'i (/, luto-a» pr^sontnnt l'ttspppt (|ni le\ir nst le plus Imliituol.

SIGNES FOURNIS PAR I/f.XAMKN DES URINES. 1275

M. Mialhe, profilant de ce que pouvait avoir de défectueux ia théorie qui I précède, pour placer la sienne, émit cette opinion que du sucre se formait dans les voies digestives de tous les sujets nourris de matières féculentes, mais que, porté dans le sang par l'absorption, il le traversait sans s'y détruire, à cause d'une altération spéciale caractérisée par la perte d'alcalinité, l'état neutre ou , acide, et qu'il arrivait ainsi dans les urines pour être rejeté au dehors. Ici c'est une altération du sang, l'état neutre ou acide comparatif de ce liquide, qui est , la cause du diabète, tandis que plus haut c'est un vice de nutrition intestinal et la formation, accidentelle du sucre dans les voies digestives, Cette dernière théorie de M. Mialhe n'a pas résisté au contrôle de l'expérience. On n'a pas yu que le sang des diabétiques fût jamais acide, et il paraît que son alcalinité n'est ; pas sensiblement amoindrie.

Reste enfin la théorie qu'on peut déduire des expériences de M. Cl. Bernard, expériences vues et revues de tout le monde savant, acceptées sans contestaiioii possible, et dont nous avons suivi le développement avec le plus vif intérêt (1). : On sait en effet qu'il suffit de piquer la moelle allongée d'un animal près de l'origine des pneumogastriques pour déterminer l'augmentation de la sécrétion normale du sucre dans le foie, le passage de ce sucre en abondance dans le sang et dans les poumons, où il ne peut se détruire, en raison de sa quantité. Ce qui I n'est pas détruit est éliminé par les reins, coule avec les urines, et en quelques minutes un animal est diabétique. On reproduira ce fait autant de fois qu'on ! voudra tenter l'expérience.

Que résulte-t-U de ces expériences appliquées à la pathologie du diabète humain ? Sous l'influence des causes occasionnelles ou déterminantes directes de la maladie, du sucre se forme en plus grande abondance dans le foie, et, ajouté à celui qui est absorbé dans les voies digestives, il passe dans le sang , dans les : poumons, où une partie seulement se consume dans l'acie respiratoire, et le j surplus passe dans les urines par l'intermédiaire de ia sécrétion rénale. I Le diabète serait donc un trouble de la fonction saccharifique du foie, si l'on s'en tenait au côté positif de l'expérience, sans chercher à remonter un peu plus I haut. Mais, au delà de cette altération fonctionnelle, il y en a d'autres qu'on I pourrait encore prendre comme point de départ d'une théorie sur la nature du I diabète. Ne savons-nous pas, en clîet, que le sucre du foie doit se détruire dans le poumon sous l'influence de la respiration, et ne pourrait-on prétendre, I comme l'ont fait MM. Reynoso et Dechambrc, que le trouble fonctionnel morbide < ou sénile des poumons peut engendrer primitivement le diabète, de sorte que le diabète serait en quelques circonstances une aH'cction des organes respiratoires ? C'est là encore un nouveau point de vue de cet inépuisable sujet, qui fascine et séduit l'observateur par toutes les faces sous lesquelles il se présente à .son attention.

Nous n'avons pas achevé ; car, en dehors de ces troubles fonctionnels, placés

^ (1) Cl. Bernard, Leçons de physiologie exvérimenlale appliquée à la mMecine. Paris. I 1855, t. I.

sÉMÉior.OGii:.

clans l'eslomac par les uns, dans le sang, clans le foie, dans les poumons ou dans les reins par les autres, il y en a un cjue nous avons réservé juscju'à présent et qui les régit, les commande et les domine tous , c'est l'altération du système nerveux. En effet, piquez à l'endroit convenu la moelle allongée d'un animal : il devient diabétique, un peu ou beaucoup, passagèrement ou à jamais, suivant le degré de la blessure ; faites une commotion cérébrale, il en est quelquefois de même si vous avez frappé juste, et, comme cette impression morbide ne vient pas directement par les pneumogastriques agir sur l'estomac, le foie, les poumons ou les reins, comme on l'avait cru jusqu'ici, mais par action réflexe et au moyen de la moelle épinière , comme l'a démontré M. Bernard , il en résulte op'après avoir rendu artificiellement diabétique un animal , on peut à l'instant même supprimer le diabète par une seconde opération, non moins ingénieuse et non moins hardie que la première.

L'animal est diabétique par la picjûre de la moelle allongée près de l'origine des pneumogastriques; il va cesser de l'être à notre volonté par la section de la moelle épinière à la fin de la région dorsale. Cela ne manque jamais, et M. Bernard nous a plusieurs fois rendu le témoin de cette expérience.

Le rôle du système nerveux dans la production du diabète est donc une chose capitale, immense, et contre laquelle on disputerait en vain. L'impression morbifique expérimentale ou indirecte doit passer par ce système pour opérer la perturbation fonctionnelle des glandes et des organes dont il dirige les opérations. En conséquence, et malgré d'excellentes raisons pour se perdre dans les détails, nous arrivons à ne plus considérer le diabète comme une maladie des reins, ce qu'on a soutenu jadis, ni comme une affection de l'estomac, ni comme une maladie du sang, ni comme une affection du foie, ni comme une maladie des poumons, mais comme une affection organique ou dynamique du système nerveux localisé dans un point circonscrit de la moelle.

La glycosurie est donc le symptôme d'une afl"ection passagère ou permanente du système nerveux, qui active la fonction glycogénique du foie, suspend la destruction du sucre dans l'acte respiratoire, et permet son accumulation dans le sang, où les reins le prennent pour l'éliminer avec l'urine.

Comment consiate-t-on la glycosurie ?

Les moyens de constater la présence du sucre dans l'urine sont nombreux ei n'ont pas tous la même importance. Outre les caractères physiques tirés de la couleur ordinairement pâle des urines, de leur saveur sucrée ou molle, de leur fermentation spontanée ou i)rovoquéc par la levure, il y a d'autres moyens de diagnostic fournis par l'augmentation de leur densité et par leur analyse optique ou chimique. Relativement à la densité, l'aréomètre ordinaire, qu'on trouve partout, et qui marque 1,030, l.OûO ou 1,060, au lieu de 1,018, chiffre de la densité ordinaire, ou le petit pèse-urines, instrument portatif que chaque médecin devrait avoir, et qui marciue '2, 3, U ou 5 degrés, au lieu de 1 1/-2, chiffre des urines normales, suffisent pour révéler la présence du sucre. 11 n'y a pas de maladie autre que le diabète qui élève ainsi le chiffre de la densité des urines.

SlCrNKS l'-OUUNlS PAT. i/EXAMEN DES UlUNliS. 1277

L'analyse optique se fait au moyen de l'appareil polarimètrc de M. Biol, ou , du sacchariuiètre de M. Soleil, ou du diabéiomèire de Robiquet (fig. 283, 284 : et 285); .mais ce sont là des moyens savants qui exigent le concours d'appareils dispendieux que l'on ne trouve que dans nos grands centres scientifiques.

Quand on emploie le diabétomètre, voici la manière de s'en servir.

Détermination du zéro correspondant à l'égalité de teinte bleue violacée donnée par la lame bi-quartz.

Fixer l'instrument sur la boîte SS', mettre en place le tube central F, et viser la flamme d'une lampe bien allumée. Saisissant alors l'extrémité, aa' , l'observateur enfoncera ou attirera à lui, suivant la nature de sa vue, le tube mobile contenant la loupe A jusqu'à ce qu'il aperçoive bien nettement une image circulaire partagée en deux parties égales par une raie noire verticale, et ayant entre ses deux moitiés une égalité de teinte parfaite tirant sur le bleu violacé. En ce moment, le zéro du cercle gradué doit se trouver en regard du point de repère D. Pour peu qu'on fasse passer le zéro en deçà ou au delà, l'égalité de teinte sera rompue. Aussi les physiciens ont-ils donné à la teinte bleue violacée, correspondant au zéro , le nom de teinte sensible. Si, par une secousse trop forte, l'analyseur était déplacé de sa position normale, l'égalité de teinte serait encore troublée, mais on pourrait très-facilement remédier à cet accident; il suffirait I pour cela de desserrer la vis L et de faire très-légèrement osciller à droite ou à gauche la bonnette aa' jusqu'à ce que l'égalité de teinte se reproduise. A ce moment, on serre de nouveau la vis L, et l'instrument se trouve réglé.

Il est très- essentiel d'habituer l'œil à saisir l'égalité de teinte correspondant au zéro de l'instrument, ainsi que la moindre différence qui pourrait se produire entre les deux moitiés du disque coloré.

Préparation de la liqueur à analyser.

L'instrument étant réglé au zéro et l'œil de l'observateur parfaitement exercé à saisir la teinte sensible, bleue violacée, il ne reste plus qu'à préparer la liqueur à observer. Pour cela on mesure dans l'éprouvctlc graduée 25 centimètres cubes d'urine diabétique, 1 centimètre cube d'extrait de Saturne et 1 centimètre cube d'ammoniaque liquide. On complète exactement avec de l'eau un volume de 50 centimètres cubes; on môle les liqueurs avec la baguette de verre, et après quelques minutes de repos, on filtre dans l'éprouvelte non graduée. Les premières poriions de liquide qui passent sont ordinairement un peu troubles, on les reverse sur le filtre jusqu'à ce qu'on obtienne une limpidité parfaite.

Remplissage du lube central.

On dévisse une des deux bonnettes du tube central F, dans lequel on verse, en petit filet, la liqueur filtrée et décolorée, jusqu'à ce qu'elle dépasse légèrement l'orifice. A ce moment, on fait glisser le petit plan de glace sur l'extrémité

SÈMÉlOLOGlIi.

découverte dn tube et l'ou visse la boiinetle. A cause du diaphragme placé au centre, il est rare qu'on puisse ainsi lemplir complètement le tube central, jl

FiG. 283.

Fici. 284.

I'"iu, 282 il 284. — Diubiitoiuèti'o Uobiiiuel, cuiisliiril piii' .1. Iiiiliiis(<|. — liibUniin irl ilosliiic ii iiii'surir le tmiv

ilniia les mines iliulii!'li(nn;s(*)i I

(♦) Fk;. 282. — A, lolipe Kiiupln : clli; l'i'iil rlrr uviuin il rrriili'c ix'i'lili,ïm iiii m , nu innu'ii dr ^.i I.hu

iii'lte (in, c(! qui permet di^ lixer lu vision sni- lu plmpie l>i-i|nni'h:, E : 11, prisme île Nicol, fnisnni rom lini il'mmlyseiu- ; C, eerele fjnijué milivant liiui'Jiei- iliins nn |]lun verlieul el enlniiner (Inns sa rolatinn 1 Ijsenr U. Cette cnmmiinicatioii de mnuvenient est riieilement saisie ù la seule inspection du n° 3; 1>, l'i iii ' lige trianguluire servant de point dû repère pnnr compter les degris du cei-ole pradui^; K, plaque de ipi n- ■ il double rotation, composée de deux (lemi-disi]ues ayant cliarun une épaisseur de 1"",60, et donnant 1 1 teinte sensilile bleue viidacée, lorsque l'instrument est réglé au zéro; V, tube central destiné i\ recevoir 1'liqueurs à analyser; il est terminé par deux bonnettes à plans de glace mobiles, et un diaphraçme uiélallir|i;' est placé ilun» son intérieur pour régulariser la murcbe des rayons polarisés; 0, prisme de Nicol servant ■■ polariseur et ne laissant passer (pie li! rayon extraordinaire ; 1, bonnette de verre Tcrt pfllc, pouvant s eu lever & volonté lorsipi'on n'opère pas & la lumière du jour.

l Figure 283. — Le diabùtomùtre eu |K!rspeetive monté sur Id boite SS' setviml do pied.

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