SIGNES FOUBNIS PAK L'EXAMEN DES URINES
feut aloi-s le retourner doucement, dévisser la seconde bonnette, et opérer à celte deuxième extrémité comme on l'a fait à la première. On vérifie très-facilement que le tube est exactement plein lorsqu'eu le plaçant entre l'œil et la lumière, on distingue une colonne liquide parfaitement transparente et semblant solidifiée d'un seul bloc. Au contraire, pour peu qu'il reste de l'air, la vision n'est pas nette, la liqueur paraît toute trouble et agitée, souvent même les rayons lumineux ne peuvent plus passer, et il y a obscurité complète.
Dosage du sucre diabétique.
On installe le tube au centre de l'instrument et l'on fixe de nouveau la flamme de la lampe. Si l'urine à essayer ne contient pas de sucre, l'égalité de teinte donnée par la plaque de quart à double rotation (§ 1) n'est nullement troublée. Si, au contraire, il y a du sucre diabétique, les deux moitiés de la plaque bi-quartz sont colorées de teintes tout à fait différentes dont la nature et l'intensité varieront suivant la richesse saccharine de la liqueur analysée. Quelle que soit cette opposition de couleurs, on la fera disparaître en tournant le disqije gradué (dans l'ordre numérique de ses dh isions par rapport au point de repère D) jusqu'à ce qu'on ait très-exactement rétabli une égahté de teinte parfaite. On regardera alors quel est le degré qui se trouvera en face du point de repère B. Supposons que ce soit le '21' degré, cela signifiera que l'urine essayée contient par litre 21 grammes de sucre diabétique.
Ainsi : chaque degré du cercle divisé correspond à un gramme de sucre de diabète par litre d'urine.
On peut opérer à la lumière naturelle en visant le ciel, surtout lorsqu'il est légèrement nuageux, mais alors il faut enlever la petite bonnette munie du verre vert I.
Il faut, après chaque opération, nettoyer parfaitement le tube central et les éprouvettes avec de l'eau aiguisée d'acide acétique ou de vinaigre. Toutes les pièces, étant parfaitement nettoyées et essuyées, pourront servir à des opérations ultérieures sans qu'on ait à craindre le moindre trouble dans les liqueurs.
Autres moyens de constater le sucre dans les urines.
L'analyse par réactifs chimiques se fait très-rapidement, eu faisant bbulllir une petite quantité d'urine dans un tube à expériences, avec une quantité double ou triple de tartrate de potasse et de cuivre (liqueur de Barreswil), ce qui donne un précipité jaune d'oxyde de cuivre ; ou plus simplement, en faisant bouillir l'urine avec 5 centigrammes de potasse caustique, qu'on trouve en toute localité, et qui donne aux uriaes diabétiques une coloration brun-acajou caractéristique. Malheureusement ces réactifs sont infidèles, en ce sens qu'ils produisent des effets semblables avec des urines fortement chargées d'acide urique et de lualièrc organique. Il faut, en cas de doute, détruire préalablement la matière organique par l'acétate de plomb, reprendre le sel de plomb par du sulfate
SÉMÉIOLOdUi.
de soude, et faire bouillir la liqueur filtrée avec la potasse ou le tartrate cupropolassique.
M. Hippolyte Blot (1) annonça comme une découverte pathologique la présence du sucre dans l'urine des femmes en lactation. C'était une erreur, autant qu'il faille en juger par les vérifications qui ont été faites. Eu effet, désirant étudier les proportions du sucre, on venait de signaler sa présence dans l'urine des femmes en lactation, M. Leconte a constaté l'absence du sucre dans le liquide dont le plomb avait été séparé par l'hydrogène sulfuré. Après maintes expériences dans le but de s'assurer si la substance réductrice s'était ou altérée, ou volatilisée, il ne lui a plus para possible d'admettre l'existence du sucre dans l'urine des femmes en lactation.
Il restait à déterminer quelle était la substance qui produisait la réduction du eu pvo- tartrate de potasse.
Les résultats obtenus l'ont conduit à cette conclusion : que c'est l'acide urique qui, dans l'urine des femmes en lactation, produit la réduction du cupro-lartratc de potasse. De là cette conséquence, que toutes les urines qui contiennent cet acide doivent réduire ce réactif avec plus ou moins d'intensité.
L'expérience est venue confirmer cette conclusion. En effet, dit M. Leconte, lorsqu'on ajoute à de l'urine d'hommes, de femmes non en lactation ou ayant passé l'âge critique, de jeunes garçons, de jeunes filles, de chiens, de chiennes jeunes ou âgées, du cupro-tartrate de potasse, on obtient une réduction semblable à celle que fournit l'urine de femme en lactation.
§ 14. — Matières acciilcnlcllcincut <lé|iosccs dans l'urine.
Des acides, des sels, et des substances qui ne font pas partie de la composition normale des urines, peuvent s'y rencontrer accidentellement ou par suite d'un état pathologique. |
V acide oxalique uni à la chaux forme la base de certains calculs dont on attribue sans raison l'origine à l'usage de l'oseille. En effet, il y a des gens qui ont eu des calculs d'oxalate de chaux sans avoir jamais mangé d'oseille, et, parmi ceux qui en mangent fréquemment, il y a des gens qui n'auront jamais la gravelle oxalique.
V acide purpurique, benzoïque, butyrique, carbonique, X'oxijdc xanthique, le soufre, le fer, ont été signalés par quelques chimistes conune pouvant se rencontrer dans l'urine; mais cela est rare, et il est impossible, quant à présent, de se rendre compte de leur présence. Il s'y trouve quelquefois du /)c«/c?7//f"« f/laiicim, ou le mycoderme de la levure, mais il s'agit alors d'urine de glycosuriques, surtout quand il s'agit de cette dernière production. On y a découvert des helminthes, mais cela est rare.
Nous citerons à litre de curiosités : les liydatides, le Diplosoma crenata, le
(1) Blot, De la glycosurie pliy Biologique des femmes en couches, des nourrices et d'un certain nombre de femmes enceintes {Comptes rendus do l'Académie des sciences, 6 octobre 1856).
Didaclijlius aculeatus, le Strongle géant, le Distoma hœmatobium. Le micrO' scope peut seul permettre de reconnaître la configuration anatomique de ces divers animaux.
Notons enfin les produits confervoïdes qui sont des corps vésiculaires voisins des genres Torula et Penicillum.
§ — Matières de rui-inc infroanitcs par l'estomac.
On trouve enfin dans l'urine des substances introduites dans l'estoniac et chassées du corps par la sécrétion urinaii-e ; V arsenic, Viode, le mercure, le fer, le plomb, la quinine, etc. , ont été découverts au moyen de leurs réactifs particuliers, et la plupart des médicaments s'y retrouvent quand on a l'habitude des manipulations chimiques.
On y découvre l'iodure de potassium en mettant de l'urine sur un morceau de papier blanc collé, à écrire, et l'on ajoute une goutte d'acide nitrique pur qui s'empare de la potasse et met l'iode à nu, ce que l'on connaît à la coloration bleue qui se forme sur le papier et qui est dû à l'iodure d'amidon.
On y reconnaît les sels de plomb, d'après Reeves, de la façon suivante .-après avoir fait prendre au malade atteint de colique saturnine, 25 à 30 centigrammes d'iodure de potassium, trois fois par jour, il lui remet un morceau de sulfure de potassium contenu dans un linge blanc assez épais. Le malade doit laisser ce paquet dans son urine pendant cinq minutes. Or, s'il existe du plomb dans l'économie, l'iodure de potassium se transforme en iodure de plomb qui est éliminé par les reins ; l'iodure de plomb au contact du sulfure de potassium contenu dans l'urine est rapidement décomposé et il se forme un sulfure de plomb noir insoluble qui reste dans le linge (1).
La quini?ie s'y révèle chez les sujets qui en ont absorbé au moyen d'un mélange de 30 grammes de solution de biodure hydrargyrique, à 1 gramme sur 30 d'eau distillée, avec une solution d'iodure de potassium, à 1 gramme sur 30 grammes également. Quelques gouttes jetées dans l'urine renfermant de la quinine, y produisent un précipité.
Bromure de potassium. — La recherche des bromures alcalins dans l'urine offre plus de difficultés que celle des iodures. Pour constater la présence d'un iodure alcalin dans l'urine, il suffit de traiter ce liquide par une petite quantité d'eau de chlore et d'empois d'amidon, l'iode mis en liberté produit la coloration bleue due à la formation de l'iodure d'amidon. Les maiiJîres organiques de l'urine n'ont dans ce cas aucune inlluence; il n'en est pas de môme si l'on veut constater la présence d'un bromure. Il faut alors, d'après Caigniet, soumellre l'urine à l'évaporaiion, calciner et môme incinérer le résidu afin de détruire la matière charbonneuse aussi complètement que possible.
Lorsque la masse, traitée et épuisée par l'eau chaude, donne par la filtralion une solution incolore et limpide, la décomposition de la matière organique peut
(1) Heeves, A uscralian meclkul Hicord, ili dôcctnbrc 18G1.
B PATHOL. GÉN.
,j282 SÉMÉIOLOGIE.
être considérée comme complète, et il est possible alors de constater le bromure en question.
Il suffit de traiter la solution obtenue par une quantité convenable d'eau de chlore qui met le brome en liberté.
En ao'itant la liqueur avec du sulfure de carbone, on obtient une dissolution d'un rouge brun de brome dans le sulfure de carbone, qui permet de constater les plus faibles traces de bromure.
Si l'on n'a pas d'eau de chlore à sa disposition, on ajoute à la solution de l'acide citrique, puis de l'hypochlorite de soude. L'acide citrique n'a aucune action décomposante sur les iodures et les bromures alcalins, mais produit, au contact de l'hypochlorite de soude, du chlore qui met le brome en liberté.
Quoique le moyen indiqué plus haut soit indispensable si l'on veut arriver à des conclusions justes, et surtout si l'on veut opérer le dosage du bromure, on peut néanmoins constater directement ce corps en traitant un volume d'urine par un volume à peu près égal d'une eau saturée de chlore. On obtient alors la mise en liberté du brome ; cependant dans les cas où il n'y a que très-peu de bromure, on n'est jamais certain du résultat, et il est nécessaire d'avoir recours à l'incinération (1).