‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 6 sur 439 · VI PRÉFACE DE L/V DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE L/V DEUXIÈME ÉDITION

Je pronoslic, de diététique et de nosologie formulés parlui. Le Trailé desaù's, des eaux et des lieux; les livres des épidémies, du p7'07iostic et du régime, renferment la plupart des choses utiles à connaître sur l'influence des principales causes morbifiques, sur la fin d'un certain nombre de maladies, et sur le régime à imposer aux malades. Sans doute, l'œuvre est incomplète et renferme des idées théoriques que le temps a fait rejeter; mais le fond est inattaquable, et l'homme qui découvre autant de vérités, encore vraies à deux mille ans de distance, a droit à tous les hommages de la postérité.

Sur le sol fécondé par Hippocrate chacun s'est efforcé de construire, et les uns par des systèmes, les autres par des doctrines, ont agrandi le domaine de la pathologie générale, mais sans réunir dans un livre spécial tous les principes généraux de la science. Les généralités de Galien, sur les causes et sur le siège des maladies, sur la séméiologie, sur les crises, si souvent reproduites par les écrivains, ses successeurs, ont inspiré Cœlius Aurélianus, Alexandre de Tralles, Fernel, Baillou, Félix Plater, Sydenham, Slahl, Fr. Hoffmann, Sauvages, Bordeu, P. J. Barthez, qui ont tous plus ou moins contribué à l'institution et à la propagation de quelque vérité fondamentale.

Il faut arriver au dernier siècle pour voir rassemblées ces vérités en quelques pages comme on le ferait d'un corps de doctrine. Gaubius (1) a ouvert la voie dans un ouvrage important ; et depuis lors ont paru les traités de pathologie générale de Sprengel (2); de A. Fr. Chomel (3) ; de Caillot {h) ; de M. Dubois (d'Amiens) (5), qui a, pour la première fois, donné à la pathologie générale un cadre proportionné à son étendue; de MM. Hardy et Béhier ((3) ; de Ginlrac (7), qui a suivi l'exemple de M. Dubois (d'Amiens) , en montrant une érudition et une expérience qu'on ne saurait trop admirer; de

(1) Gaubius, Pathologie. Nouvelle édition, traduite par P. Sue sur la troisième édition de Leyde, 1781. Paris, 1788.

(2) Sprengel, Inslituliones mcdiccu. Ainstelodami, 1809, 6 vol. in-8.

(3) Chomel, Eléments de pathologie générale. Paris, 1817, in-8. — 5« édition. Paris,

(4) Caillot, Éléments de palhologio générale et de physiologie pathologique. Paris, 1819 2 vol. in-8.

(5) Dubois (d'Amiens), Traité do pathologie générale. Paris, 1837. 2 vol. in-8.

(6) Hardy et Béhier, Trailé élémentaire de pathologie interne, 1. 1, Pathologie générale, 2" édition. Paris, 1858, in-8»

(7) Ginlrac, Cours de pathologie interne, t. 1. Pathologie générale. Paris, 18.Ô3, in-8.

PllÉFACl- DE LA DEUXltMli ÉDITION. Vil

M. Monnerel (1), dont le plan mérite d'être étudié avec réflexion, de H. Bennelt (2), de Billroth (3), de M. Chauffard (Zi), etc.

Pour terminer, je mentionnerai les travaux de M. Andral, que les auditeurs de son cours de pathologie générale à la Faculté ont été à même de connaître et d'utiliser. Sous la parole de ce maître, la pathologie a pris un nouvel aspect et une plus grande étendue. Jusque-là bornée à des généralités élémentaires sur les causes, les symptômes, la marche et la terminaison des maladies, M. Andral a rompu avec le passé pour inaugurer une voie nouvelle. Il s'est appliqué à déterminer, par des recherches précises, la nature des éléments matériels constitutifs delà maladie et la connaissance de ses éléments dynamiques. Mettant à contribution la chimie pathologique et l'analyse optique, il a pu, dans la première partie de son cours, montrer le rôle des vices de proportion, de forme et de situation des éléments organiques solides ou liquides du corps dans la production des maladies. Dans une seconde partie, l'auteur a exposé les signes généraux de l'état morbide ou séméiotique. Puis, pour compléter cette œuvre immense, il a terminé par l'étude des différents groupes de maladies en général et par une histoire de la médecine, encore inachevée, mais que le savant professeur ne voudra pas laisser incomplète. Le succès mérité de ses études sur Hippocrate, Celse et Galien, l'encouragera sans doute à reprendre un travail si bien commencé.

C'est à l'école de ce maître que j'ai entrepris l'œuvre qu'on va lire. Egalement éloigné du matérialisme systématique et du spiritualisme exagéré qui ne voient dans l'homme que la matière mue par ses propriétés, ou qu'un esprit dont on ignore les liens avec le corps; résolu de faire la part de la matière et des forces qui l'animent, ne croyant pas que la vie soit un résultat et la considérant en effet comme une force surajoutée aux organes, et distincte des propriétés du tissu vivant, j'ai voulu montrer cette alliance et ses eflèts dansl'orioine le développement et la fin des maladies. '

Les médecins trouveront dans ces Nouveaux éléments de mtho^ logie générale et de séméiologie, deux parties absolument distinctes Livres'!'''''""'' ""''"'^ Pathologie générale se divise en deux

(t) Monnerel, frailé dopathologie générale. i>aris, I85?-59 a vol in 8 W Chaullunl, Principes do palhologio générale. Paris, 1862, in-8.

VJU PRÉFACE DE l,A. DEUXIÈME ÉDITION.

Le Livre I" est relatif à la nature de l'homme et aux fonctions de ragent vital; — anx notiom générales de la maladie, — à l'étude de ses causes envisagées dans ce qu'elles ont de plus élevé par rapport aux influences de V atmosphère, des eaux et des lieux; de \àge, du sexe , du tempérament et de la constitution, des idiosyncrasies, des habitudes, des professiojis, des sympathies et de Xhérédité; à l'action àQ?, poisons, des venins, des effluves, des miasmes, des virus et àes parasites morbifiques; à l'étude des constitutions incdicales ; des endémies, des épidémies, de Vinfection et de la contagion; de la spécificité, des cliathèses, etc. ; — aux éléments de la maladie; aux différentes formes qu'elle présente; — aux phénomènes qui accompagnent son évolution et sa fin (prodromes, symptômes, marche, durée , terminaison) ; — à la convalescence, aux rechutes et aux récidives, aux complications et au pronostic; — aux lois générales de la thérapeutique et des médications principalement employées ; — enfin , à l'exposé des méthodes de nomenclature et de classification à mettre en usage.

Viennent ensuite, dans un Livre II, les faits généraux qui servent de base à la formation des principales classes morbides, telles que : — la fiièvre; — les fièvres ou pyrexies; — X inflammation; — les gangrènes; — les hémorrhagies ; — les hydropisies; — les flux; — les pneumatoses; — les nosohémies ou maladies du sang; les nosorganies ou maladies organiques; — le parasitisme végétal animal; — les névroses, etc.

Il m'a paru impossible de laisser ces questions en dehors d'un ouvrage destiné à faire connaître les principes fondamentaux de la science. Je leur ai donné les développements nécessaires, et, pour mieux faire comprendre la description, j'ai placé dans le texte de la classe des nosorganies, où se trouve Xanatomie pathologique générale, et l'histologie pathologique un grand nombre de figures explicatives des altérations élémentaires du tissu, produites par les nosorganies telles que l'hypertrophie, Yatrophie, les concrétions inorganiques, les néoplasies orgaiiiques (adénomes, stéatose, enchondromes, tumeurs fibreuses, tumeurs mélaniques, etc.), les thromboses et Y embolie, les concrétions membraneuses, les épithéliomas, le cancer, les cancroïdes, le tubercide, la dégénérescence amyloïde, les parasites animaux et végétaux qm produisent les ma/«dies parasitaires, etc. Ces figures sont relatives aux altérations organiques appréciables seulement au moyen du microscope.

On peut bien ne pas accepter les hypothèses nombreuses de la mi-

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crologie moderne, mais il est impossible de ne pas tenir compte de ses découvertes et de ses théories qui se chassent en se détruisant les unes par les autres. Je suis heureux, pour mon compte, de servir un instant d'interprète à des savants dont je désire honorer les travaux, me réservant de faire en son lieu la critique des conclusions qu'on a prématurément tirées de leurs découvertes anatomo -pathologiques.

Dans la deuxième partie, ou séméiologie , j'ai exposé les signes organiques et physiques qui constituent les éléments du diagnostic et du pronostic. J'y ai mis dans tous leurs détails l'examen des modifications de l'extérieur du corps et des phénomènes qui annoncent les troubles survenus dans l'exercice des fonctions. — Double 0), Landré-Beauvais (2), Chomel, Rostan (3), Piorry {h) et Racle (5), m'ont guidé dans ce travail, où je n'ai eu souvent qu'à contrôler des observations anciennes ou modernes sur la signification des phénomènes morbides.

On y trouvera un exposé des signes fournis : — par V habitude extérieure du corps, — par Y-innei'vation, — par \' examen de V appareil circulatoire comprenant les bruits normaux et anormaux du cœur ainsi que la sphygmographie; — par Vexameu de V appareil vocal et respiratoire, avec l'étude de la toux, de l'expectoration, de la dyspnée, de la respiration et de l'auscultation, de la capacité thoracique, des bruits respiratoires anormaux, etc. ; — par X examen de l appareil digestif, lèvres, dents, langue, soif, faim, nausées, vomissements, diarrhée, flatuosités, gargouillement, constipation, matières fécales, température du ventre, gastralgie, dyspepsie, etc.; — par Vexamen de l appareil biliaire, lacrymal, sudoripare, ur inaire et génital.

La cérébroscopie destinée à voir ce qui se passe dans le cerveau ainsi que X auscultation et la percussion qui révèlent ce qui se passe

(1) Double, Sémiiologie générale ou Traité des signes et de leur valeur dans les maladies. Paris, 1811-1822, 3 vol. in-8.

(2) Landré Beauvais, Séméioiique ou Traite des signes des maladies, 3" édition. Paris, 1818, in-8.

(3) Rostan, Traité élémentaire de diagnostic, d'indications thérapeutiques ou Cours de médecine clinique. Paris, 1826-27, 3 -vol. in-8. — Cours de médecine clinique ou Traité élémentaire de diagnostic. 2" édition. Paris, 1829, 3 vol. in-8.

(û) Piorry, Traité de diagnostic et de séméiologie. Paris, 1837, 3 vol. in-8.

(5) Racle, Traité de diagnostic médical, guide clinique pow Vétude des signes caractéristiques des maladies, contenant un précis des procédés physiques et chimiques d'exploralion clinique, h" édition par Blacliez. Paris, 1868, 1 vol. iu-i8.

X PRÉFACE m LA DEUXIÈME ÉDITION.

dans la poitrine, la laryngoscopie, y occupent une place importante, et les services que ces moyens physiques d'exploration rendent au diagnostic du cerveau, des poumons, du larynx et du cœur, justifient les détails dans lesquels je suis entré à leur égard.

Celte deuxième partie complète la première, et, si leur ensemble ne constitue pas encore la pathologie générale tout entière, elle en étend le cadre au delà de ce qui a été fait généralement jusqu'à ce jour, et de manière à répondre aux exigences de la médecine moderne.

Paris, 15 juillet 1868.

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