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PROPHYLAXIE ET THÉRAPEUTIQUE

La thérapeutique des épidémies se ressent un peu de l'obscurité qui couvre \ leur nature occulte, et, sauf un petit nombre d'entre elles que l'on guérit par

des spécifiques, la plupart nous tiennent à leur merci sans que nous puissions

leur opposer autre chose que des palliatifs.

II en est un petit nombre que l'hygiène sait prévenir. Le dessèchement des i marais empêche les épidémies de fièvres intermittentes, tout comme la bonne I nourriture arrête le scorbut, et l'aération suffisante le typhus. C'est pour ne pas I obéir aux prescriptions de la science, qui enjoint de disperser les femmes en

couches dans tous les hôpitaux de Paris, plutôt que de les rassembler dans des I maisons spéciales, que l'administration des hôpitaux de Paris voit périr tant de •femmes de la fièvre puerpérale dans les hospices d'accouchement J'en dirai .autant de la mortalité de certains hôpitaux de l'enfance, due à l'encombrement

■ (1) Villermé, Des épidémies som les rapports de l'hygièm publique, de la statistigue >méd,cale et do V économie politicjue {Annales hygiène publique, 1833,1. IX p S^

PATITOrOGIlî GÉNÉRALE.

nies salles par un très-grand nombre de nialad(5s et à l'influence des épidémies qui les ravagent en permanence. Sous ce rapport, l'infirmerie des Enfants trouvés est un vaste nécroconu! où l'on apporte vivanls do petits êtres qui, pour la plupart, n'en doivent plus sortir. Il serait à désirer que l'on comprît enfin l'importance qu'il y a d'éviter l'encombrement des hôpitaux, et, en cas d'épidémie, la nécessité de les arrêter par la dispersion du foyer d'infection, moyen dont les avantages sont consacrés par une expérience de dix-huit à vingt siècles.

S'il y a des épidémies dont on peut prévenir et limiter le développement, le plus grand nombre échappe à notre action, et elles exercent leurs ravages jusqu'au moment où il leur plaît de s'arrêter. Toutefois l'individu, en tant qu'individu, peut, dans quelques circonstances, se préserver du fléau. Sans parler des grands feux qu'on allumait jadis sur les places et dans les rues d'une ville, d'après l'excellent conseil d'Hippocrate, je signalerai les moyens empiriques découverts contre la propagation de certaines épidémies, tels que l'inoculation de la variole et de la vaccine contre la variole; l'inoculation du claveau, de la péripneumonie des bêtes bovines contre les épizooties de clavelée et de pneumonie, etc.; l'influence de la belladone à l'intérieur contre les épidémies de scarlatine ; celle du camphre et du soufre contre la rougeole, etc.

Le traitement des épidémies échappe à toute donnée générale ; seule, la prophylaxie a des bases certaines qu'on a trop souvent le tort de méconnaître. Les moyens à opposer aux épidémies varient suivant leur nature, leur forme et leur siège anatomique, quand il leur arrive d'en avoir un. Ils varient même, dans une même maladie épidémique, d'une première épidémie à une seconde, de sorte qu'il faut, à l'exemple de Sydenham, étudier à chaque épidémie les choses qui sont bonnes ou nuisibles aux malades, afin d'adopter les unes et de rejeter les autres.

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