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MALADIES CONTAGIEUSES

( Variole, syphilis, morve, vaccine, cow-pox, rage, scarlatine, cla-

. Virulentes | ^.^j^^^ charbon, rougeole, etc.

Purulentes Blennorrhagie, ophthalmie purulente, pustule maligne, etc.

( Gale, teigne, muguet, prurigo senilis, prurigo pubis, mentagre.

Parasitaires | ^^^^^^^ circiné, herpès tonsurans, etc.

MALADIES INFECTO- CONTAGIEUSES.

Virulentes Variole, morve, scarlatine, rougeole, charbon.

( Typhus, fièvre typhoïde, suette, peste, .liphthérie, scorbut, pourri- Miasmatiques. ... ture d'hôpital, fièvre jaune, typhus fever, choléra, érysipèle, fièvre ( puerpérale, grippe, raénlngo-encéphalite, dysenterie, etc

( Chorée, coqueluche, éclampsie, hystérie, folie, manie , contrac-

Névrosiques \

( ture, etc.

( Herpès circiné.

Parasitaires . '

Herpès tonsurans.

Quelques maladies jouissent des deux modes particuliers de développement contagieux que je viens d'indiquer, savoir, la contagion directe et Yinfectocontagion. Ce sont la variole, la morve, la scarlatine, la rougeole et le charbon, qui se propagent par contagion directe, contact ou inoculation, et par contact indirect au moyen de l'infection atmosphérique par des virus volatils, et on les voit figurer sur l'un et l'autre tableau. Il en est d'autres qui ne se propagent que par contact direct : telles sont, parmi les maladies virulentes, la syphilis, la rage, la vaccine, le cow-pox, etc. Ce sont des maladies contagieuses à germe fixe. Quelques-unes, enfin, appartiennent exclusivement au second mode de contagion; ce sont les maladies infecto-contagieuses miasmatiques, qui se propagent par l'intermédiaire d'une atmosphère infectée.

Les principes contagieux ont une activité très-variable qui leur est inhérente, ou, au contraire, qui dépend de l'idiosyncrasie des individus soumis à l'influence morbide. Quelques-uns se conservent très-longtemps : exemple, le principe contagieux de la variole, du typhus, du vaccin, de la scarlatine ; d'autres, au contraire, perdent très-rapidement leurs propriétés contagieuses. — La mort ne paraît même pas amoindrir l'activité des agents contagieux, et, sauf le vaccin, qui cesse d'être inoculable quand il est recueilli sur un cadavre, la plupart des autres conservent une activité redoutable. — Cependant je dois dire qu'il n'y a rien de précis à cet égard, et il faudrait de très-nombreuses observations, que nous ne possédons pas, pour éclairer ce point d'étiologie.

Les principes contagieux sont si différents les uns des autres dans leur nature, qu'il est impossible d'envisager leur propagation d'un seul point de vue. Fixes ou volatils, inoculables ou non inoculables, solides, ou liquides, amalgamés à du pus, à des cellules pathologiques ou à un liquide d'excrétion physiologique, comme la salive, constitués par des émanations putrides, par des miasmes infectieux remplis de germes bactériques ou par des miasmes \névro-

PATHOLOGIE GÉNÉUALli.

signes (1), des épizocdres ou des cpipliytes, nulle gi'uiéralité sur leur manière d'agir, sur la dislance \\ laquelle ils perdent leur action, n'est possible. Tour arriver à un résultat, il faut les étudier les uns après les autres d'une manière particulière, car ils ont des propriétés spéciales qui constituent leur individualité.

Les uns, toujours semblables à eux-mêmes, ont des propriétés constantes^ invariables; les autres, au contraire, n'ont que des propriétés contagieuses transitoires. Ainsi les virus vaccin, syphilitique, varioleux, ont besoin, pour produire leur impression, d'être recueillis à une certaine époque de la maladie mèrCj et l'on sait que la scarlatine et la rougeole sont surtout contagieuses au moment de la desquamation. — Dans la syphilis, il n'y a vraiment de pus virulent contagieux que dans la période primitive du chancre, et les accidents syphilitiques secondaires ne sécrètent jamais que du pus dont les propriétés contagieuses virulentes sont au moins très-faibles. Toutefois le virus de cette maladie circule avec le sang, et, par ce liquide, au moyen de l'inoculation, peut se transmettre à des personnes saines.

Les faits de contagion par le sang sont rares, cependant ce liquide peut être l'origine de la transmission de la syphilis, de la rougeole, et, dit-on, de la tuberculose chez le lapin. En voici la preuve, au moins pour la syphilis, par le récit de quelques expériences très-blâmables d'inoculation de sang syphilitique, dues à Waller (de Prague) :

OfiSEnvATioN I. —Le 27 juillet 1850, Waller (de Pragiiel fit publiquement, en présence d'un certain nombre de médecins, l'expérience suivante. Il plongea les lames d'un scarificateur dans la cuisse d'une femme atteinte de syphilis secondaire, et l'instrument ainsi teint de sang fut plongé dans la cuisse gauche d'un garçon indemne de vérole et âgé de quinze ans.

11 ne survint sur les plaies formées par le scarificateur sur l'enfant ni inflammation, ni suppuration. Au bout de trois jours, les plaies étaient complélemenl ' fermées.

Le 31 août 1850, trente-quatre jours après l'inoculation, Waller remarqua à la cuisse gauche, là où l'inoculation avait été faite, deux tubercules distincts, ayant la largeur d'un pois, d'une teinte rougeâtre, pâles, secs à leur surface, sans démangeaison ni douleur. Les jours suivants, ils s'agrandirent, se réunirent par leur base, se couvrirent d'écaillés, et une ^aréole d'un rouge obscur les entoura tous deux. La base des tubercules, c'est-à-dire la peau sous-jacenle et la trame cellulaire sous-cutanée, devint ferme, résistante, et à la surface des tubercules une ulcération se forma, qui donna lieu à la production d'une croûte mince et brune.

C'est de cette façon que se forma, vers le \ o septembre, un ulcère dont la base avait les dimensions d'un œuf de pigeon, dont une aréole cuivrée entourait les bords, et qui était recouvert par la croûte en question.

Cette croûte étant enlevée, le fond de l'ulcération devint visible.

Depuis quelques jours il s'était formé aussi à l'épaule droite un tubercule isolé, gros comme un pois, rougeâtre et couvert de rares écailles, sans que le malade pût préciser le jour deia première apparition de cet accident.

La santé générale se maintient. Le 26 septembre et les jours suivants, le jeune

(1) Du pus transporté dans l'air, d'après M. Eiseld, pourrait occasionner des opr.lhalmies purulentes (voyez page. 107).

DE LA CONTAGION. - PlUNGIPES CONTAGIEUX. 217 garçon se pl.ntd1nappétençe^d.ns^^^ après l'inoculation et ronl -deux " ''J 'à^^^^^^

roséole syphililique générale de. mieux ''f ^^^^^^^^^^^^ „ ■ ' déman-

gent coniluente, [^^.^^^^^^^^^^^^^ H ^partie interne

Les faits non moins répréhensibles de l'anonyme da Palatinat sont absolument semblables.

- ■ Neuf individus furent inoculés avec du sang pris sur une femme de vingtdeux ans s phUitique à la période secondaire; chez tro>s de^ 3 ^ ; rience, il y eut un résultat positif, mais chez eux une large surface absorbante

avait été frictionnée. » iv.,„„,,rv,o ri,i Palitinai

Les anlécédenls de ces trois individus sont englobes par 1 anonyme P'^'^t'" ^ avec les renseignements relatifs à quatorze autres individus mocu es ; ma'^ fe cet e confusion, s'ensuit-il que ces trois faits n'aient aucune importance? Je ne le

^'aL^i! voilà quels sont les renseignements généraux relatifs à la santé des sujets dont l'inoculation a été suivie de résultats positifs. ^

On s'est assuré de l'état sain des sujets soumis aux expériences, et les sujets ont été soumis à l'observation pendant trois ans. Quand 1 inoculation réussit, la marche de la maladie fut presque identique dans tous les cas. .

Dans les trois ou quatre premiers jours, les piqûres s enflammaient légèrement, formant comme de petites pustules qui disparaissaient rapidement ; il s écoulait un certain temps pendant lequel on ne constatait aucun phénomène particulier aux points inoculés, jusqu'à ce qu'il survînt une nouvelle réaction ; les piqûres s'enflammaient alors, formaient des taches d'un rouge foncé, bien limitées, s élevant en quelques jours au-dessus du niveau de la peau, augmentant de consistance, et se desquamant en général à leur sommet.

Les tubercules ainsi formés suppuraient et se couvraient d'une croûte sous laquelle le pus se ramassait.

Pendant que les tubercules s'ulcéraient, il survenait après un espace de temps plus ou moins long, le plus souvent avec fièvre et malaise "général, des taches à la peau ; lorsqu'on abandonnait la maladie à elle-même, ces taches duraient des semaines, pour passer ensuite à l'état de psoriase ou de tubercules cutanés ; l'angine survenait ensuite en général.

Tous les inoculés furent inoculés de nouveau avec le pus de leurs ulcérations avant l'apparition des accidents généraux, mais sans résultat.

Le premier stade d'incubation ne fut jamais moindre de quinze jours, ou de plus de quarante-deux ; le second varia entre vingt-six et cent sept (2).

Quelques principes contagieux, et surtout les virus, peuvent être mélangés à des liquides, tels que de l'eau et du lait, sans perdre leurs propriétés. La dilution n'enlève rien à l'énergie de leurs effets, et c'est quelque chose de prodigieux que de voir l'action persistante du vaccin délayé dans l'eau. Il n'en est pas toujours ainsi, car il y a des principes contagieux qui agissent, au contraire,

(1) Cazcnave, Annales de la syphilis el des maladies de la peau, octobre et novembre

(2) Voyez De la syphilis vaccinale, communications à l'Académie de médecine. Paris, 1865.

en raison directe de la quantité absorbée, comme un poison ordinaire. Ainsi le lyplius, la pesle, le choléra, la variole, ont d'autant plus de gravité, que les miasmes contagieux sont plus concentrés et que l'infeclion de l'air est plus complète.

Si l'activité des principes contagieux dépend de leur nature, elle dépend aussi, ai-ie dit, de l'aptitude des individus qui reçoivent l'impression contagieuse.

Des inoculations antérieures, l'habitude de vivre au milieu d'un foyer d'infection, l'état particulier de l'économie, qui subsiste après une première attaque de maladie contagieuse ou infecto-contagieuse, l'idiosyncrasie enfin, préservent souvent de l'impression toxique des agents contagieux. Cela est généralement vrai pour les maladies virulentes, telles que la variole, la syphilis, la vaccine, la rougeole, la scarlatine; pour quelques maladies infecto-contagicuses, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, la coqueluche, etc. Mais cela n'est plus applicable à la morve, aux maladies contagieuses purulentes et parasitaires, telles que la biennorrhagie, les ophthalmies, le muguet, la teigne, la gale, etc. Oui, d'une manière générale, les agents contagieux perdent leur activité par des inoculations et par des générations successives ; mais il en est quelques-unes dont rien ne peut amoindrir l'énergie. — Ainsi la morve et le charbon, inoculés à un grand nombre d'animaux, reproduisent leur virus aussi terrible à la huitième ou dixième génération qu'à la première. Si l'on continuait les expériences, arriverait-on à épuiser l'activité du virus? C'est possible; mais il faut attendre pour se prononcer à cet égard.

Au temps de l'inoculation variolique, on avait utilisé cette propriété de l'affaiblissement des virus par générations successives, pour obtenir des varioles discrètes préservatives; la varioloïde n'est elle-même qu'un effet de l'affaiblissement du virus varioleux. Le virus vaccin affaibli ne préserve plus de la variole que pour dix à quinze ans, et il faut être vacciné plusieurs fois dans sa vie, malgré les précautions qu'on a eues de renouveler le vaccin en i-eprenant du cow-pox. Le virus de la rage, d'après Breschet, perd une partie de son activité à la troisième et à la quatrième génération. — La syphilis, si i-edoutable au moment de son apparition, ne produit plus de si graves désordres qu'autrefois, en raison de l'affaiblissement de son virus par le temps. Toutes les maladies infecto-contagieuses elles-mêmes, si terribles à leur apparition quand elles se montrent pour la première fois, si graves même au commencement d'une épidémie, s'affaiblissent graduellement et avec le nombre des générations, et c'est ainsi que les épidémies deviennent moins meurtrières et disparaissent.

ARTICLE II

APTITUDES tT IMMUNtTÉS.

Il est certain que les aptitudes différentes des individus, leur disposition, leur idiosyncrasie et l'immunité naturelle ou accidentelle dont ils jouissent, modifient

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