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SPÉCIFICITÉ

La spécificité morbide est une qualité occulte des maladies qui rend compte de ce qu'elles ofl'rent de particulier dans leur nature, dans leur évolution et dans leur traitement. Ainsi on dit que les maladies produites par des virus, des effluves, certaines diathèses, sont des maladies spécifiques, et les remèdes empiriques que l'on emploie avec succès contre ces maladies sont des remèdes spécifiques.

La spécificité représente ce que les anciens appelaient la nature propre et les qualités occultes des maladies; c'est un mot nouveau en quelque sorte, et il n'a cours en médecine que depuis le xvi* siècle. On le trouve dans Paracelse (1), dans Stahl (2), dans John Hunter (3) et dans Sauvages, mais il n'est devenu un terme courant qu'à l'origine de ce siècle, et, h Paris comme à Montpellier, on s'en est servi pour désigner la nature propre ou spécifique des maladies, leurs caractères spécifiques, et surtout ce qu'il y a de spécifique dans les médicaments employés pour les combattre. Il est certainement né d'une découverte thérapeutique. Dès qu'on a pu démontrer qu'une maladie ne guérissait bien que par un remède spécial, renfermant une qualité ou vertu propre, on en a fait un spécifique, speci ficus morbi; quand on a vu qu'un médicament n'avait d'action que sur un organe ou sur un appareil d'organes, il a été réputé le spécifique de cet organe, speci ficus organi. C'est ainsi que, découverte dans les agents curatifs et dans les stimulants physiologiques qui nous environnent, la spécificité a été logiquement admise dans les causes morbifiques et dans la nature propre des maladies. Il n'en pouvait être autrement. Un remède n'est spécifique qu'en détruisant la cause et la nature également spécifiques d'un mal.

La spécificité des causes, des caractères et du traitement des maladies a été étudiée d'une manière générale dans les répertoires de médecine, par Murât, Deslandes (4), et dans les ouvrages spéciaux par MM. Fuster (à), Dubois (d'Amiens) (6), Legroux (7), Dupré (8), Requin, Cavelier, Rostan (9),

(1) Paracelse, Opus paramirum, lib. II, ch. vu.

(2) Stahl, De ffl!(erantî6MS ei spect^ci-s, thèse de Haller, t. VII, 1760.

(3) Hunter, OEuvres complètes, trad. par G. Richelol. Paris, 1839, t. I, p. 391, et 615. (Il) Deslandes, Dictionnaire deméd. el de chir. pratiques. Paris, 1835, t. XIV, p. 657,

art. Spécifiques.

(5) Furster, De la spécificité dans les maladies {Gazelle médicale, 1 833).

(6) Dubois (d'Amiens), Traité de pathologie générale. 1835, t. I, p. 71.

(7) Legroux, thèse d'agrégation . Paris, 18^0.

(8) Dnpré, thèse. Montpellier.

(9) Rostan, Médecine clinique. Paris, 18 30, 3 vol. in-8.

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