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DE LA DIATHÈSE

gens qui nient ce que cliacua affîrme, et l'existence même des diathèses, mal<vré son caractère de certitude, a été mise en doute, comu,e incompal.ble avec le bon sens et l'observation. Au temps de Broussais, toutes ont él^ m^es comme maladies générales, et leurs manifestations impossibles mécpnnqître étaient attribuées à un état inllammatoire, indépendant de toute cause primitive antérieure. A cet égard, on a vu se reproduire au sujet des diathèses ce qui avait été fait pour les maladies virulentes, telles que la syphjlis, et pour les lièvres éruplives ou typhoïdes, que l'on a considérées comme de ^mples phlcgmasies, contestant ainsi l'existence des virus et des causps spécifiqi^e^i auxquels°il faut rapporter la production de ces maladies. Une telle philosophie médicale peut séduire l'inexpérience par sa simplicité, mais elle ne réussira jamais îi convaincre ceux qui étudient sérieusement et qui approfondissent les phénomènes de la maladie.

En montrant les diflérentes manières dont on a envisagé la question des diathèses, M. Grisolle (l) a rendu un vrai service à la science; c'était le moyen d'établir la nécessité d'une iléfniition nette et catégorique de l'objet à définir ; aussi, après avoir mis de côté ce qui n'avait pas ce mérite, s'est-il arrêté à la définition suivante: « Ladiathèsc est caractérisée parla manifestation extérieure sur plusieurs organes et sur plusieurs points de l'économie, de troubles, d? lésions ou de productions morbides de nature identique, sous l'influence d'une cause intérieure, d'une constitution morbide propre à l'individu. «

Ce qui caractérise particulièrement la diathèse, c'est la constitution morbide de l'individu, sorte d'état intermédiaire entre la maladie et la santé, qqi tienl à la fois de l'une et de l'autre, et qui n'est cependant ni l'une ni l'autre. Quand ou voit des persoimcs atteintes de syphilisme ou d'herpétisme oflrir, à des époques assez éloignées, des accidents morbides variés de même nature, engendrer des enfants syphilitiques ou dartreux, et cependant accomplir régulièrement en apparence, et comme dans l'état de santé, leurs différentes fonctions, il devient évident qu'une cause latente, insaisissable, révélée par des effets constants, existe dans l'économie, et que, présente à tous les actes fonctionnels comme à tous les actes morbides, elle y prend une part importante, comme le sang prend la sienne dans tous les actes de la nutrition moléculaire. 11 en est de même lorsque, par atavisme, un sujet issu de goutteux, de cancéreux ou de nervosique, etc. , exempt de ces diathèses, engendre des enfants auxquels il transmet l'état nerveux, la folie, l'épilepsie, le cancer ou la goutte. Cette Ciiuse latente, insaisissable, et, malgré tout, évidente, lorsqu'elle saute une génération, c'est la diathèse. Je la considère comme une constitution morbide analogue, dans l'espèce, à ce qu'on entend par le mot de constitution en général, appliqué aux différentes manières d'être naturelles de l'économie. La constitution morbide des diathèses est quelque chose d'analogue à ce que je suppose exister dans ce qu'on appelle la constitution forte, sanguine, bilieuse, nerveuse, etc. Eu admettant l'existence des diathèses, il faut les comprendre comme

(1) Grisolle, Des duUhèses, thèse de concours, l^aris, 1851, p. 10.

je l'indique, afin de ne pas les confondre avec la prédisposition ni avec aucun état organique des viscères.

Les diathèses sont très -nombreuses, et tous les jours on en découvre de nouvelles, exemples : les diathèses épilliéiiales, fibro-plastiques, chondroïdes, etc. Plus ou mettra de soin dans l'observation des malades, et plus on trouvera de maladies diathésiques, c'est-à-dire liées à une cause générale, latente, ayant tous les caractères d'une diathèse.

Les causes des diathèses sont aussi difficiles à pénéirer que leur nature intime. Un petit nombre seulement nous est connu. Entre toutes, l'hérédité, c'est-à-dire l'impression séminale ou génératrice, est celle qui a le plus d'importance, car c'est à elle qu'il faut rapporter les trois quarts des diathèses que nous avons occasion d'observer. Il sulFit de pénétrer, en médecin, dans les familles, pour trouver chez les parents, les grands parents ou les collatéraux, des diathèses semblables à celles que l'on observe chez les enfants, et qui leur ont été communiquées par voie d'hérédité. Depuis quinze ans, j'ai eu tant de fois déjà l'occasion de vérifier le fait que j'avance, et qu'il est à peu près impossible de constater dans les hôpitaux et hospices, que je le regarde comme incontestable et à l'abri de toute contradiction. Il n'y a pas de praticien qui, sous ce rapport, ne soit de mon avis, et chacun peut, sans crainte d'erreur, attribuera ces impressions génératrices la plus importante part dans la production des diathèses. C'est ce qu'on appelle les diathèses innées ou originelles. Le sypliilisnie, le scrofulisme, l'herpétisme, le scorbutisme, le cancérisme, le nervosisme, etc. , n'ont ordinairement, n'ont pas d'autre origine ; alors elles peuvent être congénitales et déjà manifestes au moment de la naissance, comme je l'ai vu pour le syphilisme et le scrofulisme, ou bien ne se révéler qu'au bout d'une ou plusieurs septaines, de quelques mois et môme de quelques années.

Si les diathèses sont trop souvent innées, et même congénitales, il n'est pas impossible de les acquérir dans l'exercice des fonctions de la vie, au milieu de conditions particulières et d'influences hygiéniques variées. Ce sont alors des diathèses acquises. Toutes peuvent offrir ce caractère, et il y en a quelquesunes qui le présentent presque toujours, exemples : le syphilisme, le rachitisme. Les diathèses acquises naissent quelquefois très-lentement, sans cause appréciable, le plus souvent à la suite d'irritations extérieures, du mauvais régime, de la misère, des aliments de mauvaise nature et de mauvaise qualité, des habitations insalubres, de la contagion, etc. Toutefois je dirai avec M. Grisolle, que les conditions extérieures favorables à leur développement sont d'autant plus promptes dans leurs effets qu'il y a déjà chez les individus une prédisposition acquise par le tempérament, c'est-à-dire par l'hérédité. C'est ce qu'on voit pour les sujets lymphatiques, qui deviennent facilement scrofulcux quand on les expose à l'action de causes qui seraient insuffisantes pour nuire à ceux qui n'auraient pas la même prédisposition. Ailleurs elles se développent très-vite, d'une manière aiguè, comme un empoisonnement; exemples : la diathèse purulente des blessés et des femmes en couches, la diathèse gangréneuse, etc. Est-ce à une modification spéciale du sang, de la lymphe, ou à une altéra-

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tioli (le l'agent vital et à la nnlrilion anomale des solides, qu'il faut attribuer les diatlif-ses?"!! est difficile de le dire. Sans doute le sang est malade dans la plupart des diathùses, mais celte altération est déjà comme celle des solides, l'effet d'une cause interne et antérieure, de nature inconnue ayant pour siège le ferment vital. De plus cette altération échappe à l'analyse, c'est une altération de qualiié plus qu'une modification de quantité. Il en est de mC-me des altérations des humeurs émanées du sang, de la lymphe; toutes ces modifications des fluides nourriciers et sécrétés existent à des degrés divers dans les diathèses, mais elles ne sont évidemment que secondaires ou tertiaires, et sont précédées d'une action primitive delà force vitale qui est l'impulsion héréditaire dans les diathèses innées, et l'impression qu'elle éprouve par les différents virus, parle pus et par les poisons dans les diathèses acquises. Sous ces influences diverses, la nutrition moléculaire des tissus s'accomplit d'une façon spéciale, différente de ce que doit être la nutrition normale, et, à chaque instant, ce trouble de nutrition se révèle, ici par une syphilide, là par un cancer, ailleurs par une scrofulide; chez une autre par des hémorrhagies, des dartres ou des troubles en rapport avec l'espèce de diathèse existant chez les individus. L'expérience et l'observation montrent constamment ces deux faits associés l'an à l'autre, et il n'y a qu'un moyen d'expliquer leur relation mutuelle, c'est d'admettre comme intermédiaire une modification du sang produite par la cause diathésique conduisant aux troubles ultérieurs dont je viens de parler. On pourrait presque définir les diathèses des maladies du sang, tant est graqd le rôle que jouent les altérations de ce fluide dans leur manifestation.

Ce qui caractérise la diathèse aux yeux du médecin, c'est moins la constitution morbide latente qui prépare la lésion physique des tissus que cette lésion même, c'est-à-dire la maladie diathésique. Cela se comprend. On ne peut décrire que ce qui tombe sous les sens; aussi, tout en réservant son droit d'appréciation, doit-on se bornera la description des principaux caractères des maladies produites par les diathèses.

ARTICLE PREMIER

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