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ARTICLE PREMIER CLASSIFICATION DES SYMPTOMES

T.es symptoipes ne spnt pas tous apparents. Il y en a deux ordres : les uns, cichés tjan? ja profon^pur du corps e^ des tjssus, ne s'étendent pas très-loin du point malade, ce sont les ^ywf tûmes cachés; et les autres, au contraire, sont Ii)finifpsiés ,daiis le Ijeji de leur origine ou par leur généralisation, ce sont les symptômes m^jnrents d<?^ maladies.

^ijî^ premiers porr^spondenf toutes les maladies organiques fnf entes quipro- (luisent iT^ilieu (^es ofg^pes des troubles de circwlation et de nutrition irèsp^3Pflué^, mis ipapprpciables Jintreipqnt que par nécropsie ; certains vices nijitériels 4'organisatipn ; |es diatlièses qui modifient si profondément la nutritjqn, etc.

A l'aptre fir^i^P cqrrpspondent les mali^dies aiguës ou chroniques, internes ou extprnes,' physjqqes oq réflexes, dqnt les symptômes indiquent la nature, la Iflfirche ej; ks termjnaispns différentes.

Les symptômes sont locaux, généraux et sympathiques, selon leur siège à l'endroit rpême pccupi^ par la inai<idie, splon qu'ils résultent de troubles survenus à la fois dans qp' grî|qd nombre de fpnctions et d'organes, ou enfin selon le rapport constant et inconnu quj les rattache à la maladie d'un organe éloigné.

Latuméfaptipn, la prépit^lion, l'çeçjèrae, l'induration, la douleur, etc., sont

des symplônies lo,cqViX . , , . ■

L'agitation, la faiblesse, l'adynamie, la prostration, la chaleur, les altérations humorales, etc. , spnt des symplpmes généraux.

Les convulsions, les parotides, le délire, la fièvre, sont, dans beaucoup de cas, de? syqiptpmps, sympafhiqves.

Il Y a aussi des symptômes qu'il faut appeler physiques, parce qu ils sont absolument caractérisés par la présence de phénomènes physiques produits dans les organes, et dej) symptpmçs réflexes produits par la sensibilité particulière des tissus et des organes malades. Les tumeurs, les voussures, les crépiiafons les râles, les frottements, jes ballottements, les souflles vascula.res etc.. sont des symptômes physiques; au pontraire, la douleur, la paralysie, I adynam. les eigourdissepients, les démangeaispns, les troubles fonctionii^ls, etc., son des ph^onles réffeW^ engendrés par la réaction de la sensibilité organique cpnlrples altérations de la maladie.

§ ^er. gy,„ptômcH priinitus, sccon.Jali çs et occessoire»* .

Parmi les symptômes, il y en a qui ouvrent constamment la marche des maladies et qui se montrent toujours à leur début, tels sont les von-semen^ d^ la méningite aiguë et dans la variole; le chancre pour la syphilis; le fnsM)"

DES SYMPTOMES DANS LES MALADIES. 287

dans la pneumonie fibrineuse; la névralgie rénale dans les calculs du rein, etc. : ce sont des symptômes primitifs.

D'autres, au contraire, viennent ordinairement à la fin des maladies, dans leur convalescence ou après elles. Ainsi une douleur spéciale succède à la guérison de la pleurésie et du zona ; la faiblesse des membres accompagne la convalescence des fièvres; la chute des cheveux s'observe après la guérison delà lièvre typhoïde; des abcès cutanés se montrent dans la dessiccation de la variole; la voussure de la poitrine se développe dans l'emphysème pulmonaire; les joues, le nez, les orifices des muqueuses, s'ulcèrent par le fait d'un écoulement muqueux persistant; des maladies cutanées, osseuses, muqueuses, succèdent au chancre ; les taches lenticulaires du typhus, les éruptions cholériques, etc. , sont des sî/wz/9/d??zes seconiZfl/ms'.

On donne aussi ce nom, par une sorte d'abus de langage, à des symptômes observés dans le cours de plusieurs maladies, et dont la présence n'a pas de signification importante pour le diagnostic et le pronostic. Ainsi la rougeur de la face dans la pneumonie, l'enduit des gencives dans le typhus, la céphalalgie, le trouble des facultés intellectuelles dans la fièvre, la cuisson de l'urèthre dans la blennorrhagie, etc., ne sont pas des symptômes secondaires, niais bien des symptômes accessoires, des ppiphénomènes, par opposition à ce qu'on appelle les symptômes principaux, qui caractérisent à eux seuls l'existence d'une maladie.

§ *• — Symptômes pathognomoniques.

Lorsque, parmi les symptômes principaux d'une maladie, il y en a un dont la présence permet d'apprécier d'une manière absolue la nature de l'espèce de maladie à laquelle on a affaire, on dit que ce symptôme est paf/wgnomonigue (de -n-ôôoç, affection, et yvw,uwv, indicateur, connaissance). Cette classe de symptômes n'est pas nombreuse : ainsi le frémissement hydatique d'une tumeur indique qu'elle est composée d'hydatides; le frémissement ondulé, que c'est une varice anévrysmale; le râle crépitant est pathognomonique du début de la pneumonie fibrineuse ; le bruit de pot fêlé est l'indice, d'une caverne pulmonaire; la succussion hippocratique est pathognomonique d'un hydro-pneumothorax; la crépitation sèche d'un os indique sa fracture; la crépitation de la peau, l'emphysème; les crachats rouillés, une pneumonie, etc.

Souvent il n'y a qu'un seul symptôme chez un malade, la céphalalgie qui précède de loin les affections du cerveau; l'embarras de la langue, qui annonce

> une paralysie générale ; le vomissement nerveux, la toux nerveuse, la contrac-

> ture, la surdité, une paralysie atrophique des muscles du pouce, etr Mais ordi ^nairement les symptômes existent en grand nombre, sous la dépendance d'une inieme cause morbifique dont ils indiquent la nature. Quelquefois malheureu -sèment, leur existence dépend de causes très-variées, distinctes ou enchaînées i les unes aux autres, et leur signification n'en est que plus difficile à trouver

P ATHOLOG 1 1v GÉNÉRA f, K .

ARTICLE II

nTFFÉUENCES DRS SYMPTOMES DANS UNE MÊME MALADIE.

Les symptômes d'une maladie observée dans des âges el dans des lieux diflérents ne sont pas toujours seiublablcs et n'ont pas toujours la même forme ni la môme intensité. Ces indices du travail morbide intérieur qui suit les impressions morbifiques varient beaucoup suivant les individus, lorsqu'ils sont placés dans des conditions dilîérentes et d'après la nature des altérations somatiques.

Ainsi, pour citer des exemples, les symptômes ordinaires de la pneumonie fibrineuse ne sont pas les mêmes chez l'adulte et chez le vieillard ; chez l'adulte les symptômes de la pleurésie ne sont pas toujours semblables, et il y a des cas où les phénomènes réflexes, c'est-à-dire les symptômes, manquent absolument. Quoi de plus variable que les symptômes des fièvres continues, des névroses, de certaines maladies organiques ou vermineuses, etc., chez les enfants, les femmes et les vieillards ? Dans la première enfance, par exemple, il n'y a jamais d'état typhoïde comparable à celui de l'adulte; les spasmes compliquent souvent Içs maladies des femmes, et chez les vieillards les maladies n'ont presque jamais de réaction fébrile, prononcée. D'un climat à l'autre les mêmes maladies changent de caractère et de symptômes. Il n'y a qu'à ouvrir Hippocrate (1), pour être convaincu de la vérité de ce fait. En Orient, les hémorrhoïdes, les fièvres, les dysenteries, etc. , se présentent avec une forme particulière et des symptômes très-différents de ceux qui les accompagnent dans nos contrées du Nord.

L'intensité des symptômes réQexes a une très-grande importance relativement au pronostic des maladies dans lesquelles on l'observe; mais ce principe n'a rien d'absolu, car cette intensité est souvent en rapport avec le jeune âge et la susceptibilité nerveuse des individus. Très-souvent, chez l'enfant, des symptômes ataxiques ou atlynamiques redoutables font croire à un danger immécUat, sans que la suite des événements vérifie cette conjecture. Chez l'adulte, que de fièvres continues débutent avec des symptômes graves et se terminent favorablement, tandis qu'au contraire des maladies de même nature, quoique plus légères en apparence, sont suivies de mort!

Les symptômes sont assez souvent en rapport avec les modifications de structure et 'les lésions organiques, congestives ou inflammatoires, aiguës ou chroniques, développées dans les tissus; mais il n'en est pas toujours ainsi, car dans les maladies qui n'ont pas de siège anatomique connu, et le nombre en est grand, ce rapport ne saurait exister. Dans ce cas, les symptômes ne sont que l'expression de l'affection inconnue qui s'est développée dans l'organe. Dans la catégorie des maladies produisant après elles des lésions de structure, le rapport des lésions aux symptômes existe assez ordinairement, et il est facde de suivre

(1) Hippocrate, OEuvres complètes, Irad. Litlré. Paris, 1S39-1861.

DE LA DURÉE DES MALADIES

les progrès de la lésion par l'augmentation d'intensité des symptômes. Chez l'adulte il en est souvent ainsi. On peut suivre l'accroissement et la décroissance d'une pneumonie, d'une angine, etc., par l'observation attentive de la difficulté d'avaler, de respirer, et par les caractères de l'expectoration, etc. Cette règle a néanmoins des exceptions. Il y a des maladies aiguës chez l'adulte où il n'y a souvent aucun rapport entre l'étendue des lésions et la gravité des symptômes : exemple, la pleurésie, la péricardite, etc. Que d'individus n'ai-je pas observés ayant des pleurésies aiguës suivies d'épanchement considérable, n'éprouvant aucun trouble de la respiration, de l'appétit, des forces, et ne venant à l'hôpital que lorsque la lésion était fort avancée ! Malgré ces exceptions, la règle du rapport des lésions aux symptômes chez l'adulte est généralement vraie. Elle ne l'est plus chez le vieillard et chez les enfants. Dans le premier âge, on observe souvent une intensité très-grande des symptômes avec des lésions somatiques de médiocre importance, tandis que chez les vieillards, au contraire, il existe fréquemment des altérations organiques de la nature la plus grave, inflammatoires ou autres, et qui ne donnent lieu à aucun symptôme apparent. La mort arrive, et c'est à la nécropsie qu'on est confondu par la découverte de désordres auatomiques dont rien ne pouvait faire soupçonner la présence.

La connaissance des symptômes de chaque maladie est de la plus haute importance pour le médecin. C'est la connaissance de la médecine. Sur elle repose la nosographie tout entière, et par elle on arrive au diagnostic et à la détermination de la marche des maladies. Tous les troubles survenus dans les fonctions de relation, de nutrition, de circulation, de sécrétion, et tous les changements physiques survenus dans la disposition des organes doivent être successivement appréciés dans leurs rapports avec les différentes maladies, si l'on veut appreildre à convertir ces phénomènes en signes capables de guider dans la pratique de la médecine. Cette étude est plus particulièrement du ressort de la sémiologie ou science des signes, et c'est là que je me propose de l'exposer avec tous les détails nécessaires (1).

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