‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 86 sur 439 · DE LA DORÉE DES MALADIES. — MALADIES LATENTES · texte numérisé non relu

DE LA DORÉE DES MALADIES. — MALADIES LATENTES

tout le temps de leur durée sous cette forme, et c'est la mort et le hasard des nécropsics qui en révèlent l'existence. Ce sont les maladies lalcults proprement dites.

Parmi les maladies organiques latentes, je signalerai les athéromes et la déchirure de l'aorte; les anévrysmesdesa portion descendante, la méningite, ainsi que j'en ai publié un exemple dans un cas de cysticerque du cerveau; les abcès ,du cerveau et du cervelet (1); des hémorrhagies traumatiques du cerveau (2); un grand nombre de tumeurs de l'encéphale, et principalement des tubercules (3) ; la pleurésie latente ; les pneumonies latentes des vieillards (/i); des abcès et des liydatides du foie; des abcès dans le médiastin; les calculs vésicaux et les vers de l'inlestin; les tubercules du poumon, qui s'y transforment en concrétions calcaires, et les tubercules de tous les organes; certaines tumeurs flbrcuses de l'utérus et des ovaires; des aiguilles cheminant dans les tissus; des projectiles perdus dans la profondeur du corps ; les atrophies, les hypertrophies et les indurations d une foule d'organes, etc., inaladies dopt l'évolution latente a été signalée dans un très-grand nombre d'observations publiées dans les journaux et dans les traités de médecine. Voici quelques observations très-curieuses sous ce rapport, et qui méritent d'être rapportées :

Observ. I. — Tunwur latente du cerveau, par le professeur Sigismund. -- Le nommé K^ri B.. ., écuyer, atteint d'un rétrécissement de l'urèlhre, entra à l'hôpital le 4^' novembre 1 853. On pratiqua d'abord la dilatation par les bougies, et l'on résolut d'inciser le rétrécissement d'arrière en avant, le 10 du mois. Le malade était bien constitué, plein de force, et ne se plaignait de rien autre chose que de son rétrécissement ; il était sorti tous les jours depuis son entrée à riiôpilai, et il en fit autant le 0.

Il parait que, ce jour, il prit une dose un pQu plqs fqrie de vin ptde café, boisson dont il faisait usage habituellement, ainsi qu^ de l'eau-d^-Yie. Pçu après son retour, il parut un peq excité ; il deii andait à être opéré. Le professeur Sigismund le quitta pour faire sa leçon ; à peine entré dans la salle des cours, il fut rappelé auprès du malade, qi^j s'était trpqyé mal ; quand on vint près de lui, il avait cessé de vivre.

Autopsie. — On trouva dans les ventricules du cerveau près de deux onces de sérum, le seplum diffluent, et une tumeur gélatineuse arrondie (sarcome gélatineux), bosselée, de la grosseur d'un œuf de poule, située à droite/au-dessous de Ja tente du cervelet; celte tumeur, qui occupait le pourtour de l'entrée du canal auditif interne, était adhérente à la dure-mère, et avait refoulé le cervelet Poumon œdémateux; à la partje postérieur^ de l'urèthre, rétrécissement irrégulier oblique et grisâtre, d"un pouce et demi de longueur.

Obsehv. II. — Cancer du foie, avec méningite saiis srjmptômes, par M E Lécorche. - Antoinette Pradidier, âgée de cinquante-six ans, blanchisseuse, entre a la Chante le 8 février | 856, dans les salles de Rayer.

(1) Piaz, Moniteur des hôpitaux, 1855, p.

(2) Marjoliri, Gajetle des hôpitaux, 1868, p. 204.

(3) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, 5'' édition Paris 1867

W Béau Études olinu^ues sur les maladies des viodlards {Journal de médecine octobre a décembre 1843). niuieune.

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Son père est morl d'ascite ; sa mère de vieillesse : elle eut deux enfants qui se portent très-bien.

Sa santé fut toujours bonne, jusqu'en octobre 1855; à cette époque, elle fut prise de diarrhée, et, h la suite de celle diarrhée, elle vit apparaître une ascite assez considérable pour la forcer de quitter ses travaux.

Depuis le mois de janvier, son état s'aggrava : elle eut fréquemment des vomissemenis glaireux transparents; jamais elle no rendit de sang ni d'aliments ; son appétit cessa presque complètement. • Lors de son entrée, on peut constater une maigreur assez prononcée, un bruit de souffle au premier temps, à la base, souffle qui paraît tenir à l'anémie de la malade ; quelques râles dans la poitrine; les poumons paraissent intacts.

L'appétit est presque nul, les selles de une à deux par jour ; les urines sont normales et rendues sans douleur.

L'ascile est assez prononcée, sans œdème des jambes. La malade n'eut jamais d'ictère ; sa teinte actuelle est jaune-paille. A la région hépatique, on trouve une matité assez étendue, remontant jusqu'au niveau du sein, descendant au-dessous descôtesau moins de cinq travers de doigt. Le foie forme en ce point, dans l'hypochondre droit, une saillie dont la malade s'est aperçue au moins depuis trois mois. — La douleur, dans toute cette région, est peu vive ; la pression n'y détermine même qu'une douleur sourde ; le pouls bat quatre-vingt-quatre. . ^ . , a

Le 1 5, l'état de la malade s'est aggravé par 1 augmentation de 1 ascile ; la gêne de la respiration est plus grande, les parties génitales sont œdématiées, ainsi que les cuisses et les jambes. Le 19, son état devient de plus en plus grave, les envies de vomir sont fréquentes, la respiration de plus en plus gênée ; le pouls bal cent trente. La malade, cependant, garde son intelligence, sa sensibilité et ses mouvements; elle meurt dans la nuit. „ , j r ui

Autopsie. — On trouve dans le crâne la sérosité de 1 arachnoïde faiblement augmentée,' la pie assez fortement injectée, et, dans les mailles de cette membrane du pus que l'on reconnaît au microscope. Ce pus se trouve surtout en grande quantité au niveau de la scissure de Sylvius, vers le bord supérieur des hémisphères cérébraux, près du sinus longitudinal supérieur. Les poumons sont congestionnés, le cœur n'offre rien d'anomal. Le foie présente de nombreuses masses cancéreuses. Trois surtout sont tresvolumineuses : l'une d'elles est au niveau du lobe carré ; la deuxième occupe le lobe de Spigel ; la troisième, enfin, la plus considérable de toutes, se trouve dans l'extrémité droite du foie, dont elle est séparée par une espèce d'étranglement Droduil par les côtes. ,

Outre ces altérations cancéreuses, il en est d'autres : on trouve des masses cancéreuses dans le tissu cellulaire où rampent la veine porte, la veine sp.enique; le pancréas est, pour ainsi dire, enveloppé de tissu cancéreux, qui vient faire saillie dans l'estomac, où il soulève la muqueuse au niveau de la petite courbure, sans obstruer aucun de ses orifices.

Observ III — Corps étranger séjournant quatorze mois dans le cerveau sans donner lieu à aucun symptôme; suppuration latente. Mort subite - Un homme coSamné à six mois de travaux forcés entra au bagne de Stalford, quatorze mois après avoir été blessé au front par un fragment d'un canon de us.l qui avait fai exp osion entre ses mains. On avait constaté une fracture de 1 os rontal ma,, aucun ce dent ne s'était produit du côté du cerveau ; le malade se plaignait se - Lment d'une grande pesanteur de tête. Lors de son entrée au bagne, sa pla e éUiHresque cicatrisée. 11 travailla pendant trois semaines, après lesquelles 1 éprouîa de la céphalalgie et un malaise général ; la plupart des forçais pre ^ Lient d'ailleurs les mêmes symptômes, qu'on attribua à l'influence de la cha-

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