CHAPITRE II
m LA MALADIE EN fiÉNÉRAL.
« l,(îs maladies sont ilns impressions Iraniformées. >
La maladie est un accident si commun, qu'il n'est point d'être assez favorisé pour échapper à ses atteintes. Tout le inonde comprend ce que signifie ce mot. La science seule a le droit de décliner toute compétence à cet égard, et de dire que la maladie est, comme la vie ou comme la santé, une chose indéGnissable. Quelques savants même ont essayé de nier l'existence de la maladie et ont prétendu effacer ce mot du vocabulaire; mais malgré ces paradoxes (1), la chose n'existera pas moins, plus longtemps môme que ses réformateurs. Chacun sait ce que c'est qu'une maladie et qu'un malade; pourquoi les médecins n'ont-ils encore pu s'entendre à cet égard, et en sont-ils encore à fixer ce point de départ indispensable ?
Il n'y a pas d'exemple dans le monde d'une anarchie plus complète que celle qui a divisé, qui divise et qui divisera encore peut-être les médecins sur l'orthodoxie de ce mot si vulgaire et si disputé. 3e n'aurais qu'à indiquer toutes les définitions qui en ont été publiées depuis l'origine de la science jusqu'à cette époque, pour démontrer la réalité de ce que j'avance ; mais, outre l'inutilité du travail, je n'arriverais qu'à une énumération fastidieuse pour le lecteur. Oa û me suffise de dire cpie la maladie a été envisagée à des points de vue différents et opposés, suivant les temps, les lieux et les doctrines philosophiques des médecins. Si l'on voulait classer ces définitions d'après les analogies ou les différences qu'elles offrent, pour les grouper avec méthode selon leur nature, on pourrait en faire trois catégories : la première comprenant les définitions inspirées du spiritualisme, du vitalisme et du dynamisme en général ; la seconde comprenant celles que le matérialisme, l'humorisme, le solidisme et l'organicismc ont enfantées; la troisième, enfin, remplie par celles qui résultent de la fusion ou de l'amalgame plus ou moins réussi des deux premières doctrines, suivant l'éclectisme des auteurs rangés sous le drapeau de la doctrine organo-vitaliste moderne.
Quand on se place au point de vue de l'inipondérabilisme en général, et qu'on accepte comme justes les doctrines spiritualistes, naturistes et vitalistes des médecins de tous les âges depuis Hippocrate, on voit, malgré les modifications imprimées dans la série des temps, par les révolutions de la médecine cl d'audacieux novateurs, à la conception vitaliste de la maladie, on voit la môme pensée se faire jour à travers la dissemblance de l'expression, et la vie justement considérée, soit conuue une force susceptible de ramener à l'ordre les organismes
(4) Il n'y a pas de maladie et il n'y a que des sympt(^mes (Hahnemann). - Il n'existe pas de maladies, il n'y a que des états organopalhiques (Piorry).