DE LA TERMINAISON PAR MÉTASTASE
Il y a des maladies qui résultent du déplacement spontané des principes moibifiques, exemples : Yinfecùon purulente, Varthnle blennorrhagique, etc dansce;as,enchangeantdeformeoudesiége, — maladies, tantôt moins graves, tantôt plus graves. Ainsi un as hm -^^^^^ une névralgie sciatique, une orchite après des oreillons, 1 arthrite ^^^^ de l'épaule après une blennorrhagie, l'hén.optysie après le ^^^^^^^^^^^ supprLé, l'angine chronique, le catarrhe des bronches ou des "^^e t s a ,a guérison de certaines maladies de la peau, etc. ; c'est ce qu'on apP ^ fois métaschématisme, de ,.ra, changement, a^,a., forme c es t-a-di e ns^ mation ou changement de forme. Si le mot est tombé --^^ On le est appelé à représenter est. sauf interprétation, incontestable. Ou le dts.guc
DE l\ THUMINAISON PAR MfiTASTASE. 323-
SOUS le nom de diadoche {StaSoxy), succession) qnand il y a changement de la maladie en une sei onde, et sous celui de tnéfastase (de ^eTacrrac!;, transfert) quaiul lu chang(anont porte sur le siège du mal. Le terme de métastase est aujourd'hui seul ein|)l()y6 pour oxprimur les lails de ce genre.
Aux époques déjà reculées de l'humorisme et du vilalisme, les métastases étaient étudiées avec le plus grand soin, tout comme les crises, et il y avait une doctrine des métastases ([ue l'analomo-pathologie a fait subitement écrouler et que la médecine expérimentale a l'ait renaître. Les maladies secondaires, jadis appelées métaslaliques, ont été considérées comme des complications, et le fait du transport de l'irritation ou de l'humeur morbiflque, vivement ailaqué, a été relégué dans le domaine de l'oubli. Est-ce avec raison ? Nous ne le croyons pas. Sans doute il y a dos maladies, des accidents, que l'on doit considérer comme des complications passagères, accidentelles, et comme des eiïets obligés de la maladie principale; mais il y a aussi des phénomènes morbides dont rien ne peut rendre compte, si ce n'est le déplacement ou le transfert d'un principe morbide d'un point à un aulre de l'organisme. Pour ces accidents-là, le nom de métastase doit être conservé.
Une métastase est le déplacement d'une maladie qui se porte d'un endroit sur un aulre, dans des organes semblables ou différents. — C'est ce que Barthez a exprimé de la manière suivante, au point de vue de l'humorisme : « le transport des humeurs morbifiques d'une partie où elles étaient fixées sur une autre partie où elles se déposent. » Qu'on change le mot ^.'humeur morbifîque pour celui de principe morOifique, et la théorie devient inattaquable.
Les premiers spectateurs des phénomènes extraordinaires de la terminaison des maladies par métastase ne se sont guère occupés d'en expliquer le mécanisme, et ils n'ont pris d'autre soin que celui d'enregistrer le résultat de leurs observations. Après avoir vu des maladies disparaître subitement pour être remplacées par des maladies semblables ou de nature différente, tombant sur des tissus analogues et aussi sur des organes divers, ils ont signalé le fait à l'attention et au contrôle de leurs successeurs. — Ce n'est que plus tard, une fois la réalité du phénomène rendue incontestable, qu'on a voulu en a'pprofondir le mécanisme et en faire la théorie.
Les humoristes, attribuant les maladies à la présence d'une humeur pernicieuse hxée sur un organe, professaient que la métastase était due à l'absorption du cette humeur, qui allait, au moyen des voies do la circulation, se déposer sur une autre partie du corps. Les vitalistes, considérant les maladies comme l'effet d'une lésion particulière des pi'opriélés vitales, attribuaient leur déplacement à la mobilité de l'irritalion, qui, changeant de place, appelait ailleurs les forces de la nature. Quelques-uns enfm créèrent une opinion mixte et firent de l'absorption des humeurs et du déplacement de l'irritation la condition essentielle de toute métastase.
11 est certain que l'irritation d'une partie ou d'un organe peut agir à distance sur une partie éloignée pour y faire naître une irritation do même nature et produire quelques mélastases.
• PATIlOLOGlli GÊNÈRALli.
Les plaies du sourcil qui iiUéresseiit le nerf frontal produiscnl une névrite ascendante qui, allant au cerveau, y provoque un certain degré d'encéphalite, laquelle par intlanunation descendante détermine une névrite optique (1). — L'inflammation chronique d'un œil par blessure et le glaucome spontané d'un œil amènent souvent la perte de l'œil opposé par le transport de l'irritation. — L'irritation de la parotidite des oreillons se transporte quelquefois sur le testicule pour y produire l'orchite. — L'irritation d'une surface articulaire atteinte de rhumatisme peut se déplacer et se produire dans les membranes du cœur ou du cerveau en occasionnant un rhumatisme cardiaque ou cérébral. — Mais il n'en est pas toujours ainsi, et cette théorie nerveuse de la métastase émanée du sensitisme ou du vitalisme ne rend pas compte de tous les faits observés. 13c même que la théorie enfantée par l'humorisme, elle est fausse en tant que doctrine absolue, car il y a des exemples de métastase que cette action nerveuse et réflexe de sympathie morbide ne saurait expliquer. Dans ces cas, c'est le transport évident par les voies circulatoires des germes morbifiques qui vont d'un point du corps à un autre où ils engendrent des lésions de même nature, qui peut, seul, expliquer l'humorisme.
Quand on observe les malades sans avoir de parti pris dans les doctrines médicales et qu'on ne recherche que les moyens de se faire une conviction raisonnée, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il y a des cas de métastase dans lesquels le transport d'une humeur putride ou virulente et ailleus d'un germe morbifique (cellule, noyau, granulation moléculaire) est la cause des métastases. Résorption ou absorption des liquides et de débris cellulaires pathologiques, voilà le fait dégagé de toute interprétation et tel qu'il ressort de la clinique et des expérienceg sur les animaux. — Qu'on attribue ensuite ce phénomène à une fermentation pvtride et virulente engendrée par un débris cellulaire ou un corpuscule virulent jouant le rôle d'agent zymotique, ou que l'on veuille en faire le résultat d'une greffe cellulaire, peu importe, il y a eu métastase, c'est-à-du-e transport des germes morbifiques d'une partie à une autre devenue malade sous l'influence de ce déplacement.
Ainsi, le pus absorbé dans la plaie par les veines ou par les lymphatiques produit des abcès métaslatiques du foie, des poumons ou du cerveau, etc., abcès dans lesquels il y a infiniment plus de pus qu'il n'en a été absorbé. Ce liquide s'est formé par génération rapide, sous l'influence des germes absorbés (granules, noyaux, fragments cellulaires) : Pus générât pus.
Le tubercule gris, demi-transparent ou caséeux, mais encore vivant, réduit en bouillie et injecté dans le tissu cellulaire des lapins, des cabiais, des chiens, etc., se développe d'abord sur place, puis il est absorbé, porté dans les "angliôns vo'isins et dans les poumons où il produit la phthisie. Il y a des tubercules métastaliques, comme il y a des abcès métastatiques, et cette inoculation de la matière tuberculeuse, découverte par M. Villemin, devient la preuve expe-
(1) Voyez Bouchut, Traité de diagnosUc des maladies du sy lènic nerveux par l'ophlhalmoscopo, fig. 16 de VAlla-, elGazctlc des hôpitaux, mai 1865.