DE LA TERMINAISON PAR MÉTASTASE
rimeiilale do la résorplion ou de la métastase tuberculeuse. Qu'il y ait là un agent virulent, comme l'a écrit un peu prémalurément Villemin (1), qui germe sur place avant d'être absorbé, ou seulement une greffe cellulaire tuberculeuse reproduisant les éléments du tubercule, comme la levûre qui se reproduit ellemême, et qu'ensuite ces éléments soient absorbés par les lymphatiques jusqu'aux poumons, cola est à discuter, mais importe peu à la signification du fait. Le phénomène est à l'abri de toute conlestation; s'il n'est pas constant, cela dépend des conditions de l'expérience, soit parce que le tubercule depuis longtemps extrait du cadavre était mort et qu'il faut du tubercule vivant, soit parce que l'injection a été mal faite. — De ce fait résulte la preuve de la métastase tuberculeuse et à un autre point de vue de la contagion du tubercule, ce qui est de la plus haute importance (2).
Ce que l'on a fait pour le tubercule a été fait pour le cancer, et Lebert, dit-on, a, par injection, reproduit le cancer et les métastases cancéreuses chez des animaux.
Des expériences analogues sur la mélanose ont été faites par Goujon qui, à diverses reprises, a vu se produire des métastases mélaniques chez des animaux auxquels il avait injecté soit de la mélanose pathologique prise sur une tumeur récemment enlevée, soit de la matière mélanique recueillie sur la choroïde d'un animal sacrifié dans cette intention. En général, pourvu que les éléments pathologiques employés soient frais et vivants, si l'on peut ainsi dire, l'expérience réussit bien (3).
On pourra multiplier ces faits à l'infini sans en changer la signification. Ils apportent à la science des preuves depuis longtemps attendues et qui feront taire pour quelque temps au moins ceux qui ont combattu la doctrine des métastases. Par eux, cette doctrine va revivre, rajeunie, transformée et habillée à la moderne. Écrasée par les anatomo-pathologistes de la première partie du siècle, elle se relève sous l'effort des anatomo-pathologistes de la seconde qui auront combattu par des expériences nouvelles les dénégations de leurs prédécesseurs.
11 y a donc deux espèces de métastase : la première, réflexe, nerveuse, produite par la sympathie d'un tissu ou d'un organe avec un autre, lorsque l'irritation des nerfs vaso-moteurs de l'un entraîne dans l'autre un état de même nature, exemples : la métastase des oreillons sur le testicule, celle de la myélite antérieure sur la papille du nerf optique, celle d'un glaucome sur l'œil opposéet la seconde, humorale, déterminée par le transport de la matière morbifîquè solide ou liquide d'un organe malade sur un organe sain qui, par ce fait de greffe cellulaire pathologique, devient malade à son tour.
C'est le système nerveux par ses rapports avec le grand sympathique qui est l'agent des métastases réflexes. ^
(1) Villemin, Éludes sur la tuberculose. Paris, 1868.
(2) Voyez, plus loin, Tubeucule.
(3) Voyez, plus loin, Mélanose.
326 PATiioi.OGii; GftNf;nAT,R.
C'csi l'absorpiion par lo système lyinphaii(iuc et pal- le système veineux qui est l'intermédiaire des métaittascs humnralct!.
Dans les métastases réUexes, il n'y a point de résorption des produits morbides, ou du moins la preuve en est encore h fournir; tandis que dans les autres, au contraire, pour les méiaslases humorales des virus et des éléments pathologiques l'abb'orption du principe morhilique, virus, ferment o\\ débris de cellule malade, comme cause du transport de la maladie d'un organe h un autre, est chose incontestable.
Malgré leurs terminaisons souvent funestes, les métastases sont quelquefois une re'ssource de la nature pour la guérison des maladies. Aussi, abandonnés h eux-mêmes, les organes malades se suffisent, dans bien des cas, pour se débarrasser d'une altération profonde, à cause de la sympathie qu'ils ont les uns
pour les autres. , , ,■ i
Les métastases ont lieu dans les maladies aiguës et dans les maladies chroniques. Elles sont elles-mêmes subites, aiguës ou chroniques, complètes ou incomplètes, et se font au dedans ou au dehors. , , ,
Il est peu de maladies aiguës ou chroniques qui ne puissent dépendre de la métastase. La méningite, l'otite, la pleurésie, la pneumonie, la parotide, la gastro-entérite, l'orchite, la péritonite, le catarrhe, la nôvro-rétimie, etc., sont assez souvent la conséquence d'une affection de la ,)eau, d'un oreillon, d un typhus, d'une fièvre éruptive, de la fièvre puerpérale, de la goutte, d une myélite etc Quelquefois ces maladies peuvent être tour à tour métastaliques et se terminer par métastase. Ainsi j'ai observé qu'un épanchement pleurétique gouileu. pouvait disparaître et faire place à des accidouls comateux dus à un épanchement cérébral. Beaucoup plus souvent les métastases produisent des maladies chroniques
dont il importe beaucoup de pénétrer la nature, si l'on veut arriver a les guénr; ce sont celles qui résultent du rhumatisme, de la scrofule, des dartres etc.^
Souvent la métastase a lieu par le développement d'une maladie de même nature et de siège anatomique analogue à la maladie qu'elle remplace. L hémoptysie ou l'hématémèse se montrent quelquefois chez des sujets qui ont eu un flux hémori-hoïdal supprimé; un catarrhe des bronches ou de la conjon t, e peut être remplacé par un catarrhe de l'intestin : ce sont l^'^"-des troubles fonctionnels particuliers à une muqueuse, mnplace. i^i d t n bles semblables sur une autre muqueuse. Il en est de mem d cer a n s inflammations des séreuses de la plèvre, du péricarde, des 'J"'^ cèdent les unes aux autres après la disparition d'une - tlmt §o"^^^^^^^^^^ ^-s 3'ai vu mourir un goutteux qui, dans les quatre derniers jour de sa ue, eu e 'singulier déplacement de sérosité qui suit : d'abord, un hydrotho ax d , disparaissant au bout de vingt-quatre heures ^^Z^ ment cérébral, caractérisé par le coma le plus pro nul; V--^^-^f ^ ligence au bout de vingt-quatre heures, apparition d'un ^y^'oH o ax « ga^ et enfin, nouveau collapsus cérébral, disparition de l'intelligence et des mouve
ments, suivie de la mort. ^ „,f„r„ nnp celle
Ailleurs la maladie nouvelle, métastatique, est de même nature que
DE LA TERMINAISON PAR MfiTASTASE. 327
qui disparaît, mais iio siège plus snr un tissu semblable. Elle se développe dans un ()|•^ane dilïérent. Ainsi une allbclion chmni(iue do la peau disparaît et elle est remplacée par une ascite ou par une maladie chronique des voies digcstives ou des bronclies. On enlève une tumeur cancéreuse, épithéliale ou fibro-plasiique de la peau ou d'une glande superficielle, et une maladie semblable se reproduit trùsrapidemeiU dans le foie ou dans les poumons. Elle s'y développe évidemment plus vile que si l'on n'avait pas enlevé la maladie première, parce que les vaisseaux Iviuphatiques et veineii.v divisés par l'opération deviennent les agents d'une absorption qui porte dans les poumons les corpuscules du cancer, de l'épithélioma et des tumeurs liJ)ro-plastiqucs, plus vite que si l'on n'avait pas lait d'opération. Un érysipèle de la face amène quelquefois une encéphalite, et cela sans ([u'il soit possible de faire 'cheminer la maladie par les vaisseaux de l'orbite ou des os du crâne, comme on a essayé de le faire. Un asthme succède quelquefois h une névralgie de la tête ou des membres trop subitement disparue, etc.
La suppression d'un travail de sécrétion physiologique produit quelquefois des accidents justement considérés conmie métaslatiques. Ainsi, bien que la chose ne soit pas constante et inévitable, le travail de sécrétion physiologique de la sueur, brusquement arrêté sur le corps et sur les pieds chez des individus placés dans des conditions spéciales, domie lieu à des néphrites albumineuses, des pleurésies, des pneumonies, des angines, etc. Cela n'empêche pas que, d'une manière méthodique, on n'arrive, en hydrothérapie, à couvrir d'eau froide le corps inondé de sueur, parce qu'après on fuit un travail de réaction particulier. La suppre.ssion de la sécrétion du lait par une émotion vive ou par le froid produit tantôt une folie particulière qui guérit ordinairement, tantôt des phicgmasies séreuses accompagnées d'une exsudation plastique blanchâtre spéciale, d'apparence caséeuse, et en partie formée de caséine, c'est-à-dire d'un des éléments du lait en circulation. Ce dernier caractère, qu'on observe dans toutes les fièvres puerpérales; prouve que l'on a eu tort de considérer les maladies laiteuses gdmises par les anciens médecins comme quelque chose de chimérique, car il nous faut revenir à h urs idées vérifiées par la science moderne. Ce n'est pas le lait en nature qui pénètre alors dans le sang, mais c'est, comme l'a démontré N. Guillot, un des éléments du lait, ce qui est la même chose au point de vue de l'influence pathogénique spéciale à réhabiliter. — Les métastases laiteuses sont donc incontestables.
Il en est quelquefois de même de la métastase des sécrétions morbides naturellement ou accidentellement établies, quoique le fait soit plus difficile à démontrer. Ainsi, la biennori hagie peut être remplacée subitement par une arthrite du genou ou de l'épaule, ou par une ophthalraie; une plaie récente se sèche, et du pus se forme dans le foie ou dans les poumons. Cela se voit à chaque instant après les opérations chirurgicales, et c'est ce qu'on appelle résorption purulente, infeetion purulente, fièvre purulente, pyohémic, etc. C'est une métastase, c'est-à-dire un transport d'une humeur morbifique d'une partie où elle était formée sur une autre où elle se dépose. Cela s'observe également après les ablations chirurgicales du cancer, des tumeurs méluniques. de l'épithélioma,
gcg PATHOLOGIE GliNÈnALti.
(les tumeurs fihro-plasliques qui sout suivies de ui6lasiase caucôreuse, épiihéliale. mélanique. etc. (1). Certains eczémas de la tête, chez les enfants, sont remplacés par les ophtl.aln.ies, et quelquefois par une menH^g.le; de vieux ulcères, chez l'adulte, se ferment, et des phénomènes d apoplexie se decla-
Tels sont les phénomènes morbides qui prouvent, contrairement à 1 opinion de quelques anatomo-pathologistes exclusifs, la réalité des métastases, c est-a-d.re de la terminaison d'une maladie par une autre de même nature ou de nature différente, ayant un siège nouveau et une forme nouvelle. C est une ven able transformation morbide qui atteste la puissance de l'unité vitale. Predisposilion, hérédité dialhèse, idiosyncrasie, réaction morbide spéciale, guérison naturelle, crises, métastases, tous ces phénomènes indiquent, pour la matière organisée vivante, des qualités particulières qui ne sont pas toutes de l ordre physique, qualités spéciales qui ne relèvent que de la vie elle-même et dont la connaissance fait le véritable médecin.
Le diagnostic des métastases n'est pas toujours facile. Elles peuvent être confondues avec certaines complications des maladies ou avec la manifestation nécessaire d'accidents particuliers des diathèses ou des maladies générales.
Le eschares ou les hémorrhagies intestinales de la fièvre typ oïde ne sont pas e résultat d'une métastase; il en est de même de l'œdème, d'une maladie 5u œu ; le mécanisme de ces accidents est connu. De même lorsqu'une pneumonie se'développe d'emblée chez un individu dont vésicato.re ^che^^^^^^^^^ cutivement, ou chez une femme récemment ^^^^^'^^«"^ suDOriment après coup, il ne faut pas se tromper et appelé la maladie une
Non, dansée cas, la suppression des lochies et de a s^^^^^^^^^^ sur l'exutoire est le résultat du travail inQammatoire energKiue développe dans les poumons, et elle ne peut avoir eu aucune inlluence PaU^ogenique Les m a d" s virulentes, comme la syphihs. et qui déterminent plusieurs PO-sees u c^s- ^ves de manif;stations spéciales, secondaires, ne donnent pas lieu a de v able métastases. Ce sont des symptômes obligés d'une même cause geneiale qui montre ses effets partout sans se déplacer d'un heu a l'autre. , ,
A a 1 de considérer une maladie comme la conséquence d'une métastase, .1 fautl b ^sûr qu'elle n'est pas une de ces compUcations faciles à explique ti" le étions physiques, chimiques ou mécaniques, de décub:tus de pesante m u dTcIpo'tLn! qui jouent un si grand rôle dans la P-f-J- " dl ou une maladie née d'une impression morbifique spéciale et pumit.ve, ou 2^Xltat d'une maladie générale virulente qui se points de l'économie à la lois ou d'une manière successive. Il n > a de
(1) voyez vmemin. Expériences sur Vinoculation du iule,-cule {BulL^e VAcad. de ^ ' . . ori^ cR < vwi n Q4'l et Pans, 1866-67, t. XWH, P- l»^'
médecine, Pans, 1865-66, t. XXXI p. 211, ''^''^ communications Études sur la tuberculose, Pans, 1868. - G. Col m «"PP°" de VilleminiBull. de l'Acad. de méd., Pans, 1866-67, t. \XXII, p. >5(„- nnoculation de la mé:anQ'.e-