‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 13 sur 102 · L . v J a. 1*1 «Ai · texte numérisé non relu

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gestion, la nutrition, etc. : on grand nombre d'entre elles ne sont que des troubles légers du mouvement nutritif. La maladie n'est par conséquent qu'une abstraction ; il existe dans la nature des. parties, des hommes malades, mais rien de palpable que Ton puisse appeler maladie.

Les pathologistes et surtout les thérapeutistes se sont aussi divisés en empiriques et en rationalistes. L'empirique prétend qu'on doit laisser parler l'expérience, et raisonner aussi peu que possible. Le rationaliste, au contraire, n'accorde pas autant de valeur aux laits qu'a l'explication que l'on peut en donner, et il ne voit de progrès en pathologie que dans la possibilité de créer une hypothèse plausible pour l'interprétation da chaque phénomène.

11 est souvent question aussi de la médecine anatomique et de la médecine phy~ siologique. On a toujours désigné comme écoles analomiques, celles qui s'adonnent à l'étude des altérations anatomiques de l'organe malade et des rapports que présentent celles-ci avec les symptômes observés pendant la vie. Nous devons reconnaître que tous les progrès importants accomplis dans le domaine de la médecine, se rattachent aux découvertes anatomiques ; aussi l'anatomie pathologique constitue-t-elle la principale source de nos connaissances en nosologie. C'est à elle que nous sommes redevables des seules explications que nous possédions sur la nature et l'essence des maladies. Si la chimie était asseï avancée pour analyser plus exactement les principes constituants de l'organisme, si elle parvenait à nous faire connaître les modifications qui se produisent, chez l'homme malade, dans le mouvement nutritif, la médecine chimique acquerrait une importance égale à celle de la médecine anatomique. Nous accepterons donc les études d'anatomie et d'histologie pathologiques, comme constituant la base la plus solide de nos connaissances nosologiques ; mais nous dirons que l'anatomie pathologique ne peut à elle seule expliquer l'enchaînement des phénomènes morbides. L'étude des fonctions organiques normales analogues et l'application aux recherches de pathologie, des moyens usités en physiologie, seront alors d'un grand secours : c'est ce qui constitue la médecine physiologique.

La dénomination de médecine physiologique qui a servi à caractériser une époque, a reçu des acceptions diverses. V école rationnelle ou plutôt rationaliste, invoquant l'expérimentation physiologique pour l'interprétation des phénomènes morbides, prétendait en quelque sorte substituer la physiologie a la pathologie, et expliquer, au moyen d'hypothèses empruntées à la première de ces sciences, les laits observés chez le malade. Mais nous ferons observer que les conditions nécessaires au développement des phénomènes pathologiques, sont précisément ce qui distingue l'état de maladie de l'état de santé, tandis que le processus et le substratum, c'est-a-dire la masse du corps, sont les mêmes dans les deux cas. 11 est donc nécessaire, quand on veut donner une interprétation physiologique d'un cas pathologique, de rechercher jusqu'à quel point l'explication est juste et applicable à ce cas.

Si l'on veut appliquer à la pathologie les lois de la physiologie, il est deux points importants à considérer : nous devons admettre d'abord qu'il n'existe pas de différence essentielle entre les phénomènes pathologiques et les phénomènes physiologiques, et que tout fait pathologique trouve son analogue en physiologie. En effet , il n'existe aucune substance chimique spéciale à la pathologie : la tyrosine et la leucine, auxquelles celui qui les a découvertes avait attribué les symptômes nerveux qui accompagnent l'atrophie du foie, ont été retrouvées plus tard parmi les principes constituants normaux de l'organisme. 11 n'existe pas non plus d'éléments morphologiques propres à la pathologie ; pendant longtemps on a cru pouvoir assigner au sarcome, au cancer et au tubercule des cellules de forme spéciale ; mais on s'est

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NOSOLOGIE GÉNÉRALE.' i\

en effet, l'expérimentation entreprise dans un but physiologique substitue presque toujours un état pathologique à un état physiologique.

Les avantages principaux de l'expérimentation consistent dans la faculté de choisir à son gré le lieu, l'époque et les circonstances ; de pouvoir modifier ces dernières de mille façons différentes, enfin de produire à volonté la mort dans un laps de temps déterminé après l'expérience. Mais ces avantages sont contre-balancés par des inconvénients d'égale importance : un certain nombre d'organes, profondément situés, ne sont pas accessibles à l'expérimentation, ou bieu ne le sont qu'à la condition de léser en même temps des parties importantes ; la plupart des expériences, en outre, sont accompagnées de complications accidentelles : hémorrhagie, douleur, excitation ; les lésions artificielles sont généralement plus graves et plus rapides dans leur marche que les affections spontanées ; et il est le plus souvent impossible d'en rendre la marche plus lente ou plus bénigne. L'expérimentateur rencontre encore des obstacles particuliers dans certains systèmes et dans certains organes : dans le système nerveux, par exemple, l'expérimentation ne peut rien nous apprendre sur les facultés de l'esprit ni sur les sens élevés ; remarquons, en outre, que, pour apprécier les résultats de l'expérience, il faut obtenir des symptômes très-apparents, car les degrés légers d'excitation, de paralysie, etc., échappent à l'observation. Enfin, il est une série entière de lésions qui se produisent chez l'homme ou l'animal, spontanément ou sans cause connue, et que l'expérimentation est incapable de reproduire, tels sont la dégénérescence lardacées et tous les néoplasmes, à l'exception des formations nouvelles de tissus cellulaire et osseux, de vaisseaux, de pus, et parfois de tissus musculaire et nerveux.

Nous sommes néanmoins redevables à l'expérimentation, de nos connaissances les plus belles et les plus certaines en pathologie générale. Nous n'en mentionnerons que quelques-unes et surtout celles qui n'intéressent pour ainsi dire que la pathologie. Nous placerons en première ligne une foule de questions d'étiologie, résolues d'une façon exacte par l'expérimentation ; les observations faites sur le développement de la plupart des affections mécaniques , chimiques ou toxiques ; sur la transmission «tes parasites végétaux et animaux et spécialement du ténia et delà trichine, et surtout sur la vaccination et l'inoculabilité de la syphilis. C'est l'étiologie qui retire toujours le plus de fruits de l'expérimentation pathologique, et elle en arrivera

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ainsi ii n'être plus comme à présent un amas confus de cau>es morbides, réelles ou supposées. Mais , pour Rationnera 1 exp rimentation , il faut posséder des connaissances préparatoires que Ton ne trouve que elle/, un petit nombre d'expérimentateurs: des notions théoriques et pratiques de physique, de chimie et de pathologie; et Ion doit surtout ne pas se laisser rebuter par les études préalables , nombreuses et difliciles, dont les expériences les plus simples doivent souvent être précédées.

L'expérimentation seule, ou aidée de la clinique, nous donne aussi l'interprétation de quelques processus morbides : nous nous contenterons de mentionner les expériences sur la régénération et la formation nouvelle de certains tissus, spécialement des tissus cellulaire, osseux, musculaire, vasculaire et nerveux : sur les modifications qu'éprouve le sang stagnant à l'intérieur ou à l'extérieur des vaisseaux; sur le développement de l'hypéréinie consécutive à la section du grand sympathique, et sur la production artificielle de l'inflammation, quelle soit provoquée ainsi qu'on le faisait anciennement, dans les parties transparentes de certains animaux, ou bien, comme on l'a fait récemment, qu'elle soit le résultat de la section de certains nerfs. Signalons encore les expériences in>tituées pour rechercher le mode d'origine du pus et étudier la thrombose, l'embolie et la pyémie; celles qui démontrent l'origine mécanique d'un grand nombre d'hydropisies, et entin celles qui se rapportent à l'anémie et à l'hypéréinie des centres nerveux, à la pathogénie de l'ictère, de l'urémie, du diabète, etc.

L'anatomie pathologique a exercé, à deux points de vue différents, une influence extraordinaire sur la pathologie générale ; elle a contribué à la réforme de la médecine et elle a découvert un grand nombre de faits d'histologie pathologique.

La décadence de l'ancienne médecine symptomatique, en présence des progrès de l'anatomie pathologique, est un fait généralement reconnu. Les progrès de la science médicale ont été dès lors liés intimement à ceux de l'anatomie.

L'anatomie pathologique doit constituer la base, non-seulement de la science, mais encore de la pratique médicale; elle renferme tout ce que la médecine possède de positif et de fondé ; c'est seulement dans ces derniers temps, et grâce à l'anatomie pathologique, que Ton a découvert un certain nombre de maladies que la similitude de symptômes faisait confondre avec d'autres affections ; c'est grâce à cette science également que le diagnostic physique a pu arri\er au

degré de perfection où nous le voyons aujourd'hui. Ajoutons encore que les maladies que ne peut atteindre le couteau de l'anatomiste, doivent être comptées, à peu d'exceptions près, parmi les plus obscures.

L'application du microscope aux recherches d'anatomie et d'histologie pathologiques, augmente encore l'influence exercée par ces deux sciences sur la pathologie générale, en même temps qu'elle créait une science toute nouvelle, l'anatomie générale, normale et pathologique. Dans les doctrines émises sur les causes et les effets de l'anémie, de Thypérémie, de l'hémorrhagie, de la thrombose, de la gangrène, de l'hydropisie , de l'inflammation , des métamorphoses régressives et des néoplasmes, nous trouvons des traces manifestes de rinfluence exercée par le microscope.

Telles sont les sources scientifiques auxquelles puise et puisera toujours la pathologie générale. L'observation clinique doit se faire avec tout le soin possible, dans chaque cas particulier, et s'aider de tous les moyens d'investigation dont elle dispose. Il est vrai qu'une analyse détaillée de tous les cas n'est possible que dans les hôpitaux bien aménagés ; mais, d'un autre côté, on ne doit pas oublier que certaines questions ne peuvent être résolues que dans la pratique civile. Malheureusement il arrive trop souvent que le médecin privé délaisse presque complètement tout travail scientifique, et se repose sur le médecin d'hôpital du soin de faire progresser la science. L'expérimentation doit remplir toutes les conditions que nous avons signalées plus haut, et elle ne doit être invoquée que dans les cas où une observation attentive et des autopsies soigneusement faites ne suffisent pas à atteindre le but que l'on cherche. L'anatomie pathologique enfin a une double mission à remplir : elle doit d'abord, indépendamment de la clinique, étudier les altérations organiques dans tous leurs détails histologiques et chimiques, en rechercher surtout les conditions de genèse et les rapports qu'elles affectent avec l'ensemble de l'économie ; à cette fin. l'anatomie pathologique comparée doit être prise en considération plus qu'on ne Ta fait jusqu'à présent. D'un autre côté, elle doit s'appuyer sur l'observation clinique et étudier en détail, après la mort, les altérations survenues dans des maladies observées avec soin pendant la vie.

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