‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 14 sur 102 · THPTOS1AT0L06IE ET DUGK09TIC GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

THPTOS1AT0L06IE ET DUGK09TIC GÉNÉRAUX

Les phénomènes de la maladie ou manifestations de Vêlai morbide, c'est-à-dire les modifications, appréciables au médecin et au malade, des propriétés physiques, chimiques ou vitales de l'organisme, sont désignés sous le nom de symptômes ou signes de la maladie, pour les distinguer des phénomènes de la santé. La science des signes de la maladie a reçu les noms de séméiotique ou de symptomatologie ; le diagnostic est l'art d'en déduire des conclusions sur la nature des lésions existantes, et d'établir en outre la coordination et l'enchaînement des phénomènes.

Le but du diagnostic est de se Caire une idée aussi exacte que possible de l'état des organes, en se basant sur les signes manifestes et appréciables. Autrefois, on ne faisait guère que le diagnostic aympto* matique, c'est-à-dire que l'on se contentait d'établir l'existence des symptômes les plus marquants, et alors, sans remonter aux causes de ces états morbides, on admettait des fièvres, des douleurs, des crampes, des hydropisies, des jaunisses, etc. ; nous devons ajouter que, souvent encore, nous sommes obligés de nous en contenter. Dans un grand nombre de cas cependant, nous parvenons à découvrir les lésions internes dont dépendent ces manifestations ; c'est ce qu'on appelle alors le diagnostic an atomique.

L'objet d'un diagnostic complet n'est pas seulement de déterminer quel est l'organe principalement atteint chez un homme malade, mais d'explorer l'individu tout entier à l'aide des moyens d'investigation dont nous disposons, et d'arriver ainsi à se représenter aussi exactement que possible l'état de l'organisme dans son ensemble.

Il est certains symptômes dont la présence indique nécessairement l'existence d'une affection déterminée ; nous citerons, par exemple, la pulsation exagérée de la jugulaire et les battements épigastriques dans l'insuffisance des valvules tricuspides, les crachats rouilles dans la pneumonie : c'est ce que l'on nomme symptômes pathognomoniques. Ces symptômes sont rares, et leur nombre diminue encore de jour en jour à mesure que nos connaissances pathologiques se complètent. Le plus souvent, au contraire, de l'existence d'un symptôme, on doit conclure à la présence, non-seulement d'une lésion déterminée, mais encore de plusieurs autres.

On peut appeler symptômes pathognomoniques négatifs, le*

symptômes qui ne se présentent jamais, ou presque jamais dans certaines maladies; ainsi l'herpès labial dans le typhus abdominal, certains états de la température du corps dans différentes maladies, etc.

Les symptômes se distinguent ordinairement en directs et en indirects. Les symptômes directs sont ceux qui se rattachent immédiatement aux modifications survenues dans l'organe, ainsi la coloration et autres modifications de la peau ; le volume de l'organe, le degré de consistance de celui-ci, l'état glabre ou inégal des surfaces, etc. Les symptômes indirects dépendent d'affections organiques inaccessibles à l'observation immédiate, tels sont les modifications du pouls, quand elles ne sont pas le résultat d'affections artérielles, mais de lésions existantes dans d'autres organes ; un grand nombre d'altérations de l'urine et de la sueur doivent être comprises également parmi les symptômes indirects, par exemple celles qui se produisent dans les maladies des poumons, du foie et du cerveau ; certains troubles gastriques enfin sont des symptômes indirects de maladies rénales.

H faut distinguer encore les symptômes fonctionnels et les symptômes statiques. Les symptômes fonctionnels nous éclairent sur le degré et le mode d'activité d'un organe, tels sont les mouvements et les sensations : par exemple la dyspnée et les points de coté dans les affections de poitrine. On les désigne aussi sous le nom de symptômes actifs. Les symptômes passifs ou statiques se rapportent à la disposition apparente de l'organe, telles sont les altérations du squelette : par exemple, au thorax, les modifications de structure ou de texture d'une partie.

H est une division importante des symptômes, celle qui distingue les symptômes en objectifs et subjectifs. Les symptômes objectifs sont ceux que le malade perçoit lui-même, par exemple la douleur, la sensation de pression, de tension, etc. ; ils se modifient au plus haut degré d'après l'individualité du malade. C'est chez l'enfant et chez l'homme efféminé qu'ils se produisent avec le plus d'évidence, tandis que chez les vieillards un grand nombre d'affections même fort graves, ne se traduisent par aucun symptôme. Parmi les symptômes subjectifs, nous devons noter en première ligne , la douleur, c'est-àdire l'excitation anormale ou l'augmentation inusitée de l'activité des nerls sensibles.

Les symptômes que le médecin peut saisir et apprécier à Paide de ses sens, sont les stjmptôrries objectifs. Il emploie à cet effet, tantôt la nie, inspection, soit directement (dans les affections de la peau et des muqueuses visibles à l'extérieur), soit indirectement pdr l' in terme* diairc d'instruments d'éctaifage (dphthalmos<iope* otoscope, rhino-

*oo| o, laryngoscope. >po* iiliiin uteri. etc.- : tant«»t l'ouïe dan- la pereuvdoii et l'auscultation : t mt».»t le toucher pour appiècier le- nn»diluati<«n-de la C'»n-i>tan.e dt- partie*. p«»ur palper le> tumeurs, le pouU. t!«.\.]"Ui e\[ L'ivr Y \a«in, le rectum. 1 »kpi«lotte. tte. . (. c>t

♦ more aux >\n:pt«'»nie* »»l»j» « til's « jiif n«u:< ili \«»n> i allai lier le- rui-ei- ^m m» uts ijiio 1 "U obtient i l 'aille «1». la men-ur ih-«n , du |i^»v, d»' Il tiï-.n:» .'i::». trie, de 1\ \.in.tii iï.h :«•-« ..p»<p:e »iu e!i!mi«p;«". et». . I a \ai.ur de chacun de «es s\mpt me> p"iir le dia.n.^tic. Aario mdurei!« ment 1 e.iucuip; ti.e de; • n i * n ^» livrai «le 1 e\a« titu«l» et de la Mirtte auv l«>.pieiU- ««n a pu !• s sai>ir et le- d».tn;ir. tt suit«»ut «!u di^re dt « t rti'.ude aue le.piel mi peut les rtpp «itéra un t>r^ane d termine. L» - s\mi't"me- «»î»j» • *. it> «»nt h». m«."Up p!us de \ali'iir

• jiie ks -n :r.pt -me- -uhjtct'ts. • « m-o d». la certitude • jui i- n»«u< procurent.

Finvd k- -vmpt >u>.> o:»j<tJiN. it \ x.n a «jui re -e deC"UM\nt «]u a i lide de lechcrch' - phv>;i|u»>. ..h>:i i»|ïit> ». t mKro-e"pi<pies. ce sont n tt ;i :*• lî • m» nt ks p\i- «citaiu*. Lt s svmpt -m»- «pie r««:i «.>»n-!ate a i'ai le i\\:n instrument ttd«»nt tï-«u> p< u\ n- mc-ui\ r îiuUri-it". ->nt ■•» u\ «]ui m» ritont au premur d» «Te k- r. m< dYhjr lis et de phv- -i ju- s . Ulk e>t pi exemple, la t ti - rim-met: le. Lu t!t:t. "Upeiit ai- - ment -e tr mi'T. «m iml «n uut aw»r»«.kr l.i temieitture de «a i-;''i \ Y i\ !e de l.i :mi:i. ta:: h- une. t ir une d\*i'\\ a'mu •>"U\enahle du t1, ::r. ": • t-e. ■ ••! arr^e r' ">m-euh :::< ut à • -nst it» r l\ie\ iti"U de t t.:> r.\l ::► . :* :»:- *:*k r». i ou k'' :miuer !^s d» ^re t* a «i uner iiiim !.i :î*»'>ir ►. d*; !» ti'\r-. < *»^t : tr ii us d-% ïniju» au •. 'Utraire tjiio li pep-i^i-u » -. 1 au^.u'.' il: i\ \t » *e evuU'i'i>c< l» iiu.i tt> u.">eu^ de d .^'T' ■-'.''' r i.* •; '•-'■*. e-ir. ï :. 1 ! At-iitt». de i .'l»ser\ati ur. i\\*T«. i«.e k\%

\\ H ii!l Î'W L»Ti.Mte t* -ie 1 r». 'il- 'J'U C.1 Ute. ^'lit d Ur>.' «I Ul«i»" ilîl-

:«-rtji;«e. et. «lu" »•;?•» • -*e. i>> m i«»— -i n- i: irie m» Mire ■ r!*i.t;w :.rir î'.s i-ii-. ::•••:. .r>.>. i ir t\^:* iee ; '*îr i»> >«*u> «.iurs eu

il e>t certi ru.s rii'.aiics -j a v:\..ut ►ci: ipj-c::t. c:ï t '.a':Le .hi « n pjrtic. j I uncsti^Jt: . n du M^dv.iii r:': : /< .' w \< Jj:i>cc> cas.

les organes qu'elles atteignent ue sont pas accessibles à nos moyens d'exploration (certaines parties des poumons et du foie, le pancréas, etc.) ; ou bien leurs fonctions ne tombent pas sous l'observation (quelques parties du cerveau) ; parfois la lésion n'est pas encore assez étendue (un grand nombre d'inflammations pulmonaires, le cancer des organes internes) ; cnGn ce sont des affections qui se développent lentement et qui n'allèrent pas sensiblement l'état physique et fonctionnel de l'organe, ainsi qu'il arrive au début de la plupart de 6 maladies et quelquefois pendant toute leur durée. Il peut même arriver que des maladies graves restent à l'état latent s'il se produit des fonctions compensatrices qui en masquent plus ou moins les symptômes, telle csl l'hypertrophie qui se développe dans les organes musculaires, au dessus du rétrécissement de canaux, par exemple, aux orifices du cœur, dans le canal digestif, dans les voies urinaires ; telle est encore la circulation collatérale, etc.

Les symptômes subjectifs d'une affection organique grave passent souvent inaperçus lorsqu'il existe en même temps une autre affection organique aussi grave ou plus grave : ainsi les symptômes de la tuberculisalion pulmonaire coïncidant avec la tuberculisalion très -prononcée de l'intestin ou du larynx.

On observe souvent des cas où les symptômes font soupçonner une affection d'un certain organe, sans que l'on puisse déterminer la nature de la maladie.

L'obscurité des symptômes n'est souvent que relative : en effet, comme la plupart d'entre eux ne peuvent être découverts qu'à l'aide de certaines méthodes, ou par voie de déduction, il en résulte que la possibilité du diagnostic dépend souvent du degré d'habileté de l'observateur, de son savoir et de son discernement.

Les subdivisions des symptômes en primaires ou secondaires, en essentiels, accidentels, consensuels ou sympathiques, en locavx ou généraux, s'expliquent d'elles-mêmes, ou bien sont sans valeur.

On peut arriver au diagnostic par trois méthodes diverses, qui différent entre elles par la valeur et par la sûreté ; quand on veut procéder avec certitude, on ne doit pas se contenter de l'une ou l'autre des deux premières.

La première méthode est celle du diagnostic à distance, qui consiste h reconnaître la maladie à première vue. Ce serait le fait d'un homme léger que de se contenter d'une semblable méthode car elle induit souvent en erreur. Cependant il ne faut pas négliger cette première impression que prodoit le malade et qui est d'autant plus in-

VULE r.T WAGSE*. — PAT II CtX. 2

In >TYKVl\ LtKML>T> l'L P\Tii««l «m., p. i.hMWif:.

>tructi\e pour le médecin, qu'il e>t plus habitué à aud\>er 1 aspct jouerai du p.itient. Si ce moven ne nous t'ait pas Phi jour- iveounaitre la maladie, il pont eepend mt mn\< en faire appiéoier lo «lo«ro do irrawto. C\M ainsi, du reste, que non- aurons dan* la >io ordinaire : lors pie nous nous trouvons on |»;> <on« o d'un l'oiome qui nous est inconnu, l'impression pi\mi*rv que produisent Mir nous, >es traits, l'expression de s/e< v.u\, ses :;e-te>. - n n. dutit-n. le de- \eloppe:r.ent de certaines parties de son e<>rps, n >u- p-Tte à ju^er d-' se* facultés in'elleetiuiles. de ^n caractère, d»1 sou ♦du' .ti'-n , do >e> occupations, des idées et dt s pission* qui le d-n inent. I*e ir,»ime le praticien peut arriver >ou\eiit à des c>inlusp'ns f • ■ r t importante* relativement à certaines mal idies. ou du ir.nin* a j, nr :e-ro de d»*- \o|oppciiieut , d'après le to;nt , i expression >;o 1 i phv-ion mio , lo maintien, l'attitude et l'hatdtud^ du mdade, d\r:t.s s\ manière de respirer et de parler, d'après S.--s p iNati.-ns «les vais^aux du cou, etc.

la se<-on ie méthode de diagnostic < >t le diaju--tic par mtorre»- C »t"iro «lu nnlade/ '/*"'', k^*'"-/ {.vi<:vi»te;,>;'ic\ {M\ r -iim le n -m • ;''?//- H'HH':<e a l'ensemble d-.s n.nstu'nem». nts que fo«ui!!>: le nd.<d»- sur son état : ses descriptions ne <c rapportent h.duhpUemeiu qu* i d*:* impressions et des sensations de nature tres-divcrs- . t'iitreim •!» .*> de >upi ^sitions qui ont pour Kit d'expli p>:r i "ruine du ma'. Si «e mai ide est c pah.e do donner de* renseignements sur b r t : * i • ■ x i - mt- ricurc de. son iî'tection, c* nx-o:. quoique s.-uwrt u:\ p«u drVus. [>eu- \. u' *'ouni:r -pi d pes iudi c- sur i état r«.»\ •:•. son ■ r m -m» . h : oit apprendre t <.m'Ktitre et a triiuire . n b'ua.e s Kv.mqe:. ie> o\:TC-s'.>ns m;!j liros t >.:jo ;r> tr«-s-*j.:m>. le m-, x ;u , du r>>te . d«- t ;'-î \:s m;».; et ";r 'iipr- s •>: ^ :\ dd !*> î\ t>. uner. - M-, d -us 1- s trait "--.'its rar ctTre^; en i.m:e. par t\e.' ':•!: . !jta:>, »:t'>v> ,,.j^% »i t'a - 1 *: ::ser *.. ,r«o : \ ni- '!• e, ;:* "U est e\ s- ,• -: r:-- ' r, - 1\ -*:rt . ■;: p: «r:d \ > :*.'*s.- — - ;r: .»;s - ::t i:;.. -::.\>\- :-.

La *r» t**. .::►' r.'-/.""«ic. i L'C.:''»; .■•.:: r> > ' i ' . ïs>«>. . t^t . :

•;:*. a i r ;•" >^:s îl: v:i- •.: '.T:vc>tu*i-

;: *• .-et::?.

• :..:< .ti; -'-s ;•{•• pr^M4;: ». t

pic I » S>1Pîi'

: »rf*^

T-ur K'ï'^r'.: û> i- •: M .»•.>.-' c*».te »t u;s-

de l*-"ut : ; t. i.ad» , •. :i t:-. i " ï ••- *«: » "■ *i> •" •/ -i ». \

?ur !•>;■; !..:> /«. fbiî,:*< Vi j-a' -.pr ■:;",' r*t ;r "e*

jttcnL* n. n.a.î» t.-u^ io^ .m,;,ï*!«.* • » ï ':. -^ ' ^î ' "< *.:."^. . t. ^'». «!

«.»>nd"'iiP- ^H ndis e^sil'i»* a <u.>;e ^# ' --u % •; i • t. ;r^>«p ••*< -:;^ . :•■

Lart d-i x-'ii'i-iii consiste ['-nerj c:- ciït .::•> i i!- * . • ";\ r*1';1!.:

TSOSOLOGIE GÉNÉRALE. 19

ches et dans l'aptitude à utiliser ses sens. L'homme le plus instruit, s'il ne possède ces qualités, ne peut être qu'un mauvais praticien.

Page 1