‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 17 sur 102 · Terminaison des maladies par yuérison · texte numérisé non relu

Terminaison des maladies par yuérison

La guérison complète est presque toujours précédée de la convalescence, période mal délimitée, caractérisée par le retour d'un certain bien-être, mais pendant laquelle il subsiste encore plus ou moins de faiblesse et de sensibilité vis-à-vis des agents extérieurs. C'est après les maladies aiguës graves que les signes de la convalescence se dessinent avec le plus de netteté : le malade se sent mieuxet devient plus gai ; le moral se relève. Les instincts se réveillent, et principalement l'appétit ; ce dernier besoin est complètement justifié , et Pou doit accorder au malade toute la quantité de nourriture qu'il peut

digérer. Cependant, après des repas trop copieux ou des écarts de régime, la langue se couvre facilement d'enduits , en même temps qu'elle devient rouge et sèche. Parfois il se déclare un léger mouvement fébrile pendant le travail de la digestion ; les selles sont régulières , quelquefois pourtant il existe de la diarrhée ou de la constipation. Les désirs vénériens sont généralement prononcés, les pollutions fréquentes ; maintes fois il se manifeste une tendance à l'onanisme. Les autres phénomènes de la convalescence se rattachent à l'anémie : les contractions du cœur sont rares à l'état de repos, mais s'accélèrent facilement au moindre effort, surtout vers le soir. La distribution du sang est parfois irrégulière, ce qui amène des changements de coloration rapides à la face. La respiration est libre , mais s'accélère au moindre mouvement. La peau est modérément chaude, avec tendance à la transpiration et au refroidissement : les pieds surtout se refroidissent aisément les premières fois que le malade sort du lit. La peau est pâle et Tépiderme s'exfolie parfois sans- qu'il y ait eu d'éruption antérieure. Les cheveux tombent spécialement après le typhus, la variole, les fièvres puerpérales graves, et même après d'autres affections graves ou assez bénignes. Les facultés intellectuelles sont obscurcies; les sens irritables; il survient des maux de tête à la suite d'une courte lecture ou de la moindre application. Le sommeil est généralement bon quoique facile à troubler. Après le plus petit effort, les muscles tremblent, car leur nutrition est encore insuffisante. Le tissu cellulaire sous-cutané est amaigri. C'est surtout après les maladies aiguës générales , après les affections qui ont été accompagnées de fièvre violente ou d'exsudations abondantes, après les hémorrhagies, que la convalescence traîne en longueur. Après le typhus, la scarlatine, etc., il se passe des semaines et même des mois avant que l'individu ait recouvré son embonpoint primitif, sa puissance musculaire et nerveuse.

Comment se produit la guérison? Comment et par quel intermédiaire les lésions se dissipent-elles? Existc-t-il , outre la guérison naturelle, une curation artificielle, en d'autres termes, le malade doit-il sa guérison à l'intervention médicale , ou bien guérit-il spontanément?

On sait qu'un grand nombre d'affections guérissent ou du moins peuvent se guérir sans le secours du médecin, c'est la guérison naturelle.

L'organisme dispose d'un grand nombre de moyens compensateurs et régularisaient^ : si, par exemple, la température extérieure s'e- Icvc au point que la peau et les poumons exhalent une plus grande

yi NOnt.UA hl.KMLNTS PE IWTIIOI.OGIK r.KNEItAI.E.

quantité de vapeurs (reau qu'à Priât normal, la quantité des attires sécrétions, principalement celle de l'urine, diminue proportionnellement. Si la température de l'atmosphère s'ahaisse , I air froid enlève moins de vapeur d'eau à la surface du corps, et celle diminution dans la persp irai ion se compense par une augmentation dans la sécrétion uriuaire. Finalement, dans !e< deux cas, la quantité d'eau que renferme le corps, reste à peu près la même.

Ce qui survient à l'état sain, se produit également à l'état de maladie : nous avons ici à prendre en considération les trois grands groupes organiques qui donnent aux parties élémentaires leur liaison et leur dépendance réciproques c'est-à-dire les nerfs, le sang avec ses glandes, et les lissus en contact.

Fa reconstitution du système nerveux s'effectue de deux manières par l'intermédiaire du mouvement nutritif, et par extension du mal à d'autres parties. Si les nerfs sont restés intacts et qu'il s'agisse seulement de passer de l'étal pathologique à l'état normal, cela peut avoir lieu parle simple repos des éléments nerveux, c'est-àdire qu'après l'excitation, il survient dans le nerf une période de fatigue, de repos, coinn.e dans le sommeil. On peut arriver au même résultat par une contre-excitation , c'est-à-dire en provoquant un nouveau trouhle, plus prononcé que le premier, qui augmente l'intensité du mouvement nutritif de la partie ; c'est ce que nous voyons se produire sous l'influence dune suhstance excitante et reconstituante tel que le vin dans les engourdissements et les lassitudes du système nerveux: le retour à l'état normal s'effectue parfois par une espèce de saturation connue chez l'homme à jeun, c'est-à-dire que les éléments reconstituants affluent plus abondamment dans les nerfs affaiblis. H se produit, dans ces cas , une augmentation dans rechange des matériaux nutritifs: l'assimilation et la désassimilation se trouvent plus accélérées qu'auparavant.

Les I roubles nerveux peinent donc se dissiper en se propageant à d'autres parlies, et cela se fait de différentes manières. Nous ne pouvons pas encore faire son ir à rinterpré:ation des phénomènes | alholojiqces les données <jue nous fournit la physique sur l'action nerveuse, et qui tendent à faire considérer les phénomènes d'activité desneifs, comme étant de nature électrique et à les attribuer au déplacement régulier des molécules. Nous dirons nous borner jusqu'à présent à étudier superficiellement les lésions fonctionnelles. Ces recbercl "s physiologiques sont néanmoins d'une très-grande importance, car nous ignorons si on ne pourra pas un jour les utiliser pour la pathologie, thi peut se représenter d'une manière très-simple le mode suivant lequel se rétablit le système nerveux troublé : le trouble se dissipe par le simple fait de la diffusion, c'est-à-dire que l'excitation, on se transmettant de partie en parle, s'épuise par les résistances successives qu'elle rencontre. C'est

ainsi que Ton peut concevoir la terminaison d'un accès d'épilepsie ou d'hystérie. Dans certains cas, la diffusion s'effectue moins régulièrement ; elle se produit à travers dos parties diversement excitables et rencontre les ganglions sur son parcours. Sous l'influence de ceux-ci, l'excitation se modifie non-seulement dans sa direction, mais dans sa quantité; elle éprouve des renforcements ou des affaiblissements, etc.

La reconstitution du sang s'effectue dans les divers organes avec lesquels il est en rapport et spécialement dans les glandes, plutôt que dans le sang lui-même.

Quand la composition du sang est altérée par insuffisance, celle-ci peut porter soit sur la masse du sang en général, soit sur les globules, soit sur les éléments du sérurn (albumine, graisse, sels). La réparation se produit alors par diminution de la consommation, ou comme dans la convalescence, par l'apport de nouveaux éléments provenant des organes hémalopoiétiques ou assimilateurs. La déperdition exagérée des principes du sang, dépend surtout, dans les maladies, de la gravité et de l'étendue des lésions locales. Le sang s'appauvrit d'autant plus et spécialement en globules, que les exsudais sont plus abondants , surtout s'il s'y joint des métamorphoses régressives et des hémorrliagies. Quand le processus local s'est à peu près dissipé, si les organes digestifs et absorbants sont en bon état , l'appauvrissement du sang disparaît bientôt sous l'influence de l'apport de nouveaux éléments. La réparation s'effectue en partie directement, par l'introduction dans l'intestin, d'aliments tels que l'albumine, les sels, les graisses, etc.; en proportion minime par la résorption des matériaux déposés dans les tissus (graisse) ; en partie enCn, par la formation de nouveaux éléments (globules sanguins) dans les organes hématopoiétiques (rate, glandes).

En dernière analyse, les actes organiques qui s'exécutent dans ces cas, rentrent dans le domaine mécanique de la diffusion et delà résorption , ou bien consistent dans une exagération des phénomènes de développement et de formation des tissus, par exemple pour ce qui concerne les globules sanguins.

L'altération par excès de la composition du sang, peut être nonseulement quantitative, par surabondance de principes normaux, mais encore qualitative, si des éléments étrangers viennent s'ajouter à ceux-ci. Les moyens de réparation sont identiques dans les deux cas : les matériaux en excès sont transformés dans le torrent circulatoire, par réduction et plus souvent par oxydation, ou bien ils sont éliminés par les reins (biliverdine) , par la peau (acide urique dans la goutte, urée, dans les rétentions d'urine), etc.

HU5 ET WAGNER, l'ATH. CÉX. 3

vi ' - .•? ^ r

; - !«-ii-

• Vx li

duit jamais complètement; la solution de continuité est simplement comblée par du tissu connectif cicatriciel.

La guérison des maladies s'effectuant par l'action de l'organe atteint ou la coopération d'autres organes qui se trouvent avec lui dans divers rapports est un fait de grande importance et dont l'interprétation est plus ou moins facile selon les cas; ainsi par le développement d'une circulation collatérale ; la formation de tissu conjonctif autour de corps étrangers ou de parasites ; l'exagération des sécrétions muqueuse et lacrymale sous l'influence de diverses causes nuisibles, mécaniques ou chimiques ; l'hypertrophie de l'un des os de l'avant-bras ou de la jambe, après la résection de l'autre; l'hypertrophie d'un rein quand son congénère est atrophié; l'hypertrophie du ventricule gauche dans l'insuffisance et le rétrécissement de l'orifice aortique, dans Pathérome très-prononcé, dans l'atrophie granuleuse des reins ; celle du ventricule droit dans les troubles de la circulation pulmonaire et les lésions de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche ; l'hypertrophie des fibres musculaires lisses qui entourent des organes creux rétrécis ; le développement de fausses membranes sur les séreuses, dans différents cas, etc.

La guérison naturelle dçs lésions est d'autant plus facile et plus complète que les propriétés nerveuses sont plus développées, la circulation plus libre , la composition et les rapports mutuels des éléments plus normaux. La guérison naturelle, ainsi considérée, s'effectue donc d'après les lois de la physiologie.

Il faut tenir compte aussi de la prédisposition dans l'étude des lésions organiques et de leur guérison. La prédisposition d'un organe à être atteint de maladie, constitue déjà quelque chose de morbide , et consiste en une certaine déviation peu prononcée, de la composition normale , déviation qu'à la vérité nous ne pouvons guère saisir et que nous devons considérer comme étant un relâchement des éléments constitutifs et une disposition plus grande de ceux-ci aux métamorphoses régressives. La prédisposition morbide d'un organe est tantôt congénitale et héréditaire, tantôt consécutive à des maladies antérieures : le moyen le plus efficace de la déraciner est l'exercice physiologique, non-seulement de l'organe malade, mais encore de toutes les parties y attenantes.

C'est à ce propos que nous devons mentionner l'habitude, la tolé» rance , V acclimatation. Par l'exercice , c'est-à-dire par la mise en activité répétée d'un organe , on favorise le développement de ses fonctions, et celles-ci, à leur tour1 facilitent la réparation des lésions qui peuvent y exister. L'excitabilité des tissus s'émousse quand on les soumet fréquerrituent aux mêmes influences, et il en résulte que certains actes morbides sont entravés dans leur développement. L'habitude, en rendant plus difficile la production de troubles morbides,

oiiihnvit i'oy^.iiu^ïïïo t- ut aut mt «jiu IY\»tcrv. • j 1 1 « • i • j 1 1 « IIo [>i«>«êV

[■.ir i!^ \.".^ iiîi ■ IY!tt>. I! tll t>t ilf :v>*M.r <k' 1" n.«;lim iî it!"Il.

r\-t î'i ;;::• .;:i.-t: :•, \\ '—;::; :! ;: t.-. \iî •!■; i • :.; !» i: ...i* in.

■.ti

ii" »-»■»•

::w :: •.:.: .• \ «i- : :> :ï :; Pi:». ..»:. I ••

!1> ^lîï

intérêts de ia science et du malade. Il suffit que le médecin utilise avec prudence son expérience passée, et tout praticien pourra instituer un traitement empirique et rationnel des maladies, s'il se base sur l'étude de la nature et des faits. 11 n'existe pas réellement d'empiristes purs , qui agissent sans aucune réflexion d'après leur expérience; car, même dans T inspiration la plus rapide, dans la conclusion la plus grossière , il juge et décide encore par analogie. Le médecin qui traitera le mieux, est celui qui réfléchit et repasse dans son esprit plusieurs faits semblables, mais ne se contente pas d'une analogie grossière et immédiatement manifeste.

La curation artificielle, sans être opposée à la guérison naturelle, ne lui est donc cependant pas identique : elle met a profit les dispositions physiologiques existantes et les forces de l'organisme, et s'efforce d'arriver par leur intermédiaire à provoquer la terminaison favorable des lésions qui se sont produites, en plaçant le malade dans les meilleures conditions possibles. (Voyez Virchow, Pathologie générale, pages 15 à 25.)

Page 1