Terminaison des maladies par guérison incomplète
Maladies consécutives.
Il suffit qu'il reste une prédisposition à une nouvelle maladie pour que la guérison soit incomplète. H nous est impossible de déterminer exactement' la nature de cette prédisposition : elle consiste sans doute dans des lésions anatomiques ou chimiques si peu appréciables qu'elles ont pu jusqu'à ce jour échapper à nos recherches. C'est spécialement à la suite d'inflammations des muqueuses, des amygdales, des poumons, après le rhumatisme et l'érysipèle , qu'on constate l'existence d'une semblable prédisposition.
Dans un grand nombre de maladies au contraire , une première atteinte détruit pour un certain laps de temps, ou pour toujours la disposition à les contracter de nouveau ; telles sont particulièrement les maladies d'infection , surtout la fièvre jaune , le typhus, la variole, la scarlatine, la rougeole et peut-être aussi la syphilis. On comprend qu'il soit impossible de se rendre compte de ces faits.
La guérison incomplète se distingue des maladies consécutives en ce que cclles-ti constituent des processus nouveaux, tandis que dans le premier cas, ce sont des états morbides stationnaires : ceux-ci ne peuvent pas toujours se rapporter à des lésions anatomiques déter-
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minées, ainsi les paralysies des extrémités ou de certains musele> : parfois, au contraire, ils consistent en modifications anatomiques appréciables, telles sont les luxations, les di Honni tés de la peau, les rétrécissements de canaux muqueux par des cicatrices, les déviations du canal intestinal résultant d'adhérences péritonéales anormales. Dans d'autres cas, l'altération porte sur un organe ou un membre tout entier, par exemple , après la fonte purulente, la gangrène, etc.
Ainsi qu'il arrive souvent en médecine , il n'est pas possible, dans la pratique, d'assigner des limites précises aux maladies consécutives: ainsi celles-ci se confondent souvent avec les complications qui sont des processus dépendant de l'affection primitive. Dans le tiers des cas île rhumatisme articulaire, par exemple, il survient des phlegmasies du péricarde et de l'endocarde. Si cela arrive dans le cours du rhumatisme, le médecin, en reconnaissant l'affection du eonir, dit que le rhumatisme est compliqué de péricardite ou d'endocardite. Souvent, cependant, les signes de l'affection du cicur sont peu prononcés ou jussent inaperçus pendant le cours du rhumatisme, et c'est seulement quand ce dernier a parcouru toutes ses périodes que ces symptômes se manifestent; c'est alors une maladie consécutive.
Pour admettre qu'une affection est consécutive, il faut trouver un rapport de causalité entre elle et celle qui Ta précédée ; il doit persister certaines altérations anatomiques qui existaient déjà dès la première maladie, quoiqu'elles ne se révélassent alors par aucun symptôme ou que les signes eu fussent masqués; tel est le cas de la tuberculisation pulmonaire qui, dans ce sens, succède souvent à la rougeole.
Nous avons encore à mentionner ici certains phénomènes connus sous le nom de métastases. On entendait autrefois par métasta.se, le transport de la matière morbide d'un endroit du corps à un autre. Aujourd'hui cette expression est usitée surtout dans les cas de transmission de l'érysipèle facial aux méninges; dans les cas d'orchite coïncidant avec la disparition d'un écoulement blennorrhagiquc ou des oreillons, de péricardite ou d'endocardite succédant à l'inflammation rhumatismale; des articulations, enlin dans les cas d'abcès dits métastatiques, de la pyohémie.
Il n'est plus question aujourd'hui de métastase de l'urine, des liémoi rhoides, du lait chez les nourrices; on croyait réellement jadis que, dans la lièvre puerpérale qui donne souvent naissance à la péritonite, il s'opère une \éritahle métastase du lait. Les faits de métastase sur lesquels on s'appuyait sont encore vrais aujourd'hui,
mai* ili doivent recevoir une interprétation différente ; dans la pyohémiepar exemple, on Toit des abcès se produire simultanément ou successivement, dans différentes parties du corps, plus ou moins éloignées les unes des autres, tels que le poumon, le foie, etc. : c'est ce que Ton appelle encore abcès métastatiques. Mais on est parvenu à en expliquer le développement d'une manière mécanique, par des oblitérations vascubires. — Las métastases se confondent avec les maladies consécutives dans les cas seulement où Tune des affections s'améliore réellement ou cesse entièrement quand l'autre commence.