Tmninaison des maladies par la mort
La mort est la cessation du mouvement nutritif; l'arrêt définitif des fonctions en est par conséquent le signe distinctif. La mort de l'organisme tout entier doit être distinguée de la mort toute locale, c'est-à-dire de celle d'organes isolés. Dans la mort générale, les organes ne meurent pas d'un seul coup, mais d'une manière successive. Si la fonction d'un organe ou d'une section d'organe est très-manifeste, nous ne tardons pas à constater la mort de celui-ci ; ainsi la cessation de la vie dans le cerveau se révèle immédiatement à l'extérieur, tandis que la mort des cheveux, dans le typhus par exemple, ne s'annonce que par leur chute qui se produit dans la convalescence.
L'idée que Von se fait de la mort se traduit habituellement par l'expression de l'une de ses suites, surtout par la putréfaction qui s'empare des parties mortes et les transforme en combinaisons chimiques plus amples. Cette idée n'est cependant pas tout à fait exacte, car les os et les dents, après la mort, ne se modifient pas ou du moins pas immédiatement dans leur composition chimique; et d'un autre côté, le nerf que l'on sectionne chez l'homme vivant, ne se corrompt pas, quoiqu'il soit mort. La cessation de la vie seule est insuffisante à détruire les combinaisons des éléments entre eux ; il faut encore certaines influences extérieures, la chaleur, l'humidité, des cryptogames, etc. Mais comme ces influences ne font généralement pas défaut, la putréfaction devient un signe de la perte définitive de la vie.
Le passage de la vie à la mort peut se faire d'une manière subite : la mort subite, dans le sens littéral du mot, ne survient que dans quelques cas, par l'action de la foudre et l'insolation, dans les écrasements, les déchirures et quelques blessures d'armes à feu, pendant le travail de l'accouchement, dans l'état puerpéral, et dans le cours d'opérations graves, à la suite de certaines intoxications et des grandes hémorrhagies internes (apoplexie foudroyante) ; elle peut survenir
40 NOHEU \ ÉLÉMENTS DE l'ATIIOMHIIK (iÉNÉUAI.E.
chez des personnes bien peu tantes. L'attitude du corps el l'expression de la physionomie conservent parfois alors le même aspect que dans les derniers moments de la vie; cela est très-manifeste sur les cadavres de certains suicidés ou d'individus trouvés sur les champs de bataille. Parfois aussi, on voit la mort se produire d'une façon tout aussi soudaine chez les personnes très-affaildies, les convalescents de maladies graves, dans certaines affections cérébrales, etc.
Dans la plupart dc< cas, cependant, la mort arrive graduellement ; il est des signes précurseurs qui tm annoncent l'approche, et la période pendant laquelle ils se produisent, se nomme uyonie îTode.shampf : combat de la mort). L'agonie a été comparée à un combat, à cause des symptômes d'excitation auxquels elle donne lieu (douleurs, convulsions), et parce que les poètes ont cru y voir une dernière révolte» du principe vital contre l'imminence de l'anéantissement. Souvent cependant, elle s'écoule tranquillement et sans bruit ; c'est ce (pie l'on appelle le sommeil de la mo/7, qui s'observe surtout chez les vieillards. La violence de l'agonie néanmoins n'est nullement en rapport avec la vigueur de l'organisme : l'apoplectique le plus robuste s'éteint insensiblement, tandis que le phthisique le plus épuisé lutte pendant des heures, des jours et parfois même pendant des semaines avant de succomber.
Les symptômes de la dernière maladie el la paralysie graduelle des systèmes nerveux et musculaire, se combinent toujours avec les phénomènes de l'agonie. Si des paralysies existaient auparavant, elles persistent, et les symptômes d'excitation de la maladie se dissipent peu à peu ; l'intelligence baisse ou s'éteint. Les agonisants, tout en conservant la conscience, deviennent parfois indifférents à tout ce qui les entoure. Le plus souvent ils ont perdu toute connaissance, mais parfois celle-ci revient dans les derniers moments ; les mourants alors éprouvent un sentiment de bien-être physique relatif, dû à la disparition des douleurs et des convulsions (scènes décrites avec plus ou moins d exagération par les romanciers ou des assistants impressionnables : derniers mots, extase, prédiction des mourants). L'observateur impartial ne voit dans la tranquillité du malade que le signe des progrès de la paralysie; ce n'est pas le repos dont jouissent les muscles dans le sommeil, c'est la tonicité musculaire qui commence à disparaître.
Les différents appareils organiques meurent dans un ordre assez régulier et déterminé.
La connaissance, si elle est conservée, survit aux sens * l'odorat et
le goût semblent disparaître d'abord, ensuite la vision ; souvent les mourants réclament de la lumière ou se plaignent d'un nuage qui leur couvre les yeux. L'organe de l'ouïe est encore en rapport avec le inonde extérieur quand déjà les yeux sont plongés dans les ténèbres ; ce dont il est bon d'avertir les assistants pour prévenir toute parole imprudente. Tantôt le sens du tact diminue très-tôt, d'autres fois il disparait le dernier, particulièrement l'irritabilité du derme ; il n'est pas rare d'entendre les mourants se plaindre d'une sensation de froid qui envahit les membres de bas en haut.
Les muscles extérieurs sont les premiers à perdre la faculté d'obéir à la volonté ; les mouvements deviennent indécis, parfois légèrement convulsifs; d'autres fois, il se produit quelques contractions musculaires et des soubresauts de tendons, impuissants à mouvoir les membres. Le corps s'affaisse dans le lit; les membres, obéissant à la pesanteur, retombent inertes quand on les soulève ; les traits du visage s'effacent ; la mâchoire inférieure s'abaisse ; les paupières s'affaissent sans se fermer complètement ; les axes optiques conservent leur parallélisme et les pupilles, généralement contractées d'abord, se dilatent ordinairement à l'approche du dernier moment; les conjonctives s'injectent dans l'agonie prolongée ; l'œil devient atone ; la cornée perd son brillant et son poli ; les tempes s'enfoncent ; le nez s'eflile et semble s'allonger ; les ailes du nez se rapprochent ; toute la figure semble plus longue; les contours des os maxillaires se dessinent sous les muscles paralysés ; le menton parait s'allonger et devenir plus pointu ; les lèvres se dessèchent ; la face jaunit, devient livide, froide et se couvre souvent d'une sueur glacée et poisseuse. C'est ce que l'on appelle le faciès hippocratique.
La respiration se •ralentit, devient rare et difficile ; les mouvements respiratoires se font le plus souvent d'une manière inégale, de telle sorte que quelques inspirations superficielles soient suivies d'une inspiration profonde, et ils deviennent de plus en plus rares à l'approche de la mort ; on n'entend plus enfin que quelques légers mou* vements sanglotants ou suspiricux. Les bronches se remplissent ordinairement de mucosités que la toux ne peut plus expulser à cause de la faiblesse musculaire; il se manifeste alors des râles perceptibles à distance et connus sous le nom de râles trachéaux. La gorge s'élargit, l'œsophage se paralyse de telle sorte, que les liquides tombent dans l'estomac avec un bruit de glouglou. Les sphincters ne possèdent plus qu'une faible force de résistance et sont facilement vaincus par la puissance relativement plus grande des muscles viscé-
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raitre les mouvements volontaires ; si Ton ouvre le ventre, on voit les muscles intestinaux» même plusieurs heures après la mort, se contracter sous l'influence de l'excitation de l'air et de l'électricité. 11 est également établi, par les recherches faites sur des animaux sacrifiés, que la contractilité électrique persiste dans les nerfs périphériques après la mort. — Le genre de mort et l'état de la nutrition des organes exercent une influence marquée sur le plus ou moins do persistance des phénomènes d'irritabilité.
La mort ne peut être considérée comme totale, ni le retour à la vie comme impossible, aussi longtemps que des phénomènes actifs, spontanés ou artificiels, peuvent se produire. Si Ton comprend la mort comme la cessation définitive des phénomènes de la vie, on doit admettre entre le dernier soupir et l'extinction de l'excitabilité, un intervalle pendant lequel ces phénomènes rie sont pas assez ma* nifestes pour permettre d'affirmer que l'individu est mort ou vivant : la durée de cet intervalle est généralement fort courte. Quand un malade a présenté tous les symptômes d'agonie que nous avons décrits, on peut s'attendre à voir la mort se confirmer peu de temps après le dernier soupir. Les contractions du cœur cessent habituelfement bientôt après le dernier mouvement respiratoire, et par conséquent les organes ne peuvent plus recevoir l'oxygène nécessaire à leur fonctionnement.
Josat [sur ta mort et ses caractères, 1854) -appelle mort intemédiaire, cette période du passage de la vie à la mort absolue, et il rapporte plusieurs cas où cet état s'est prolongé pendant douze heures. D'après van Hasselt (Die Lehre vont Tode und Scheintode, I, 1862), on doit y rapporter un grand nombre de cas de mort apparente.
Sous le nom de mort apparente, on désigne un état dans lequel les manifestations vitales sont, sinon totalement abolies, du moins tellement réduites que l'individu ressemble à un cadavre. Par un examen attentif cependant, on constate de temps en temps un léger mouvement respiratoire ou cardiaque, une contraction musculaire faible et fugitive, particulièrement à la face, aux yeux et aux lèvres. La conscience, la sensibilité, voire même la chaleur animale manquent dans la plupart des cas ; l'ouïe seule reste parfois intacte. La durée de la mort apparente peut être de plusieurs heures et même de plusieurs jours. Qu'un reste très-minime d'excitabilité vitale suffise à préserver la matière organisée contre la destruction, c'est ce que nous démontrent l'état des arbres en hiver, l'état de chrysalide des insectes, et surtout le sommeil hibernal de certains animaux.
On admet les genres suivants de mort apparente en se basant surtout sur les causes qui la produisent :
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I" Mort apparente dépendant d'une maladie interne : évanouis- >einenl profond consécutif à la fatigue dune longue marche, à un accouchement laborieux, parfois à une abstinence très-prolongéc (naufragés, maniaques) ; accès violents d'hvstrrie, d épilepsie, dYclampsio; catalepsie ou léthargie; forme asphyxiquo du choléra asiatique; formes diver>c> de lièvre jaune, de peste, do typhus; tétanos; ron\ disions des enfants; accès prolongés d'asthme nerveux ou d'angine de poitrine; certains empoisonnements narcotiques (opium, aeide prussique, chloroforme, vapeurs de charhon).
*2" Mort apparente dépendant de lésions externes : par exemple : contusions violentes et étendues, résultant de châtiments corporels; degrés elesés de commotion eéréhrale, spécialement à la suite d'explosion de poudre ; hlessures graves, surtout quand elles Raccompagnent d'ehranlemcut et d'hemorrhagies considérables : hémurrhagies abondantes en général, surtout chez, la femme en couche et les petits enfants.
5" Moi t apparente dépendant d une cause spécifique : a>phyxie par des ga/ irrespirables : celle îles nom eau-nés et de> noves, asph\xie par pendaison et strangulation, par conuelati.ui, par la foudre, la i haleur ou la larelaction île l'air, etoulfement et enfoncement par rinirodueliou de corps etiaiuco dans Ja boiuhe ou dans la i:or-.e. ou par plu^ieur^ de ces causes reunie*.
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La plupart des cas d'inhumation précipitée nous sont inconnus, et ceux qui sont considérés comme tels peuvent presque tous recevoir une autre interprétation; tels sont ceux dans lesquels on a constaté un changement de position dans le cercueil, des bruits au moment de l'inhumation, la mutilation des mains, la croissance apparente des cheveux, la fermeture de la Louche, etc. Il est un très-petit nombre de cas seulement dans lesquels l'inhumation paraît avoir été réellement précipitée.
L'idée d'être enterré vivant, quelque effrayante qu'elle soit, n'est guère fondée. La constatation officielle des signes de la mort se fait, il est vrai, avec assez de négligence dans les villes, mais surtout dans les campagnes; mais la mort apparente est fort rare et se produit chez les nouveau-nés, les noyés, les pendus, ou chez des personnes qui auparavant avaient déjà fixé toute l'attention des médecins et de l'entourage Ce sont surtout des femmes, des hystériques, des maniaques, des cataleptiques, qui pendant des jours et même une ou deux semaines, peuvent rester dans lïmmobilité la plus absolue, ayant la peau froide et pâle, les yeux fixes, le pouls a peine sensible, les battements du cœur très-faibles et la respiration imperceptible. L'ouïe et l'intelligence se conservent parfois : les malades ont alors conscience de leur terrible position sans pouvoir cependant réagir contre elle, et plus tard ils se souviennent parfaitement de tout ce qui leur est arrivé. H est sans doute de semblables faits qui sont authentiques, mais le nombre en est Ircs-restreint. (Communication de Skoda, 4854-1855, dans la Wien. Zeitsch. der Aerzte.)
Les moyens de prévenir les inhumations de personnes vivantes sont : la défense d'enterrer trop rapidement (72 heures au moins après la mort) ; la veillée des cadavres dans des morgues ou des chambres mortuaires, ou, si celles-ci manquent, dans les maisons particulières ; l'examen obligatoire du cadavre par un homme de l'art ; l'autopsie obligatoire, etc.
Pour distinguer la mort apparente de la mort réelle, on emploie les moyens suivants dont quelques-uns pbuvent servir à rappeler à la vie :
1° Dans la mort apparente, les mouvements respiratoires et ceux du cœur persistent, quoique peu prononcés; ils sont abolis, au contraire, dans la mort réelle ; ils existent également dans le sommeil léthargique et dans la syncope; pour en constater l'existence, on a coutume de tenir contre le nez une plume de duvet ou la flamme d'une bougie, ou bien de poser sur l'épigastre un vpse rempli d'eau dont on observe les mouvements ; on peut encore placer une glace froide au-devant de la bouche et voir si elle se ternit. Ces moyens sont incertains et peuvent donner un résultat négatif dans la mort apparente. — On doit aussi pratiquer l'auscultation prolongée du cœur en appliquant l'oreille successivement sur tous les points de la région précordialc ; toutefois, dans certains cas de syncope, d'asphyxie des nouveau-nés, de choléra, etc., on a vu le malade se rétablir quoique l'auscultation du cœur eût donné des résultats négatifs. Il ne faut pas oublier en outre que certains moyens artificiels peuvent sus-
',h >nl \KM \ LILMKNTS hi; l'\ niuLOÙIK I.I.MJUIL.
pendre passagèrement les momemenls du cirur chez l'homme viviint. — Enfin on peut encore enfoncer des aiguilles à acupuncture dan> la région de la points du eo'iir et observer si elles éprouvent des secou>ses ou des luouveiuents. (Middcldorplï, Ahidopeintstik, Zeitschrift /'. klht. Mcd. lsr>6, VII; Phuj. Y'urteljulirssch.. lîSTw. j||.<
11 m- l'an' |i.in a<-< m <l« r trop d'importance à r;ib^rnr»> du pouls. car il manque suivent déjà .l;ii|v l':i v:on i c . alors (jur |.i rircill.ition n'est p.is rilcore arrêtée, ef. ni pareils <;is, 1»' *«|»h\:nii>::i aplie doimer.iit des résultats plus rerlains. — Ou peut aussi appliquer 11111* lLature comme pour la *aLnée. «'t. s'il \ a iti«*rt réelle, les \eines ne se imtillmt p;i<, et l»'iir ouverture ne donne (pic peu ou point ilt% s a m:. Ouaut ;i l.i signée, c'est un do >'iLrin> 1<'S moins probants. c:ir on siit que l.i circulation peut être teniporairemeut iul'Ti ••inpin* «l;ins l.i Miieope. dépendant, il no f;iiit j;iiii;ti ^ iH'jdL'iT d'appliquer un bandage à l'endroit <1 «• la section de la \oine. car. même i liez l»s morts, un écoulement do >;\\\'* peut se produire plus lard, à la suite ilu ilôxolopptMiiont des e,a/. — In atitro mo\en consiste à faire dos piqûres d aLuilIe dan* des parlies Irô-^iMailaires ot recouvertes dune mince enuel.e té^umentaire, telles que les lèwes et la langue iBracliel) : l'apparition de gouttelette* do nou: e>t un indice certain «le mort apparente.
On cherche ensuite à exciter la contractilité musculaire par l'irritation de nerfs sensible*: à l'aide d'une lumière éclatante, d'une odeur forte, de la titillation de la muqueuse nasale, d'une cautérisation (sinapisines et esprit de moutarde, vésicatoire, cire à cacheter, eau bouillante, inoxa. fer rouirei : à l'aide d'aspersions d'eau froide, de frictions étendues à toute la su i face du corps et spécialement au dos pour réveiller les mouvements respiratoires, etc. Les moyens tendant à réveiller la sensibilité cutanée ne donnent pas toujours de^ ré>ultats positif* : dans certains cas de mort apparente, en effet, la sensibilité cutanée a paru abolie complètement au commencement <le l'asphyxie : c'est ce que l'on a vu aussi dans le narcolisme profond, par la chloroformisation, la magnétisation, l'hypnotisme, etc.
42" Si Ton applique des sinapisines ou si l'on frictionne la peau jusqu'à enlèvement de l'épidémie, à l'aide d'une flanelle ou d'une brosse, les places des sinapisines ne rougissent pas quand la mort est réelle, et les réirions frictionnées ne suintent pas, mais se dessèchent et prennent, au bout de six à douze heures, une coloration jaune brunâtre, puis deviennent cornées et légèrement transparentes, (klujje, Dr cutis exsiatitione. rerto mortis s'hjiw. Lips. I S 4*2. — E. II. Weber, in Frtn\ Xotiz% |eC>S.l
Van Ilawlt i/. r. p T>1 i cite plusieurs cas d'empoisonnement narcotique o\i l'application de *jn;ipJMn»<s dan* la période a^pliwique, ne pioduisil aucune trace de roiiL'our ;i la peau ; celte coloration ne >«• déclara que plusieurs heures plus tard, quand l'amélioration Miniut. — rlu appli pianl le canlôre actuel mu- la peau A'wn
NOSOLOGIE GÈNKRALK. 47
cadavre, on n'obtient que des croules charbonneuses, noirâtres, sèches, plus ou moins dures ou semblables à du cuir; le plus souvent il ne se développe pas de phlyetène, ni d'aréole inflammatoire, ainsi que cela arrive chez l'homme vivant ou dans les cas de mort apparente. (Chris tison, Expériences sur la cautérisation.) Cependant, d'après Josat et Bouchut , il parait que la réaction locale consécutive à la cautérisation peut faire défaut dans certains cas de mort apparente. D'un autre côté, Buchner, En-el, Maschka et d'autres auteurs de ces derniers temps, ont fortement mis en doute la réalité des assertions de Christison, au point de vue chimique et D)édico- légal.
5° Les muscles fléchisseurs l'emportant sur les extenseurs, il en résulte que les bras sont tournés en dedans, les mains fléchies, les pouces rétractés dans la paume de la main, etc.; la mâchoire inférieure abaissée, le sphincter anal est béant ; les parties sur lesquelles repose le cadavre s'aplatissent. Tous ces phénomènes ne peuvent se présenter que dans la mort réelle.
4° La figure du cadavre prend une teinte cireuse ; elle devient livide, surtout chez les jeunes sujets, quand la mort est le résultat d'un trouble grave de la petite circulation (strangulation, pendaison, suffocation, submersion, maladies pulmonaires graves, primitives ou dépendantes d'une affection du cœur) ; chez les hystériques, la figure reste jaune, etc. Chez les personnes dont la figure est habituellement colorée, elle le reste parfois après la mort. Les extrémités des doigts, à la face dorsale comme à la face palmaire, prennent généralement la même coloration que la figure ; parfois cependant elles sont bleuâtres chez des cadavres à face pâle.
I^s taches cadavériques, livores mortis, taches livides, apparaissent huit à douze heures après la mort : elles se montrent d'abord aux parties déclives, au dos par exemple dans la supination du cadavre, et à la figure, à la poitrine et au ventre dans la position contraire ; elles s'étendent ensuite progressivement à tout le corps à mesure que lar putréfaction avance. Les taches cadavériques ne constituent pas un indice certain de la mort ; on les a vues maintes fois se produire dans l'asphyxie par les Vapeurs de charbon, même pendant la vie et chez des personnes qui ont survécu. En pareil cas cependant, elles se montrent aussi bien à la partie supérieure qu'à la partie déclive du corps. Elles manquent parfois complètement sur les cadavres anémiés ou œdématiés ; dans certains cas (scarlatine, typhus exan thématique), elles offrent ude grande ressemblance avec les pétéchies qui existaient avant la mort. Elles présentent quelquefois aussi beaucoup d'analogie avec des épanchements intra ou sous-cutanés ; il suffit, pour éviter la confusion, d'inciser la partie où elles se trouvent.
iS >ni\KU'\ Ki IIMENTS I»K PATIIoIoMl «.KNLP.AI K.
.Y Le froid cadavérique. aUjnr mortis* ^ produit «jucl*|iio temps ii|»i*ù:* la mort (d'une demi-heure â un jour, six à douze heures on moyenne». Le temps qu il uicl à se produire varie d'après la température propre du mourant et celle du milieu dans lequel il est placé 'suivant qu'on laisse ou non le cadavre dans son lit: dans la mot t par congélation ou par submersion, etc. i. Il arrive plus rapidement (lie/. Ie> individus très-à^és ou très-jeunes, chez. les sujets amaiiriiou morl> de maladie chronique, que chez les adultes Iden nourris ou morts de maladie aiiuië.
bans ceitaincs formes de nrirt appareille, dans l'asphyxie par i'oii- ^elatinn ou submersion, dai;s la période aluide du éludera, la peau est ttès-h oide.
<»" le< paupière- < nt entr'ouvertt s, rarement Ici niées: I'mmI e>t enfoncé, sans expression : les axes optiques parallèles. Le i^lole oeulaire est mou par Miite de l'cvaporation des liquides, et plus tard à cause de la putréfaction commet!» ante. L<eil est complètement insensible : la sclérotique, par suite de la dessiccation , prend une teinte jaunâtre quelques heures après la mort, surtout quand les paupières restent ouvertes ; plus tard, on y aperçoit, surtout ver> la cornée, i es taches bleuâtres qui résultent de ce qu'elle devient plus mince et laisse transparaître la choroïde, bientôt aptes la mort, la cornée perd son érlat et se dépolit par suite de la diminution de la tension interne de lo il ainsi que de la desquamation et du gonflement des celluleépitheliales. Les pupille-* sont immobiles. L"a>pcct pulvérulent de la cornée se produit souvent pendant et même avant l'agonie. Dans beaucoup de cas, );l tratispaience de l'util peut se ronron er plus longtemps, ain^i chez les suje'< morts d 'apoplexie foudroyante, par strangulation, par les \apcurs de charbon, les alcooliques, lo chloroforme et l'acide prussique.
Aich»,r [revive* cru» rnlt s </.' nudicinc. juin. IM»-1 o>n> tlriv mmiiie un >i^ n^ 'if inoit ilo i.ni'l<' i!ii|'<»rt.iiu'<>. 1 iiiibil'ition cul.U' ri<|iir <lu «l"l»o «Kiil-iiro. hllf» C'Mi>i<lo »IV' "ftl on lin»» sniplo Lu lu- n<»iiv. ptu \ imI'Y. >\|. inl tut t i • > îos^ocnii-nt. [»ii^«j'io t"ii«ii!N i « ■ ii t i • > ou u\.ilf. raivinrnt triaiunlano. Cott»' taJio .ij'j'.ir.i 1 1 tonj«»ur< «l.in- !•' t't.uie <lo I «i il. 4 ,il»or«l ii la r» i: i« »n o\U nu-, fiiviini' ii \w |>.uho mtorno «l*i jlnU?. Los taches sY'toiul» nt ln»i i/ontaloni'iit. >o r;ipj«f»u h» nt »■( tim*>*'iit par -o iv:mir à la pat ho î : 1 1 ♦'■ r î o n i ■ • ti« la'il.
7° Parmi les signes los plus certains de la mort, nous devons citer la raideur catlaveiiaue. îhjor awrtis. qui commence aux muscles de la mâchoire inférieure, au cou et au dos. s'étend de là vers tes parties inférieures du tronc, aux bras et aux jambes: les parties internes en
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wnt atteintes les dernières, ainsi le cœur, les vaisseaux, l'estomac, les intestins. Elle se dissipe en suivant la même marche. Elle apparaît plus ou moins rapidement, suivant la cause de la mort, et d'autant plus tôt que la puissance musculaire était plus épuisée avant la fin de la vie ; ainsi, après de violentes convulsions (tétanos) , on voit la raideur cadavérique se produire presque immédiatement. Les influences extérieures, comme par exemple le degré d'élévation de la température du milieu ambiant, exercent peu d'influence sur le plus ou moins de rapidité avec laquelle elle se développe. La raideur cadavérique se produit habituellement de 4 à 12 heures après la mort, parfois cependant, 24 heures ou quelques minutes après celle-ci : ce dernier cas s'observe surtout lorsque la température propre du corps était très-élevée dans les derniers moments de la vie. La raideur cadavérique se dissipe après une durée de 24 à 48 heures, rarement plus tard ; cependant, elle peut persister 5 ou 6 jours. Elle se développe ordinairement avec plus d'intensité et de rapidité chez les vieillards , les personnes musculeuses, après certaines maladies trèsaiguës, après l'empoisonnement par l'acide prussique, la strychnine, etc. Tous les muscles sont alors raccourcis et épaissis, de même Façon qu'à l'état de contraction pendant la vie. Les membres, à cause de la prédominance des fléchisseurs , se trouvent dans une légère flexion. La mâchoire inférieure, qui était d'abord abaissée, se rapproche de la supérieure de manière à rendre l'expression de la vie à la physionomie.
On distingue aisément le muscle en contraction vitale de celui qui est rétracté par b raideur cadavérique; le muscle, dans le premier cas, est transparent, souple, contractile, très-élastique et donne généralement une réaction alcaline ; dans le second cas, au contraire, il est opaque, dur, non contractile, non élastique, facile a lacérer et généralement acide. Si Ton étend avec force le muscle contracté par la raideur cadavérique, il ne peut plus se raccourcir et il reste mou. Les faisceaux musculaires vivants donnent issue à leur contenu à travers les déchirures du surcolc.uine, ce qui n'arrive pas pour les muscles morts. La cause de la raideur cadavérique réside dans la coagulation de la myosine, laquelle est liquide pendant la vie (Brùcke) ; cette coagulation selon W. Kiihne, donne lieu a la formation d'acide libre (acide lactique musculaire) ; au contraire, le muscle vivant, frais et encore contractile, sons l'influence du galvanisme, ne renferme, d'après Dubois, aucune trace d'acide libre et donne plutôt une réaction alcaline ; dans les muscles très-fatigués seulement, on a constaté l'existence d acides libres sans coagulation de la myosine.
L'injection de sang frais dans un muscle mort ne rend pas à celui-ci son pouvoir contractile ; elle le fait au contraire tomber en putréfaction (Kuhne). Les muscles Morts reprennent l'apparence de la fraîcheur, sans récupérer leur contractilité, dans les solutions de chlorure sodique, de nitre et de carbonate de soude, substances '(ai rendent la fluidité a la myosine. Si alors on injecte du sang artériel, ilsrede-
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L'fdeur de cadavre est ciraLt»jri-ti«jUL\
Ea coloration verdâtre se présente d'abord au ventre, notamment dans la région iléo-cœcalc, puis dans les espaces intercostaux et enfin sur toutes les autres parties. Selon le degré de la température à laquelle le corps est exposé et selon l'époque de l'année , elle apparaît plus ou moins rapidement ; en moyenne au troisième jour et souvent beaucoup plus tard, si le cadavre se trouve dans un lieu frais. L'apparition en est bâtée par l'exposition du cadavre à l'air humide et à une température de 20° à 25° C. ; moyen dont on peut user dans certains cas poi\r s'assurer de la réalité de la mort. — Dans les races colorées, il faut pour la constater, placer d'abord un linge mouillé sur le ventre et enlever ensuite l'épiderme par le frottement. — La coloration verdâtre est due sans doute à un composé sulfuré d'hémâtine.
Le développement de gaz commence dans le tube intestinal, distend la paroi abdominale, et atteint ensuite la peau dont l'épiderme se soulève sous forme de phlyetènes vcrdàtres ; il peut être cause que les cavités de l'intestin, de la vessie, de l'utérus et des vésicules séminales expulsent leur contenu après .la mort.
La raideur cadavérique et la putréfaction d'abord, les, taches et l'œil cadavéreux, la nature de la maladie antécédente et de l'agonie ensuite, sont les signes évidents de la mort réelle : comme les premiers de ces phénomènes ne se produisenè ordinairement que tardivement? c'est-à-dire plusieurs heures après le dernier soupir, il est parfois difficile de déclarer immédiatement si la mort est réelle ou apparente.
Une foule d'autres moyens ont encore été proposés pour distinguer la mort réelle de la mort apparente, mais les uns ne sont pas plus certains que les précédents^ d'autres sont compliqués et coûteux, d'autres enfin ne sont pas sérieux. Nous citerons, par exemple, le thanatomètre de Nasse, l'Âbiondeictys de Hengel (c'est-à-dire qui indique quand il n'y a pins de vie), le biomètre ou bioscope de Meyer, la dynamoscopic de Coullongues, le cercueil musical, etc. .
Consultez Fr. Nasse : Die Unterscheidung des Scheintodes vom wirklichen T ode. 1841, et v. Hasselt (l. c).
Les causes de mort peuvent toutes se ranger dans les deux classes
suivantes :
1° Défaut d'agents excitants de la vie : tels sont pour l'ensemble de l'organisme, l'alimentation, l'oxygène, la chaleur ; ces agents sont transmis à chaque organe par le sang.
2° Modifications physiques et chimiques de la substance organique, rendant celle-ci impropre à ressentir l'influence dés excitants de la vie. Les organes dont les altérations occasionnent le plus rapidement
bl NntVRAlX KLF.MENTS I»K P.VTIIOI OGIE liF.NKRAlK.
la mort, sont ceux (jui, par leur activité, transmettent aux autres les excitations vitales les plus importantes: c'est pourquoi on les a nommés atria mortis, antichambres de la mort. Ce sont les poumons, le cœur, l'encéphale ou plus exactement la moelle allongée. Celle-ci préside aux fonctions respiratoires, et elle a besoin, pour subsister, de sang normai, c'est-à-dire débarrassé, dans les poumon*, d'une partie de son acide carbonique. Ces trois appareils organiques dépendent par conséquent les uns des autre*. Il n'est pas toujours possible, dans un cas particulier, d'indiquer l'organe auquel la mort doit être at tribuée. On admet généralement les trois genres de mort suivants : l'mort par le cerveau, improprement dite par apoplexie f commotion cérébrale, extravasation considérable» : *2 ' mort par les organes respiratoires, par asphyjie. ou plus exactement par suffocation «respiration de gaz impropres à l'hématose» : «V mort par le cœur, par syncope (rupture du cœur). On observe rarement ces trois genres de mort bien distinctement dessinés, si ce n'est dans le< cas de mort subite. Oans les cas ordinaires ces trois genres de mort se combinent fréquemment de toute faç,on, et presque toujours quand la mort arrive lentement ; ainsi l'insuftisance de la respiration modilie les propriété* du sang et trouble la circulation des centres nerveux qui réagissant à leur tour sur h s fonctions respiratoires, tandis «pie l'activité cardiaque est enrayée par le< trouble* de latropiraiion et de l'innervation.
Kunde >Mur.t>-'< Art 'lit. l.V\7, p. *Jso. a fût de* ivcl>Ti i e* *ur <v *uj<-t et .) montra «ju'on peut {r'^luir*- I ■ m<*rt .i|»i«:ir«. uit* olwz uu«> -rren« •u:l,.«' on lui comprimant le civur • »li on on t.ii*a:it la lLat'ir.-. I \\r i . * 1 1 » m 1 1 • a 1 quell»' mii enlou* le otur meurt ni"in< \ ite «pie celle durit oot i»r MU«' e*t IoiuikiiumiI • ••mpriinf. Si l'.in emnj'i mi»k le C'Viir «lo jr»*nouill«< au\'juoil''v "ii a d"al»«»id uMipé la t* te. • »n détermine ih»*7 ^llf* la mort apparente, mais » - Il »■ > r»Me\ie[ino!:t \i\e*ot alerte* *i un le* plonge dan* l'.iu nprê* au»,r »nlev la lLature du cuir. Si »•« le* arn»*e d'une »n|uh«ui de *tnchnmo ot • lu'eiiMin»' "il I* ur comprime le «cour. 1» '*C"nvuI*i"U* n"»sont et lanuiinl parait m«»rt ; mai* *i l'.»n rend la lil»oitr an\ mouvoui'iit* c.iidt.i<{ue*, k* . iiii\ul*ii»n* repanû**vnt. •pic- h •• t» *«-it "ii n->n t-'Up»^. <*n pi"U\c :un*i la possibilité do m«>urir e\;lu*iw'm« nt jar !»• » îur. f-:r <!/'•'< ' Vt\ l'an* c»'* e\|*M > nce*. ce n'^! pa* l'anémie «pu pnid'iit la iii-.rt a:.par»!it'\ car l'.n ln-n d»- la *tr\. hume v in «»nt"»->|i- .juand lo *' rur e*i enlevé, tt ".»■ *»• pr* • lu î t pa* quand !«• » 'VU! e-st v^-ilcrn- nt comprimé.
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Si l'on cherche à déterminer la eau>e de la mort d ms les maladies ordinaires, on peut établir des divisions plti> >peciaks, niais que l'on peut toujours rapporter aux trois précédentes. AiiiM, t«uites le> mala-
NOSOLOGIE GÉNÉRALE bZ
dies qui occasionnent des pertes abondantes de sucs nutritifs, tuent par épuisement du cœur et du système nerveux, de même que les affections des organes digestifs, quand elles entravent l'absorption des aliments. Quand les sécrétions sont entravées, par exemple, celle de F urine, ou bien les excrétions empêchées (celle de la bile), le sang se charge de substances toxiques ou impropres à la nutrition. De violentes excitations, des impressions morales, l'insolation, l'électricité (foudre) peuvent aussi occasionner directement la mort. — On admet également comme cause possible de mort l'absence d'impressions extérieures; mais, à moins que l'on n'entende par là les excitants nécessaires à la vie, tels que l'oxygène, le calorique, l'alimentation, il faut reconnaître que cette assertion est fausse : personne, en effet, jusqu'à présent, n'est réellement mort d'ennui ; mais l'isolement, par exemple, peut conduire à l'abrutissement (emprisonnement, séjour à l'étranger).
Dans la plupart des empoisonnements la cause de la mort n'est pas aussi manifeste qu'on serait tenté de le croire. — La décomposition chimique et l'impuissance fonctionnelle de la substance nerveuse parait d'abord très-facile à comprendre, et cependant on ne se rend pas compte en général de l'action du toxique. — Enfin il est beaucoup de maladies qui tuent par exsudation, compression, ramollissement, en un mot par lésion mécanique directe des centres de la vie.
Dans un cas particulier , il est très-difficile , même après une autopsie exacte, de découvrir la voie par laquelle la mort est survenue. Il n'est pas aisé d'indiquer la véritable cause de la mort, même quand nous constatons la présence des lésions anatomiques les plus manifestes. Nous voyons souvent mourir de pneumonie, de typhus, de pleurésie, de rhumatisme articulaire, etc., des malades chez les* quels les lésions anatomiques ne sont pas manifestement plus développées que chez d'autres dont l'affection se termine favorablement. En effet, ce n'est pas la lésion essentielle qui tue, par exemple la lésion intestinale dans le typhus et l'infiltration d'un lobe pulmonaire; dans la pneumonie un grand nombre de maladies ont une issue fatale a cause d'accidents mécaniques ou d'autres lésions qui échappent au diagnostic.
S'il n'est pas toujours possible de dire comment arrive la mort, il est certain toutefois que la plupart des individus qui succombent, portent une lésion grave et appréciable. — Sur dix hommes, il en meurt neuf de maladie. On trouve même souvent des maladies fœtales chez les mort-nés, et dans les cas de mort par décrépitude, on ren-
Si NOrVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE (iÊNÉK\I>\
contre des lésions parfaitement appréciables en outre des altérations organiques séniles ordinaires. Les maladies aiguës et les maladies chroniques emportent un nombre à peu près égal de personnes. — Dans les hôpitaux qui admettent toute espèce de maladies, il y a un décès sur dix malades environ. Dans les circonstances les plus favorables, le chiffre de la mortalité s'élève rarement à moins de un sur trente pour la durée. — Le rapport de la mortalité à la population, à un moment donné, varie dans les différents pays, de telle sorte que l'on constate un cas de mort sur vingt à cinquante habitants, y compris les enfants et le> nouveau-nés.
Voici la proportion dans les différents pays :
Angleterre
Allemagne
Belgique
Suisse
France
Hollande
Italie
Grèce
Turquie
IUissie
Batavia
Bombay
La mortalité est beaucoup plus forte dans les grandes villes que dans le pays pris dans son ensemble :
Dresde 1 : 27,7 Prague 1 : 24,
Berlin 1 : 25,5 Vienne 1 : 22,5
Si nous exceptons les cas rapportés à la page 39, il est rare que la mort arrive subitement chez l'homme ; mais ou a coutume de distinguer des cas de mort ordinaire, certains genres de mort trèsrapides, appelés même parfois morts subites. 11 est impossible de déterminer le nombre d heures que doit durer l'agonie pour que l'on puisse considérer la mort comme subite ; le point essentiel est qu'en raison de l'état antérieur de l'individu, l'événement arrive dune manière tout à fait inattendue (mort subite ou par apoplexie, dans le sens littéral du mot). Les symptômes ont une durée de quelques minutes à quelques heures; ils consistent habituellement en perle de connaissance, assoupissement, convulsions, respiration suspirieuse, etc. On observe ce genre de mort assez souvent dans la première enfance, très-rarement à partir de la première année jusqu'à la puberté parfaite, mais et de plus en plus fréquemment ensuite jusqu'à l'âge de cinquante ans; elle peut encore se produire dans la vieillesse la plus avancée. Deux fois aussi fréquente chez l'homme que chez la femme, elle semble aussi se produire plus souvent le jour que la nuit. Elle est plus fréquente en hiver et au printemps qu'aux autres saisons de l'année. D'après l'observation journalière, la mort subite se produit presque toujours après le repas ou pendant la défécation.
On peut diviser en quatre catégories les cas de mort subite dont nous venons de parler, d'après l'état anatomique des organes constatés par la nécroscopie.
1° On ne trouve souvent aucune modification, aucune altération accessibles à nos moyens d'investigation, auxquelles on puisse attribuer l'accident.
2° On rencontre des altérations qui peuvent être regardées comme ayant occasionné la mort, mais qui cependant peuvent aussi s'être développées pendant l'agonie qui a précédé celle-ci ; tels sont les épanehements peu abondants des ventricules cérébraux, la dilatation emphysémateuse prononcée des rebords pulmonaires, l'anémie et l'hypérémie du cerveau et des poumons ; telle est encore l'existence d'air libre dans le torrent circulatoire, sans opération antérieure et sans signe de putréfaction.
3° On trouve des altérations qui devaient nécessairement entraîner la mort dans un bref délai : transsudation séreuse aiguë dans les vésicules pulmonaires (oedème pulmonaire); obstruction du larynx par des excroissances polypeuses de la muqueuse, ou bien introduction de corps étrangers dans le larynx, la trachée et les bronches ; introduction d'air dans les veines à la suite d'opérations ; rupture du cœur et des gros vaisseaux ; déchirure de l'estomac, du foie et de l'utérus (quoique, dans ces trois derniers cas. la péritonite consécutive n'entraîne habituellement la mort qu'après quelques jours); hémorrbagie cérébrale considérable dans les ventricules, ou bien qui comprime ou détruise directement Ja protubérance annulaire ou la moelle allongée.
4* On constate l'existence de lésions mortelles, mais qui existaient manifestement depuis longtemps, sans que l'on puisse déterminer le motif pour lequel la mort est arrivée à un moment donné : il en est ainsi pour les altérations que nous rencontrons dans les maladies chroniques. Une mort subite dans ce sens-là, s'observe souvent dans la tuberculisation pulmonaire, dans la pneumonie des maniaques ou des vieillards, dans les maladies du cœur spécialement la dégénérescence graisseuse, dans les anévrysmes, le ramollissement et les tumeurs du cerveau.
Il existe, sur la mort subite, une littérature assez riche, tant ancienne (Lancisî, De mortibus subilaneis libri duo, 4707), que moderne, — Voyez surtout Herrich et Popp, Der plôtzliche Tod. 1848.