‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 22 sur 102 · Age · texte numérisé non relu

Age

Ouvrages spéciaux à consulter sur les maladies des nouveau-nés, dos nourrissons et des enfants : Valleix (187)8) ; Mauncell et Kvanson (1858) ; Rilliet et Parthez(tr,éd. 1845; 2* éd. 1855); liées (18-44): Hou.-liut (1845, 2e éd. 1800); Lcpcndrc (1840); Brdnar (1850 el5l); Gerhardt (18(51): Henni- (1855, 7r éd. 1804) ; ^'est (1857) ; A. Vogel (3* éd. 1867); SU-ffen (1805). — Srhredber (Die Eigenthïtml. d. hindi '. Onjanismus, 1852). — Maladies des vieillards: Gaustatl (185U), Durand-Fardel ; Geist (1800) ; Mettenhcimer (1805).

Il y a plusieurs points à considérer relativement à l'âge à savoir : la fréquence des maladies , c'est-à-dire les chances de devenir malade aux diverses époques de la vie ; la mortalité, et la disposition ù contracter certaines affections déterminées.

1° Les chances de tomber malade (morhihté) sont très-grandes dans les premières semaines de la vie ; c'est même à cette époque qu'elles sont le plus nombreuses ; elles diminuent au bout de six

semaines jusqu'à la fin de la première année, tout en restant encore bien prononcées. A partir de cet âge jusqu'à la septième ou la huitième année, elles vont en diminuant graduellement pour augmenter dès l'âge de 8 ans jusqu'au développement de la puberté (14 à 18 ans); les maladies deviennent alors de moins en moins communes, et c'est entre 24 et 30 ans qu'elles atteignent leur second minimum de fréquence. Plus tard, la disposition générale à contracter des maladies augmente progressivement jusqu'à l'âge le plus avancé.

Les relevés statistiques sur ce sujet, sont très-difficiles à établir : les conditions dans lesquelles on opère doivent être identiques, c'est-à-dire que tous les individus doivent avoir un même genre de vie et les mêmes occupations : ou bien il faut comprendre toutes les maladies d'une certaine étendue de pays. D'ordinaire cependant on rapporte à la population tout entière, le chiffre des maladies observées dans les hôpitaux, et c'est ce qui explique les incertitudes de la statistique : YiUermé, [Annales d'hygiène, tome II, p. 247), faisant ses calculs sur la classe ouvrière (sociétés ouvrières) est arrivé aux résultats suivants : un homme de 20 à 30 ans est malade en moyenne 4 jours par an ; à 55 ans, 4 jours et demi ; à 40 ans, 5 jours un tiers ; à 45 ans, 7 jours ; à 5ty ans, !> jours et demi ; à 55 ans, li jours ; à 60 ans, 16 jours ; à 65 ans, 31 jours; à 67 ans, 42 jours; a 70 ans, 75 jours. — Fenger [Quid faciunt œtas annique tempus ad frequentiam et diuturnitatem morborum hominis adulti, Haen 1840) a obtenu des résultats un peu différents : il trouve la même proportion de 20 à 30 ans, mais la fréquence et la durée sont un peu moindre dans les années suivantes, et augmentent de nouveau aux âges plus avancés. liais ces différences proviennent de ce que Fenger a fait ses observations sur les ouvriers des chantiers de Copenhague, qui constituent un corps organisé militairement; il compte en outre les blessés et les syphilitiques; or les blessures comme on le sait, atteignent surtout les hommes les plus forts.

2° La mortalité n'est pas en proportion directe de la fréquence des maladies ; elle dépend surtout de la gravite des affections, laquelle varie considérablement d'après les àges. Les tableaux de décès des' divers endroits et des différents pays, varient entre eux, même quand on prend la précaution de faire abstraction de l'influence exercée par les grandes épidémies. On s'est efforcé d'établir la moyenne probable de la vie à tous les àges, calculs qui ont une grande importance pour les sociétés et pour les États. Toutes les sociétés d'assurance sur la vie et surtout les caisses de veuves se basent sur ces données.

En additionnant le nombre d'années qu'ont vécu toutes les personnes mortes, puis en divisant la somme par le nombre de celles-ci, abstraction faite des mort-nés, on arrive aux résultats suivants pour la durée moyenne de la vie :

Autriche. . . '.8.19 Saxe 51.16 Angleterre . . 56.92

Sardaignc. . 30.80 Bavière .... 52.61 France. , . . . 40.56

Prusse . . . 51.10 Pays-Bas . . . 54.72 Norvège . . . 45.(14

D'après tous les tableaux de décès, la mortalité est extraordinai-

: !.. > -i- :.; \ :• . • t J;:..iijii«* n«<t «lih*-

- ' . A;- :: tii •]»• *J ans,

!•. *J!I .': 4-^ ii-. i:. i ï- -'lit -ut <!'• "J7 ii if).

• i..:-:.:. r.. ii> i : -..i''->:v.;::.. :.î . \. r> ,V> ans

> :!:•!:> «p' : 5 v-.ïi- . • Tn .::i* <"!;.iik' .'i

t ::. > :-. l1'1 ! l'ô .«:>• ::!.•• i '2 ni"is.

,r» . it». ,<,

; *h m ..' «ni j'ifiiju*i

' -.ut

z- ■!• t. r- : ;.>;u a un

étiologie générale! go

certain point par les particularités anatomiques et physiologiques des organes.

Nous avons parlé plus haut des maladies du fœtus. Pendant le travail de l'accouchement, la tête, le corps même et le cordon sont exposés à la compression : la compression de la tête occasionne des hémorrhagies intra-crâniennes, et celle du cordon amène la suffocation. Le séjour prolongé de l'enfant au passage, même sans compression notable, peut aussi lui être funeste et entraîner des hémorrhagies cérébrales et médullaires, l'asphyxie, la débilité et même la mort. D'après certains auteurs, l'accouchement précipité serait également nuisible à l'enfant, parce que celui-ci, ne ressentant pas suffisamment le besoin de respirer, n'exécute que des mouvements respiratoires incomplets. Si l'enfant porte une blessure à la surface du corps, les affections vénériennes peuvent lui être transmises nonobstant la présence de l'enduit sébacé, lors de son passage à travers les parties de la mère, mais c'est un fait assez rare. Pendant les premiers jours qui suivent la naissance, les chances de maladie sont nombreuses à cause de la révolution qui se produit dans l'organisme de l'enfant : en effet, c'est à la naissance seulement que certains organes entrent en fonctions et que le corps se trouve exposé à l'air, tandis qu'auparavant il plongeait dans les eaux amniotiques, c'est-à-dire dans un milieu d'une température et d'une consistance uniformes. C'est certainement l'acclimatation la plus importante que l'homme doive subir de toute sa vie. S'il existe au cœur, aux poumons ou dans les centres nerveux, des vices de conformation qui puissent entraver le libre fonctionnement de la respiration, ils se manifestent à la naissance en produisant la mort immédiate ou un dépérissement rapide avec les symptômes d'une débilité générale de la cyanose, ou de Vatélectasie pulmonaire.

La section du cordon et la chute ultérieure de la portion fœtale, peuvent amener des troubles locaux et généraux ; la pyémie, le trismus, le tétanos en sont des conséquences assez communes. Nous trouvons encore parmi les affections graves propres au nouveau-né, le sclérème de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. L'ictère des nouveau-nés apparaît souvent à partir de la moitié de la première semaine jusqu'à la fin de la seconde ; on rencontre encore à cet âge, quoique rarement, la jaunisse consécutive à la slasc biliaire, ainsi que l'ictère symptomatique de la pyémie. La prédisposition aux maladies et la mortalité sont si prononcées dans le cours de la première année, que le quart environ des enfants succombent pendant cette période de la vie. C'est dans le premier mois, dans la première semaine et même*

10 NOÎVKUX KLKMKNTS DE PATIIOLOCIE GÈNÈllALK.

le jour de la naissance que se produisent le plus grand nombre de décès. La mortalité est plus grande parmi les entants premiers-nés que parmi les suivants ; elle est beaucoup plus considérable dans les villes (pie dans les campagnes, dans les districts industriels et manufacturiers (pie dans les contrées agricoles, chez les pauvres que dans la classe aisée ; mais c'est dans les hospices (reniants trouvés qu'elle est le plus considérable. la mortalité dans les maladies épidémiques est (fautant plus grande chez les enfants qu'ils sont plus jeunes. Leur abandon et leur état de dépendance paraissent contribuer pour une grande part à celte mortalité : cela nous est prouvé par les relevés statistiques qui établissent que les enfants illégitimes meurent en beaucoup plus grand nombre que les légitimes. Néanmoins l'état organique de l'enfant exerce aussi une certaine influence ; les organes, en effet, tout en fonctionnant avec plus d'énergie, possèdent une structure plus délicate.

Lrs enfants illégitimes atteignent la proportion moyenne de 0 ou 10 p. 100; ils sont le plus nombreux en S;ixe et en l'avière, le inoins en SardaL'ne et dans les l'awl'as. La proportion en est habituellement plus forte dans les ville> et les districts industriels que parmi les populations agricoles (1-4.7 à 7.0).

L'enfant possède dans son organisation et dans sa manière de réagir certaines particularités qui influent sur la nature des maladies et aussi sur le degré de prédisposition morbide. — C'est surtout la tendance aux convulsions qui est marquée chez lui: chez le nouveau-né, des causes aussi insignifiantes que le commencement de la miction et de la défécation , produisent déjà des formes convulsives légères, tels que la rotation des yeux, le tiraillement de la bouche et les secousses des extrémités. Les affections fébriles sont souvent chez lui accompagnées de convulsions. On est tenté de rapporter cette excitabilité, anormale relativement à celle de l'adulte , au peu de consistance du cerveau et à sa richesse en parties aqueuses ; mais cette excitabilité atteint seulement le svslème nerveux moteur, et dans aucun cas, la sensibilité n'est aussi prononcée chez les jeunes enfants que chez les individus plus âgés : ils supportent plus patiemment que les adultes certaines impressions qui peuvent passer pour douloureuses, tels que les piqûres de puces, les éruptions prurigineuses, l'inlertrigo. Les enfants possèdent un immunité absolue à l'égard des névralgies. Les maladies mentales ne se rencontrent chez eux que fort rarement, à l'exception toutefois de l'idiotisme congénital. La lièvre intermittente et le typhus peinent s'observer, mais plus rarement que chez l'adulte.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE 71

Le larynx, chez l'enfant, est autrement conformé que chez l'adulte: la glotte est plus étroite, en forme de fente ; les cartilages sont plus mous; il en résulte que l'ouverture glottique se ferme plus facilement sous FinOuence des spasmes et de la paralysie. Chez les adultes, l'occlusion de la glotte est rendue impossible par la disposition des surfaces correspondantes des cartilages aryténoïdes. Aussi la dyspnée excessive et la suffocation que l'œdème de la glotte, presque seul entre les affections du larynx, produit chez l'adulte , peuvent-elles se développer chez l'enfant sans lésion organique (faux croup, laryngite striduleuse, asthme de Millar). L'étroitesse des voies respiratoires augmente nécessairement le danger de la laryngite pseudomembraneuse chez l'enfant.

L'étroitesse des narines a également beaucoup d'importance chez les nouveau-nés ; le coryza est pour eux une maladie dangereuse , non-seulement parce qu'ils n'ont pas l'instinct de respirer par la bouche, et que les difficultés de respiration les atteignent davantage » mais encore parce qu'ils sont forcés d'abandonner le sein dès qu'ils l'ont pris et qu'ils ne peuvent sans danger longtemps supporter l'inanition.

Les nouveau-nés vomissent facilement, [ce que l'on a attribué à la forme et à la situation de l'estomac, qui serait plus vertical et dont le fond serait moins développé que plus tard. On voit fréquemment des troubles digestifs, probablement de nature chimique, et les vomissements avec diarrhée , les tuer rapidement par épuisement. Le sevrage s'accompagne de nouveaux dangers. L'hypérémie de la bouche qui accompagne l'éruption des dents, a quelquefois pour conséquences l'hypérémie cérébrale et les convulsions; les diarrhées et les érythèmes n'offrent pas autant de dangers.

La peau et les muqueuses sont plus irritables et montrent plus de tendance aux désordres circulatoires ; il en est de même des ganglions lymphatiques dans lesquels les troubles nutritifs se développent plus souvent et plus facilement que chez l'adulte (scrofules).

Les affections graves de la poitrine deviennent plus fréquentes après la première dentition, tels sont la pneumonie, le croup, la tuberculisation des ganglions bronchiques ; la coqueluche est encore rare dans la première année.

La nutrition et la croissance font des progrès rapides la première et la seconde année, surtout dans le cerveau et les os. On peut parfois observer déjà le rachitisme, notamment le ramollissement de l'occipital (craniotabes) .

7k2 >'Ol"VE\i:X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÊNKÏUI.E.

Les parasites (ascarides et poux) se propagent volontiers cliez l'enfant, et ceux-ci d'autant plus facilement <jue le sujet est moins propre; il en est de même du champignon du muguet. Nous ne connaissons nullement, le mode d introduction des ascarides dans rorjj.misme ; toutefois, leur fréquence est remarquable dans l'enfance. Les autres parasites tel que le ténia, sont plus rares.

Un enfant bien portant ( fille ou garçon), dans les deux premières années de sa vie, grandit de plus de la moitié de sa longueur , de 50 centimètres à 79 centimètres environ. Le poids devient trois ou quatre fois plus grand: de 5 à i kilogrammes qu'il pesait à la naissance, il arrive à 10 kilogrammes dans la première année, et à 12 dans la deuxième.

Les données numériques sur l'augmentation du poids du corps ont de l'importance non-seulement au point de vue théorique, mais encore au point de vue pratique; elles nous fournissent en eîfet une preuve certaine delà convenance de l'alimentation (lait maternel ou de nourrice, alimentation artificielle).

De 18 mois ou 2 ans jusqu'à 8, la croissance se produit assez rapidement et les fonctions cérébrales surtout se dessinent. L'enfant grandit en moyenne de 6 centimètres par année , et le poids du corps s'accroît de manière à atteindre à 8 ans, chez les çareons, 20 kilo;;., et chez les filles 19 kilog. — Les maladies des voies respiratoires et des poumons restent fréquentes, et Ton observe, en outre, la coqueluche ainsi que la tuberculisation des poumons et des ganglions bronchiques. Les affections intestinales deviennent plus rares. La méningite tuberculeuse et l'hydrocéphalie aiguë sont une nouvelle source de dangers; l'épilepsic et la chorée commencent à se montrer. C'est à cet Age que surviennent le rachitisme ainsi que l'ostéite simple ou tuberculeuse. Les affections constitutionnelles sont fréquentes : outre la tuberculose, on observe la scrofule, la scarlatine, la rougeole et la variole. Si Ton rencontre ces deux dernières maladies spécialement chez les enfants, ce n'est pas à cause d'une prédisposition qui leur est propre, car les adultes les contractent également, s'ils n'eu ont pas été atteints dans leur enfance, mais parce qu'il est impossible généralement qu'un homme vive longtemps sans s'exposer à la contagion.

Depuis l'âge de 7 ou 8 ans jusqu'à la puberté, la santé reste trèssatisfaisante et les maladies ne présentent rien de particulier. L'enfant grandit de 5 centimètres 1/2 environ par an : le gan;on atteint \ m. 58 c. à l'âge de 12 ans, et la petite tille 1 m. 7)5. Le premier augmente de 2 kilog. environ chaque année, et la dernière un peu plus, de telle sorte qu'à 12 ans, le poids est à peu près égal dans les deux sexes, 50 kil. environ. La rapidité et l'intensité du mouvement

ÉTI0L0G1E GÉNÉRALE 73

nutritif dans l'enfonce semanifesient aussi par les qualités des urines: un enfant de 3 à 5 ans excrète, relativement au poids du corps, beaucoup plus d'urine qu'un adolescent de 16 ans ; (plus de trois fois autant d'urine et de chlorure de sodium et près de trois fois autant d'urée.)

La période comprise entre 13 et 18 ou 20 ans, s'appelle adolescence ou époque du développement de la puberté. Pendant cette période, les garçons grandissent encore de 30 centimètres, et les filles de 20. Le poids du corps augmente plus rapidement qu'auparavant, et atteint 58 kilogrammes chez le jeune homme de 18 ans, 51 kilogrammes chez la jeune fille du même âge. Les traits, les penchants, le caractère se modifient notablement, le tout en rapport avec le développement sexuel. Les fonctions nouvelles de l'élaboration du sperme, du détachement de l'ovule et de la menstruation prédisposent a diverses maladies. Les vocations extravagantes, l'exaltation poussée jusqu'à la folie s'observent souvent à cette époque, cette dernière spécialement sous forme de maladie erotique ou religieuse. L'épilepsie, la chorée, l'hystérie, les névralgies sont également fréquentes. Les aberrations et les excès sexuels sont communs et affaiblissent l'organisme plus que dans la suite. Dans la seconde moitié de cette période, les affections vénériennes deviennent fréquentes. Cet âge est sujet à toutes les affections aiguës, et parmi les maladies chroniques, la tuberculose est particulièrement observée.

De 20 ou 25 ans jusqu'à la lin de la croissance, ce sont les os et les muscles et surtout le thorax qui se développent particulièrement. Le jeune homme de 25 ans a 168 centimètres de taille et pèse 63 kilogrammes; la jeune fille, 157 centimètres et pèse 53 kilogrammes. Toutes les maladies graves se montrent à cet âge-là. L'œdème de la glotte se substitue aux affections du larynx, et la chlorose survient fréquemment chez les femmes. Les travaux corporels et intellectuels sont aisément supportés, et les jouissances vénériennes doivent être permises à l'organisme bien développé.

L'âge mûr qui commence de 25 à 30 ans et se prolonge jusqu'à 40 ou 45 chez l'homme, et jusqu'à 55 ou 40 chez la femme, est la période du complet développement. L'homme atteint le maximum de son poids à 40 ans (63kI\6), et commence ensuite à décliner; la femme augmente jusqu'à 50 ans (56 kilogrammes environ). C'est l'époque, où la santé est le plus florissante, si la misère ou les excès dans le travail et les plaisirs, n'ont pas affaibli l'organisme. C'est alors que se déclarent la goutte, les affections de l'estomac et du foie, les hémorrhoïdes, la leucorrhée, etc. Les travaux excessifs et les

privations sont bien supportas, et les excès ne nuisent plus autant qu'auparavant.

On désigne sous le nom {Vannées climat eriques la période de déclin qui, chez l'homme, s'étend de 45 à GO ans, et chez la femme, de iO ou i5 à 50. Les hommes prennent alors de l'embonpoint : les femmes vieillissent rapidement. La menstruation cesse à cette époque en même temps que se manifestent parfois quelques dérangements de la santé et des affections du sein ou des organes génitaux internes. Les maladies aiguës deviennent plus rares, mais plus facilement mortelles. Kilos sont remplacées par le cancer de tous les organes, les affections de la prostate et de la vessie, rhémorrhauie cérébrale, et parmi les affections thoraciques, par l'emphysème et l'asthme.

La vieillesse se caractérise, du moins vers l'àue de 70 ans, par un ralentissement de la nutrition qu'on désigne sous le nom de marasme senile. Comme il existe alors une foule d'altérations anatomiques et fonctionnelles, nous pouvons encore dire avec les anciens- : senectus ipsa murbus. Le marasme senile consiste dans l'atrophie de la peau et de la plupart des muqueuses, des éléments des muscles, des viscères, des vaisseaux et des conduits excréteurs "de< glandes, ainsi que dans ra!ïaibli»ement insensible de l'excitabilité et de Léneiuie du sv>tèine nerveux. L'aorte et les ^ro> vaisseaux deviennent plus larges par suite de la perte d'élasticité de leur membrane moyenne, occasionnée par le dépôt d'exsudats sur la membrane interne, et par leur dénénôrescence crétacée et athéroiuateu>e : le- petites arbres se rétrécissent, et une partie des capillaires s'oblitèrent. La digestion, la saiumitication et la respiiation sont entraue* : par la perte desdents, et l'atrophie des janulions lvmpintiques i-t hematopoiétiques : le* fonctions respiratoires surtout par l'accumulation du pLinent, l'atrophie des cellubs pulmonaires einphvsème seuilc, l'affaissement des vertèbres et l'ossification de- cartilage* costaux. La diminution de la production d'acide c.irbonique est directement démontrée chez le \uillinl. Le eeneau -ubit un i.ertaiu de„re d'atrophie : le >ide est c«'»n»bb- en partie [ ar les méninges épai— le-, en • art io par le liquide ar !• Imoidieii ; iette hvdro» .rphdie n'i^t pas néanmoins aus-i nécessaire «pion le croit clicz le \ieillard : on ne coiistite le plus souvent ihez lui que de l'opiniâtreté et une ceitaiue faibb. s-e d'e-piit. Les os devitiinuit plus « as^jnts par suite de l'a^ran lisscment dueanil médullaire que n» compense aucune formUion os-eiise n «melle. Le corps des >it illard- purent-* -oiiwnt. outre 1 .îtiophie, divers proce-su- de dégénérescence .îrais-euse ou crétacée.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE. 75

Ces phénomènes sont en quelque sorte normaux, et il est rare que le vieillard en meure. On trouve presque toujours à l'autopsie d'autres lésions anatomiques très-prononcées, mais qui n'occasionnaient le plus souvent que des symptômes légers pendant la vie ; tels sont certaines affections cérébrales, les pneumonies, les cancers des divers organes. Presque toutes les maladies chroniques sont encore fréquentes ; le typhus est très-rare, et les exanthèmes aigus nes'observent presque plus.

Page 1