Influences atmosphériques
A. — Pr tsion de Vair.
La pression de l'air est un phénomène mesurable, mais do nt Tin fluence sur l'organisme est difficile à déterminer, car elle agit rarement isolément. Abstraction faite des autres modifications accidentelles, il est deux facteurs importants qui changent en [même temps que la pression de l'air ; la quantité d'oxygène contenue dans l'atmosphère et la perspiration cutanée. La quantité d'oxygène diminue, pour un même volume d'air, en proportion de la raréfaction de celui-ci, tandis que la quantité de matières que perd l'organisme par la perspiration, augmente. Si Ton avait constaté par l'observation une relation entre la pression atmosphérique et l'état sanitaire, on aurait encore à déterminer théoriquement la part qui revient à chacun des facteurs en question.
Les effets d'une augmentation de la pression atmosphérique nous sont démontrés depuis longtemps par les observations faites dans les cloches à plongeurs ; récemment on les a étudiés de nouveau dans la construction des ponts par la méthode pneumatique et dans les établissements où l'on emploie l'air comprimé dans un but thérapeutique. 11 se produit un trouble dans l'équilibre des gaz renfermés dans les cavités, lorsque l'individu passe d'une atmosphère raréfiée dans une atmosphère plus dense ; c'est dans l'oreille, par la dépression de la membrane du tympan, qu'on le ressent le plus fréquemment et le plus douloureusement. Des mouvements de déglutition qui ouvrent les trompes d'Eustache, et des efforts expiratoircs pendant que le nez et la bouche restent fermés (procédé de Valsalva) , rétablissent f équilibre de pression sur les deux faces de la membrane du tympan.
Dans l'air fortement comprimé, on observe les mêmes phénomènes que dans l'air plus riche en oxygène : le pouls devient plus plein et souvent plus lent j la température s'élève ; les inspirations
deviennent plus profondes et de moitié plus rares; la capacité pulmonaire s'agrandit ; Tévaporalion cutanée et pulmonaire diminue, tandis que la sécrétion urinaire augmente proportionnellement; l'appétit devient plus vif; le poids du corps s'élève; les sensations subjectives, si Ton séjourne longtemps dans l'air comprimé, sont dépeintes comme agréables. Chez les malades, la dyspnée se dissipe.
Sur les lieux élevés on a observé sur une grande échelle les effets de la diminution de la pression atmosphérique ; à la vérité, les résultats sont modifiés par l'influence du froid et des circonstances individuelles. Les observations faites sur les Alpes, sur l'Himalaya, et surtout sur les Andes de l'Amérique du Sud où il y a encore beaucoup de villes habitées à une hauteur de 10 ou 15,000 pieds, concordent pour établir que jusqu'à une élévation de 5 à 7,000 pieds, les personnes bien portantes n'éprouvent rien de particulier. C'est seulement quand ou arrive à 9 ou 18,000 pieds, où l'atmosphère est raréfiée de moitié, que surviennent la dyspnée, l'accélération du pouls, la lassitude et une immunité étonnante à l'égard de l'action de l'alcool ; parfois aussi il se produit de la faiblesse, de la céphalalgie, des syncopes, des hémorrhaiiies des gencives et du nez, etc., surtout quand le corps est épuisé.
Los étrangers, sur la hauteur des Aude*, souffrent d'une affection d'acclimatation, appelée puna, et qui consiste dans une sensation de froid perçant, accompagnée de céphalalgie et de nausées. Les gerçures de la peau, les héinorrhagies des muqueuses et les ulcères consécutifs dépendent tout autant de la sécheresse concomitante de l'air que de sa raréfaction ; il en est de même de la perte de la turgescence des traits du visage, de la diminution des sécrétions sudoralc et urinaire, et de l'augmentation de la soif.
On remarque les mêmes phénomènes dans les ascensions aérostatiques.
Certaines personnes résistent à t'influence de la raréfaction de l'air. Les aéronautes Green et llush se sont élevés jusqu'à une hauteur de 27,000 pieds avec une pression barométrique de 10, .V2 ; les premiers 1 1,000 pieds furent franchis en 7 minutes. Green néanmoins n'éprouva d'accélération ni dans le pouls, ni dans les mouvements respiratoires ; à peine devait-il faire un peu plus d'efforts pour jeter le lest.
Quelques-uns des phénomènes précédents peuvent se rapporter au manque d'oxygène aussi bien qu'à la dessiccation du corps et à l'anémie ; mais on peut en expliquer quelques autres directement : ainsi la lassitude peut être rattachée à l'instabilité des tôtes articulaires, surtout de celle du fémur, dans leurs cavités et au dévelop-
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pement de gaz intestinaux qui repoussent le diaphragme, etc.; l'accélération de la respiration à l'expansion complète des poumons ; l'augmentation de l'énergie du cœur à la diminution de la pression que subissent les vaisseaux, etc.
Les observations faites chez les malades sont contradictoires. On devait croire que la diminution de pression sur le thorax favoriserait, en la rendant plus libre, la circulation du sang dans les vésicules pulmonaires et que, par conséquent, le séjour dans des lieux élevés serait bienfaisant pour les phthisiques ; et, en effet, il en est souvent ainsi, abstraction faite de ce que la tuberculose est très-rare sur les hautes montagnes. Nais les expériences faites avec l'air comprimé sont en contradiction avec ce qui précède ; en effet, l'air comprimé à 2 ou 3 atmosphères, est favorable aux asthmatiques, et son emploi méthodique a souvent produit de l'amélioration chez les emphysémateux et les tuberculeux.
Si les oscillations les plus extrêmes n'agissent pas ou presque pas sur certaines personnes, si, dans les ascensions de montagnes, des variations de pression de plusieurs pouces de mercure pendant le même journée sont bien supportées, il n'est pas possible d'admettre que les changements de quelques lignes qui se produisent en un endroit déterminé, puissent exercer une influence appréciable sur les individus bien portants. Ce ne sont pas les variations extrêmes, mais la continuité d'une haute ou d'une basse pression qui peut imprimer un cachet particulier à la constitution médicale : toutefois l'homme s'acclimate facilement dans les régions élevées. Peutêtre n'est-ce que la fréquence des oscillations qui soit nuisible.
Les observations et les statistiques que nous possédons nous sont de peu d'utilité, b'après Casper, la mortalité augmente avec la pression atmosphérique ; cela est vrai pour Berlin et peut-être pour Dresde, mais ne lest pas toujours pour Paris et jamais pour Hambourg où l'élévation de la colonne barométrique a toujours été plus favorable que la desrente ; il parait en être de même pour les tuberculeux à Berlin. A New-York, suivant des observations continuées pendant trois ans, le début des hémorrhagies pulmonaires et utérines coïncide habituellement avec la dépression de la colonne barométrique. (Gostin, i n Canstatt's Jahresber. 1843, H, p. 186.)
L'action de la raréfaction de l'air sur des points limités de la surface du corps, nous est démontrée par reflet de la ventouse. Le sang s'accumule sous celle-ci ; des exsudats et des transsudats se produisent a cause de l'augmentation relative de la pression sur les parties environnantes. On ne peut pas naturellement déduire de ces troubles locaux de l'équilibre les conséquences qui doivent résulter d'une raréfaction générale de l'air, car dans ce dernier cas, la pression s'équilibre bientôt par l'intermédiaire des cavités ouvertes du corps ; en outre, les variations ne peuvent être ni aussi prononcées, ni aussi rapides.
B. — Température*
Les effets que produit la température sur l'organisme, peuvent être locaux ou généraux ; Ils diffèrent d'après le degré de la tempe-
8Î NOVVEAl X ÉLÉMENTS WK PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
rature, d'après la durée de son action et les variations qu'elle subit (refroidissement); il ne Tant pas oublier que Ton peut s'habituer et s'endurcir aux diverses températures.
a. — Effets lai aux de la leuij èrritme.
Les degrés extrêmes de chaleur et de froid, en agissant sur des parties limitées du corps, et surtout sur la peau et les muqueuse* occasionnent dis troubles circulatoires divers, surtout l'anémie et Thypérémie; ensuite des inllamiiiations de nature et d'inten-sité différentes, et enfin la gangrené (degrés les plus élevés de brûlure et de iefroidissemenl).
.Nous parlerons plus loin de l'action des températures diverses sur tes cellules, soit qu'on lis observe sur l'.iiiimal vivant, soit qu'on les examine au microscope sous rinllueii'e de la ehalour et de l'humidité.
h. — Effets fjéiierauu de la leni^eecture.
Sous l'influence d'une température basse longtemps prolongée, dans l'imminence de la mort par congélation par exemple (dans nos contrées et surtout dans les voyages aux terres arctiques), l'organisme perd, d'abord partiellement, puis eu totalité, l'envie et la faculté de se mouvoir; les sens et l'intelligence s'obscurcissent ; on observe de la torpeur, une tendance invincible au sommeil, la mort apparente et enfin la mort réelle.' L'anémie cérébrale est, en dernière analyse, la cause probable de tous ces phénomènes.
Walther (Virch. Arch.y XXV, p. m ; Iicrl. Centralbl, 18(34, n° 51 et 18C«\ n° *ï<)) a expérimente l'influence du froid sur les animaux : ceux-ci étaient placés dans des boites en ler-blane. qu'ils ' rempliraient pr< sque entièrement et quVnlourail un mélange réinsérant de «jlace et de sel marin ; la tète seule de ranimai .sortait par une ouvciluie praliquée dans la boite. I n animal refroidi jusqu'à -+- lîS? ou -f- tiUJ, perd la i'a< ullé de recouvrer sa température normale quand on le plate dans un milieu qui n'est pas plus chaud que l'animal (bernard, lee. l«S«i(l).Si celui-ci se trouve dans un milieu moins chaud, eVsl-â-dire à la tempéialure ordinaire, il se refroidit de plus en [dus et Huit par succomber. — îii on relire l'animal de sa boite, il est incapable de se tenir sur ses pattes, il se couche sur le liane et ne peut exécuter aucun mouvement île locomotion. 11 se manifeste cependant encore dea mouvements volontaires el relie. \ es et de la sensibilité. Les battements du cœur deviennent três-iares (10 à "20 par minule). La respiration est complètement abolie ou extrêmement accélérée, mais très-supcrlicielle. Toutes les e\i relions sont supprimées, notamment celle de burine ; les veux sont largement ouverts. On ne peut déterminer la limite de température au-dessous de laquelle les fondions nerveuses et musculaires ne peuvent plus s'exécuter ; le genre de mort varie d'après la température propre de ranimai. — Des lapins auxquels on avait injecté de l'alcool dans l'estomac ou de la morphine sous la peau, se refroidissaient plus rapidement que les lapins
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intacts. Les animaux morts ou sacrifiés pendant la période de refroidissement, présentaient constamment à l'autopsie une congestion des poumons, accompagnée dune exsudation séreuse dans le parenchyme de cet organe et dans les bronches. On trouvait les mêmes altérations, et en outre une exsudation séreuse dans les plèvres chez les animaux morts après avoir été ramenés à la température normale. Chez des lapins blancs morts de froid, Walther a vu d'abord le fond de l'œil se décolorer complètement, puis des convulsions et la mort survenir : il explique ces phénomènes pari anémie des centres nerveux, consécutive à la diminution de l'activité du cœur. — On peut ramener les animaux refroidis, à leur température normale, par deux procédés différents : par réchauffement artificiel jusqu'à 59*, et par la respiration artificielle. Cette dernière cependant ne produit qu'une légère augmentation de température, et Ton ne peut obtenir de succès par la respiration artificielle que dans les cas où la température de l'air ambiant n'est que de 2 ou 3 degrés plus liasse que celle de l'animal. — Les moyens dont dispose l'organisme pour résistera la congélation imminente, sont d'abord la contraction des tissus et des capillaires de la surface du corps, ensuite le ralentissement des mouvements cardiaques.
Sous l'influence d'une température élevée longtemps prolongée, la peau devient d'abord chaude, humide et se couvre enfin d'une sueur profuse ; la respiration s'accélère ; le pouls devient fréquent, petit ; la température subjective s'élève et devient plus désagréable, la peau plus sèche ; il se développe de la céphalalgie. La mort survient enfin dans des conditions spéciales (insolation).
Obernier (Der Hitzschlag, 1867) a entrepris des recherches expérimentales sur les effets que produisent des degrés élevés (-{-M0 C.) de température. 11 a trouvé que des animaux qui séjournaient longtemps dans un milieu plus chaud de quelques degrés seulement que leur propre corps, subissaient une rapide augmentation de température ; ce phénomène est dû à l'obstacle que l'élévation de la température de l'air oppose au rayonnement : celui-ci en effet cesse de se produire aussitôt que la température de l'atmosphère égale celle du corps. Chez l'homme, 77 centièmes de b chaleur développée seraient alors retenues dans le corps, si les fonctions modératrices de la chaleur n'augmentaient pas. Cette régularisation de la température s'effectue par la transpiration et par l'évaporation qui s'accélère sous l'influence de la chaleur extérieure; par l'accélération de la respiration et l'augmentation de Pévaporation qui en résulte ; par réchauffement des vaisseaux cutanés et pulmonaires ; par l'ingestion de boissons plus abondantes, etc. — La température du corps s'élève notablement sous l'influence des mouvements, spécialement quand la température de 1 atmosphère est presque égale ou supérieure à celle de l'organisme. L'intensité de l'évaporation diminue d'une manière proportionnelle à la quantité de vapeur renfermée dans l'air, surtout dans une atmosphère calme. — La respiration et les mouvements du cœur s'accélèrent chez les animaux soumis à ces expériences ; quand leur température atteint 44% il survient des convulsions , ensuite ils deviennent insensibles ; leur respiration devient profonde et rare, le pouls à peine appréciable, lus muqueuses cyanotiques Les animaux meurent enfin dans des convulsions accompagnées d'une élévation rapide de température (le plus souvent elle atteint 45°), et cela dans l'espace de deux à quatre heures, quand ils n'ont reçu ni boissons, ni aliments. — Le cœur, déjà avant la mort, est dans un état semi-paralytique. Après b mort, le cœur droit est distendu par le sang, et on trouve des congestions passives dans les poumons et dans le cerveau.
sr. Norvrvrx éléments de pathologie générale.
Los altérations cadavériques trouvées par Obernier chez ces animaux concordent, au moins en grande partie, avec celles que l'on a reneon'rées chez les individus morts d'insolation. [\ov. l'auteur in Schmidt's Jahrb., CXX1X, p. 292.)
La vie peut se maintenir dans les degrés extrêmes de température que Ton observe dans nos climats tempérés, si Ton prend la précaution de préserver les parties saillantes du corps qui sont le plus exposées à souffrir, dans le froid à cause de leur rayonnement considérable (extrémités, nez, oreilles), et dans la chaleur à cause de leur situation découverte (tête). Dans ces conditions, les limites de température entre lesquelles l'organisme humain peut subsister, sont as-ez étendues, mais la chaleur qui lui convient le mieux est celle de -f- 12° à -f- -- \ Néanmoins il peut supporter une température de -f- M)° (ce qui, même dans les pavs chauds, n'existe qu'au soleil et jamais à Fou bivi ; ou bien de — 40 . ainsi (pie cela parait s'être quelquefois produit en Sibérie quoique le thermomètre y descende rarement au-de>sous de — ôo ou — 40J. I/or^anisme a besoin d'user de moyens auxiliaires pour résister aux degrés extrêmes de température : pour se préserver du froid, on se couvre chaudement le corps, on t'ait des mouvement> et Ton prend une nourriture abondante; dans les -randes chaleur>, on boit beaucoup et on se rafraîchit par Lévaporation cutanée et par le repos.
Les ternp 'rature* qui aw«i>ai"nt ou dépitent ce le du corp< "% nous sont à charge, parce qu»Mnt:-e p:..a e>t h-bi'.uee J s-ntir nue clnleur plus jiande vers r.»U":ieur que vrs 1' xt :Lur. L'hal'itud»* <ep.-n l.tnt •"■\«*rce en- -re ici une ;r.mde [ïi'uciîct: : en ê'.f une t mp.-i Taire le — 2o lejre^ niui< l>î k>: t a„rejble.t tu lis qu'elle •.'."Un pai'.utrait m>,j ■[■ .; ta .<• en :i/.er. Q\v\\ ;e> le^r-s de u.j.vur tu hner,— lui lj Je„re>> nous ini iissu-nneat 'r-s-a.r •. i.'ir.t*::!, al-»: < qu'»-:i ete ils nous forc.vu^nt a iuus cou\ ir chuL-ne./. er. à a - 1< p! •::: ire «lu mû i.
Les températures extrêmes peuvent nuire à la santé de deux façons différentes ; d'abord par leur persi>tuncc\ et ensuite par leurs brusquas viiriaîii. ns.
Tout ce que n ui< connaissons des conséquences résultant de l'action | existante do dcjrés extrêmes de température, *e ha>e sur la >taM<tiquo comparée des mahdies- et d» s morts, dans les sai>ons et dm> les ilinM^s oi se produisent ces températures extrêmes: pour ce qui concerne Us m .its, le résultat le plus puéril est que la mortalité la plus conMb.ru: le s obser\e dans les m»»i< les pus froids, et la moins élevée d tr* ;.»* :v «isle* plu<chau is. Pa-'< les climats tempérés, mars et avril s.::* !•.— r:. ê> qui fournissent b1 p. '.us de d.«. j> : mais un £rauJ nombre «le e^s de nioit sont dus, non pas à do* affections qu
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auraient pris naissance à cette époque et sous l'influence de conditions particulières de température, mais à d'anciennes maladies entraînées vers une terminaison plus rapide par les variations plutôt que par l'élévation absolue delà température.
Le nombre et surtout la nature des maladies développées sous l'influence des conditions diverses de la température, sont plus intéressants à connaître. Les résultats obtenus varient d'après les localités, mais nulle part cependant le maximum n'a été constaté en hiver : la plupart des maladies se déclarent au printemps ou en été, ou bien dans l'une et l'autre de ces deux saisons, — Relativement à la nature des maladies on peut dire avec certitude qu'en hiver et au printemps, les organes respiratoires sont plus souvent atteints, tandis qu'en été et dans les pays chauds, ce sont les organes digestifs et les glandes, notamment le foie. Les affections cérébrales en général et le tétanos paraissent être plus fréquents pendant les chaleurs ; la mort subite et les apoplexies plus communes en hiver et au printemps qu'en été et en automne. — Parmi les maladies épidémiques, le choléra et la dysenterie sont plus fréquents en été ; la scarlatine, la rougeole et la variole en hiver et au printemps; le typhus s'observe furlout en été, en automne et en hiver, plus rarement au printemps; dans nos contrées, la fièvre intermittente ne se déclare pour ainsi dire qu'au printemps et en automne. Néanmoins il serait inexact de croire que les maladies épidémiques et endémiques ne subissent que l'influence de la température de l'air. C'est sur la peste que celle-ci exerce le plus d'action.
L'organisme souffre beaucoup plus des variations brusques de la température que des degrés extrêmes de chaleur longtemps prolongés, même quand ce sont des températures parfaitement tolérables en elles-mêmes et que l'individu a même déjà souvent supportées. Il ie produit dans ces cas ce que Ton appelle un refroidissement; celui-ci exerce une influence d'autant plus funeste sur l'organisme que l'air est plus agité (courant d'air), et surtout quand les téguments atteints sont habituellement couverts ou se trouvent en transpiration.
Le refroidissement est une cause réelle de maladie ; chacun, même le plus incrédule, peut à l'occasion s'en convaincre sur lui-même. Mais il faut reconnaître aussi que le public et le médecin abusent de celte cause et la mettent en avant sans réflexion ; c'est du reste un sujet fort obscur.
Un grand nombre de personnes bien portantes ou maladives s'ex»
NS NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE (iÉNÉ HALE.
posent impunément aux variations cl** température. — Si la température d'une chambre est de — 1?>" et relie de l'extérieur de — 1 T> , nous avons une différence de 30 degrés, et cependant il v a moins de gens qui se refroidi>sent |)endant les hivers rigoureux qu'au printemps et en été, alors que les variations ne sont que de quelque degrés, Ou a coutume, à la vérité, de se prémunir davantage euntre le froid, et les habitants du Nord se vêtent avec beaucoup plus de soin que ceux du Midi et même que ceux des contrées intermédiaire^ Quand on s'expo>e journellement à des variations de température, il n'est pas possible de déterminer si une maladie qui se déclare >e rattache à un refroidissement, quoi qu'il soi t toujours facile d'en supposer un. — Cvs considérations ne doivent cependant pas faire rejeter un semblable phénomène, Ce qui se produit dans certains ea> tend à faire admettre une relation entre le refroidissement et la maladie ; en effet, l'individu éprouve d'abord une sensation de froid désagréable et un frisson général, puis il accuse un sentiment de malaise et enfin la maladie se déclare. — Les choses se passent trop souvent ainsi pour que Ton ne soit pas autorisé à admettre une relation entre la maladie et le refroidissement.
Les maladies qui se développent de cette façon sont principalement les affections dites rhumatismales, c'est-à-dire, les affections des muscles et des articulations, accompagnées de douleurs erratiques; ce sont ensuite les affections catarrhales des muqueuses aussi bien celles dune/, du larynx et des bronches (coryza, toux, enrouement», que de Tintestin et spécialement du côlon ' diarrhée i. 11 est déjà plus douteux qu'il y ait un rapport quelconque entre les refroidissements et les maladies épidémiques ou endémiques gnnes : nous savons du reste que celles-ci peuvent se développer en l'absence de l'action du froid. On ne peut cependant nier qu'en temps d'épidémie un refroidissement ne puisse constituer la cau>e occasionnelle d'une attaque de choléra, et (pu? souvent aussi la lièvre intermittente ne se développe sous l'influence de la même cause, chez un indiudu qui se trouvait expo>é depuis longtemps à l'action du miasme paludéen . Néanmoins, un refroidissement ne donnera le choléra à personne, si ce n'est en temps d'épidémie, pas plus qu'il n'occasionnera la lièvre intermittente chez l'individu qui habite une localité à l'abri de cette affection.
Un autre fait bien établi est le rapport qui existe entre la région de la peau qui a été soumi>e au refroidissement et le> organes atteints. Tout le monde sait que le refroidissement du cou produit la laryngite,
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et celui de la poitrine, le catarrhe bronchique ; on contracte aisément un coryza en passant d'une chambre trop chaude dans un milieu froid et réciproquement ; les troubles de la menstruation se développent surtout sous l'influence du refroidissement des pieds, et les diarrhées après le refroidissement du ventre. Ajoutons cependant que, quelle que soit la région atteinte par le froid chez l'individu qui possède une partie minoris resistentiœ^ c'est celle-ci qui devient malade.
Voilà tout ce que nous connaissons de positif relativement au refroidissement. Les explications que l'on a données des rapports qui existent entre les refroidissements et les maladies qui en proviennent se réduisent à trois théories. D'abord, on peut supposer que sous l'influence du refroidissement, la sécrétion cutanée se supprime, qu'une substance nuisible est ainsi reténue dans l'organisme et que les maladies locales consécutives proviennent du dépôt de cette substance dans les parties atteintes. Les trois principes sur lesquels s'appuie cette théorie, sont de pures fictions : 1° il n'est pas certain que la sécrétion cutanée soit essentiellement modifiée ; 2° personne n'a vu la matière peccante qui est censée rester dans le sang, et 5° nul n'en a constaté la présence dans les parties malades. — La seconde théorie attribue le développement de la maladie à une certaine stase mécanique des humeurs, qui résulterait d'une suppression passagère de la transpiration et réagirait sur le mouvement nutritif. — La troisième rapporte la maladie aux nerfs de la région atteinte par le froid et aux rapports qu'ils ont avec ceux des autres organes. L'activité sécrétoire de la peau se manifeste parla production de matière sébacée et d'eau tenant en solution différents principes ; celle-ci est sécrétée sous forme liquide et prend le nom de sueur, ou bien sous forme gazeuse et s'appelle alors perspiration insensible. Le sébum à cause de son importance purement locale et de sa non-volatilité, peut être négligé ici. La sécrétion aqueuse varie extrêmement d'après le degré de température extérieure et d'après l'activité corporelle. Un courant d'air effleurant une surface humide, doit produire un refroidissement plus marqué qu'en agissant sur une surface sèche ; et son influence sur le tissu cutané et spécialement sur les nerfs doit être plus prononcée dans le premier cas que dans celui-ci. D'un autre côté, l'effet produit sur les extrémités nerveuses et sur le tronc du nerf lui-même est encore essentiellement modifié par les conditions individuelles. On ne doit pas oublier en outre, qu'un refroidissement d'une certaine intensité n'irrite pas seulement le nerf directement
affecté, mais encore d'autres branches ou plexus nerveux, surtout les rameaux sensibles et vaso-moteurs. L'effet duYefroidissement est beaucoup ])lus facile à interpréter ainsi qu'en admettant la rétention des produits de sécrétion. Du reste, les phénomènes consécutifs à l'action du froid ne ressemblent nullement à ceux qui résultent de la suppression réelle de la sécrétion cutanée et qui ont été observés chez les animaux que Ton avait enduits d'une couche de laque ou de vernis après les avoir préalablement tondus ou déplumés.
Les suiles funestes de la suppression artificielle de la perspiralion cutanée, étaient déjà connues de Santorio (thl-l). Iles recherches expérimentales ont été faites sur ce su^et par Foureault (Comptes rendus, 18ô8i, lUn-n s (Fror. Xot. 18U), Becquerel et Breschet {An litres générales, 18ii, VU, p. *>17), (iluge (Ahh. :-. Phys. und Puthol., 1841), Mendie (Gaz. m-rd.,\HU\. dée.ï, Cerlarh (titiller s Archiv, \K>\, p. 407). Valentin (Archiv. f. phys. litilknnde, 18*j8. p. l.Vi), Bernard (Leçons sur les propriétés physiques des liquides de l'orijunisme. 18.VJ, II, p. 177) et récemment par Kdenl.ui/en (Ztseh. /'. rat. Med., CXV1I. p ô*»'.
Les expériences instituées par Kdenhui/en sur différents animaux et a l'aide de différentes substances (mucilage de gomme arabique, huile de lin, vernis à l'huile), avec ou pans tonsure préalable, ont donné les résultats suivants : chez les animaux dont toute la surface du corps avait été enduite de l'une de ces substances, il se produirait bientôt des tremblements violents, une grande agitation et de la dyspnée ; il survenait ensu te dos phénomènes paralvtiqucs ondes convulsions elnniques ou toniques, puis un état d'abattement profond avec diminution rapide de la chaleur animale et de la fréquence de la respiration et du pouls; enfin tous succombaient rapidement, les lapins par exemple après un laps de temps de 5 à l)?> heures. Les mines devenaient habituellement plus abondantes et plus denses, et souvent déjà après quelques heures elles renfermaient une quantité notable d'albumine. — On trouva à l'autopsie, une congestion des muscles, des poumons, du foie et de la rate, en même temps que des épanchements plus ou moins abondants dans les plèvres, lo péritoine, le péricarde et le li.vMi cellulaire sous-cutané, et en outre, des ecchymoses dans la muqueuse stomacale. La peau était congestionnée partout où Tenduit la recouvrait; il existait un développement vaseulaire très-marqué à sa surface interne, lequel était nettement limité et séparait parfaitement les parties enduits des parties restées libres. Dans répanchement séreux du tissu cellulaire sous-cutané, on découvrit de nombreux globules Umph diques, et des cristaux de phosphate tribasique ; ces derniers furent aussi trouvés dans le péritoine de la plupart des animaux soumis à l'expérience et existaient déjà quand ou faisait 1 aulop>ie immédiatement après la mort, tandis que chez des animaux sains on ne put en rencontrer aucun, même 48 heures après leur trépas.