Vêtements et coucher
On doit se baser sur les principes suivants, pour apprécier l'influence, utile ou funeste à la santé, qu'exercent les vêtements dont se couvrent les peuples civilisés et surtout ceux du Nord.
Le corps humain peut être considéré comme un objet chaud et humide, exposé à l'air et qui perd son calorique par trois voies différentes: par rayonnement, par conductibilité et par évaporation. En recouvrant la peau de vêtements, nous entravons le rayonnement direct et le renouvellement de Pair à la surface du corps ; nous opérons ainsi unn diminution dans la perte de calorique par les trois voies. Le calorique qui s'irradie de la peau est absorbé d'abord par les habits et ne rayonne de ceux-ci qu'après avoir séjourné longtemps dans le voisinage du corps et échauffé l'air qui entoure celui-ci, sans
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cependant en empêcher complètement le renouvellement. « Nos vêtements se refroidissent à notre place. ».
Le degré de conductibilité des vêtements pour le calorique est très-important à considérer ; nous nous vêtons généralement de mauvais conducteurs. Cette propriété est cependant modifiée par l'hygrométrie des étoffes ; le calorique traverse plus facilement les habits mouillés ou humides, et nous nous refroidissons alors parce que la couche d'air qui recouvre la surface de notre corps perd trop de chaleur. Le degré de conductibilité des étoffes pour le calorique est beaucoup plus important à considérer que la perméabilité à l'air : ainsi la toile mouillée dont tous les pores sont bouchés par l'eau devient im perméable et n'est cependant pas propre à conserver la chaleur du corps.
Les habits que nous portons ne doivent modérer l'afflux de l'air à la surface du corps que de façon à ce que nous ne percevions plus l'agitation de l'atmosphère, c'est-à-dire jusqu'au calme ; nous sommes alors dans le même état que si nous nous reposions nus à l'air libre, calme et d'une température de 24° à 30° C. Le calorique rayonnant de la surface du corps échauffe l'air qui se renouvelle constamment a travers les mailles et les pores des étoffes et nous n'éprouvons aucune impression de cette déperdition continuelle de chaleur par nos habits. En conséquence, les vêtements ont pour résultat de déplacer l'endroit où s'établit l'équilibre entre la température du corps et celle du milieu ambiant, au lieu de se produire à la surface sensible de notre peau, cet équilibre s'effectue dans l'épaisseur d'un morceau d'étoffe inerte.
Dans certains cas, les vêtements peuvent aussi avoir pour but de protéger le corps contre la chaleur rayonnante, ainsi les coiffures en été. Leur mode d'action en dernière analyse est semblable dans l'une et l'autre circonstance.
Le poids des vêtements doit être pris aussi en considération : les objets pesants et en même temps mauvais conducteurs entretiennent la chaleur en vertu de cette dernière propriété et échauffent en outre, par l'effort nécessaire pour les porter. — Les mêmes considérations s'appliquent à la manière dont on se couvre pendant le sommeil : il faut éviter d'augmenter inutilement la transpiration et d'entraver les mouvements respiratoires par l'épaisseur exagérée des couvertures.
Une étoffe favorise d'autant plus le séjour de la sueur à la surface du corps qu'elle est moins propre à absorber l'humidité : les tissus
complètement imperméables, tels que la toile cirée et le caoutchouc (galoches) déterminent même la condensation de la perspiration insensible ; il se produit alors une couche de liquide à la surface de la peau, quoique celle-ci soit protégée contre l'humidité extérieure. — La toile absorbe facilement l'humidité, mais l'abandonne tout aussi aisément avec déperdition simultanée de calorique. Le coton et la laine, étant plus hygrométriques, ne laissent pas aussi facilement exhaler la transpiration et préservent par conséquent davantage contre les refroidissements, surtout en été.
En Italie, tout le monde porte des chemises en colon, du moins sur la peau ; les coalises en toile se nomment à Naplesdes suaires.
Les habits peuvent devenir gênants et même nuisibles par la pression qu'ils exercent sur les organes sous-jacents. Chez la femme, on trouve souvent des étranglements transversaux du foie, accompagnés d'épaississement de la capsule et d'atrophie du tissu hépatique, et qui résultent de l'usage des corsages serrés et des corsets : une conslriction exagérée de la taille produit en outre une activité excès sive des parties supérieures du thorax dans la respiration. — Les chaussures occasionnent également des affections diverses des parties molles et des os.
Voy. Pettenkofer (Zt&chr. f. Biolorj., 18Gr>, I, p. 180), qui le premier a accordé à toutes ces questions l'attention qu'elles méritent.
Pour ce qui concerne le coucher, il est assez indifférent que Ton use d'édredons ou de couvertures de laine pendant le sommeil, pourvu que leur poids et leur épaisseur n'exercent aucune influence nuisible.
On doit recommander aux jeunes gens surtout de se couvrir légèrement, car les couvertures trop cliaudes excitent les désirs vénériens et portent à l'onanisme.