Aliments et boissons
Nous avons à considérer, parmi les ingesta, les substances destinées à l'alimentation proprement dite, et celles qui sont prises dans un but de jouissance, abstraction faite des médicaments et des poisons, dont l'étude appartient à la pharmacologie et à la toxicologie.
Les substances dont la composition est semblable à celle de nos tissus, ou qui du moins renferment les principes dont ceux-ci ont besoin pour subsister, sont les seules qui puissent servir à l'alimentation; ainsi celles qui contiennent de l'azote, du carbone, de l'hydro-
gène, de l'oxygène, du soufre, du phosphore, du fer, du calcium, du potassium, du sodium, etc. On sait en outre que l'organisme animal ne peut, à l'aide des éléments primitifs, former les principes nutritifs qui lui sont nécessaires, tels que les substances albuminoïdes, la graisse et le sucre, mais qu'il doit les recevoir tout constitués ; il peut à !a vérité, produire de la graisse et du sucre, mais seulement aux dépens de combinaisons plus complexes.
Une nourriture trop abondante est préjudiciable à la santé aussi bien que l'insuffisance d'aliments ; ceux-ci peuvent également nuire à l'organisme par leur forme, leur volume, leur température, leur qualité, etc. Une alimentation uniforme, celle par exemple qui se compose exclusivement de matières végétales ou animales, l'irrégularité dans les heures des repas, nous sont également nuisibles.
Pour ce qui concerne l'abstinence absolue et la soustraction de principes nutritifs importants, voir plus bas (anémie par inanition).
Pour la description des affections qui résultent de l'ingestion des aliments et des boissons sous une forme impropre et en quantité anormale, nous devons renvoyer aux ouvrages de pathologie spéciale, car ce sont surtout des lésions locales des organes digestifs qui se produisent alors.
La température des aliments et des boissons ne peut être considérée comme cause de maladie que dans les cas où il se produit un refroidissement de l'estomac, ou bien lorsque des conséquences funestes peuvent résulter de l'ingestion de boissons froides.
L'influence exercée sur l'homme par la qualité des aliments doit être étudiée au chapitre des affections des organes digestifs. — Les conséquences générales d'une alimentation viciée ressemblent à celles de l'alimentation insuffisante.
L'eau potable n'est jamais pure ; elle renferme de l'air (de 7*o à Vio de son volume; l'oxygène n'est pas nécessaire); de l'acide carbonique (auquel l'eau de source doit surtout son goût agréable) ; du sulfate et du carbonate de chaux qui fournissent une grande partie de la chaux nécessaire à l'ossification ; de la magnésie, de l'alumine, du chlorure de sodium. Quand ces principes s'élèvent au-dessus de la proportion de 0, 4 °/0, l'eau est dite minérale. — Les impuretés de l'eau potable sont surtout les nitrates, spécialement le nitrate d'ammoniaque, et des matières organiques de nature animale ou végétale. Ces matières proviennent en grande partie des rivières, des égouts, etc., dont le contenu s'infiltre dans les puits. Toute ces impuretés occasionnent
tantôt des affections simples de l'estomac et des intestins, tantôt de> maladies générales spécifiques, telles que le typhus et le choléra.
IludlkoftT l'/lscli. f. }Unl.% 180."). I, p. w2'n a éluiiié très-soigneusement les substances organiques de l'eau do source de Munich.
Il ne faut pas confondre avec les aliments un certain nombre de substances usitées comme moyen de jouissance et dont l'usage n'est pas nécessaire à la nutrition : elles ne se transforment pas, en la substance du corps, mais cependant elles doivent répondre à un besoin intime de la nature humaine, car leur usage est très-répandu; tels sont les spiritueux, le café, le thé, le bétel, le tabac, le coca, etc. Les peuples les plus simples et les plus grossiers ont une substance qu'ils affectionnent, qui excite et étourdit leur système nerveux et ralentit quelque peu le mouvement nutritif, mais qui détermine aussi parfois des maladies graves du système nerveux ou d'autres organes. Nous n'avons pas «à en parler davantage ici.