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Occupations et professions

Il est difficile d'apprécier la valeur exacte des causes inorbifiques qui résultent des occupations, car l'aisance que peut procurer la profession exerce une trop grande influence, et d'un autre coté certaines professions ne sont pas accessibles aux sujets affaiblis.

Au point de vue des occupations, nous avons à examiner les points suivants : empoisonnement du aux poussières et aux fumées par voie mécanique (aiguiseurs, tailleurs de pierre, horlogers, meuniers) ou par voie chimique (poussières métalliques, vénéneuses chez les mineurs, poussière de plomb chez les fondeurs de caractères, les peintres, les ouvriers du jjazi (v. p. 91 et s.) ; les mouvements corporels exagérés, insu disants ou unilatéraux, qui agissent sur les muscles et les os, sur les mouvements respiratoires et circulatoires; la persistance de certaines attitudes, comme la station chez les typographes, occasionnent des vaiiees; la flexion de la poitrine qui s'oppose à l'expansion pulmonaire chez les cordonniers, les tailleurs et les tisserand>; il se produit, dans ces cas, des stases sanguines au sommet des poumons, des dépôts tuberculeux, parfois aussi de l'emphysème. Citons encore la we sédentaire et 1 exposition à toutes les intempéries de l'air, ou même les alternatives de l'un et l'autre de ces deux genres de vie; les efforts musculaires exagérés, déterminant quelquefois l'atrophie des muscles; euliii la tension excessive des organes

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tboraciques, qui se produit chez les trompettes, les crieurs, les prêtres, les professeurs et conduisent à l'inflammation du pharynx et du larynx ou bien à l'emphysème pulmonaire, etc. Il est un grand nombre d'autres influences accidentelles qui doivent être mentionnées ici et qui sont particulières à la profession du sujet ; ainsi les hôteliers, les brasseurs, les marchands de vin, les pêcheurs, les rouliers, les voyageurs de commerce et surtout les soldats subissent Faction de causes morbifiques spéciales.

La mortalité dans les différentes armées européennes s'élève ordinairement ea temps de paix a 1,5 ou 2 p. 100, tandis que dans la population civile mâle du même âge, elle n'atteint que 0,8 à i ,2 p. 100.

Les professions libérales se montrent en somme favorables à la santé, notamment quand il s'y joint une certaine aisance : ainsi les religieux, les professeurs, les négociants, les avocats parviennent à un âge très-avancé. Il en est cependant quelques-unes qui épuisent plus rapidement à cause des excitations passionnelles qu'elles déterminent et de l'irrégularité de la vie qu'elles nécessitent ; tel est le cas chez les hommes d'État, les artistes, les comédiens. D'autre part, on remarque que les philosophes et les mathématiciens deviennent en moyenne très-vieux, quoiqu'il leur manque souvent une alimentation convenable. Il est démontré aussi par les relevés statistiques que les professeurs et les médecins meurent à un âge moins avancé que les individus qui appartiennent aux autres professions libérales.

Les personnes les mieux partagées sont celles dont la profession exige à la fois la vie au grand air et quelque activité musculaire ; tels sont les laboureurs, les officiers en temps de paix, les rouliers, les gardes forestiers, etc.

Nous connaissons beaucoup mieux tout ce qui concerne la mortalité dans les différentes classes de la société que ce qui se rapporte aux prédispositions morbides. (Casper, Wahrseheinliche Lebensdatur, 1855 ; Lombard, de V Influence des profeutons eur la durée de la vie, 1835 ; Neufville, Lebensdauer und Todesursachen etc., 1855.)

On a accusé la civilisation d'augmenter le nombre des maladies et la disposition à devenir malade. Cependant la mortalité n'a pas augmenté en raison des progrès de la civilisation, ni surtout de l'accroissement du nombre des médecins.

D'après les calculs d'Odier et de Mallet, la durée probable de la vie chez les nouveaunés était a Genève : au seiiième siècle, de 5 ans ; au dix-septième siècle, de 12 ans; de 1701 a 1760, de 27 ans; de 1761 à 1801, de 32 ans ; de 1800 à 1815, de 41 ans; et de 1815 à 1826, de 45 ans. A l'âge de 20 ans, la durée probable de la vie était de

22 ans au seizième siècle, et elle est do 40 ans actuellement ; à Uà^e de 50 ans, elle était de 1 0 ans au dix-septième siècle, tandis qu'elle est aujourd hui de ~>2 . Ce n'est qu'à partir de 00 ans que la durée probable de la vie commence à devenir semblable dans ces dilïérents siècles : il parait qu'à Londres, elle s'est élevée dans l'espace d'un siècle, pour les nouveau-nés, de 0 à 20 ans, et à Berlin de 25 à 28 ans. A Berlin, l'avantage signalé pour les temps modernes se maintient jusqu'à l'âge le plus avancé. Les moyenne* fc.voraoles ipie l'on obtient pour ce siècle-ci sont la conséquence des soins pin* inleïl'.jîenU que l'on donne aux nouveau-nés et de la généralisation de la vaccine. Les portes résultant delà pierre, et qui portent sur la partie la [dus forte de la population, ne sont que de peu d'importance, car les femmes arrivent aussi à un à.e plus avancé dans le siècle actuel.

Les données précédentes, indiquant un accroissement si notable de la durée moyenue de la vie, seraient, d'après certains autours, le résultat d'une erreur de cal "d provenant de ce que l'on s'en est tenu à quelques grandes villes. Si la mortalité générale a diminué légèrement depuis cent ans, on Suède, en France, etc., et si la durée moyenne de la vie s'est élevée de 2 à 7, ce n'est que la conséquence «le la diminution du chiffre de> naissances et de la mortalité des enfants. La durée de la vie n'a ^uère subi de modifications en iYnw depuis lNlO, et en Angleterre depui* cent ans; si elle a aiumenU réellement, il n'est cependant j-as probable que la vitalité et li vigueur de la population se soient accrues dans la même proportion. — Ouoi qu'il en soit, il e>t certain que, pmir les enfants, le chiffre de la mortalité a baissé.

Los personnes aisées vivent sans contredit plus longtemps que les pauvres.

A Berlin, d'aprîs Ca<per. sur i.OoO pauvres, il en est mort un tiers à b ans, tandis que >ur I.OOO liches. le tiers n'a pas encore succombé à 40 ans. La moitié des pauwes attemt no ans et la moitié des rie lies *>0 ans.

Les pairs d' Viulcterre sont fa\ori>és d'une un on toute sp.'cialeau point de vue de la laîi^evite: la gentry wt plus longtemps que le> marc! ands et ceux-ci plus longtemps q't" les ouvrier*. !.♦•> laboureurs sont pn\ile.i'* relèvement au\ ouvriers de t'a'-rijue. L'influence U\orable que le bien-être eveue sur la con>enati«»n de la vie se mamf >te surtout cl.e/ l'entant et le vieillaid. — Il ne fuit pas oublier que les résultats «• !i'rau\ de l.i statistique n'evluent pis la possr îlité pour certains individus »ic s (.lasses le>p'.:i> basses d'.itteindre un à^e evcept.viiîieiiement avancé.

Ou vi mit. ha' it^llunent à l'iiou.uie adulte pauue o à 10 ans de [lus que son àre r-.el.

La statistique enfin a démontré que le mariage, abstraction faite des unions | îecoees ou tardives, exerce une intluence des plus favorables sur la durée de la %ie : ce résultat doit être attribué à la vie rej.ee que l'on mène dans l'état de mariage et aux >"ins (dus attentifs d Mit on est ent-uie pendant les maladies. Ce qui précède Rapplique à l'un et l'autre stxe, mais spécialement à l'honm e. Il existe une dif ereiKe assez uatable dans la duue probable de la \ie des cens in.'iies compin.0 à celle des célibataires et surtout d^s veufs.

^d !i.;*.cacr.'i.M.;v»:r. i..:irv.^ niir..* a 1.» l erv-xî^c i; vivre fî0 ans, tandis

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teint 70 ans, tandis que la vingtième partie seulement des célibataires y parvient. Mais il faut remarquer qu'un grand nombre d'hommes meurent entre 20 et 30 ans, et qu'il en est peu qui se marient avant 30 ans ; la mortalité par conséquent chex ceux-ci, du moins entre 20 et 30 ans, doit être relativement faible. Les deux tiers on les trois quarts des maladies mentales et des suicides s'observent chez les célibataires. — Deparcieux, Odier et d'autres sont arrivés à des résultats semblables.

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