Parasites
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Les parasites sont des organismes végétaux ou animaux qui passent une partie ou la totalité de leur vie sur ou dans d'autres organismes vivants, y puisent leur nourriture et s'y développent.
On appelle pseudo-parasites ceux qui ne s'observent chez l'homme qu'accidentellement et parce qu'ils y trouvent de l'humidité, de la chaleur et des substances organiques en décomposition ; tels sont certains champignons et infusoires ; ou bien ceux qui ne se déposent sur l'homme que pour y prendre leur nourriture : ainsi les tiques, les puces et les poux de corps.
Il est un certain nombre de parasites desquels on ne sait pas d'une manière certaine s'ils sont vrais ou faux. ,
À. — Pafasiteê végétaux. — Phytoparûsiies.
Les parasites végétaux que l'on observe chez l'homme appartiennent à la classe des cryptogames et spécialement à la famille des champignons. 11 est reconnu aujourd'hui qu'un grand nombre de parasites, classés autrefois parmi les algues, sont en réalité des cham-
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pignons à leur premier degré de développement. La sarcine seule est peut-être une algue véritable.
On désigne sous le nom de cryptogames des végétaux qui, sans floraison ni fructification apparentes préalables, se reproduisent par le moyen de cellules simples ou composées nommées spores ; celles-ci donnent naissance à un nouvel individu, soit immédiatement, soit en passant par une forme intermédiaire. A l'opposé des plantes vasculaires et des cryptogames foliacés, les végétaux qui nous intéressent ici sont simplement cellulaires {thallophytes) ; le tballus y tient lieu de racine, de tige et de feuille. C'est ta la famille des champignons qu'appartiennent les thallophytes : leurs cellules sont dépourvues de chlorophylle et ils ne peuvent se nourrir que d'une substance préalablement organisée ; ils sont impropres, par conséquent, à opérer la synthèse de leurs principes organiques à l'aide des éléments dont ceux-ci sont formés; enfin ils absorbent de l'owncnc et exhalent de l'acide carbonique. Ce mode de nutrition distingue les parasites proprement dits, qui ne se nourrissent que de sucs puisés dans un organisme vivant, des saprophytes, qui vivent sur les substances organiques en décomposition.
La substance végétative des champignons y c'est-à-dire le thallns, se compose, sauf dans quelques cas douteux, d'éléments en forme de libres plus ou moins ramifiées, auxquels on a donné le nom de filaments ou hyphé. Le tballus est formé de deux parties principales : la partie qui végète et absorbe les principes nutritifs, mycélium ou rhizopoduim, et celle qui porte les organes de la reproduction, réceptacle (stipites, pedunculi).
Le nncélium ne possède aucune particularité distinctive qui permette de le rapporter, quand il est stérile, à une espèce de champignon déterminée : c'est le cas surtout pour les champignons parasites. Les réceptacles qui naissent du mycélium produisent et supportent les organes de la reproduction. Ceux-ci se composent de cellules destinées à devenir de nouveaux individus (spores, conidies), et de cellules mères donnant naissance aux premières (sporanges, basidies, asci, etc.). Les réceptacles constituent des filaments simples ou complexes, formés d'éléments divers (spicutes, pediculi).
1 es conditions les plus favorables à la prolifération des champignons sont les suivantes : une température modérée (de 0° à i0° C ), de l'humidité, un peu d'oxygène, un air rarement renouvelé et une substance organique ; la lumière est inutile. Il est certains champignons qui ne se multiplient que dans des liquides particuliers.
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La reproduction des champignons ne se fait jamais par génération spontanée, mais par génération sexuelle ou asexuelle : celle-ci seulement nous présente de l'intérêt. Les spores se développent de trois façons différentes : i° par formation cellulaire libre, dans des cellules mères appelées asci, thèques, tubes sporifères; 2° par bourgeonnement, et la cellule mère s'appelle alors baside; 3° par segmentation ou gemmation de cellules mères, nommées sporanges. — Les spores, arrivées à maturité, sont mobiles (zoospores) ou stables. Les spores mobiles ne se rencontrent que sur quelques champignons; elles constituent des corpuscules protoplasmatiques dépourvus de membrane cellulosiuue manifeste et donnant le plus souvent naissance, à leur surface, à deux cils vibratiles. Toutes les autres spores sont privées de mouvement spontané ; à l'époque de la maturité ou même plus tôt, elles possèdent une membrane vésiculaire solide, formée d'un feuillet externe (episporium) et d'un feuillet interne (endosporium).
La membrane des spores se distingue le plus souvent par une grande force de résistance contre la décomposition et les réactifs puissants, surtout contre les acides minéraux concentrés. Le contenu des spores consiste en une masse protoplasmatiquc homogène, ou bien renfermant un nombre variable de granulations ou de gouttelettes de graisse; il est ordinairement dépourvu de noyau. A l'état frais, il est très-riche en parties aqueuses; quand il est desséché, il attire avidement l'humidité du milieu ambiant.
C'est par l'intermédiaire des spores que s'effectue la grande dispersion des champignons. En raison de leur petitesse et de leur légèreté, elles sont transportées partout avec les liquides et même avec l'air En examinant la poussière atmosphérique, les sécrétions et les excrétions animales, en filtrant l'air, ainsi que l'ont fait M. Pasteur et d'autres, on est arrivé à démontrer qu'il existe partout des spores de champignons susceptibles de développement.
La masse et la qualité des éléments nutritifs et du milieu emironnant exercent une grande influence sur la forme et le mode de fructification des champignons : le mycélium se développera puissamment dans tel milieu, tandis que dans tel autre, il se réduira à de très-minces filaments; dans telle substance nutritive, le champignon produit des spores très-volumineuses, dans une autre, des amas de petites spores, et dans une autre encore Les éléments de la levure : c'est ce qui constitue le pléomorphisme de Tulasne, d'après lequel la même plante peut, quant à ses organes de végétation et de reproduction, se présenter sous deux ou plusieurs formes.
L'éUt de l'atmosphère et l'humidité du sol exercent aussi une influence marquée sur la prolifération de* champignons .
Les champignons qui doivent nous intéresser ici appartiennent aux deux groupes suivants :
UWJt CT WAG5ER, PATS. CÉK. 8
Il» MU:\TAl\ Kl. i:\lLMS HK PATIlObOCll, GKNKIUI.K.
lri groupe. (louiomycètes ou yijmnomycètes. Ces champignons m» composent île spores à cellules simples ou multiples, isolées, groupées ou lâchement reliées entre elles; par la germination, elles pio- (luisent, un mycélium lilamcnteux, qui donne naissance aux spores- p.n scgmcnTalinn. La même plante peut quelquefois produire deux espèces différentes Je spores, et, dans certains cas, dv*gnnidies ou spore* secondaires. C'est à ce groupe qu'appartiennent les parasites du charhon et de la nielle des blés, probablement aussi les divers champignons de la fermentation.
ir groupe. Hyplwmycètes. Le mycélium se compose de cellule* allongées, tubuleuses, disposées en séries linéaires, et constituant de> filaments ramitiés de forme régulière, élégante. Les spores prennent naissance dans l'intérieur ou à l'extrémité des rameaux filamenteux, et s'en détachent à l'époque de la maturité. Nous citerons ici le champignon de la muscardine des vers à soie (liotrytis bassiana), ceux de la malaiie des pommes de terre (Fusisporium solimii et de la maladie de la vigne [Oidimn Tuckeri), et enfin celui de la moisissure.
Il est un certain nombre d'organismes sur la nature (lesquels ou n'est pas encore ihé ; ce sont des masses gélatineuses, renfermant de petites ^ïamilations, souvent mobiles, qui se multiplient d'une façon extraordinaire par division, et déterminent un accroissement rapide de la matière intermédiaire : on les a appelées Pulnulhi ou Zoofjlot'a. Ces masses, qui se rencontrent spécialement dans les infusions m M'ic de putréfaction, sont con>idér«'e* par quelques .tuteurs connue appartenant à la première période d'existence des bartrrirs. Les granulations se transforment très-visiblement en corpuscules ai tondis ou allongés qui, immobiles d'abord, si; meuvent en suite en zij/a- ou en dioile limite à travers le liquide. Telles sont la Monas protligiosa Ehr., qui produit les prétendue» tarln-s «le soi -. qui >e développent parfois stii les bosties, le pain, les pommes de terre, «te: les m -sses u't'lalineuses qu'on rencontre dans les s< lies et le canal intestinal des individu" atteints de cbolera et d'autres catarrhes île la muqueuse diuestive \Klob, 77io//ie>, et les productions que Sjlisburv considère connue « tant la cause de la lièvre iutermilleule.
On est loin d'être d'.ucord sur la nature des psorospsn.iit's que l'on a trouvées particulièrement dans le toie et la muqueuse intestinale des lapins, plus rarement che/ les autres animaux, et très-rarement chez l'homme diublor, C,<i:,fte nuilic. I S T> s , p. (»*>". iMossler. cite pir I.emkart, 1. p. 7*0. — Kjcllbei'i;). Kib-s ne coiisiiiuen! sans doute que le premier dejré de développa nient d'un parasite animal, ipie nnu* ne connaissons pas eiuoie à l'état p «liait \>tie.|a, \ir<h. .in//.. WML p. i ,">''.
C'est ji | \i> \\,\\ (J(> mentionner aussi les vibrions, les barb rir.< et les huituuI^s. On a .lonné ce nom à des corps ovales ou allonges, obscurément arli< ulés et pourvu* à leur evlrémil' d'un p< tit renflement s,, min,', qui se meuvent ti. s-r,q.ideu;ent et selon toute appareil» e spontanément, dans la dir« cli-ui de ieui a\c huu'itudm.il. »t en > rpentant continuelleuit :it. ll< v,% multipl eut ti ès-r.q i Lu,, m par division, et les aiidts forts L-ur enlèvi nt iinmediatemen'. hui- propriété* m frii'S.
fer.aiiis auteurs donneu; à ces u»rp< le nom .cnérique e.e nm/uulcs. IN distinguent alor> les batteries [lUutcrium termu;, tilumeut* rigides avec mouvement v t-
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braloire; les vibrions (Vibrio lineola) constitués par des corpuscules flexibles avec mouvement ondulatoire, et enfin les àpirilles, formées de corpuscules spiroïdes doués de mouvements en spirale.
D'autres auteurs considèrent les bactéries en général, ou du moins quelques-unes d'entre elles, comme étant des spores crjptogamiques d'une espèce inconnue (voy. plus loin le satig-de-rate).
11 importe encore de mentionner ici les amibes (végétaux), petites masses protophsmatiques, qui jouissent de la propriété de changer de forme et de se mouvoir. Telles sont les espèces Noctiluca, Arcella, Difflugia, que l'on a quelquefois rencontrées dans la muqueuse intestinale enflammée. — Leur signification pathologique n'est pas connue. '
La sarcinc doit aussi probablement être rapprochée de toutes ces productions.
( Comme il n'est pas encore possible d'établir une classification botanique des végétaux parasites, nous adopterons une division moitié botanique, moitié pratique.)