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Champignons des moisissures

Les champignons des moisissures que l'on rencontre dans l'organisme de l'homme ne se produisent guère que sur les parties mortes ou malades des surfaces extérieures ou intérieures du corps : il est probable cependant que la plupart des cryptogames qui déterminent les différentes affections parasitaires végétales de la peau et des muqueuses ne sont que des formes modifiées des champignons des moisissures. H est aussi à présumer que certaines affections contagieuses ou miasmatiques reconnaissent pour cause la présence de cryptogames, et, entre autres, des champignons en question, ce qui donnerait à ces végétaux une importance considérable.

Nous allons d'abord étudier les propriétés les plus marquantes des cVampignons ; nous passerons ensuite aux affections locales qu'ils déterminent.

Pénicillium glaucum s. cruslaceum. Ce champignon constitue la plus grande partie des moisissures ordinaires qui s'observent sur les matières végétales en décomposition (pain, fruits) et plus rarement sur les matières animales.

Aspergillus glaucus. Très-répandu, particulièrement sur le vieux bois, où on le rencontre sous forme (refflorescences ressemblant à des toiles d'araignées. H est constitué par un mycélium épais, irrégulièrement ramifié, incolore et formé de filaments minces : ceux-ci sont tantôt déliés, simples, non articulés, tantôt plus larges, à doubles contours et articulés, et leur cavité est remplie de noyaux primitivement mobiles. Les pédicules, généralement inarticulés et presque perpendiculaires au mycélium, s'élargissent à leur extrémité libre et

se tcrmiiicnl eu tubes milles qui portent de nombreuses petites spores verdàtres.

C'e&t le cryptogame qui donne, naissance aux alïcctions connues sous le nom de mycoses, lesquelles se distinguent tTaprès leur siège sur la peau, dans les poumons, etc., en dermutomijcosis, pneumomijcosis asperyUlina, etc. (les champignons ne se développent que chez des individus atteints de maladies gangreneuses ou autres de la peau, des ongles et du conduit auditif externe, spécialement sur les ulcères; ou bien sur les muqueuses et dans les parenchymes correspondants (poumons : expectoration).

(Juand ces cryptogames se trouvent sur des surfaces libres et qu'ils sont arrivés à un certain degré de développement, ils rappellent les moisissures par leur aspect. Tantôt, en ellel, ce sont des plaques isolées et bien délimitées, tantôt un enduit irrégulicr, diffus, de couleur vert grisâtre sale. — Aux ongles, la moisissure ne se produit guère qu'après une exfoliatiou préalable ; il survient alors de Hypertrophie et Ton voit transparaître une coloration blanc jaunâtre, soit dans toute rétendue de l'ongle, soit à sa partie antérieure ou latérale.

Comparez l'ancienne classilicalion de lleusin^er (lier. d. Wiirzburfj. Znol. Ansi IN2W, avec celle do Yirchow pins récente (Arclt.. IX. p. "m"ï. bepuis la publication de cotte dernière, il a paru encore unjnand nombre d'observations isolées de mycoses : c'est surtout dans les voies respiratoires saines on malad* s, et dans les cellules osmoses aériennes des oiseaux que Ton a rencontré des formations crypto^aïuiques. Le développement en est parfois si excessif sur la muqueuse !»ronelii»pie, qu'elles interceptent rentrée de l'air dans les poumons (Clu^e et autres).

Salisbury (Sclnn. Jh.. CXXI, p. 10) a vu nue éruption niorbilliforme se développer chez les bat eurs en ^raiiue ot dans les champs, sous l'influence dos spores eryptoiramiques existant dans la paille pourrie.

On doit probablement rapprocher des affections parasitaires, le pied de Mfulura (llirseh) ou )lij<vtomii (Carter), «boit nous ne connaissons pas bien le crvp'ojame. Cette affection, endémique dans certains districts des Indes orientales et qui siéijo de préférence au pied, produit une difformité considérable r[ des douleurs sourdes dans la partie malade. Aprè> une durer d<- plusieurs années, on voit apparaître des nodosité- u'rruqueusrs qui s'ou\rent et donnent issue à une matière sanieuse. jaunâtre, fétide, renfermant un i:rand nombre de petits grumeaux noirâtres, lesquels contiennent entre autres substances, des filaments et des spores de champignons. Los ulcères qui se forment ainsi perforent foules les parties molles jusqu'à Los. Celle maladie se termine ordinairement par l'épuisement et la mort (comparez les descriptions de Gill «-1 autres; de Carter, do Bidie et la classification do Ilirsch dans liVc/i. Arch., XXVII, p. 98.)

B';iprès les obsonations publiées par Wali! et Virchow (Arrh., \\I, p. 57ÎM, et par Kecklinghausen (ibid., XXX, p. ôGti), il est probable que !« s cryptogames peuvent se rencontrer sur les muqueuses à épithélium simple et dans les conduits glandulaires, où ils déterminent parfois de l'inflammation et de la gangrène.

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On a observé aussi des affections des organes digestifs à la suite de l'ingestion de pain ou de saucisson moisi.

Leptothrix buecalis Remak. Ce cryptogame se compose de filaments longs, très-minces (0,0004'"), simples, cloisonnés et très-fragiles. Ou le trouve constamment dans les matières en décomposition de la bouche de l'homme (sur la pointe des papilles linguales, dans l'enduit des dents, le tartre) ; on le rencontre en grande quantité chez les malades dont la langue se recouvre d'un enduit brun (typhus), dans le canal intestinal et dans les fèces. Il est très-fréquent de l'observer dans le vagin. — Il n'a aucune signification pathologique, à moins qu'il ne soit la cause de la carie dentaire.

Le leptothrix, que Ton confond souvent avec les vibrions et les bactéries, n'est probablement qu'une forme particulière de plusieurs espèces de champignons inférieurs.

L. May er (MoncUsschrift f. Geburtsk., XX, p. 2) et Frankenhauser, ont trouvé un cryptogame dans les sécrétions normales et morbides du vagin et de la vulve, ainsi qu'un autre, analogue et formé de filaments plus larges. D'après Winckel (Berl. klin. Wochenschr., 1366, n' 23), il arriverait plus souvent qu'on ne l'a admis jusqu'aujourd'hui que les champignons ne produisent d 'autres troubles chez la femme enceinte que de l'hypcreraie et de Thypercrinie; il est probable aussi qu'ils disparaissent spontanément pendant les couches.

Plus récemment, L. Mayer (/oc. cit.) a découvert sur la face interne des grandes lèvres, sur les nymphes, le clitoris et les caroncules myrtiformes, dans le vagin et sur le col de la matrice, un champignon analogue au Leptomitus uteri et muci utetint. Il constitue de petites plaques qui peuvent présenter le volume d'une tète d'épingle» blanches ou jaunâtres, lâchement appliquées sur la muqueuse et de forme arrondie ou irrégulière; elles peuvent atteindre un diamètre de 2" à 3'" et ressemblent parfaitement aux plaques de muguet. Parfois elles recouvrent de larges surfaces, et il est rare qu'elles adhèrent à la muqueuse comme les fausses membranes diphthéritiques et qu'elles laissent.» après qu'on les a enlevées, des exulcérations superficielles.

Leber et Rottenstein [V nier s. ûb. d. Caries derZâhne, 1867), ainsi que d'autres observateurs, ont observé la carie sur des dents artificielles, et l'attribuent à la prolifération du Leptothrix buecalis. On trouve, dans l'intérieur des canalicules dentaires, des noyaux crypto ma tiques qui les élargissent de plus eu plus ; et finalement il se produit des conduits entièrement remplis de champignons qui déterminent la décomposition complète de la substance dentaire. Au commencement de la carie, les spores qui prennent naissance dans la bouche, sous l'influence de la fermentation, attaquent 1 email et l'ivoire de la dent, les ramollissent et les préparent ainsi à la pénétration du champignon.

L'existence des champignons suivants, que l'on n'a trouvés que rarement, est fort douteuse : Leptomitus urophilus Rayer, L. Hannoveri, L. epidermidis Gubler; L uteri Leber t; L. muci uterini Wilkinson ; L. oculi, Oscillaria intestini Farre.

Diplosporium fuscum (ilallier). Ce cryptogame se rencontre sur les fausses membranes de la gorge. Il se compose de filaments très-ténus, articulés et à ramifications écartées. Les branches sont longues, assez régulièrement alternantes et portent des ramifications latérales perpendiculaires. Celles-ci restent rarement stériles;

ilS NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉ:<>ÉRALE.

i! se produit à leur extrémité un petit renflement vésiculeux qui grossit et se dé tache de son support sous forme de spore ovale, à doubles contours. A l'époque do la maturité, les spores prennent uno teinte d'un brun vif.

Cryptococcus cerevisiœ (Kûtzing); Torula cerevisiœ ; Cryplococcus fermentum ; Champignon de la levure. Ce cryptogame se compose de cellules rondes ou ovales, incolores, de 0,004 à 0,002", de diamètre et renfermant un ou rarement deux corpuscules nucléaires, clairs et d'apparence graisseuse. Ces cellules en engendrent de nouvelles [:ar bourgeonnement, et celles-ci se multiplient de la même manière ou par segmentation, de sorte qu'il se produit des séries de cellules adhérentes les unes aux autres, mais non disposées en filaments. — Il se développe dans l'urine sucrée et dans le contenu du canal intestinal tout entier depuis la bouche jusqu'à l'anus (enduit de la langue, vomissements, selles diarrhéiques). Sa signification pathologique est encore douteuse.

Sarcina ventrictdi (Goodsir) ; Sarcine; Merismopœdia punctata s. ventriculi. La sarcine est constituée pap 1, 4, 8, 16, 64, etc., cellules d'une forme cubique aplatie et d'un diamètre moyen de 0,004"'; elles présentent habituellement quatre sillons profonds et renferment 2 à 4 noyaux pâles ou légèrement rougeàtrcs ; il est rare qu'elles n'en possèdent pas. Elles sont accumulées en amas cubiques et se multiplient d'une manière continue par division ou segmentation quadruple en donnant naissance à des cellules d'abord arrondies, plus lourdes que l'eau et tombant aii fond du liquide. On les rencontre surtout dans les liquides de l'estomac (vomissements), plus rarement dans ceux de l'intestin (selles diarrhéiques), dans l'urine, dans le pus et dans la sanie gangreneuse. — Elles sont vraisemblablement sans signification pathologique.

Nous ne sommes pas encore certains que les sarcincs que Ton trouve en différentes régions appartiennent à la même espèce. — Quelques auteurs les considèrent comme des formations animales. — D'après Itzigsobn (Virch. Ârch., XIII, p. 5411. la sarcine dérive de l'une des espèces d'oscillatoria que l'on observe dans les sources.

Virchow [Arch. IX, p. 574; X, p. 401) et Cohnheim (Ibid. XXXIII, p. 157), ont décrit, sous le nom de pîieumonomycosis sarcinica, certains cas de gangrène pulmonaire dont la sarcine paraissait être la cause. Dans d'autres cas, son passage de l'estomac dans les poumons n'était pas douteux (Zenkor et autres).

2. — Champignons des affections parasitaires proprement dites de la peau

et des muqueuses.

Ces champignons parasites agissent sur l'organisme de deux façon* différentes : 1° ils occasionnent des affections parasitaires de la peau

ÉTI0L0GIE GÉNÉRALE. 119

des muqueuses qui, dans la plupart des cas, restent locales ; 2° ils

erminent des décompositions chimiques du contenu de certaines

filés, et par suite des maladies graves locales, et même générales.

Ces parasites ne sont mis en rapport avec l'organisme que d'une

anière passive. Ils se déposent sur la peau par l'intermédiaire de

tir, ou par attouchement, médiat ou immédiat (coiffures, habits,

iges, literies, peignes,. rasoirs). La contagion s'effectue tantôt de

tiomnie à l'homme, tantôt des animaux domestiques à l'homme ; ce

ernier cas s'observe surtout pour l'herpès parasitaire. Ces parasites

arviennent sur les muqueuses et ensuite dans l'intérieur de l'orga-

israe, et même dans les canaux sanguins et lymphatiques, par trans-

iort immédiat accidentel (cathétérisme), ou bien par l'intermédiaire

le l'air et des aliments.

Les champignons n'exigent aucune prédisposition chez celui qui es porte ; selon toute probabilité, ils croissent et se multiplient dans un organisme sain comme dans un organisme malade.

Les affections qu'ils déterminent sur la peau et les muqueuses à épithélium pavimenteux sont les seules que nous connaissions bien jusqu'à présent. On ignore encore si les champignons se développent sur des régions cutanées ou muqueuses tout à fait normales ; le plus souvent ils germent dans des endroits d'une propreté douteuse, ou dont les fonctions sont troublées, ou qui sont érodés; la prolifération cryptogamique s'étend de là sur les parties voisines. Les spores et les filaments cryptogamiques croissent et se multiplient principalement dans l'intervalle des cellules épithéliales, surtout dans la couche moyenne ; entre les éléments des cheveux et des ongles qu'ils disjoigaent et dont ils déterminent d'abord l'atrophie et ensuite la chute. Il se produit une forte hypérémie, mais pas de suppuration apparente, du moins habituellement. Le prolifération s'étend tantôt en surface de manière à produire des amas circonscrits, plus ou moins étendus, tantôt en profondeur, envahissant parfois les conduits glandulaires, tels que le follicule pileux, et même le cheveu. Le cryptogame s'arrête habituellement dans les couches profondes de l'épiderme, à la surface du derme cutané ou muqueux. Il est rare qu'il s'insinue entre les fibres dermatiques pour pénétrer ensuite dans les vaisseaux san guins et lymphatiques.

Le développement parasitaire que nous venons de décrire donne lieu aux conséquences suivantes : l'irritation des nerfs delà sensibilité, déterminée directement peut-être par le champignon, mais principalement par l'hypérémie que provoquent la propagation et la crois-

sance de ce corps étranger. C'est ainsi que, dans le pityriasis versicolor, il se développe fréquemment de vives démangeaisons, et dans le muguet un sentiment de brûlure. Si les couches cryptogamiques sont considérables, elles déterminent, comme tous les corps étrangers, des inflammations qui peuvent aboutir à l'érosion et à l'ulcération, surtout dans le favus et le muguet ; il peut même en résulter des engorgements glandulaires. La pressioa du champignon peut provoquer l'atrophie de la peau sous-jacentc, et sa prolifération dans le follicule pileux et dans le cheveu occasionne la destruction et la chute de celui-ci : c'est ce qui arrive dans l'herpès tonsurant et dans le favus.

Quand les végétaux parasites sont multipliés, ils provoquent la décomposition chimique du contenu des cavités qui les renferment ; c'est ce que l'on observe dans le muguet. Il peut se produire ainsi de nouvelles irritations qui occasionnent des convulsions, des vomissements, des renvois, des sécrétions catarrhales, de la diarrhée, etc.

Ce n'est que dans les rares cas de prolifération excessive, que les champignons peuvent rétrécir ou obstruer des canaux, tels que l'œsophage, les grosses bronches, etc.

Dans les cas peu nombreux où le champignon pénètre dans les vaisseaux sanguins, il peut se faire peut-être des thromboses locales ou des migrations emboliques du cryptogame.

L'auteur a observé la pénétration du champignon du muguet dans les vaisseaux de la muqueuse œsophagienne (Jahrb. f. Kinderh. 4868, p. 58). Buhl (Medic. Ccnfra/M., 4868 n*i)a vu se terminer par la mort une inflammation oedémateuse de l'estomac, de l'intestin et de la cavité abdominale, occasionnée par des champignons. — Zenker (Jahresb. d. Ges. f. Natur-u. Heilk. in Dresden, \ 861- 62) a le premier démontré la présence de champignons dans le cerveau. Dans un cas d'encéphalite étendue, il observa de nombreux foyers purulents, petits et bien circonscrits, que Ton pouvait soulever en bloc à laide d'une aiguille ; placés sous le microscope, ils se présentaient sous forme de petites masses de filaments cryptogamiques, entourés d'une mince couche de pus. La muqueuse de la langue et du pharynx était recouverte de plaques de muguet.

La démonstration des maladies parasitaires de la peau a été donnée d'abord par Schûnlein pour le favus (Milller's Archiv., 1859); bientôt après elle l'a été par i. Vogel. Pour le muguet on vit alors augmenter rapidement le nombre de découvertes de nouveaux cryptogames comme cause d'autres affections de la peau et des muqueuses. Mai*. tandis que 1" importance étiologique de ces champignons s'affirmait de la sorte, on se demandait, surtout dans ces dernières années, si ces d if Tércnts cryptogames appartiennent à autant d'espèces différentes, ou si la plupart d'entre eux ne sont pas identiques au champignon des moisissures. L'identité des champignons du favus, de Therpès tonsurant et du pityriasis vcrsicolor a été soutenue par Fox, Kck, hôbncr, Starck, etc., d'après des recherches microscopiques, des observations cliniques et des estais d'inoculation, tandis qu'elle a été niée par d'autres auteurs (Ander-

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son, etc.); jusqu'à présent la question reste indécise.— Nous en dirons autant de l'opinion d'Hallier, qui prétend que la plupart des végétaux parasites ne sont que des modifications des champignons de la moisissure ordinaire (Pénicillium glaucum et Aipergillus glaucus) et que ceux-ci prennent des formes variables d'après le terrain sur lequel ils germent et d'après les conditions extérieures (séries de végétation). Le champignon du favus, celui de la men tigre, etc., ne seraient que des modifications du pénicillium, et celui du pityriasis, une modification de l'aspergillus. Cette opinion nVst guère confirmée par les démonstrations botaniques, ni par l'inoculation, ni par l'observation clinique.

Trlchophyton tonsurans (Gruby). Ce champignon se compose de v spores rondes, transparentes, de 0,002 à 0,005"' de diamètre et souvent disposées en séries. Il se développe dans la racine du cheveu et ensuite dans le cheveu lui-même qui se brise à 1 ou 2"' au-dessus du niveau de la peau; il envahit aussi la gaine de la racine du cheveu, l'épiderme voisin, et parfois même les ongles. — Ce cryptogame est la cause déterminante de l'herpès tonsurant qui s'observe principalement au cuir chevelu, mais aussi sur d'autres régions cutanées (Ringworm, pomgo scutulala, teigne tondante, phytoalopécie), et de l'herpès circiné; il produit en outre les formes parasitaires de la mentagre ou sycosis, V eczéma marginatum et certaines formes d'out/chomycosis.

D'après Gerlacb, on observe chez les bœufs (die Fléchie des fondes, 1857), et chei les chiens (Magaz. f. Thierheilk.i&bQ) une affection semblable à l'herpès tonsurant ; d'après Stein (Prag. Vjschr., 1860) et Bârensprung (/. c), on en rencontre une semblable à l'herpès circiné chez les chats.— Bârensprung (Annal, dm Char., X, p. 125) a public un certain nombre de cas dans lesquels l'herpès circiné et l'herpès tonsurant doivent être considérés comme provenant par contagion des animaux domestiques (bœufs, chevaux, chiens, chats). De semblables observations ont été faites par Otte et Frazer.

Jusque dans ces derniers temps, on a admis une forme spéciale de cryptogame comme cause de la mentagre et du sycosis, le tnicrosporon mentagrophyte$ (Robin). D'après Kôbner ( Virchow's Arch., XXII, p. 372) etZiemssen (Greifsw., Beitr., II. p. 99), il y a deux formes de mentagre, l'une purement inflammatoire e*t l'autre parasitaire : le champignon de cette dernière est identique à celui de l'herpès tonsurant. C'est ce que démontrent la forme, la grandeur et la propagation du cryptogame, et surtout le fait que, par l'inoculation du sycosis sur une figure saine, on peut produire l'herpès tonsurant, et réciproquement.

Dans le sycosis, le champignon se développe entre le cheveu et sa gaine et même dans l'intérieur de celui-ci, qu'il désagrège et atrophie ; il se produit en même temps des excroissances fongueuses, une véritable hypertrophie papillaire dans le follicule pileux. — On s'explique aisément pourquoi le cryptogame occasionne des symptômes plus graves dans la barbe qu'au cuir chevelu, en prenant en considération le volume plus considérable et l'implantation plus profonde du bulbe pileux, ainsi que l'épaisseur et la richesse en glandes et en vaisseaux du derme et du tissu cellulaire sousculané.

La marche de la maladie, l'examen du cryptogame et l'expérimentation, d'après

NiU'YEVrX KI.KMF.Nls DE I' \THOI,0(;iE t'.KNÉRME.

Ki'Ihum*. (Itiiionliriit «juc le ti 'ii-h<i|»li\ t*ni loiisuraiil produit Vrcirma manjinatum il H«*l »i\i . alVchim c.iriicli'-iiM Y par n»ii >\>'jiO c;ni)>l;ui! à l;i lac»' iuleinc des cuisses, au m* >nl d»1 \fMis et a la peau des tes>e< : ce sont d'almrd des plaque*- routes, saiiia;ili'N ri 'h' la ^randrur d une pièce d un (Vaut' <pti progressent par e\lenY»n ceuh iliiLic e! se del'u^tieut jul- i;, pr(>i*'iniiî»'iic»' d'un îvl.onl périphérique et leur d''->elojipciucMl pre< pie e\t !us t 1 lie/ Illumine, et Mirtoul clirz h *> cordonniers.

Loirn li"im\i'< vJn, allée! ii :i dans laquelle un ou plu>ieuis «miles paraissent épai s ms ou raiiin|li>, o( pnidu:l dans beaucoup «le, cas parle lri«'h<»{<h\ t«»ii tonsunuil.

Achorio}} S'lu">nU'inii. Le mycélium se eonmose de tilaments simpies ou ramifiés, < yliiulriqucs, recourbés, qui ne sont ni articulas, ni cloisonnés. Ils donnent naissance aux réceptacles qui roiistituont des iilainents louus, plus largos que les précédents, articulés et renferinaiit des rangées (\r spores. Celles-ci sont rondes ou ovales, produisent un ou plusieurs prolongements qui tonnent des filaments articulés aux dépens desquels le myeé'ium se développe. — Ce champignon se rencontre dans les couches profondes de l'épidémie, dans la iraine du cheveu et dans le poil lui-même, imiis toujours dans l'intervalle des cellules. II constitue des masses de I "2 à 10'" de longueur, et de I/*2 à 5" d'épaisseur, scutellées. jaunes ou brunies par des impuretés, sèches, friahles et tonnées d'une partie extérieure amorphe, linement granulée, tt d'une partie intérieure qui est le cryptogame proprement dit ; dan> cette dernière partie on trouve d'ahord, en procédant de dehors en dedans, le mycélium, puis les réceptacles et rnlin les spores. — Ce chauq unon e>t la cause déterminante ^\u tavus que l'on observe >urtoul au cuii' chevelu, plus incluent >ur »r,r.ili\ > régions de la peau, et presque jamais >ur le corps tout entier [tiiicn ou /Jom';/»f iui>ut"S(i . tnu'd favu^tt : c'est au^sj tl» cr\ [dizaine qui produit la plupart des tonnes donyehomvco>is.

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ÉTIOLOGTE GÉNÉRALE. 123

lium gl. provoque sur la peau de l'homme une éruption identique à l'herpès initial du favus; 6* un seul champignon produit, par conséquent, tantôt le favus, tantôt l'herpès tonsurant , 7° ce champignon n'est pas exclusivement propre aux affections cutanées, mais appartient à une espèce très-répandue dans la nature.

Microsporon Andoukù (Gruby). Ce cryptogame se compose de filaments ondulés, quelquefois bifurques, et sur lesquels les spores, petites, sont immédiatement posées. — Il entoure le cheveu, à sa sortie du follicule, en masse si épaisse, que le poil se brise à cet endroit et qu'il en résulte de la calvitie. D'après Gruby, Bazin, Hél.ra, etc., ce champignon est la cause déterminante du Porrigo decalvans (Area Celsi s. alopecia circumteripta), tandis que, d'après Hutchinson, Bàrensprung, moi et d'autres, celte dernière affection n'est pas parasitaire.

Microsporon miîiutissimum (Burghardt et Bârensprung) . Ce champignon se distingue par la ténuité de ses éléments. — Il détermine une affection contagieuse appelée erythrasma , habituellement limitée aux régions inguinale et axillaire, qui se manifeste sous la forme de pityriasis rubra, constitué par des plaques rondes ou radiées, rouges, nettement limitées et sèches.

Kobner a observé plusieurs cas de ce genre.

Microsporon fur fur (Robin). Le microsporon est constitué par des spores arrondies, d'un diamètre de 1/500'" environ, et renfermant souvent un noyau, des cellules allongées ou ramifiées et des filaments larges d'environ 1/600'". Les spores sont très-brillantes, à double contour et disposées en forme de grappe. — Il se développe dans la couche cornée de l'épiderme, surtout à la poitrine et au dos, jamais sur les parties nues, ni chez les enfants. Il produit sur la peau des maculatures jaunâtres ou jaune rougeàtre, et même une desquamation furfuraci'e, parfois aussi de vives démangeaisons. — 11 est la cause déterminante du pityriasis ver sic olor ou du chloasma.

D'après Paolini et Gambcrini, on trouverait aussi dans Ficnthyose, un cryptogame analogue à ceux du favus et du pityriasis versicolor.

Zoogloea capillorum (Martin et Buhl) . Ce cryptogame se rapproche des Palmella : il se compose d'une substance fondamentale amorphe, gélatiniformc, dans laquelle sont renfermées de très-petites cellules analogues à celles de la levure ; il coloie les cheveux d'abord en jaune, puis en jaune rougeàtre, en rouge sang, en rouge brun, enfin en brun et même en noir. 11 siège sous l'épidémie du cheveu (Ztschr. f.rat.Medic. 1862, XIV).

Oïdium albicans (Robin). V oïdium albicans se compose de filaments cylindriques, ramifiés, parfois à la manière d'un arbre, recourbés, fortement réfringents, et constitués par de longues cellules rangées les unes à la suite des autres et souvent séparées par des étranglements. Chacune de ces cellules contient plusieurs- granula-

m NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

tions. L'extrémité des filaments se perd souvent dans un amas de spores , en formant une grande cellule s po ri l'ère , ordinairement divisée. L'extrémité libre est simplement arrondie ou se termine par une ou plusieurs spores grosses et ovales, disposées en série linéaire, renfermant des granulations et groupées sur répithélium. — Ce cryptogame s observe fréquemment et parfois en grande quantité chez les nourrissons, notamment dans les premières semaines de la vie, ainsi que chez les adultes tombés dans le marasme (typhus, tuberculose, etc.) ; il se dépose sur la muqueuse de la bouche et de la gorge, plus rarement sur celles de l'œsophage, du nez, des bronches et des poumons; parfois aussi on le troure aux grandes lèvres, au sein et aux lèvres des nourrices. Chez les nourrissons, il se développe surtout sous l'influence de la malpropreté de la bouche et dans les temps chauds. — Il constitue la maladie appelée mutjuet, qui est constitué par des plaques grisâtres ou blanc jaunâtre, arrondies, de la grosseur d'une lentille ou d'une tète dépiuiJe, que Ton observe au point d'union du palais avec le voile du palais; ces plaques grandissent insensiblement, se réunissent et s'ulcèrent. Le muguet des adultes siège principalement sur la muqueuse des lèvres et des joues, et à la pointe de la langue.

D'après Biirebardt (£/mr.-.l/m.(\ll,p. 1), les sporanges de U oidi um albicans constituent des capsules rondes on irrégulièrement ovales, d'un diamètre de I .,")() à I 1*2'", et pourvues parfois d'un double contour; elles sont remplies de spores et se déclarent facilement. Iiiirebardl n'a pu trouver de liaison entre les capsules et les filaments du cryptogame. — D'après llallier, elles appartiendraient à un aspergillus et non à l'oïdium.

,". — Des champignons considères comme agents de fermentation et comme cause

de maladies contagieuses.

Les champignons de la moisissure, celui de la levure et, dans quelques cas très-rares, quelques-uns des champignons mentionnés plus haut, peut-être même d'autres que nous ne connaissons pas encore bien, offrent de l'importance, non-seulement à un point de ^e local, mais encore et sut tout à un point de vue général. En effet, leurs germes, répandus dans toute l'atmosphère, sont probablement la cause la plus essentielle des fermentations diverses qui s'effectuent à rintétieur et à l'extérieur de l'organisme, ainsi que celle de la putréfaction des corps organiques. Ces deux phénomènes, considérés en général, consistent en ce que la prolifération extrêmement active des

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE. 125

champignons est alimentée par les éléments que lui fournit la matière organique qu'elle décompose.

De récentes recherches ont établi que les champignons constituent la cause des diverses fermentations plus ou moins spécifiques, telles que les fermentations acétique, alcoolique, lactique, butyrique, etc. Ces fermentations toutefois ne présentent encore aucun intérêt au point de vue de la pathologie générale. — On est loin d'ailleurs d'être d'accord sur la place à donner à ces organismes (animaux ou végétaux?) La plupart des auteurs les considèrent comme des mycodermes {mycoderma aceti, vint, cerevmx> etc.)

Ce sont surtout les travaux de Pasteur qui ont démontré l'importance et la spécificité des champignons dans les phénomènes de fermentation.

La levure de bière (v. p. 418), après fermentation complète, se compose d'une matière protoplasmatique homogène, renfermant des cellules arrondies ou ovales d'an diamètre de 1/95'" en moyenne et à doubles contours : cette matière contient en outre quelques petites granulations et souvent une grande vacuole, ou bien deux ou trois petites . Dans un liquide fermentescible, ces cellules bourgeonnent pendant un certain nombre de générations. Les cellules nouvellement formées offrent d'abord des contours délicats ; elles sont pâles et disposées en chapelets ramifiés ou en étoiles ; elles prennent peu à peu l'aspect des anciennes et se séparent les unes des autres au terme du travail de fermentation. — Il existe deux opinions différentes sur la nature de ces cryptogames de la levure : les uns, tels que Schwann, Pasteur, etc, les considèrent comme des organismes spéciaux qui se développent de leurs propres germes dans les liquides fermentescibles ; d'après Bail, Hoffmann, etc., au contraire, ce ne sont que des formes spéciales de spores, des bourgeons cryptogamiques prenant naissance dans les liquides fermentescibles et appartenant à des espèces qui fructifient tout autrement à l'air libre, surtout à une espèce des moisissures. Qu'ils proviennent des cellules de la levure de bière ou d'autres cryptogames formés à Vair libre et parvenus dans le liquide, ces organismes se développent toujours de la même manière.

Les fermentations qui se produisent dans l'économie même et dans ses cavités muqueuses, telles que l'estomac, la vessie, etc., présentent de l'intérêt au point de vue pathologique. Les organismes qui jouent le rôle de ferment parviennent accidentellement dans l'intérieur du corps par l'intermédiaire des aliments, des boissons ou d'instruments malpropres (cathéter) : ils sont habituellement de nature végétale (levure, moisissure, peut-être aussi la sarcine, les bactéries et les vibrions). Us occasionnent tantôt de légères irritations, tantôt des inflammations graves de la muqueuse, et quelquefois des organes parenchymateux correspondants. Ces phénomènes sont le résultat direct de la prolifération du champignon, ou bien proviennent indirectement des décompositions chimiques qu'il occasionne.

On ne sait pas encore si la levure et la sarcine exercent sur les muqueuses une in*

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Le Hindi; «|r deci»lli|H.»>ltlnii \aih. jinlir Ulir inrlhv Mll>>laiiee, (laj)ir> le rr\ jttnjaiitr : 'a jeali rl'arti il nr -r j-l.idliit j-a-. îir.'inr à une trilij-rlature lavuialde. si la lïiuiiriv c>t àlalui des ^rimes cr\ ntouaiui- ([lies.

L»*n rxji 'ni'TH't^ i.r Mitué «. p.,i- Si ail.ir./.aii u'ak i !. j ai i Y. Seluilz \ Seliwaiii!. Il-li!ilii»lt/, Saliio :e;\ v. [i i> l:.\.d Pli'.. \, ♦■!c. i-ummI", tt >uit«»ul | ■«• r Payeur, .ml <!• iiiuiiti' <JM- le< >u}»-t;iih • ->■; aa.pi-'-.al ..a 'Mire- i. < ia."--i!.'Mia'>. ! ,u! eui a-x'-na ai »Ti j'iili i'1;h lion. m iir> ( h.ai.'j'ijiiniiv piment anner au eon'ait '!■' ^r> M.il»l;m e> : (.«•> mata iv<, an i«>nlia:ir. l'^îrnl aiLi.li-> et evnij te> d<. j l 'lit'-iati ai ( t\ p'n-aîiw- <pio. m mi 1rs r\p »m' à uni' îe.np- i atu: «;■ ijui le |e> -poiv<, eu ! i. u m elle> >niil pla <•■ > iî.i!i> îîîï'" atmo<| h-' iv (l'»ai l».< !.••'. ire1- •;:.,. n iju».'> oui <'■{>'■ pr/ala. !» ; i-n1 (-.••.I'-ni^ ra |,i',- ".•:.l |'.i>^« i l'air .'i tra\»\ n un.- <uliai«»a 'I»' )■ il;^so ou f 1 n ;.!»• -ullnrn ju»-. • nre\j-..r, r à li i h..li'ii.- lulLr. ou i-n 1< Luxant ii 1 1 r . : a ti i\rr> (if l'oiialr • 1 « >:n!< ( l« f ou u:;.vc.v|,. sri-hi'. Si l'on uihoiluil u:i Ikjui 1" lr»'>- I-'-» .i.mj o-alilt- ila:.> au iiiali.is à r,.i lou' (-1 u'-'li- , ouvm'I, mai>. < 'int'-uriii' a» '••.l-1 > r!.'. «,!:«* i ■> aaa. - .1 • l .it m»»- j '!i'-r Ile | lli^-'ill .U I 1MM- jiis.jM'au liijiU'ic. >i ! Ml la l ! .o ■ . i I : i i" ain. > i-i-'ci-i ', ,MMni;i!ll <jlirîiju»'-» ruain'i^. ri tju on lai>>r » a-ui o 1' \ .,-.' o::\ • ;. ',.- K jui '<• j t .; i t-M»T isil.u l < t i-Xi'ïUj't à oi .i:ii>nir< j'i'iula''! a\-'.. ait mois Si oa ', n--" !»• to!. ii »■ oi .!• ivt..r> >\ oli^'-i\-iil au l'Hit «le ili\-lun . \ ra^l-ijnali . h- ;.:»>. i- >•" (ju-- 1 < patMiomôurs 1 1 ■ il»\ aiij"-ili ai.

On a tl"U»«i -h i' 1 n;i!ii' \\k ■■ t!,- ( ï\ jito. ,i..i' - >ai « i , i * i 4 • > ^a n.aiiraos, .i!ialo jii.'> à L».ai\ .If l.i j ulli !.a-t «'il ( »i al i: imv, ,ii!i>i uaa- li j-al. i •. ti •.. •!■ < <rui> « l ilrs l'i u:K (l.uiN ]r>'jia-l> L i:'l;aiii|i:^rn'.iii j > îi'irr à l;a\ii- aar M'iaili ai dr cun'inuilr de r»'ti-

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K.ipiv- fiau'-o J>. A7///.. h:.*..", j., >". î^'il.u .M» ci >ui\.,nK 1SI.-J. p. ii-, Leydi-ri et .l.iilr i.lr-'/f. f.Liln. .,r. «/., ]M'ai, li. p. i^1.»». ;, l-.oMciaîr j'uiii'icrî naiinlos lonne> de :i r< ;a* pulni" ..:.«• > -n! Oc -l'iai •>'- j- i -i. > ciM^t.ani'N, cl siu''i-i.ù«iii« ni par le J . j.ln'hri.i ; a- < .a ',«,. -hiiv. i'; i /.. l>,i'iil(<. l'.o.eu.vteia [Ik'll. khi:. \\ („ h< ■/!>< <itr.. !^"i. u î a\ i la piViiiU'ir de c •'> .dteclious proviupié' par Yoïiltum <;;bt< ti,is

Certains vlmmi 'ujuohs suif Irès-prol-u'u 'cmcit la eau c de qucl(/in\s maladies coiita<jieuses : c'est du inoin> ee «jui nous e>t iiidirjué : 1° par

ETIOLOGIE GÉNÉRALE. 127

la marche de certaines affections contagieuses cpidémiques, aussi bien dans les cas isolés que dans les épidémies, marche qui présente de l'analogie avec la manière dont se développent, se propagent et disparaissent les organismes inférieurs ; 2° par les propriétés contagieuses de certaines matières évacuées par le malade, ne se développant habituellement qu'après un certain temps ; 3° par l'intervalle qui existe entre le moment de la contagion et celui d'apparition des symptômes de la maladie, car ce n'est qu'après la multiplication des champignons fournis par la contagion, qu'il se produit des troubles essentiels ; 4° enfin par la présence constante de champignons dans les évacuations de ces malades.

D'après ce qui précède, on doit supposer que les spores d'un champignon déterminé, de celui du choléra par exemple, pénètrent dans l'organisme à travers les bronches ou les voies digestives, se multiplient extraordinairement, dans des conditions favorables, en un laps de temps variable mais déterminé pour chaque espèce de maladie, et provoquent alors l'explosion des svmptômes. Ceux-ci sont la conséquence des modiâcations mécaniques ou chimiques de la muqueuse; parfois ils résultent de ce que le cryptogame enlève, pour proliférer cl se multiplier, une substance nécessaire au corps; dans d'autres cas, ils sont dus à la décomposition des produits azotés en eau, en acide carbonique et en ammoniaque, ou bien à la production d'une matière nuisible à l'organisme.

Autrefois on opposait à la théorie parasitaire des affections contagieuses une doctrine d'après laquelle ces dernières étaient considérées comme des maladies zymotiques ou de fermentation. D'après les idées actuelles sur la fermentation, il n'existe plus aucune différence entre les deux doctrines.

Ce n'est que jusqu'à un certain point qu'on peut établir de comparaison d'une part entre les maladies contagieuses parasitaires de l'homme, et d'autre part les affections analogues des plantes (rouille et nielle des blés), celles des animaux inférieurs (vers à soie et mouches), et enfin le sang-de-rate des moutons. Toutefois, comme quelques-unes de ces maladies sont bien connues, nous allons les mentionner ici.

L'infection des plantes par les champignons parasites ne se produit qu'après que ceux-ci ont poussé une vésicule germinalive qu'ils envoient dans une fente du végétal, et qui pénètre ensuite dans les cavités et dans les espaces intercellulaires ; quelquefois, ainsi que Schacht l'a vu, les champignons s'insinuent à travers des ouvertures nettement délimitées qu'ils pratiquent dans les parois cellulaires par une espèce de résorption ou de fonte chimique, et ils continuent de pénétrer de la même façon dans l'intérieur de la plante.

Les champignons parasites sont d'une grande importance pour les animaux inférieurs, lesquels sous leur influence périssent par millions, sporadiquement ou épidémiquement, ainsi qu'on l'a démontré pour la première fois à propos de la muscardint des vers a soie (Bassi, 1835). — Le champignon de la mouche commune

( Entoniophtliora s. Empusa muscce) se comporte d'une manière digne de remarque : il se développe d'abord dans le sang de ranimai, el d'une manière inconnue, une foule de petites cellules incolores, qui croissent rapidement, tout en conservant leur forme sphérique ou ovale, ou bien en prenant la forme tabulaire. La partie postérieure de la mouche si4 poulie considérablement, ses mouvements deviennent paresseux, et elle meurt en étendant et en tordant les membres. Déjà avant la mort, les cellule se sont allongées et ont pioduit d« s piolougemcnls qui s'étendent et se ratifient comme des racines, et enfui désagrément et détruisent le sang et les viscères. Huit ou dix heures après la mort, la peau est traversée, dans l'intervalle des segments du corps, parles prolongements cellulaire* dont nous avons parlé plus haut : ceux-ci s'allongent encore el forment à leur extrémité, par étranglement, une grosse spore arrondie qui est projetée jusqu'à 7) centimètres de distance; aussi la mouche morte est-elle bientôt entourée d'une zone circulaire blanche et pulvérulente. Jusqu'à présent on n'a pas réussi à infeeler des mouches saines au nioxen de spores.

Le sunq-de-raie, qui nous intéresse à cause «le sa Iransinissibilité à l'homme et de sa parenté avec la pustule m. digne, est occasionné par de» bactéries, lesquelles, par leur prolifération rapide dans le sang, y produisent, en agissant comme ferments, des altérations mortelles. La plus petite gouttelette de sang suffit pour l'inoculation.

Les corpuscules que Ton observe dans le liquide sanguin du sana-de-r(de, constituent des filamcnls longs de 0,004 à 0,002 mm., droits ou courbés à angle obtus en un, deux, trois ou quatre endroits, rigides, cylindriques el non ramifiés; ils ne possèdent aucun mouvement spontané, ne subissent aucune modification sous f influente de l'aride sulfurique ou de la potasse concentrée el disparaissent sous l'action de la putréfaction du sang : ce dernier caractère les dislingue «les infusoires. Us appartiennent probablement au genre LeptothrLr.

Les corpuscules du sa/njde rate sont probablement introduits dans le corps awe les boissons. Us se montrent dans le sang de une à cinq heures après les premiers symptômes de la maladie, augmentant progressivement en nombre el ^'accumulant surtout dans les capillaires. Les globules routes sont on^ lutines ensemble et nagent dans le sérum sous forme d'îlots disséminés.

Davainc a trouvé ces corpuscules, appelés par lui bactéries et considérés comme les véhicules du poison, non-seulement dans le saug-de-rate mais encore dans deux cas de pustule maligne observés chez l'homme et opérés au troisième jour de la maladie. Dans le centre des pustules et entre les cellules épithéliales, on eu trouvait des groupes dont la partie centrale se composait dinfusoiros pressées les unes contre les autres, tandis qu'à la périphérie, elles ('(aient disposées en traînées séparées par des cellules épithéliales. Elles pénètrent de là dans les \ aisseaux luuphaliques et sanguins du derme (Comptes rendus, L\, p. 1fc2ïW, l80.Yi.

Delafond (I8i8); Da\aine (Comptes rendus de l'Ac. des .se, LVII el LIX, Mân.dc la Société de biolorjie, 1865): Lollender ((Uisp. Vtjscbr., Mil, 1855) et Drauell (lirch. Arch., 1857. XI, p. l.VJ, 1858, XIV, p. -iM).'

Depuis une vingtaine d'années, on a admis et rejeté, à différentes reprises la doctrine de- la nature véijéto-parasitaire du choléra (Swauiect Britlan, Williams, etc.); mais récemment elle a acquis beaucoup de vraisemblance, sans toutefois être démontrée d'une façon absolue. D'après Klob (Valh. anat. I ntersuch. iiber d, Wesen des Choleraprocess, 1807), on trouve dans l'intestin, peut-être aussi dans le sang des cholériques, une quantité incalculable d'éléments d'un champignon se rapportant au Zootjloea ferma el au Lcptolhriz. el qui constitue la plus grande partie de la matière gélatineuse désignée sous le nom de miteux intestinal. Thomé (Yirch.

ÉTI0L0G1E GÉNÉRALE. 120

Arch.t XXXVIII, p. 221), prétend en avoir retiré un champignon filamenteux caractéristique, le Cylindrotœnium cholerœ asiaticœ.

D'après Hallier {Wien. med. Pr., 1867. N' 27. — Dos Choleracontagium, 1867), le champignon du choléra appartient à une forme d'Urocystis (champignon de la rouille du seigle), c'est-à-dire qu'il constitue des sporanges volumineuses remplies de spores. Le fruit vésiculeux est celui d'une ustilaginée. Le noyau de chaque spore se transforme, par segmentations répétées, en dépôt de micrococcus (Zoogloea de Cohn). Sous l'influence d'une température suffisamment élevée, ce micrococcus détruit les tissus animaux par un travail de putréfaction qui s'effectue en développant fort peu d'odeur, et agit cependant plus énergiquement que la putréfaction ordinaire : tous les éléments des tissus se désagrègent, se ratatinent et se résolvent en un liquide visqueux, incolore et amorphe. — Ce champignon appartient aux contrées tropicales et ne s'est propagé vers le nord que dans les formes qui n'ont besoin pour se développer, que d'une basse température. — Jusqu'à présent, nous manquons de recherches vraiment démonstratives, et on n'a pas fait naître le choléra sous l'influence de l'ingestion du cryptogame.

Les observations tendantes à démontrer le développement de la fièvre intermittente sous l'influence de champignons, observations faites d'abord par Salisbury (Americ. Journ. ofMedic. Se. Jour., 1865), ensuite par Hannon, Morren, etc., manquent encore de preuves certaines.

B. — Parasitée animaux. — Zooparasites. '

Les parasites animaux n'habitent que les téguments externes et s'appellent alors ectoparasites, epizoaires; ou bien ils se logent dans les organes internes et prennent les noms à'entoparasites, entozoaires : cette distinction toutefois n'est pas bien tranchée.

C'est sur la peau et dans l'intestin que résident le plus habituellement les parasites animaux; néanmoins tout organe peut loger des parasites d'une manière passagère ou durable. Quelques-uns d'entre eux ne vivent que dans certains organes : tels sont la trichine enkystée j le strongylus gigas ; d'autres peuvent se rencontrer dans les organes les plus divers, ainsi : le cysticerque etYéchinocoque. Certains parasites ne s'observent que chez l'homme, comme le pou de tête, le Botriocephalus latus; quelques autres se trouvent chez l'homme et les animaux : trichine, Distomum hepaticum ; mais on les rencontre trèsrarement chez des animaux de classe différente, ainsi que cela s'observe pour la trichine.

L'histoire de certains parasites est à peine connue, tandis que, pour d'autres, nous possédons les notions les plus complètes sur leur naissance et leur développement.

La vie des entozoaires se partage généralement en trois périodes ordinairement tout à fait distinctes : période embryonnaire, période intermédiaire et période de maturité sexuelle. L'embryon a pour

OBL1 ET WAQWEl. — HTB. Gftf. 0

130 NOÏJVEAIX ELEMENT» l>E PATHOLOGIE GENEIlALE.

mission de préparer le parasitisme; il voyage ordinairement d'une manière passive; I étal intermédiaire continue l'existence prématurément interrompue du premier et se prolonge jusqu'au moment où commence la période de maturité. — L'existence des parasites ><• passe sur deux et même plusieurs individus, dont l'un loge l'animal jeune, et l'autre le parasite mur. Ces individus ne présentent ordinairement que des différences individuelles (ainsi pour le trichine) ; mai> plus fréquemment ils appartiennent à des ordres, des classes ou de> tribus différents. L'embryon du parasite se rencontre surtout dan> l'animal qui sert de nourriture à celui qui possède lentozoairc complètement formé ; le tanna crassicollis, par exemple, vit dans l'intestin du chat, et la forme embryonnaire de ce parasite, le Cj/.s7icercus fasciolaris, dans le foie de la souris; le txnia solimn, à l'état embryonnaire, existe surtout chez, le cochon, etc.

Le sort des entozoaires, plus que celui de tout autre animal, dépend du husird c'est par hasard que L'iiMif rencontre l'animal qui lui convient, el c'est par hasard que celui-ci est mangé, plus tard au moment propice, par un animal déterminé. Le* chances de réussite sont d'autant plus restreintes que l'existence du parasite est plus complexe : elles sont pour le ttrnia, par exemple, de 1 : 85, 0011,000, cYst-à-diie qu'un œuf sur 85,000,000. devient un ténia. De telles pertes ne peuvent être compensées que par l'immense fécondité de ces parasites.

L'implantation des parasites externes sur et dans l'organisme humain est ordinairement active; l'introduction des parasites internes est au contraire passive dans la plupart des cas. La source la plu> commune et la plus constante de celle-ci est l'introduction accidentelle d'œufs ou d'embryons.

Nous mentionnerons aussi les cas de transmission par l'individu lui-même, par exemple pour le tœnia &oliuni (jamais parait-il pour le Uvnia medio-cancllata\% mi par passage immédiat du ver île l'intestin dans l'estomac, ou bien par ingestion par la bouche.

La prédisposition à l'helminthiase est générale. L'à^c, le sexe et la nationalité ne produisent que des di ITé renées accidentelles ; ht fréquence des helminthes dépend principalement des occasions d'importation, et, à ce point de vue, le* coutumes, les habitudes, ta occupations et le genre de vie exercent une influence considérable.

Les juifs et les mahométans ne sont que rarement atteints du trrnia, parce qu'ils ne mangent pas la chair de cochon, tandis que les boucliers, les cuisiniers et les femmes ont souvent l'occasion de s'infecter du taenia et de la trichine. Les enfants et Je> aliénés ont plus fréquemment que les adultes des lombrics et des ascarides. La malpropreté fa\orise la persistance des parasites cutanés plutôt que leur migration.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE. 151

On comprend aussi que certaines formes d'helminthiase dépendent de conditions spéciales de temps et de lieu.

C'est en automne que le lombric est le plus commun ; le médecin observe plus souleot le taenia en été, et la filaire de Médine à la saison des pluies. — Les vers intestinaux sont des plus communs chez les naturels des contrées tropicales : tout Abyssinien de six à sept ans possède un taenia. La plupart des nègres des Indes orientales et les Hindous ont des lombrics. Dans le nord de l'Allemagne, où Ton élève beaucoup de cochons, le taenia est plus commun que dans le sud. Les Islandais, qui vivent très-intimement avec leurs chiens, sont souvent atteints d'échinocoque.

La distribution géographique des parasites animaux dépend principalement de celle des individus qui les portent a leur période intermédiaire et les transmettent à l'homme.

L'action nuisible des parasites animaux sur l'organisme humain peut s'exercer de trois manières différentes.

1° Ils enlèvent à Vorganisme les matériaux nécessaires à leur nutrition; c'est habituellement peu important en soi. A ce point de vue, l'action des parasites cutanés et du taenia est insignifiante, et celle des lombrics ne devient appréciable que dans le cas où ils existent en grande quantité : il se manifeste alors des signes d'anémie et des symptômes nerveux. Vanchylostome duodénal occasionne la maladie dite chlorose égyptienne, par les soustractions de sang qu'il opère pour se nourrir, mais surtout par les hémorrhagics consécutives à ses morsures.

2° Les préjudices causés mécaniquement par les parasites sont beaucoup plus importants. Les parasites volumineux, ou bien les parasites plus petits accumulés en nombre considérable exercent sur les parties environnantes une compression qui peut aboutir à l'atrophie : nous citerons par exemple les cysticerques, notamment ceux du cerveau et de l'œil ; l'échinocoque du foie ; les trichines des muscles, etc. Les troubles fonctionnels consécutifs à la compression et à l'atrophie sont tantôt nuls, ainsi dans les cas de cysticerques et de trichine des muscles ; tantôt d'une importance qui varie d'après celle de l'organe affecté : c'est ainsi que les cysticerques du cerveau peuvent occasionner des convulsions, des paralysies ou des troubles d'esprit, et ceux de l'œil, la cécité ; que l'échinocoque du foie peut supprimer les fonctions de cet organe, et celui de la cavité abdominale, comprimer les parties environnantes; que les trichines multipliées dans les muscles paralysent les mouvements, etc. Il peut, en outre, se produire des symptômes secondaires, tels que des troubles circulatoires (hyperémies, thromboses, hémorrhagics, œdèmes, etc.); des inflammations, dans les membranes séreuses par exemple, et de la suppuration

132 NorVEAl'X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GENERALE.

des parties environnantes; parfois ce sont des ruptures d'organes par cause interne ou externe, avec passage du contenu dans l'intestin, les bronches, les voies urinaircs, les cavités séreuses, ou bien issue à I extérieur, à travers les parois abdominales par exemple, (le sont des désordres que produit souvent l'échinocoque.

Les parasite* peuvent encore rétrécir la lumière des canaux organiques : ainsi des lomluïes nombreux et pelotonnés peinent occasionner l'obstruction intestinale, et le lombric des conduits biliaires peut avoir l'ictère pour conséquence. Ils produisent le catarrhe, rhémorrhagie, peut-être aussi l'ulcération des muqueuses, dénias, lombrics, etc.) : de là des troubles digestifs avec symptômes locaux et généraux consécutifs.

il0 Les parasites enfui nuisent par les mouvements et les migrations qu'ils exécutent : ils occasionnent ainsi des douleurs diverses : des douleuis musculaires, des démangeaisons, des coliques surtout à jeun) , lesquelles, soit directement, soit par action réflexe, peuvent devenir la cause de troubles consécutifs (acarus de la gale, t.enia, oxyure) ; parfois aussi ils produisent des inflammations (lombric, ta'iiia, oxyurei; enfin ils déterminent la perforation ou la rupture de l'organe habité par le parasite ( échinocoque, peut-être aussi le lombric).

Tous ces faits, partiellement connus pour ce qui concerne 1 homme, ont été vérifiés par l'expérimentation sur les animaux, (l'est ce qui se rapporte à l'acarus et à la trichine, que l'on connaît le plus exactement.

Orlaius parasites parwniis dan* b* torrent eireulatoire, l'ont l'effet de throinbu^ ou d'embnlii»: <" V>t rc que j'ai constat»'' pour un k\sle dYvliiuoeoque. parli du foie ci arrivé ilnus l'artère pulmonaire où il «Hait arrêté au niveau d'une bifurcation.

(le n'est que dans des cas très-rares (acarus, trichine), (pie les symptômes occasionnés par les parasites sont assez caractéristiques pour permettre un diagnostic certain ; dans la plupart des cas, il en faut la preuve objective. Ainsi on y arrive en examinant les excréta, spécialement les selles, naturelles ou provoqués, pour le l;enia,le lombric et l'ascaride: on trouve alors l'animal entier (lombric, ascaiide, trichine), des membres (t;eniai, ou (\v^ «puis (lombric, ascaride, hotriocephalus latus). Parfois les recherches doivent être faites avec un instrument; ainsi pour l'acarus de la peau et le cysticerque de l'œil; enfin il est des cas où il est nécessaire de faire une opération préalable (trichine, cysticerque). [ a palpation et la pcmis>ion ne fournissent que des résultats douteux, par exemple pour l'échinocoquc.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE 155

Dans Fétude spéciale qui suit, nous avons mis à contribution les Grdz. d. Zool. 1866, de Claus, et l'ouvrage sur les parasites de Leuckart.

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