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I. — TROUBLES LOCAUX DE LA CIRCULATION

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IILE ET WAGKER. — PATH. GÉîf. 12

178 NOI YKUX ÊI.ËMKSTS IMS PATHOLlHilE liÉNÉHAI.E.

Le cu'ur communique le mouvement au sang, qui est alors distribué par les vaisseaux

Le contr, par ses contractions rhythmiques, chasse le sang dans les vaisseaux. Les tissus que traverse le sang, en passant dans les capillaires, n'exercent aucune attraction sur lui ; mais la force d'impulsion de cette humeur est peu! être légèrement augmentée par les élément musculaires des parois artérielles et veineuses.

Chez 1rs mammifères, la foive (l'impulsion du cœur équivaut à la pression d'une colonne de mercure de làO millimètres ; ce chiffre n'indique néanmoins qu'une pression moyenne qui peut varier he;uuoup, tout en restant dans les limites phyVn»li>- ^iques. — La pression due à l'impulsion cardiaque est du reste variable et diininuc à mesure qu'on s'éloigne du cœur.

Les artères sont toujours distendues par le sang et cherchent constamment à se débarrasser de leur contenu, grâce à leur élasticité parfaite, quoique minime: comme il arrive continuellement de nouveau sang du cœur, elles le font progresser régulièrement vers les veines à travers les capillaires, même pendant la diastole cardiaque. C'est l'élasticité des artères qui est cause de ce que les capillaires cl les veines n'ont pas de pouls. On trouve d'autre part dans la paroi des artères, surtout des petites et moyennes branches, des libres musculaires lisses, sensibhs aux excitations mécaniques, électriques, thermiques et chimiques. Ouaiul on e\t ile de petites artères, elles se contractent lentement, f rlement et longtemps mais la contraction ne s'étend pas au loin il est donc possible (pie des excitations locales produisent des modifications dans la paroi \asculaire et dans le degré de réplétion du vai>seau. Les résistances opposées à la circulation sont augmentées par une forte contraction des artères, et on peut, d'un-' manière générale, considérer le pouvoir contractile propre de celles-ci connue un agent modérateur et régulateur delà circulation; ainsi s'expliquent les troubles de nutrition des parties dont les artères sont malades. — Il ne faut pa> confondre avec la contractilitédcs artères, leur l'oMV/fc, c'est-à-dire la tension (pie possèdent les parties dont la nutrition se fait normalement, lu \aisseau atonique, en effet, peut encore se contracter sous l intlueueé dune excitation appropriée.

I a p;v«^ii»'i in "venne du si:i, d >"* u*k r- ». '.; .<:!' r:» 11'' <t it I' a\ec la répl»ti<tn du >Wè:ue vkcuI.iT'' eî '"ww1.* y.:- -i . -\ ( i in i>>»* -1 i >»m.:-. ' auv l.i tr^pienu* et \i Mrce de*- ^ • '"'.:- u't:«>» > :,; ùt :i'/ »'•', :;. \A vorri.'.t ; * ; «»>iti\enu-nt »t t:^ les «r :^o> .irtè.v* 1» 1 *-.>iui'ïe ; : v.s V .•'•'iv i i ■ l :.iie ■ II- "' .. w> à 1 t "» lu.iuiïiclio. Hm* l\'«*rte. cî'.'4 e<t fvtrv.-.- \ *J.v iw..\ :n îct» {. ir»; . ■ ; d .u> le* ai tues plus Ktilo. cile !• r- -t i*' o„re». >•'::. -"'ït -tu ùt r. w >• .c» ...■•.. :•>. F. .e e*t moindre che: les .mur.c.\ /.unes et .«é.i.: lis. 0*. .'a *v uw > ... \:\ pus iaii.le d.uis J,i

petite circulation que dans la grande (12 à 30 millimètres dans Tarière pulmonaire).

Elle s'élève sous l'influence des mouvements musculaires et elle s'abaisse sous l'action de jeûnes prolongés, de pertes de *ang, etc.

Celte pression éprouve des oscillations périodiques dans tous les points du système artériel : il se produit une élévation correspondante à la systole cardiaqne et un abaissement pendant la diastole ; c'est ce qui constitue le pouls. C'est tout près du cœur que ces oscillations sont le plus marquées, tandis que, dans les extrémités artérielles, elles sont très-faibles ou presque insensibles. La pression du sang artériel s'élève aussi dans l'expiration et s'abaisse dans l'inspiration.

D'après des récentes recherches, les parois artérielles prennent une part active à 1a progression du sang à travers les capillaires, et cette action est sous la dépendante du cerveau : elle consiste dans une contraction péristaltique, rhythmique des artères Bezold (Unierê. au*, d. phys. Labor. zu Wûrzburg, 1867, 2, H., p. 347).

Les veines sont beaucoup moins distendues que les artères. Cette différence dans la réplétion des deux genres de vaisseaux peut être sentie à travers la peau dans les branches superficielles, et vue dans celles qui sont mises à nu ; on la démontre surtout par l'inégalité de la force du jet de sang provenant de la section de ces vaisseaux. Les veines possèdent une membrane musculaire circulaire, qui est surtout développée aux extrémités inférieures ; elles ont en outre des fibres lisses longitudinales, spécialement dans la couche adventice des grosses veines abdominales. Ces muscles ne peuvent produire qu'un raccourcissement du vaisseau, tandis que leur paralysie détermine l'allongement de celui-ci. Dans le cerveau, les muscles des veines sont trèsfaibles ou manquent complètement. — L'élasticité des veines est beaucoup moindre que celle des artères', et la plupart des fibres élastiques y sont disposées suivant la longueur du vaisseau, de sorte que le diamètre des veines dans les parties intérieures du corps dépend de la pression variable de leur contenu et des tissus environnants.

La pression du sang dans les veines est très-variable et beaucoup moins prononcée que dans les artères ; dajis les veines voisines du cœur, elle atteint le dixième ou le vingtième de celle des artères correspondan tes. Elle diminue quand on se dirige vers lt cœur droit, et si l'on comprime quelques veines, on augmente la pression dans les branches voisines restées libres. Pendant l'inspiration, elle s'affaiblit dans les veines voisines du thorax, tandis qu'elle y augmente pendant l'expiration ; elle est même négative pendant l'inspiration, c'est-à-dire qu'elle ne fait pas équilibre à celle de l'atmosphère ; il en résulte que, pendant ce temps respiratoire, le sang ne coule pas d'une veine blessée dans le \oisinagc du cœur, mais qu'au contraire l'air y est aspiré.

La structure des capillaires sanguins n'est pas encore suffisamment connue : les uns prétendent que ces vaisseaux sont formés de cellules à noyau, aplaties, solidement unies et plus ou moins fusiformes ou polygonales (cellules musculaires, endothélium), entre lesquelles il

!»» NOÏ ;VKAlTX- ÉLÉMENTS DE IWTHOUMilE tîÉNKKAI.K

existe probablement des ouvertures (stomates), arrondies ou elliptiques, plus ou moins nombreuses et dont le diamètre varie sans doute avee celui du vaisseau. Les autres admettent que la membrane de> capillaires n'est pas composée de cellules, mais constituée par une substance molle et probablement perméable aux globules rouges et blancs (tubes protoplasmatiquesi : quoi quii en soit, la substance de> jeunes \ aisseaux esl susceptible de contractions actives. — Voyez plu> bas pour ce qui concerne la membrane adventice des capillaires.

En première opinion est défendue par Ilo\cr, Aeliv, Auerbaeh, kbcrl, Cohnheiin, elr., qui s'appuient sur des recherches faites sur des animaux morts, à laid*' de sels d'argent, tandis «pie la seconde a été émise en premier lieu par Strieker {h* . cit.), et se rattache, à des expériences faite* sur les animaux vivants.

Il n'est pas possible de mesurer le degré de pression sanguine dans les capillaires ; on ne peut que l'estimer d'après le volume des vaisseaux et la quantité de transsudatiou ; elle suit d'ailleurs les oscillations de la pression sanguine générale. Elle s'é|è\e en outre quand la résistante diminue dans les vaisseaux afférents et augmente dans les vaisseaux efférents.

La \itesse de la circulation présente dans chaque espèce de vaisseau des différences constantes et que l'on peut constater directement en observant le cours du saiu* sur un animal vivant (niésentère, etc.). (l'est dans les artères qu'elle est le plus grande; elle est moindre dans les veines et surtout dans les capillaires; dans ces derniers, elle est probablement soumise, d'ailieurs, à des variations diverses, normales ou accidentelles.

Il esl certaines circonstances extérieures qui favorisent ou entravent le cours du sang, surtout en agissant sur les veines.

La pesanteur exerce sur la circulation une influence tantôt favorable, tantôt défavorable, selon qu'il s'agit des veines descendantes ou ascendantes. En général, l'action de la pesanteur esl défavorable; elle entrave la distribution uniforme du sang et en favorise, l'accumulation dans certaines parties du corps. Ainsi les personnes qui sont habituellement dans la station debout présentent souvent des dilatations veineuses aux membres inférieurs. — C'est un phénomène de même nature qui se produit chez certaines personnes, quand elles passent brusquement de la position horizontale à la position verticale, phénomène qui consiste en défaillances, et qui peut s'observer chez des hommes sains et robustes, mais surtout chez les malades et les convalescents.

La pression extérieure agit d'une fa<;on notable sur la circulation, car les vaisseaux, aussi bien dans les cavités du corps qu'à la superficie et dans la profondeur des membres, y sont continuelle-

ment soumis. Cette action est presque nulle sur les artères, tandis qu'elle est très-marquée sur les capillaires et spécialement sur les veines. -Une pression exercée sur une veine a pour résultat le refoulement du sang qu'elle contient vers le cœur, car, dans la plupart de ces vaisseaux, le reflux en sens contraire est rendu impossible par les valvules. Une semblable pression, si elle n'est pas permanente, peut parfois venir en aide à l'action du cœur ; telle est celle qui est produite par les mouvements musculaires des extrémités. Mais une pression constante comme celle qui résulte d'une accumulation de fèces, de bandages, d'exsudats ou de tumeurs, doit entraver la circulation veineuse, sauf peut-être dans le cas où cette pression fait disparaître des dilatations vasculaires. Quand la pression est élastique, comme celle des gaz intestinaux, elle n'est nullement nuisible : si, en effet, elle apporte un certain obstacle à l'afflux du sang dans les artères et à son passage dans la veine-porte à travers les capillaires, elle favorise d'un autre côté le cours de ce liquide de la veine-porte vers les veines hépatiques. Il faut ajouter à cette pression celle qui est exercée sur la circulation abdominale d'une manière intermittente, par le diaphragme et les organes abdominaux sous l'influence des mouvements respiratoires. — Une diminution de la pression extérieure, telle que celle qui se produit dans l'ascension de hautes montagnes, lors de la ponction de l'ascite et du globe de l'œil, sous la ventouse, etc., doit favoriser la dilatation des vaisseaux et ralentir la circulation.

Tous les vaisseaux, même l'aorte et la veine-cave, se dilatent sous l'influence de la chaleur et se rétrécissent sous l'action du froid : celui-ci occasionne d abord une contraction énergique des muscles vasculaires, à laquelle succède un engourdissement par surexcitation. — L'action du froid et celle de la chaleur sont indépendantes des nerfs vasculaires.

Recherches de Hastings, Schwann, 0. Weber.

Toutes ces circonstances offrent une grande importance relativement à la circulation dans les cavités du corps.

Dans la cavité thoracique, l'inspiration favorise notablement l'afflux du sang veineux dans le cœur; l'expiration, au contraire, n'exerce aucune influence si ce n'est lorsqu'elle est difficile : elle agit alors dans un sens opposé à celui de 1 inspiration. Celle-ci facilite, en outre, la petite circulation : les poumons se distendent et les vaisseaux dilatés offrent moins de résistance au cours du sang. Quand l'expiration est prolongée, par exemple dans l'emphysème pulmonaire, l'afflux du

182 NOt'YE.U'X ELEMENTS I>E PATlKlI « »i;ik GKNÉRAL .

san«j veineux; dans le thorax est entravé, les veines du cou segoiillrnt et la face se cyanose ; la même stase se produit naturellement dans le* vaisseaux cérébraux. A mesure que l'élasticité du tissu pulmonaire diminue, la pression de l'air augmente dans les poumons et rend plus diflieile le cours du san^à travers ces organes.

L'influence de l'inspiration est importante à considérer dans les lésions «les jrros-e* veines voisines du thorax; car l'extrémité centrale de ces veines aspire l'air pendant l'aspiration, et il peut en résulter des troubles circulatoires très-graves, méin» la mort.

Les variations de la quantité de sanjj (pie renferme la cavité crânienne sont maintenant démontrées, (liiez les enfants, où les os du crâne sont mobiles, les sutures larges et les fontanelles ouvertes, on peut voir et sentir le cerveau s élever dans l'expiration et s'affaisser dans l'inspiration ; il est même possible dans certains cas de constater une pulsation de la masse encéphalique. Mais, quand le crâne e>t fermé, il devient pins diflieile de comprendre la possibilité d'une anémie et d'une hyperémie de son contenu, dépendant on peut constater sur des cadavres d'adultes et dVi liants les degrés les plus divers d'anémie et d'hyperéinie cérébrale. D'un autre côté, les grande* bémorrha^ies, les tumeurs, etc., ne pourraient pas se produire dans le cerveau, s'il ne leur était pas possible de se faire place dans la cavité crânienne. Knlin on a directement observé les degrés extrêmes de réplétion vasculaire en plaçant un morceau de verre dans une couronne de trépan appliquée sur le crâne d'un animal vivant, et en examinant alors la pie-mère au microscope.

D'une manière générale, on doit concevoir le crâne comme une cavité clo>e et inextensible, d'une capacité constante. Cette ca\ité est remplie pur trois substance* : le cerveau avec se* membianes, le liquide cérébro-spinal et les vaisseaux. Le cerveau doit être considéré comme à peu près incompressible, et les plus légères tentatives de compression peinent en altérer les Innetions. Ouaiid nous admettons une compression du cerveau dans les ca< où des héinorrhajios, i\o* exsudât* ou des tumeurs dépriment la masse encéphalique, nous devons bien nous convaincre qu'il ne peut être question, dans les cas chroniques, que d'atrophie cérébrale, et. dans les cas ai^us, de rétrocession des parties mobiles : ce ne peut être ijue le liquide cncéplialorachidieu qui se déplace quand le samj afllue en masse, soit qu'il rentre dans la circulation, ce qui est à peine admissible à cause de la forte tension que subissent les vaisseaux ; >oit qu'il soit refoulé vers le canal vertébral; celui-ci, en effet, e*t susceptible d'une légère dilatation, en raison de l'élasticité des ligaments intervertébraux et de la possibilité d'une déplétiou rapide des veines de la moelle. Il n'exige pas pour le cerveau, comme pour la moelle, un espace sous-arachnoidien continu: ou y trouve plusieurs espaces plus ou moins grands ipii ne communiquent pas toujours les uns avec les autres. Les plus grands de ces espaces, situés entre le cervelet et la moelle allongée, sous le pont de Yaivle, sous les pédoncules et dans ta

scissure de Sylrius, etc f communiquent avec l'espace sous-arachnoïdien vertébral, tandis que les plus petits, correspondants aux sillons, communiquent souvent entre eui, mais non avec les plus grands. Cette fonction du liquide cérébro-spinal est également accusée par le lait que' dans les autopsies, la quantité du sang renfermé dans le cerveau et celle de ce liquide sont en rapport inverse. Néanmoins il faut admettre que les modifications quantitatives de la masse sanguine se produisent beaucoup moins facilement dans la cavité crânienne que dans les autres organes.

C'est Donders qui a institué ces expériences ; sous l'influence de l'augmentation de la pression eipiratoire, un vaisseau de 0,04 millimètres de diamètre s'est dilaté jusqu'à 0,14, et celui de 0", 07, jusqu'à 0,16 ; sous l'influence de soustractions snnguines rapides, les vaisseaux se sont réduits de 0,46 a 0.38, de 0,41 à 0,29 et de 0,18 ii 0,14. — Ackermann a répété ces expériences relativement à la mort par asphyxie, et il a trouvé que, contrairement aux idées reçues, il se produisait dans ce cas de l'anémie cérébrale (Virch. Arch.% XV. p. 401).

La présence du liquide cérébro-spinal ..la marche tortueuse des quatre grandes artères de l'encéphale avant leur entrée dans le crâne, leurs anastomoses et le fait que tous les vaisseanx se divisent en fines ramifications dans la pie-mère en dehors du cerveau, ont pour conséquence de ne faire affluer le sang dans la substance cérébrale et médullaire que sous une pression relativement minime et de ne lui faire subir que modérément les oscillations périodiques du pouls. II faut tenir compte, en outre, des espaces lymphatiques périvasculaires qui communiquent avec les espaces pêricérébrnux, et par l'intermédiaire de ceux-ci avec les vaisseaux lymphatiques de la pie-mère (flfts. Ztschr. f. wiu. Zool. XV, p. 127).

D'après Liehermeïster {Prag. Vjhrschr., 1864, III. p. 31), la fonction principale de la glande thyroïde consisterait à régulariser l'afflux du sang vers le cerveau ; la section des quatre artères thyroïdiennes est presque équivalente, dans son ensemble, à celle des artères qui alimentent le cerveau, et cette glande reçoit son sang, comme l'encéphale, de chacun des quatre gros troncs destinés à la moitié supérieure du corps.

L'état de la circulation dans l'abdomen, et spécialement dans la veine-porte, est essentiel à étudier au point de vue des hémorrhoïdes, des stases et de la pléthore abdominales, etc. Les obstacles qui s'opposent au cours du sang peuvent facilement et rapidement agir, à cause de l'absence de vnlvulcs dans la veine-porte, sur les dernières ramifications de celle-ci (veines hémorrhoïdales, etc.); mais aussi l'équilibre peut être aisément rétabli, et un flux hémorrhoïdaire suffit à faire diminuer rapidement dans tout le système, la pression latérale exagérée. Le gonflement de la rate pendant la digestion s'explique d'une façon analogue : le sang, en effet, s'accumule dans la veine liénale, parce qu'à ce moment les branches intestinales et gastriques de la veine-porte sont plus remplies. — La circulation de la veine-porte, ralentie par l'éloigncment du cœur et par le passage du sang, à travers un second réseau capillaire dans le foie, est favorisée par l'action des mouvements respiratoires, par la tension des gaz intestinaux et la pression des muscles abdominaux.

G. E. Stahl, dans son écrit : de Vena portœ, porta malorum hypochondriaco-

IX* .NOKYKAl X KLKMI-.NTS DK PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

*l>lrn<'tir(i-siiff()cativt)-hifstt'rico-h;e)n(>rrhni<lariorum. Halle, 1 f » ! * 8 , a donné le» bases de l'histoire des aiïei -lions do la veine-porte. H parlait du principe, aujotinriiiii abandonné, que, dans les branches de la veine porle, dépourvues de valvule* , l> sa ni» peut être déplacé par une espèce de mouvement périslaltique des parois Tabulaires et s'accuinnler ainsi dans l'estomac, dans la rate, dans les intestins, etc.

h'après laidwi^, le cours du saïui se ralentit considérablement dans les veine* hépatiques, quand on suspend le foie sous une cloche de verre et qu'on au*:meul»lé^èreiuenl, au moyen d'une pompe foulante, la pression atmosphérique à la suri jkde l'organe.

Los vaisseaux lymphatiques les plus volumineux ont la même structure élémentaire que les petites veines : une membrane interne élastique, recouverte d'une eouehe épithéliale et munie de valvules, une membrane moyenne, musculeuse, et une adventice.

l/oriuine des vaisseaux lymphatiques n'est pas encore bien connue, h'après les uns, ils commencent partout sous forme de tubes, fermés a parois minces : capillaires lymphatiques ; d'après les autres, ils prennent leur origine dans les cuualicules lymphatiques, lesquels sont constitués par des lacunes très-petites, situées dans les tissus, surtout dans le tissu oonjonctif, dépourvues de membrane propre et ordinairement remplies de liquide, (les lacunes s'agrandissent peu à peu, et se transforment en vaisseaux lunphatiques très-lins: les capillaires lymphatiques, qui possèdent un revêtement épithêlial, mais pa> encore de paroi propre. Ils ressemblent aux capillaires sanguins, mais ils sont plus nombreux, beaucoup plus larges et leur paroi est plus délicate ; aussi ne les aperçoit-on en i^néral que lorsqu'ils sont naturellement ou artiliciellement injectés, ou bien dans leurs maladies, ou lorsque le> cellules qui les constituent sont rendues \isil>lr> par l'action de Tardent nitrique. Ils forment habituellement des rocaux qui accompagnent les vaisseaux sanguins, ou bien des culs-de-sae qui ne >e réunissent que plus tard en réseau. Parfois ils constituent une ^ainc qui uitoure le capillaire sanguin, c'est-à-dire qu'ils >ont :itue> entre la i::embratie propre de celui-ci et l'adventice; il re>ulte vie «otte disposition que les capillaires sanguins sont séparés al m< dis element> de* t is>u> par .-.>/ c-<p ce lymphatique.

le> membranes séreuses * omniuniqui nt nianifesteinent avec le* \ai>M\m\ Uniphatiques. l'olto cMumunuation s'établit par l'intermédiaire de petite* . i:\rrtut es r. Mutes, qui absorbent et transportent dans les hmphat.qm*. après latr.iut i-Mv.me pend. a. t la>ie, non-seub m-, nî les ! quidts aqueux et aux q*i ne sont p s miscibles à l'eau liu.li , iv i> eiu ou île* i .»: p> * .■'. ;.:;>. svot que u u\-\i puissent se inoditur dans .air ù t:i.t ^buvilc* ...; a t et du mil , soit qu'ils restent

inaltérés (encre de Chine, cinabre). A l'état normal, ces ouvertures absorbent, non-seulement les liquides, mais les globules lymphatiques qui prennent probablement naissance dans les séreuses mêmes.

Les données précédentes sur la naissance des lymphatiques et sur leur communication avec les séreuses, déjà admises par Mascagni, nous ont été fournies par von Recklinghausen, qui en a fait la démonstration par la méthode à'argentation et par l'expérimentation. Relativement au premier point, il règne encore beaucoup de dissentiments parmi les auteurs, et les rapports des radicules lymphatiques avec les corpuscules du tissu conjonctif sont encore très- obscurs : Recklinghausen place dans ses canalicules lymphatiques, des cellules sans prolongements qu'il nomme corpuscules du tissu conjonctif. Les lymphatiques, du reste, n'ont pas encore été trouvés dans tous les organes. — D'autres travaux impôt tants sur ce sujet ont été exécutés parLudwig et ses disciples, Schweigger-Seidel, Frey, His, Œdmanson, etc. — Dybkowsky (Sitz. d. Sâchs. Acad., 1866), a découvert sur les régions intercostales de la plèvre, une couche superficielle et une couche profonde de vaisseaux lymphatiques, communiquant Tune avec l'autre, et la première avec la cavité pleurale. Les lymphatiques manquent dans les régions périoetales de la plèvre.

Le cours de la lymphe vers le système veineux se fait très-lentement et sous une faible pression. Les forces qui la font progresser sont, outre la cause première de la sécrétion lymphatique, l'aspiration du thorax et la contraction des muscles qui entourent les vaisseaux lymphatiques.

La cause de la sécrétion de la lymphe est la différence de pression qui existe dans les capillaires sanguins et les espaces lymphatiques. Si on fait lu ligature de tous les troncs lymphatiques du testicule en n'en épargnant qu'un seul avec l'artère spermatique, un rétrécissement modéré du plexus pampiniforme produit un écoulement de lymphe plus considérable que lorsque le cours du sang veineux n'est pas entravé. Quand la pression artérielle est réduite à son minimum, la lymphe cesse généralement de couler.

L'influence des nerfs sur le système circulatoire donne lieu aux remarques suivantes :

Les nerfs du cœur proviennent de la portion cervicale du grand sympathique et du pneumo- gastrique (aussi bien du tronc de celui-ci que du nerf récurrent), qui forment ensemble le plexus cardiaque. Le nerf vague est le modérateur, et le grand sympathique l'excitateur des mouvements du cœur. — La section du pneumo-gastrique au cou détermine l'accélération des pulsations cardiaques qui peuvent être plus que doublées; une irritation modérée, mécanique, chimique ou électrique, de ce nerf a pour conséquence la diminution des contractions du cœur, et une forte irritation, l'arrêt complet de cet organe à l'état de diastole. L'irritation de la moelle allongée ou de la

IKii NOUYEAIX KLEMENTS I)K PATHOLOGIE (ÎENERAI.E.

portion supérieure de la moelle cervicale, produit le mémo effet que eelle du nerf va^ue. On obtient des résultats moins positifs par l'irritation ou la section du grand sympathique ; celle-là produit ordinairement une accélération dos mouvements, tandis (pie celle-ci a pour conséquence un ralentissement durable du pouls; parfois cependant elle est sans action.

L'irritation du nerf \a:juet qui existe à l'état permanent chez les animaux à saiu: chaud, ost de nature rélloxe (bVrnslein). Ou peut encore irriter le pneumo-uastrique par voie réflexe, ru excitant mécaniquement (parla peirussion) les viscère aho!ouiiuau\ chez la i:reuouillo((ioltzt, peut-être aussi dauscertains cas chez l'homme, ou bien différents nerfs de la sensibilité (Lo\en). ainsi que le cordon abdominal H cervical duiirand sympathique,

I ne branche du nerf xauue, découverte par Ludxxii; et (!yon, et (pli provient souvent du larvujjé supérieur, le Herfdéprcsscur, diniinue probablement, quand le cauu est trop plein, les obstacles qui s'opposent à l'cxacuation du sanjj. Eu effet, l'irritation île sou bout central a pour résultat la dilatation des vaisseaux et rabaissement de la pression sanguine l/excilation de l'extrémité périphérique, «le même que l.i section du nerf, est sans influence.

l/inlluenee des nerfs sur les vaisseaux consiste en ce qu'ils maintiennent les libres musculaires des parois artérielles dans une contraction tonique permanente, de telle sorte que la distension des vaisseaux par la pression du saut» rencontre une résistance active. C'est le^rand sympathique qui exerce cette action. Après la section de ce nerf au cou, la tension des parois va<rulaires se relâche aussitôt: le saiiLi; dilate les altères et ensuite les cqullaircs du e dé correspondant de la tète, et passe à travers ces derniers avec une telle rapidité qu'il conserve l'aspect du saiu: artériel, le mouvement nutritif n'augmentant pas en raison de la masse de ce liquide : et, comme la ré>istaneo îles parois artérielles a diminué, les pulsations se font sentir dans les capillaires et même dan* les xcines : il en résulte de la routeur et une ele\aliou de température de T» à (>• C. Au contraire, 1 irritation du nanulion ceivical supérieur a pour eon>équence le rétréci^ement, plus lent, il e>t vrai, de ces \ aisseaux, île la pâleur et un abaissement de température : cette action nerveuse se traduit à l état physiologique par la routeur de l'émotion et par la pâleur; os deux causes n'exercent aucune action sur les \eines. La différente de température qui existe entre le cùté sain et le côté malade dispai ait chez l'animal place dans les condition* ordinaires; niais des mouxemenls violent^ la reproduisent. (".'e^t dans le froid, dans les pertes de sani:, dans l'agonie, en un mot dans tou> les états d'affaiblissement de l'animal, que cette dillerence se manifeste le plu< nettement.

Cette propriété du grand sympathique, également importante pour la physiologie et pour là pathologie, a été découverte par Dupuy (1816), et surtout par C. Bernard (1849 et 1852), puis confirmée par Budge, Waller, Brown Séquard, Schiff, v. de Becke-Callenfels, Dondcrs, etc. — D'après Bernard et d'autres auteurs, cette in* fluence sur les vaisseaux dérive d'une activité propre du grand sympathique, indépendante du cerveau et de la moelle; d'après Budge et Schiff, au contraire, le cerveau et la moelle constituent la source première de cette influence. Cette dernière opinion est en partie confirmée par la rapidité d'action des émotions morales, dans la rougeur par exemple.

(Test probablement la moelle allongée qui renferme l'organe central des nerfs vasculaires : son irritation, tandis que la moelle et te grand sympathique restent intacts, a pour résultat de rétrécir toutes les petites artères et d'augmenter consécutivement la pression sanguine dans les troncs artériels. Cette irritation est probablement exercée d'une manière continuelle par l'acide carbonique du sang. — La section de la moelle à la région cervicale fait disparaître cette tonicité vasculaire, qui peut être aussi déprimée et même abolie par voie réflexe : dans tout le système vasculaire, par l'irritation du nerf dépresseur, et localement, dans un territoire artériel, par celle des nerfs sensibles de la région correspondante. Cette dernière excitation réflexe s'effectue d'une manière constante dans l'organisme sain : une irritation légère des nerfs sensibles produit un rétrécissement, et une irritation forte, une dilatation des artères correspondantes.

Les nerfe vasomoteurs marchent rarement isolés ; ils sont souvent accompagnés de libres sensibles ou motrices, auxquelles ils restent accolés dans une étendue variable, et qu'ils abandonnent ensuite pour se distribuer aux vaisseaux. — Nous ne possédons encore que des notions fort incomplètes sur la distribution de ces nerfs dans les diverses régions et les- divers organes du corps; à la tète, ils accompagnent' habituellement le trijumeau ; quelques parties toutefois sont animées par la branche cervicale du sympathique et par le facial. Les nerfs vasomoteurs des extrémités supérieures (peau, muscles) émergent de la partie inférieure de la moelle cervicale et se rendent à la portion thoracique du sympathique par les racines antérieures et les branches communicantes. Ceux des extrémités inférieures sortent de la moelle pour aboutir à la portion pelvienne du sympathique, et ceux des viscères abdominaux suivent les nerfs splanchniques.

Toute action sur le calibre des vaisseaux dérive directement du grand sympathique, ou bien, par voie réflexe, des nerfs sensibles. — La cause de l'irritation, comme celle de la paralysie, peut être périphérique ou centrale.

!*■< NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE l'\TH()l OGIE C.fciKRALE.

L'action s'exerce sur une étendue plus ou moins grande d'aprè» k' point de déport (\ny.plus haut). L'action dilatatrice d'un nerf sensible ne s'étend pas, en général. au delà du territoire de ce nerf.

L'existence de nerfs dilatateurs particuliers iHernard) n'est pas encore bien vUblie. L'irritation des nerfs crigciils dans le pénis et celle des libres cérébro-spinale dans les glandes salivaires ont pour résultai l'engourdissement des artères.

Nous ne connaissons rien relativement aux nerfs des veines. Les capillaires sont dépourvus de nerfs.

D'après Uollz (Virch. Arch., XXIX, p. Ô1U), il existe pour les veines une tonicité qui, comme celle des artères, est sous la dépendance des centres nerveux. La paralysie de la tonicité, dans un grand territoire vasculaire, produit, par voie purement mécanique, un affaiblissement de la fonction du cœur. La destruction du ceneau et de la moelle abolit la circulation après un certain temps, parc»' que l'extinction de la tonicité vasculaire paralyse l'activité du cœur. Mais si l'on conserve seulement la moelle allongée ou la moelle, la tonicité reste suffisante. C'est en grande partie par l'intermédiaire de celle-ci que la circulation se rétablit après les grandes perte»» de sang.

Nous ne connaissons (pie peu de chose relativement à l'influence des nerfs sur les vaisseaux lymphatiques; on sait seulement que l'irritation des nerfs accélère le cours de la lymphe, mais qu'elle ne peut jamais le produire.

La section du sympathique du cou, qui augmente la rapidité et l'énergie de Li circulation dans les capillaires, mais qui diminue aussi le frottement dans ces xai->seaux en échauffant les tissus, accélère dans quelques cas la sécrétion de la lymphe ; parfois elle est sans action. (Juund on fait rougir la peau en injectant de la teinture d'opium dans les \eines, on observe souvent, en même temps qu'une diminution de pres>ioudausla carotide, une augmentation dans récoulementde lu lymphe (Ludwigi.

Dans ces derniers temps, on a révoqué en doute l'opinion généralement admise d'après laquelle les artères et les veines communiquent partout par l'intermédiaire des capillaires, sauf dans les corps caverneux de.s organes génitaux, dans la rate, lu placenta utérin et la choroïde. 11 semble en effet exister, aussi bien dans les parties extérieures que dans les organes internes, un double mode de communication des artères avec les veines; d'abord la circulation capillaire qui constitué le mode de circulation général, profond ou interstitiel, chimique ou fonctionnel, nutritif : ensuite la circulation dérivative, mécanique ou directe, qui établit une communication immédiate des artères avec les veines sans système capillaire. Les petites artères qui servent à ce second mode de circulation ont une épaisseur de 0,1 millimètre environ et sont pourvues de libn s musculaires organiques ; elles sont tellement contractiles que la lumière peut en élre complètement oblitérée, et elles possèdent des nerfs vasoinoteurs. (le mode de communication a

été démontré en différentes régions cutanées, dans les aponévroses, les articulations, les muqueuses, les muscles, le cerveau, les poumons, et dans quelques organes glandulaires.

Ces faits, importants à différents points de vue pour la pathologie des troubles circulatoires locaux, étaient déjà connus de Leeuwenhoek et de Haller; Dubois (1 841 . ioc. cit., p. 313), Paget {Lond. Ged. Maz., 1850) et Wh. Jones, en ont donné une description plus eiacte. D'après Virchow {Arch. XII, p, 310), une partie du sang des reins passe directement des artères dans les veinée tandis que l'autre partie traverse les corpuscules de Malpighi. — Cl. Bernard (Allg. Wien. med, Ztg., 1860, n* 40-42) admet deux espèces de capillaires : les uns, relativement gros et constituant la voie principale de communication ; les autres, très-minces, qui inondent chaque cellule de liquide, et forment dans chaque organe le réseau vasculaire nutritif. Dans le foie, par exemple, quelques branches de la veine-porte s'anastomosent avec les veines de la surface de cet organe et versent le sang dans la circulation générale sans le concours des capillaires. On trouve dans la rate des anastomoses directes entre les artères et les veines, et, en outre, un système capillaire qui constitue un diverticulum favorisant le séjour du sang dans cet organe. 11 existe dans tous les organes des vaisseaux qui retiennent le liquide sanguin, et d'autres qui le laissent passer. On ne doit pas croire, en conséquence, que tout le sang qui traverse un organe, tel que le rein, le foie, etc , serve à la nutrition de celui-ci ; û n'y a qu'une certaine partie de ce liquide qui soit utilisée à cette fonction ; l'autre traverse les tissus sans subir de modification, et accomplit seulement le phénomène mécanique de la circulation. — Sucquet (Bulletin de VAcad., XXVI, p. 825, 1861. — D'une circulation dérivative dans les membres et dans la tête chez l'homme, 18t>2), a trouvé que de larges communications existent entre les artères et les veines en certaines régions de la peau, des membres et de la tête. Aux extrémités supérieures, par exemple, on rencontre une double circulation; l'une profonde, nutritive, continue et presque tout à fait uniforme, et l'autre superficielle, réellement dérivative : ces deux modes de circulation se continuent sans interruption, mais le dernier se modifie d'après la masse du sang qui circule, d'après l'énergie et la fréquence des battements du cœur,' et d'après l'action des nerfs vasomoteurs, tandis que le premier ne subit que de légers changements. A la tête, le système artériel trop rempli peut se décharger dans les veines par l'intermédiaire de vaisseaux artérioso-veineux, de manière à maintenir la régularité dans la circulation capillaire proprement dite. Le sang des artères de la cavité crânienne se déverse dans les veines frontales et angulaires par l'intermédiaire de branches cutanées de l'ophthalmique, tandis que l'œil s'injecte. Les communications des artères labiales, nasales, palpébrales et auriculaires permettent la dérivation du sang, quand Sa faciale, la maxillaire interne et la temporale sont trop remplies. — Cette communication des artères avec les veines s'effectue de différentes façons : O. Weber [loc. cit., p. 86) a observé dans les muscles, la peau, la cerveau, les poumons et la rate, des anastomoses directes de branches artérielles avec les branches veineuses, en même temps que des capillaires larges et étroits. — Beaucoup d'auteurs considèrent tout ce qui précède comme non démontré.

Dans ces derniers temps, les globules du sang, spécialement les globules blancs, ainsi que la fibrine, ont acquis une importance pathologique considérable.

Pendant le passage du sang à travers les capillaires, ce ne sont pas

1 Vt U NOIYLU \ KLKMKNTS HE FATllOl .OlilK CKNÉP.AI.E.

seiilemciit les princi|ies liquides qui pénètrent dans l'intimité dos tissus à travers les parois dos vaisseaux pour rentrer ensuite dans ceux-ci, niodiliés dans leur composition, mais très-probablement aussi les globules rouges et surtout les globules blancs : ceux-ci, en effet, passent à travers la paroi des capillaires à l'état normal, pour arri\er dans les tissus oudans les vaisseaux lymphatiques, mais seulement dans les endroits où le courant sanguin se ralentit : ce phénomène s'effectue sans lésion des vaisseaux et d'une manière qui nous est encore inconnue. Les globules rouges extravasés rentrent pour la plupart dans la circulation par les vaisseaux lymphatiques. Les globules blancs constituent exclusivement, ou du moins en grande partie, lescorpusculcs conjonctifs mobiles ou migrateurs des différents tissus, les corpuscules muquoux, les globules salivaires, ceux des cavités séreuses, etc., et ils rentrent probablement presque tous dans la circulation par la même voie que les globules rouges. Il existe donc, pour les principes liquides, comme pour les globules du sang, une double voie de retour des capillaires vers le cœur : les veines et les vaisseaux lymphatiques.

Voy. Stricker cl lleriug [lue. cit.).

Sous rinflnence de diverses conditions occasionnant une hyperémie congestive, lYxtravasation des globules blancs augmente considérablement et il y a formation de pus : les (/lobules de pus sont pour la plupart des globules blaucs du saut/ extravasé.

Ce lait, récemment déeouverl par (lolmheim ( \irch. Anh., XL, p. i), modifie essentiellement les idées actuelles sur la suppuration. — Voy., sur ce sujet, le> chapitres sur YonjanimlioH et la suppuration.

Les globules blancs qui, après la mort, possèdent des propi iétés très-connues, offrent en outre, pendant la vie, une particularité d'importance égale pour la physiologie et la pathologie ; ils .sont contractiles et peuvent, en conséquence, recueillir des substances étrangères qu'ils abandonnent ensuite ou qu'ils emportent dans leur marche.

La contractilité des ".-lobules blancs du sam» et des globules du mucus, des corpuscules mobiles du tissu cellulaire et des globules purulents, peut être constatée expérimentalement dans l'animal vivant (sur la membrane. natatoire et le mésentère des grenouilles, et sur le mésentère de quelques mammifères), ou bien sur des parties animales récemment enlevées i tissu cellulaire, cornée), ou enfin dans les liquides qui renferment ces globules, et que Ton examine à l'état frais dans des menstrues convenables (liquide de transsudation na-

turelle, solutions faibles de sucre et de sel marin, etc.), et si c'est possible sur l'objectif échauffé. Ces globules ne sont pas ronds; ils présentent un nombre plus ou moins grand de dentelures de longueur et de forme variables ; chaque globule change constamment de formé : en effet, il se développe rapidement, à sa surface, des appendices minces et filiformes, isolés ou groupés, qui s'élargissent ensuite à leur base et attirent à eux une partie de la substance de la cellule ; quelques-uns d'entre eux se rétractent et disparaissent sans laisser de traces. Tantôt ces appendices, au nombre de dix ou vingt, se montrent sur toute la périphérie du globule, tantôt ils se groupent en faisceaux de trois à six en un ou plusieurs points. Ces prolongements peuvent ensuite se ramifier et s'entrelacer de manière à former une masse plus ou moins grande. Ces globules renferment des noyaux, qui ne deviennent appréciables que par les réactifs ; ils. contiennent en outre des molécules graisseuses et pigmentaires, qui se déplacent sous l'influence des mouvements de la cellule {mouvement moléculaire) et sont le plus marqués au point d'émergence des prolongements.

On constate ces changements de forme des globules aussi bien dans la substance intercellulaire liquide (humeur aqueuse, membranes séreuses), que dans les tissus solides (cornée,* tissu cellulaire en général) ; la marche de ces globules à travers ces milieux est très-tortueuse. Leur progression s'exécute de la manière suivante : le corps de la cellule se porte vers le prolongement, de sorte que l'extrémité arrondie opposée à celui-ci s'en rapproche, et un nouvel allongement de l'appendice détermine un rapprochement nouveau du corps de la cellule. Cette migration s'effectue ainsi qu'il a déjà été dit, nonseulement dans les fissures et les lacunes du tissu conjonctif, mais encore à travers les parois des vaisseaux capillaires et des petites veines. En raison de leur contraclilité, les globules dont nous partons peuvent recueillir et emporter avec eux des corps étrangers, tels que le carmin, le cinabre, les globules de lait et les globules rouges du sang.

Wh. Jones, Davaine, Kobin, Ecker, Lieberkuhn, Hackel ont constaté la conirac- Ulilé cellulaire animale dans les globules blancs du sang des animaux supérieurs et inférieurs; Busk et Huxley* Lieberkuhn, Virchow, Recklinghausen, Œhl, Cohnheim, dans les globules de la lymphe» du laït, du mucus, dans les cellules de la transsudation des séreuses, etc. ; Stricker, dans- les vitellus des grenouilles; Brticke, Virchow. Loth* Meyer, Wittich, Busch, dans les cellules pigmentaires; Huxley et Kolliker, dans les cellules non pigmentées du tissu gélatineux des nnimaux inférieurs, Virchow, enfin, dans les cellules de l'enchondromei Mais c'est Recklinghausen qui a démontré le premier l'existence constante et l'importance patholo-

IIW NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE (JÉNEHALE.

gique de celte propriété, notamment dans les globules du pus. L'absorption de corps étrangers par ces globules a été constatée d'abord par Ilackcl, ensuite par Reckliughausen et d'autres, ensuite par Preyer pour les globules rouges du sang.

M. Scbult/e (Arrli. f. mirr. AnaL, I, p. 1) a démontré, par l'observation directe, qu'une élé\ation de température accélère et accroît les mouvements de la matière protoplasmatique dans les globules blancs.

Binz (Arch. f. mirr. Anal., III, p. 580) a trouvé que la quinine exerce une action toxique très-prononcée sur les mouvements du protoplasma, surtout dans le* globules blancs.'— Scbarrenbroieb (Med. Cent., 18f>7. N. 72) a vu la migration des globules blancs dans le mésentère de la grenouille se ralentir considérablement quand il étendait sur celte membrane, ou qu'il injectait dans sa substance, une solution de quinine, mais à des doses plus élevées que celles qui sont usitées eu thérapeutique

Rotb (Virch. Arch., XXXVI, p. 145) fait ressortir la grande analogie que présentent, relativement à leur réaction chimique, les liquides ou les tissus dans lesquels ou a observé les phénomènes de inutilité proloplasmatique : ils sont presque généralement alcalins, rarement neutres et jamais acides. 11 est probable que cette propriété chimique est nécessaire pour que la matière albuminoïde (myosine de Kuhn), (pli permet la îiunifeslalion des phénomènes vitaux, reste en solution.

A. Bottchcr(7b?7/., XXXV, p. 120) met en doute la spontanéité des changements jic forme et de lieu des cellules contractiles : il suppose que les mouvements amîboïdes observés sur le porte-objet sont indépendants de la vie et occasionnés par des influences extérieures .

l>es mouvements amiboïdes et des phénomènes de division cellulaire ont été observés sur les globules rouges du sang, d'abord par Preyer (Virch. Arch., 186-1. WX, p. 420), et ensuite par Rollel, Klebsel Bealc, dans la chambre humide et sur le porte-objet chaud, par Friedreieh (//>/>/., XLI. p. "»9,Yi, dans l'urine sanguinolente, où ils se produisaient probablement sous l'influence de l'urée ; le dernier de ces auteurs a lait la même observation dans deux cas de leucémie. — In grand nombre d'auteurs nient la contraclilité des globules rouges du sang.

Les cames de la coagulation de la fibrine olTrent de l'importance, notamment an point de vue île l'hydropisie et de l'inflammation.

La fibrine se coagule d'abord parce qu'elle cesse d'être en contact avec des parois vasculaires vivantes, et ensuite parce qu'une substance intracellulaire, la substance librino-plastique, se combine avec une substance intercellulaire, la substance fibrinoyène : le produit de cette combinaison est la librine. La substance librino-plastique est identique à la glohuline et à la caséine du sérum, et constitue le principe albumineux cristallisable des globules rouges (hémato-crystalliuc, hémato-globuline, hémoglobine), même quand ceux-ci ne prennent aucune part à la coagulation. Le chyle et la lymphe, le pus, le tissu de la cornée, du cordon ombilical et du cristallin, en un mot presque tous les élémentseclluleux, sont dénature librino-plastique; il en est de même des liquides dans lesquels a passé le contenu des cellules, tels que le sérum du sang, les humeurs de l'œil, la salive, la synovie

AKAtOMIB ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GÉNÉhALES. 105

L'albumine de l'œuf, le tissu tendineux et les cartilages ne sont pas fibrino-plastiques. Les liquides fibrinogènes sont ceux qui se coagulent spontanément par l'addition d'une substance tibrino-plastique. Le d'œuf, blanc les humeurs de l'œil, la synovie normale uc possèdent pas non plus la propriété fibrinogène.

Brttcke, par de nombreuses expériences, a démontré que la paroi vasculaire, c esta-dire la membrane interne des y aisseaux sanguins et lymphatiques et celle des séreuses, empêchent la coagulation du sang renfermé dans des 'vaisseaux vivants. Il exposa du sang à l'air atmosphérique pendant quinze minutes, à une température de près de 0°, puis il le versa dans le cœur ou dans les vaisseaux d'un animal récemment tué qu'il suspendit dans un local saturé de vapeur d'eau. Le sang resta liquide pendant plusieurs heures chez les animaux à sang chaud, et plusieurs jours chez les animaux à sang froid. Si, pendant ce temps, on extrayait une goutte do sang du vaisseau, il se coagulait aussitôt, et si Ton introduisait un corps étranger dans celui-ci» la coagulation ne se produisait qu'autour de ce corps.

C'est Àl. Schmidt qui a établi que la fibrine résulte de la combinaison de la substance fibri no-plastique avec la substance fibrinogène.

11 nous est démontré que les globules sanguins renferment la substance fibrinoplastique, d'abord parce que la coagulation commence dans leur voisinage et se propage de là à tout le liquide; ensuite parce que leur action coagulatricc est modifiée quand ils ont été altérés dans leur nutrition, si par exemple, ils ne sont pas suffisamment oxygénés. On doit en conclure que, dans les affections inflammatoires fébriles notamment dans celles des organes thoraciques, et dans la dyspnée, la substance fibrino-plastique ne peut se produire en quantité normale; quand, en même temps, il y a augmentation de substance fibrinogène, l'effet doit encore être plus marque. On sait en effet que, dans ces cas, le sang se coagule lentement.

En général, la coagulation est d'autant plus lente à se produire et le caillot d'autant plus mou, plus gélatineux et moins rétractile, que la quantité de substance fibrino-plastique est moins grande.

La présence de l'acide carbonique retarde la coagulation du sang; il en est de même pour d'autres acides faibles ainsi que pour les alcalis et les sels alcalins. L'oxygène et l'air atmosphérique ne favorisent pas directement la coagulation ; aussi le sang longtemps exposé à l'air conservc-t-il ses propriétés. Ce n'est pas le défaut d'oxygène, mais l'accumulation d'acide carbonique et la diminution de l'action fibrinoplastique qui retardent la coagulation. Si les exsudais restent plus longtemps liquides dans les cavités du corps que lorsqu'ils sont exposés à l'air, c'est que l'acide carbonique qu'ils renferment ne peut s'en dégager.

Le contact avec l'air cl les corps étrangers solides, les degrés élevés de température (jusqu'à 55*) favorisent la coagulation du sang.

Le san* extrait d'un animal une demi-heure après la mort, se coagule toujours beaucoup plus lentement que celui que l'on a retire immédiatement. Cette diminution progressive de la coagulabilité spontanée est normale pour le sang des cadavres, surtout pour celui des asphyxiés.

Le phénomène de la coagulation est purement chimique et ne diffère en rien de la formation d'un autre précipité résultant de la combinaison de deux corps. Kn effet, lorsque la fibrine prend naissance, la combinaison s'effectue d'après les proportions chimiques, et il peut exister un excès de substance fibrino-plastique ou de substance fibrinogène; en outre, une quantité déterminée de globules sanguins ne peut provo-

CdLE KT WAC\En. — TÀTH. GÉK.

101 NOlVIIvl \ ÉI.KMKNTS DK l'Ai IluLOtilE GKNKP.AI.E.

quer la coagulation complète que d'une quantité limité * do suljslnnrc fibrinoirèiir. I>o même ({lie la coagulation du sang est rchrdée par le contact avec les parois \n>eulaires vivantes, de même celle des liquides exsudés esl entra\ée par les 1. ravivants environnants. La coagulation ne se produit dans ces derniers liquides qu'a l.i suite de leur contact avec l'air.

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