Hyperémie
On donne le nom d' hyper émie locale à une augmentation, dépassant les limites normales, de la quantité de sang que renferment les vaisseaux plus ou moins dilatés et souvent allongés d un organe ou dune partie du corps! Il est important d'ajouter : dépassant les limites normales, car, dans certains organes, il se développe en quelques circonstances une hyperémie physiologique que l'on pourrait considérer comme étant de nature pathologique, si l'on ne tenait compte de ces conditions spéciales (hyperémie fonctionnelle) ; c'est ce que l'on observe dans les muscles en action, dans la muqueuse gastrique pendant la digestion, dans la muqueuse utérine pendant la menstruation, et probablement dans le foie, la rate et le pancréas, à certaines périodes du travail digestif, et dans les reins après l'ingestion de boissons abondantes.
Le degré de réplétion des vaisseaux dépend de l'activité du cœur et de la résistance que les parois vasculaires opposent au sang; il se produit une hyperémie quand celle-ci diminue ou que la pression du sang augmente. Mais comme il n'est question ici que d'hyperémie locale, nous n'avons pas à mentionner le renforcement de l'action du cœur et l'augmentation consécutive de la pression sanguine comme causes de congestion, si ce n'est dans les cas où la résistance des artères est affaiblie par une cause quelconque. L'influence des capillaires sur la production de l'hyperémic locale est tout aussi nulle. L' hyperémie locale peut être active ou passive; on donne le nom d'activé à celle qui résulte d'un relâchement des parois vasculaires tel, que la pression sanguine seule suffit à produire une réplétion plus forte des
vaisseaux; de là vient <jue eette hypcrémie prend aussi les n«>m> tYutonique ou de paralytique ; comme elle dérive le plus souvent des artères, on l'appelle également artérielle. L'ancienne dénomination de conyestion a la même syndical ion. On désigne sous le nom d'hypcréniic passive celle qui provient de l'accroissement de résistance d<< vaisseaux, et comme il existe souvent une cause mécanique, on rappelle encore hypcrémie mécanique; d'un autre coté, elle prend Li dénomination d'hvperémie veineuse, parce que cette cause siège fréquemment dans les veines. Les mots stase, stagnation du sanj s'emploient dans le même sens. Dans les dxmx espèces d'hyperéinio, les petits vaisseaux se dilatent ; mais la dilatation est primitive dan>: riiyperémie active et secondaire dans l'hyperémie passive.
]jliyperemie collatérale ou compensatrice est presque toujours active et accompagne l'anémie partielle. Kl le se développe quand le sang, rencontrant un obstacle (ligature, etc.), cherche d'autres voies plus ou moins éloignées. (Voy. p. l!Mi.)
Les di fié ronce s qui existent d'après les causes, les symptômes, etc., entre l'hyperémie active et rh\perémie passive, se manifestent surtout quand on observe l'un»* et l'autre dans le même organe, par exemple dans les reins. Les causes «le Yhtipen*mie rénale active sont les suivantes : la réplétion du svslème vasculaire (ainsi après ringcstiiiii de l)ois>ons alion lanles); Hypertrophie du ventricule gauche; les diurétiques qui agissent probablement par paial\>ie du sympathique, etc.; certains étals spasmodiques; la compression de l'aorte au-dessous des artères rénales, ou bien celle tles artères iliaques, crurales, etc.; la grossesse, les tumeurs. ch\\ enfin les troubles ciiculatoires de* capillaires cutanés dans le frisson de diverses maladies {luiperéntie collatérale), ihins lou< ces cas, la congestion atteint particulièrement les points où le sang a la plu* grande résistance à surmonter, c'est-à-dire les vaisseaux des corpuscules de Malpighi. l/li\persérrélinn nrinaire est le symptôme principal; l'urine est moins concentrée, plus pâle, et son poids spécifique est moindre. Si la pression du sang dans les corpuscules de Malpighi est plus grande encore, les urines deviennent albumineuses, même sanglantes. L7////;e/V7H/V réna le passive se développe dans certaines affections du cœur, dans les cas de rétrécissement «le la veine cave et des veines rénales, dans diverses maladies «les poumons, des bronches et de la plèvre. C'est dans les veines et les capillaires plutôt que dans les corpuscules de Malpighi que le sang s'accumule. 11 faut signaler aussi l'anémie générale qui accompagne souvent cette h\perémie, ainsi «pie la diminution <h' pression du sang dans les artères rénale* cl leurs branches, et la tension de ce liquide dans les capillaires. On observe comme symptômes principaux la diminution de la sécrétion uriuaire, l'augmentation du poids sp«'eiliquc el des principes fixes de l'urine, la présence dans ce liquide d'albumine, «le sang et de cylindres libriueux. On peut constater l'existence des mêmes symptômes dans les expériences correspondantes, telles que la ligature de l'aorte au-dessous des artères rénales; celle des veines rénales ou de la veine cave au-dessus de celles— :*i.
Parfois, dans un organe, riiyperémie suceède à l'anémie : c'est ce que Ton observe principalement dans les cas d'anémie consécutive à
Faction du froid ou à l'irritation du sympathique, et l'on peut en donner une belle démonstration en produisant l'anesthésie de la peau au moyen de l'éther pulvérisé. La cause de ce phénomène réside à la fois dans une modification de l'action nerveuse et dans la fatigue des fibres musculaires lisses.
L'hyperémie active et l'hyperémie passive peuvent être aiguës ou chroniques : la première est plus souvent aiguë, et la seconde chronique. L'hyperémie aiguë «en elle-même est digne d'attention, par exemple dans le cerveau et les poumons; mais elle l'est aussi à cause de ses suites (exsudats séreux, ramollissements, hémorrhagics consécutives). L'hyperémie chronique, de même que les hyperémies aiguës répétées, présente de l'importance à cause surtout des dilatations persistantes qu'elle produit dans les vaisseaux, et des troubles nutritifs des parois vasculaires et des parties environnantes qui en sont la conséquence.
Les symptômes et les conséquences de l'hyperémie diffèrent d'après les tissus. C'est dans les parties extérieures, surtout à la peau et aux muqueuses visibles que l'hyperémie est le plus facile à reconnaître, et c'est dans les organes mous, très- vasculaires et essentiels à la vie, tels que le cerveau et les poumons, que les suites en sont le plus graves. Dans certains cas, on ne reconnaît l'hyperémie que par une augmentation ou une modification des sécrétions, ainsi pour la plupart des muqueuses, les reins, les glandes lacrymales et salivaires. Les symptômes et les conséquences de l'hyperémie de certains tissus, tels que les muscles, les membranes fibreuses et les os, nous sont totalement inconnus.
Sur le cadavre, le diagnostic de l'hyperémie est souvent totalement impossible; car, après la mort, la congestion des parties externes (la peau dans la scarlatine, les muqueuses extérieurcsdansl'érysipèlc,etc ), souvent même celle des organes internes se dissipent complètement ou presque complètement sous l'influence de causes que nous ne connaissons encore que d'une manière insuffisante. 11 n'existe aucun critérium certain pour chaque organe en particulier. Pour porter un jugement sûr, il faut une longue habitude des autopsies, et, dans chaque cas, prendre en considération la masse totale du sang. On admet en général trop souvent l'existence de l'hyperémie sur le cadavre, parce que la plupart des observateurs apprécient surtout la quantité de sang renfermée dans les organes d'après des individus morts anémiques de maladies aiguës ou chroniques. Sur le cadavre, on trouve dans l'organe hyperémié une teinte plus
'j ki MMVKMX KliutNlS I»K l'AIIUUuGlL GÉNKK.UE.
foncée, variant du rouge clair au rouge le plus sombre, avec disparition de la coloration normale. Son volume est augmenté, et il est plus ferme au toucher, quoique en réalité il soit moins consistant ; il est aussi plus lourd, et le sang sort en plus grande abondance de la surface de section. Ouand Thyperémie atteint principalement les capillaires, l'organe présente une coloration rouge uniforme, sans que i on puisse distinguer les vaisseaux à l'œil nu. La forme de l'injection correspond à la disposition des capillaires; ainsi elle est finement ponctuée sur les papilles des muqueuses et dans les corpuscules de Malpigbi du rein, striée dans les muscles, etc. II n'est guère possible île reconnaître si l'injection existe dans les petites artères ou dans les veines, si ce n'est peut-être à la teinte bleuâtre de la congestion veineuse. Quand ce sont les petites altères et les petites veines qui sont gorgées de sang, la surface semble avoir été injectée avec une substance rouge, et l'injection prend une forme correspondante à la disposition des vaisseaux de la partie. Les autres éléments du tissu byperémié sont rapetisses en raison de l'augmentation de la masse du sang; ainsi le tissu pulmonaire renferme moins d'air et perd sa structure alvéolaire.
11 e<t impossible que la masse du sang augmente sans que les voies circulatoires s'élargissent: aussi trouve-t-on toujours les vaisseaux dilatés, souvent allouas et par conséquent tortueux; la dilatation peut être uniforme, fiisiforine et saecifonne. Pans les petits vaisseaux, le sanii renferme plus de globules qu'à l'état normal : ceux-ci sont sou- \eut pressée |(.x mis contre les autres, de telle sorte que le vaisseau semble rempli d'une masse rouge uniforme et qu'on ne distingue plus les globules les uns des autres.
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L'Inperemie actiw consiste-dans une augmentation et souvent dans ur.e acceb ration simultanée de l'atllux du sain: dans les artères d'une partie du corps, résultant de l\\auri\ttu>u de la prcs>ii>n sanguine dans cette paitie, ou de la diminution de la résistance relativement au de^re d'impulsion du saiu\
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1ère» avec les veines (voy. p. 188), l'byperéraie s'observe principalement et même exclusivement dans la circulation capillaire ou nutritive. La circulation mécanique on dérivative, au contraire, exerce une influence notable sur la conservation des conditions normales de la circulation dans la partie liyperémiée et probablement aussi sur îa résolution de l'hyperémio.
Les causes de l'hyperémic active sont les suivantes : 1° V élévation compensatrice de la pression latérale y résultant de la présence d'un obstacle dans les voies circulatoires : hyperémie collatérale. Le sang se précipite alors dans les vaisseaux voisins, et parfois le courant prend en certains points une direction rétrograde. L'obstacle peut siéger dans les artères, les capillaires ou les veines ; dans ce dernier cas, on observe à la fois les symptômes de l'hyperémic active et ceux de l'hyperémic passive. Il se présente fréquemment des exemples de ce genre d'hyperémie dans les artères de tout calibre, ainsi que dans les veines et les capillaires. Quand on pose une ligaturo ëur une artère (sur une artère mésentérique, si Ton procède par expérimentation, et sur les artères d'un inoignon d'amputation en chirurgie), les petites branches latérales se distendent et le sang s'y précipite avec une pression plus forte et une rapidité plus grande ; de petites artères, auparavant dépourvues de pouls, les capillaires mémo offrent des pulsations sensibles à la vue et au toucher et (dans les amputations, par exemple) saignent très-fort; des régions qui étaient précédemment pâles deviennent plus ou moins rouges. Au bout d'un certain temps, la circulation ne présente plus aucune anomalie. Des obstacles considérables existant dans le système capillaire d'un organe ou d'une partie d'organe, tels que les rétractions cicatricielles, les néoplasmes, une compression quelconque, l'embolie capillaire dans les environs du point enflammé, occasionnent de la congestion dans les parties voisines. Fréquemment nous voyons l'hyperémic se développer dans certains organes, par exemple, dans le cerveau, à la suite du météorisme, etc. Le froid extérieur, ainsi que le frisson de la Gèvrc, nous en offrent encore des exemples frappants : pendant que l'anémie envahit toute la peau, le sang reflue vers les organes internes en grande quantité et avec une violence considérable ; il détermine ainsi des congestions dans les viscères encéphaliques, thoraciques et abdominaux. C'est le contraire que nous observons lors de l'application de la ventouse de Junod : les extrémités renfermées dans l'instrument se gorgent de sang, et il se produit une anémie collatérale du cerveau et des poumons, et comme conséquence de celle-ci, des vertiges et de la dyspnée. Dans les veines, Thyperémie collatérale
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est moins importante que la stase, parce que leurs anastomoses sont très-nombreuses, leurs parois plus minces et plus lâches. Le rétrécissement ou l'oblitération crime petite ou d'une moyenne veine sont de peu d'importance quand il existe de nombreuses branches collatérales: le rétrécissement des veines profondes détermine alors la dilatation des veines superficielles, et réciproquement. Si toutes les veines d'une région sont oblitérées, le sang y subit la même pression que dans les artères afférentes; si, au contraire, il n'en est que quelquesunes qui soient imperméables, la pression, ainsi que la rapidité du courant sanguin, est augmentée dans celles qui restent perméables.
.Si nous faisons abstraction des cas chirurgicaux dans lesquels l'importance de l'iiypen mie collatérale saule aux yeux, celle-ci est spécialement digne d'attention dans certaines affections pulmonaires, tels que la thrombose et l'embolie des artères pulmonaires, le> intiltrations, l'emphysème et la compression par des exsud.»ts pleuivtiques. Au début de la maladie, dans la pneumonie, par exemple, elle occasionne pnlo!s de la dvspnéo et même la mort. Ce>t ainsi qu'à la suite do la compression d'un poumon, nous \o\on$ se produire de rii\perémie collatérale dans Pautie; dans l'emphysème du lobe supérieur, l'Iivperémie du lobe inférieur, et par suite la bronchite, etc. L'utilité des bains locaux et de la révulsion, dépend essentiellement do l'appel d'une h\pcréinie collatérale.
Parfois le cours du s.niijr fait un détour dans les hyperéimes collatérales. C'est ce «pie l'on peut facilement observer dan* le* cas de dilatation considérable de la veine épiuaslrique et d'autres veines encore quand la veine porte e*l ob'itérée ou le foie cirrhose.
k2° Diminution absolut' de* résistances:
a. Par soustraction brusque d'une pression extérieure. Quand on fait res<or une compression qui a pesé sur une partie du corps pendant loii^temp< (Tune manière normale ou anormale, il se produit une hyperémie active vers cette partie. Nous en citerons les exemples suivants : riiémorrbauie consécutive à la déhiseenee d'un follicule de (iraaf: les ventouses sèches et de Junod ; la ponction de ThydrocMe et de l'ascite; la parturition trop rapide; la tenotomie dans l'opération du strabisme; la section de la cornée dan< l'opération de la cataracte; l'extirpation de grosses tumeurs comprimant des vaisseaux; la izuérison de contractures ; les inspirations profondes dans le rétrécissement de la flotte, par exemple dans le croup du larynx, qui ont pour conséquence la raréfaction de l'air dans les bronches et les alvéoles pulmonaires, et par suite l'Iivperémie de ces organes.
Tous ces f.iii< offrent un*» grande importa *.ce piaii pie. car l'inperém.e peut aboutir à rhém«MTha;io, et dan< le* poumons a*i ca'arrh.1. avec issue mortelle.
b. Par relâchement ou parahjsie des muscle* des parois vasculaire*
isans lésion appréciable de celles-ci), produits par la chaleur extérieure et souvent par une paralysie directe ou réflexe du grand sympathique : hyperémie paralytique ou asîhénique.
Il existe de nombreux exemples d'hyperémie amenée par la chaleur extérieure; ce sont ses effets que Ton recherche en thérapeutique, quand on emploie les bains, les cataplasmes, etc.
La paralysie directe des fibres du grand sympathique se produit à l'oxtrémité, au point d'origine ou dans la continuité de ce nerf.
L'une des causes d'hyperémie les plus frappantes est la section du sympathique, telle qu'on Ta exécutée souvent en différents points du corps dans un but expérimental. (Voy. p. 186.)
La section d'autres nerfs mixtes (nerfs ischiatique, cubital) ou purement sensibles (trijumeau), effectuée par voie traumatique dans un but d'expérimentation chez les animaux, et dans un but thérapeutique chez l'homme, a donné naissance aux mêmes effets quand ces nerfs renfermaient des fibres vaso-motrices. Dans les mêmes circonstances, la compression de ces nerfs ou le développement de néoplasmes dans leur intérieur agissent d'une façon identique.
La section du trijumeau, souvent répétée depuis Magendie (1824), est l'un des faits les mieux connus*et les plus importants de la pathologie expérimentale. Elle produit une hyperémie de la conjonctive et de la cornée, de la muqueuse nasale et boccale, souvent suivies de troubles de nutrition. Il est un certain nombre de cas pathologiques que l'on doit rapporter à des causes analogues, par exemple, à 1 1 compression ou à la dégénérescence de ce nerf et parfois d'autres cordons ; ce sont les hyperémies névralgiques qui accompagnent ou suivent une névralgie, avec élévation de la température et souvent tuméfaction des parties. J'en ai observé un cas remarquable : une femme âgée de 36 ans, contracta, il y a trois ans, sous l'influence d'un refroidissement, une névralgie du nerf ophlhalmique droit siégeant surtout dans le sus-orbitaire ; les douleurs persistent souvent toute la journée et s'exaspèrent par les mouvements et la chaleur ; pendant leur durée, on observe au coté droit de la face, de la rougeur, de la chaleur et des sueurs, taudis que l'autre côté reste normal. Cet état de la face n'a pas varié depuis trois ans, mais les douleurs se sont modérées. À l'examen de la malade, on observe une coloration rouge intense de la moitié droite de la face, tandis que l'autre moitié présente sa teinte ordinaire, peutêtre un peu plus de pâleur. Au front, au dos du nez et à la lèvre supérieure, la limite des deux colorations est parfaitement marquée ; au menton, au contraire, elle est moins tranchée. La partie qui entoure le bord labial offre la même coloration que le côté gauche dans une étendue de 1 à 2 millimètres. La rougeur s'étend jusqu'au cuir chevelu, et sur le cou jusqu'à 5/4 de centimètre environ du bord interne de la mâcho're inférieure; sur ces points, la limite en est encore nettement marquée, quoique un peu onduleusc. La moitié rouge de la face est recouverte d'une transpiration abondante ; l'autre moitié est sèche. La température du côté droit est notablement élevée (on n'a pas fait de mensuration thermométrique). Les pupilles sont de largeur semblable, et il n'existe aucune anomalie dans la bouche ni dans le pharynx.
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11 est difficile de décider si les affections des extrémités nerveu>o> sympathiques occasionnent des d hyperémies, car celles-ci peuvent être de nature réflexe; tel est probablement l'anévrysme cirseade (varice artérielle). Le froid et la chaleur semblent agir directement, sans l'intermédiaire des nerfs.
Diverses affections du cerveau et de la moelle déterminent des hyperémies par l'intermédiaire du grand sympathique. Nous citerons les hyperémies qui succèdent aux émotions morales de nature excitante (joie, colère, envie, volupté), celles qui surviennent à la suite de lésions et de certaines maladies de la moelle, plus rarement du cerveau et de ses membranes.
BiuL'e, Waller et Schiff ont démontré que l;i lésion de la moelle allongée cnlraine les mêmes conséquences i|iie la section «lu ^rand sympathique. Scbifï a observé, après la section d'une moitié de la moelle, la congestion et l'élévation de tempi 'rature de la parl'e intérieure des membres du coté lésé; du tronc, du bras et de la cuisse, au contraire, au côté non lésé, ibidge (Med. Centrait*!., lSlii, ni> Tmi con>idère les pédoncules cérébraux comme constituant le centre d'origine du pranl swnpalbique.
Si l'on effraye un animal pendant (pie l'on observe un point de sa circulation, o:ï remarque d'abord un arrêt du cirur el un mouvement rétrograde du sang dans l<< altères, puis la contraction de cllrs-ei, et enfui une dilatation vasculaire quand 1.» colonne sanguine e^t pouss e en avant par le> contractions du cœur, qui se rélablis eut avec énergie. (0. Weber.)
L'irritation des nerfs sensibles exerce, par voie réflexe, une influence du même genre sur les nerfs vasculaires : Ityperémie névrah/npie. L'action dilatatrice due à l'irritation du nerf sensible ne s'étend pas au delà du territoire de ce nerf; la réflexion s'effectue probablement dans la moelle allongée. On a donné dans ces derniers temps la démonstration expérimentale de cette paralysie réflexe des nerfs va>omotcurs, con>écutivc à l'irritation des nerfs sensibles correspondants, (art. auriculaire, art. dor.-ale de la verge).
Lovén yliïr.d. S'h-hs. Ac<t<I. ISiïii, p. Sô), à qui nous devons ces expéiiemvs, n prouvé aussi que l'irritation des nerfs sensibles eiitraine, nuire la dilatation il»'* artères, le ralentissement des mouvements du cœur, et qu'un rétrécissement <''■ comte durée prêt ède la dilatation vasculaire.
On connaissait depuis longtemps, mais sans pouvoir en donne:' l'explication, certaines hyperémies survenues sous l'influence de causes de ce genre passagères ou persistantes, ou bien dans le cours de névralgies (hyperémies névralgiques) : telles sont l'hyperémie Je la muqueuse nasale consécutive à l'irritation de celle-ci; celle de la sclérotique après la fatigue de la rétine et dans Fodontalgie ; les congestions vers la tète après les repas : le priapisme du à l'irritation do
ASATOilIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES. 207
la muqueuse des voies urinaires par le virus de la blennorrhagie ; les congestions du foie produites par les spiritueux et les fortes épiées ; les hyperémies pulmonaires résultant de l'inspiration d'un air trèsfroid ou très-chaud, ou bien chargé de substances irritantes (poussières de toute nature, surtout de farine, de métaux, etc.).
Il est beaucoup d'aliments, de médicaments et de poisons qui agissent sur le sympathique directement ou par voie réflexe ; tels sont l'alcool, le café, le tabac, l'opium, l'atropine.
C'est à la pathologie spéciale qu'il appartient d'étudier les congestions de certains organes produites par des contages et des miasmes. Il est digne de remarque que dans les différentes épidémies, ces congestions varient en intensité, en étendue, en situation, etc., comme cela se voit, par exemple, dans la scarlatine.
L'action des uritants doit probablement s'expliquer de la même manière. Nous savons qu'un certain nombre d'entre eux. de même que le froid, provoquent d'abord le rétrécissement des petits vaisseaux, et qu'ensuite si leur action se prolonge, ils en produisent la dilatation. Les courants électriques, en général, rétrécissent les vaisseaux, mais quand ils agissent trop longtemps, ils les dilatent. Il en est de même des substances volatiles et irritantes qui amènent la rubéfaction de la peau (moutarde, cantharides, acides, ammoniaque).
c. Par troubles nutritifs des parois musculaires, soit légers comme dans le voisinage des blessures ou dans les parties enflammées, soit profonds, ainsi qu'on l'observe dans lartéritc chronique et la dégénérescence graisseuse de la membrane musculaire, surtout quand ces lésions se déclarent dans les petites artères sans prendre une grande extension ainsi qu'il arrive souvent chez les vieillards : l'accélération des mouvements du cœur provenant d'une cause quelconque (mouvements du corps, spiritueux, émotions morales) a pour conséquence dans ces cas, la congestion des parties les moins résistantes.
D'après Yircbow, les vertiges, les absences cl les défaillances auxquels les vieillards sont sujets, sont souvent la conséquence des semblables hyperémies.
11 est un certain nombre d'hyperémies assez constantes et d'une importance symptomatique assez grande, sur la cause desquelles nous ne connaissons rien ; tcllo est la rougeur et la chaleur concomitante que l'on observe chez les pneumoniques, sur Tune des deux joues, et souvent sur celle du côté malade ou bien chez les tuberculeux, sur les deux joues » etc.
Nous ne connai sons nullement la cause de la prédisposition de
liU8 N0UVEA1X CLEMENTS DE PATHOLOGIE GENERALE.
certains individus à la congestion d'un organe déterminé, tel que le cerveau, les poumons, le foie, les reins, la glande thyroïde. Elle peut dépendre aussi bien d'un défaut de résistance des artères et des capillaires, que d'un état particulier du grand sympathique ou des nerfs sensibles.
Les symptômes de riujperémie active ne nous sont connus d'une manière certaine que pour les parties extérieures, accessibles à la vue. Toutefois, on peut admettre que les parties intérieures hyperémiées se comportent de la même façon, surtout depuis que l'on a observé directement, ou à l'aide du microscope, un grand nombre d'organes internes congestionnés. Ces symptômes sont importants à connaître, car il est un grand nombre d affections très-fréquentes, qui |)urais>eut et disparaissent souvent rapidement et dans lesquelles 1 hvperémie peut amener des hémorihagies, des hydropisies et surtout des inflammations.
Les symptômes de la congestion comprennent les phénomènes qui résultent immédiatement de l'augmentation ou de l'accélération de l'afflux du sang (injection, rongeur, battements) et ceux qui sont la conséquence de ces derniers (élévation de température, tuméfaction, nutrition exagérée). L'exagération de la nutrition entraine, suivant l'organe atteint, soit l'accroissement de la fonction (hyp. fonctionnelle des muscles, du cerveau, des glandes), soit l'hypersécrétion (peau, reinsï,soit enliu quand elle est persistante, l'hypertrophie et la néoplasie (transformation graisseuse, hvpertrophie vraie des mus eles et autres formations nouvelles).
Nous ne connaissons pas encore le rôle que jouent les petites artères, les petites veines et les capillaires dan* l'hyperéinie : on constate aisément qu'ils se dilatent, et il est hors de doute que leur porosité augmente de façon que leurs parois soient traversées par une plus grande quantité de sérum et de plasma; mais habituellement les globules sanguins ne sortent pas des vaisseaux, ainsi qu'il arrive dans l'inflammation, si ce n'est en très-petit nombre. La couche plasmatique, libre de corpuscules, cesse probablement d'être apparente dans les petites artvres et les petites veine>, et les globules e.ecupent toute la lumière du vaisseau. — D'après les observations microscopiques faites sur la membrane natatoire et le mésentère des animaux, le sang circule d'abord plus rapidement parce qu'il rencontre moins de résistance dans les artères dilatées; mais si les petits vaisseaux sont considérablement élargis, son cours est plus lent à cause de l'ampliation des voies qu'il parcourt.
Le symptôme le plus frappant e>t la réplétion vasculairc, l'injection, qui atteint d'abord les artères et puis les veines : alors seulement, dans la plupart des cas, se produit une injection capillaire très* serrée, tantôt circonscrite, tantôt diffuse. Il est certains organes qui sont prédisposés à l'injection circonscrite ; ce sont ceux dont les vaisseaux offrent relativement peu d'anastomoses, tels que les poumons, la rate, les reins ; ou bien il existe dans l'organe certaines parties qui deviennent le siège exclusif de l'injection, ainsi les petites glandes de la peau et des muqueuses, les corpuscules de Malpighi des reins. C'est surtout dans les organes peu colorés et transparents que l'injection est apparente (conjonctive), de même que dans les parties molles et peu résistantes (muqueuses, poumons, vis-à-vis des os et des membranes fibreuses). Dans les tissus opaques, telle que la peau, on ne remarque ordinairement que de la rougeur.
La rougeur des parties congestionnées résulte de la présence d'une grande quantité de sang dans les vaisseaux dilatés et du nombre considérable de globules que renferme ce liquide. Sa forme se modi- 6e suivant la disposition des vaisseaux et suivant d'autres circonstances encore inconnues ; elle est ponctuée dans les organes qui possèdent des papilles ou des villosités, striée dans les muscles, etc.; tantôt elle se présente sous forme de taches comme dans la rougeole, ou sous forme de points comme dans la scarlatine, tantôt elle est d'une teinte uniforme , ainsi qu'on l'observe dans l'crysipèle. — Elle disparait sous la pression pour se reproduire immédiatement après la cessation de celle-ci. Si l'hyperémie dure longtemps, que les vaisseaux se dilatent considérablement et que la circulation se ralentisse, les parties prennent une teinte rouge bleuâtre, ainsi qu'on le voit très-souvent sur les régions de la peau légèrement congelées : après une pression exercée sur la partie, celle-ci ne reprend sa coloration rouge bleuâtre qu'après avoir passé par une nuance rouge brique.
Les malades ressentent souvent dans la partie congestionnée un battement, un véritable soulèvement qui est la conséquence de la diminution d'élasticité et de tonicité des vaisseaux. Ce phénomène est surtout fréquent et pénible dans les douleurs de tôle et des dents. Parfois la pulsation constitue un symptôme objectif, par exemple, le battement épigastrique. Dans certains cas, le pouls se manifeste dans des artères qui n'en présentent aucune trace à l'état normal.
La température des parties hyperemiées s'élève à cause de l'exagération de l'afflux sanguin dans les vaisseaux dilatés : celte augmentation de, température perçue par le malade, lequel est habitué à
VUE ET WACJEn. — l'ATU.'GÉX. H
210 NOUYEYl X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE (GÉNÉRALE.
éprouver moins de chaleur aux parties extérieures qui subissent toujours une déperdition considérable de calorique par rayonnements, est aussi appréciable objectivement et peut atteindre 5° C. Parfois elle est pour le malade le seul symptôme ou du moins le plus pénible, ainsi dans les congestions de la face.
I/élévation de température consécutive à la section du syinpnlliirptc du cou, disparait quand 0:1 comprime ou qu'on lie les artères afférentes (Kussmaul et Tonner, Virchow), et elle ne se produit pas si l'on a fait précéder la section do ce nerf de la ligature des carotides et des vertébrales (Schiff) : c'est ce qui démontre que cette élévation de température est la conséquence d'un afflux de sang exagéré.
Il n'est pas rare d'observer un (jonflement, ordinairement léger, dans les parties congestionnées ; c'est ce que Ton peut constater directement à la peau, sur les muqueuses visibles et sur la glande thyroïde ; il se développe habituellement quand l'hypcrémie a déjà duré un certain laps de temps. 11 est du à la dilatation et à l'augmentation de porosité des capillaires, d'où il résulte que la quantité de sérum et de plasma transsudés est trop grande pour être cm portée par les lymphatiques ou employée à la nutrition; c'est ce qui produit Vœdèmc collatéral. La tuméfaction des organes congestionnés rencontre souvent un obstacle dans les parties voisines; ainsi celle du cerveau chez les adultes est entravée par la boite crânienne, celle du foie, de la rate et des reins est en partie arrêtée par la capsule enveloppante. Le gonflement est d'autant .plus prononcé que le tissu est plus vasculairc, plus mou et plus lâche: tel est celui de la face (fluxion de la joue dans les tumeurs dentaires) et celui de la glande thyroïde (goitre conucslifi. L'exsudation de l'Iivoerémic donne naissance, suivant la région congestionnée, à de l'œdème, à un épanchement séreux, ta de la blennorrhée, à des urines albumineuses, à une auiîmentation de la sécrétion des plaies, etc.
Dans les cas ordinaires, le rhumatisme articulaire aigu n'est autre qu'une hyperémie des tissus de l'article a\ec accumulation de sérum dans la cavité de celui-ci et dans les parties voisines. C'est ce que démontrent les observations sur le vivant ci les autopsies, peut-être aussi l'apparition et la disparition rapides des phénomène*; ceux-ci, en effet, se dissipent spontanément sans l'iniluence d'applications médicamenteuses locales, par le magnétisme animal, etc.
Gninhagen , qui a confirmé les recherches de Lovén pir ses expériences sur l'œil, conseille de n'entreprendre les opérations douloureuses, telles que la réduction d'une hernie étranglée ou l'extraction de corps étrangers introduits dans certains canaux, qu'après avoir produit l'ancslhésie locale, quand c'est possible, au moyen du froid, de l'éther pulvérisé, etc. L'irritation répétée des nerfs sensibles, en effet, entraîne un relâchement des vaisseaux et l'engorgement des tissus correspondants. (Kônifisb. med Gf,s. Nov. ISi.îG.j
Dans les congestions, les troubles fonctionnels sont plus ou moins prononces : ils correspondent tantôt à une légère exagération , tantôt à un affaiblissement de la fonction. Dans les congestions cérébrales, les symptômes que Ton observe sont ceux de l'irritation et ceux de la compression, soit isolés, soit réunis; ils affectent à des degrés divers, les fonctions psychiques, sensibles et motrices. On constate le plus souvent les signes d'une irritabilité exagérée (photophohie, sensibilité aux bruits), des étincelles devant les yeux, des bourdonnements d'oreille, des fourmillements ; on remarque encore de l'agitation, de l'inconstance, des vertiges, des hallucinations et des illusions, même du délire, et parfois des convulsions et des accès de manie, etc. — Les symptômes de la congestion active de la moelle sont encore peu connus : cette hyperémie constitue Tune des causes de ce que l'on appelle irritation spinale. — L'hyperémic active delà peau produit de l'ardeur, des picotements, des démangeaisons et l'obtusion du tact. — On n'observe aucun symptôme dans Y hyperémie pulmonaire, active légère; elle n'a pour .conséquence qu'un échange de gaz plus rapide. Quand elle est plus marquée, elle détermine le rétrécissement des alvéoles, de la dyspnée, un sentiment de pléaitade et d'étroitesse de la poitrine ; parfois une toux sèche, rarement «ne expectoration spumeuse, striée de sang. Dans les degrés les plus élevés, qui se développent parfois d'une manière très-aiguë sans cause appréciable ou à la suite de l'oblitération de l'artère pulmonaire, — apoplexie pul~ monaire, — on constate un sentiment de constriction excessif au thorax et même de la suffocation, une dyspnée très-forte, une expectoration spumeuse ou sanglante, etc. ; en un mot, les symptômes de l'œdème pulmonaire aigu.
La douleur manque souvent complètement dans l'hyperémic active ; ou bien elle est obtuse, rarement vive (dans les dents cariées).
11 ne se produit des hémorrhagies notables que dans les cas où les vaisseaux étaient déjà friables auparavant, ainsi qu'il arrive souvent dans le cerveau ; ou bien à la suite de la soustraction brusque dune pression extérieure, comme, par exemple, dans la ponction de l'hydrocèle et de l'ascite ; dans l'opération de la cataracte entraînant des épanchements dans la rétine et même son décollement ; ou bien encore quand l'hyperémic se reproduit souvent et que les tissus sont délicats, ainsi dans l'épistaxis des enfants, dans la bronchorrhagie et la pneumorrhagie des adultes, dans les hémorrhagies cérébrales consécutives à la ligature de la carotide du côté opposé.
D'après de récentes observations, il se forme de petites hémorrhagies au travers dii la paroi intacte des vai.^eaux, dans les hvpcrémies prononcées, même de courte dune. 11 est probable aussi (pie i\l^ hémorrhagies capillaires plus considérables passent très-souvent inaperçues dans les parties byperémiées, parce que le sang extravasé est aussitôt repris et emporté par les lymphatiques.
L'influence de l'hyperémie sur les sécrétions n'est pas encore nettement établie : la plupart de celles-ci deviennent plus abondantes dès le début ou après une certaine dut ée de la congestion ; telles sont les sécrétions de la peau (sueur), des muqueuses, des reins, des glandes salivaires et lacrymales, et celle des plaies. Les modifications qualitatives qu'elles subissent sont peu connues : en général, elles paraissent être moins concentrées, ainsi le lait des nourrices à la suite d'émotions morales; l'urine qui devient plus abondante et plus aqueuse, souvent aussi albumineuse.
Il n'est pas rare d'observer une hyperémie collatérale avec augmentation de sécrétion sudorale autour des cicatrices cutanées considérables consécutives aux brûlures profondes, à la variole continente.
Les byperémies et les troubles sécrétoires qui se manifestent dans certaine névralgies sont particulièrement dignes d'intérêt, tant en eux-mêmes qu'à cau>e do la transformation rapide des symptômes. Dans la névralgie de la première brandu* du trijumeau, on constate presque toujours de la rougeur de la conjonctive et de l'exagération de la sécrétion lacrymale; dans la névralgie de la deuxième branche, il se produit parfois des sécrétions séreus/s ou muqueuses de la membrane pituitaire, et dans celles de la troisième branche, il survient fréquemment de la salivation.
Les troubles de la nutrition ne s'observent qu'après le retour fréquent de l'hvperéniie. Les vaisseaux restent élargis et leurs parois s'épaississent en proportion. 11 en résulte non-seulement des modifications permanentes de la circulation (qui ont une grande importance au point de vue de la circulation collatérale), niais aussi des troubles de la nutrition consistant soit en une hypertrophie physiologique (des muscles, des os, etc.» ou pathîdogique (hypertrophie de la peau, des os, des glandes), soit en des troubles fonctionnels durables, p:ir exemple dans le cerveau des buveurs. Lorsque les parties byperémiées deviennent le siège de véritables troubles nutritifs, riiyperémie proprement dite cesse, et l'atrophie, I hypertrophie et l'inflammation commencent.
De nombreuses expérimentations faites à l'aide de la section de nerfs vaso-moteurs, ont prouvé que les troubles de la nutrition se développent plus facilement et plus rapidement chez les jeunes animaux que chez les vieux, et qu'ils sont d'autant plus prompts à se produire ri plus graves, que la partie congestionnée est moins protégée contre les influences extérieures (Schiff, Snellon, Mcissucr, etc.). — \ussi, chez
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rfaooiino, Toit-on survenir d'autant plus facilement des troubles graves de la nutrition, qu'il existe en même temps de la paralysie des nerfs sensibles ou moteurs ou bien des uns et des autres h la fois : c'est ce que Ton observe spécialement dans les affections graves de la moelle et du cerveau. — Voyez aussi un cas intéressant observé par l'auteur dans Hamel. (Z. Casuitt* d. vasomot. Neur.t Leipz. Dis*., 1868, p. 10.)
L'hyperémic collatérale qui entoure les néoplasmes, et l'afflux exagéré d'éléments nutritifs qu'elle détermine, constituent probablement l'une des causes de l'acroisscmem\ rapide de ces formations.
L'hyperémic ne donne lieu à des symptômes généraux que dans les cas où elle est très-étendue, par exemple dans le frisson de la Cèvre. La pression sanguine artérielle est alors diminuée.
Certaines maladies spéciales, plus ou moins obscures ont été attribuées, dans ces derniers temps, à un affaiblissement fonctionnel du sympathique ; tels sont la maladie de Basedow (Trousseau, Remak, Recklinghausen, Grade, Geigel), le diabète sucré (Schiff et d'autres), Vophthalmie intermittente (Edmonstone et d'autres, Eulenburg-Landois).
B. — Hyper émie passive t mécanique ou par stase. — Stase sanguine.
(Engorgement. Infarctus, ilypcrcmie veineuse.)
La congestion passive on mécanique est l'augmentation de la quantité du sang renfermé dans une partie, résultant parfois d'une diminution de la pression sanguine générale, plus souvent d'un accroissement de la résistance à vaincre, comme dans les cas d'obstacles à l'écoulement du sang veineux ; quelquefois enfin des deux causes à la fois. La circulation se ralentit plus ou moins à l'origine des veines, à moins que l'obstacle ne soit promptement écarté ou que le liquide sanguin ne trouve des voies de dérivation latérales. Celle dérivation toutefois n'est jamais parfaite et c'est pourquoi la circulation se ralentit dans les parties hyperémiées, contrairement à ce qui s'observe dans la congestion active où le cours du sang est habituellement accéléré. La capacité du système veineux, plus grande que celle du système artériel, favorise encore ce ralentissement.
Causes de V hyper émie passive.
V Affaiblissement de la puissance du cœur sans augmentation de la résistance au cours du sang : dans les maladies aiguës graves, dans les fièvres de longue durée, hectique, typhoïde, exanthématique, pyémique, ou bien dans !e ir.arasme apy rétique. L'affaiblissement de
m NorvE\rx éléments de pathologie générale.
l'action du cœur résulte do la dégénérescence graisseuse ou albuniineuse de son tissu, et ses conséquences se iiiauilesieiit principalenienl dans les points les plus éloignés du centre de la circulation, tels que le* mains, les pieds, les oreilles ; ou bien dans les endroits où il existe en même temps une des causes dont il va être question. Des résistances locales sont suffisantes pour déterminer une stase quand le courant sanguin se ralentit dans sa totalité.
0. Webcr (/. <\, p. .V>) comprend parmi les hyperémies par diminution de ;i pression sanguine (liyperémie ischémique). les stases qui se développent dans le> veines à la suite de roblîtéralion (par embolie, par exemple) de leurs artères nourricières, surtout quand la circulation collatérale est imparfaite. Après l'oblitération des artères, la pression cesse complètement ou diminue considérablement dans le> capillaires et les veines correspondants. Les veines se gor^ent de san^r et se distendent forlemeiit, ainsi que les capillaires : il se produit des exsudations séreuses au travti> des parois vasculaircs, des hémorrhajjies, enfin des dégénérescences graisseuses et mémo de la iranmvne.
2° V augmentation des résistances locales est aussi une cause d'hvperémie passive : elle résulte surtout de l'artéritc chronique dans laquelle la colomrc sanguine exerce un frottement plus fort contre la membrane interne malade, en même temps que l'élasticité et la con- • tractilité du vaisseau sont diminuées par suite de l'altération de la membrane moyenne. H est un grand nombre d'hyperémies et dhémorrhagies se produisant dans des parties enflammées, dans des tumeurs et les tissus environnants, qui doivent être rapportées «à cette cause.
.> L' action de la pesanteur s'exerce principalement sur les veines ; elle se manifeste aussitôt que les muscles se relâchent ou ne se contractent que partiellement. Chez les hommes qui gardent longtemps la position debout (typographes, boulangers), assise (littérateurs) ou couchés (individus atteints de fractures des extrémités inférieures, malades divers), elle aboutit à la dilatation veineuse et, surtout dans ces derniers cas, aux hyperémies hypostatiques, que Ton observe principalement à la peau des régions dorsale et du sacrum, a celle des talons et des trochanters, au scrotum, dans les parties inférieures et postérieures des poumons, parfois aussi à la partie postérieure <hi cerveau et de la moelle, de la vessie, de la prostate et de l'utérus, à la face postérieure des reins et dans les circonvolutions intestinales profondes. Dans le décubitus dorsal, les hyperémies se produisent des deux cotés du corps ; dans le décubitus latéral, elles surviennent au côté sur lequel on repose. Les hyposlases pulmonaires en par lieu-
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lier sont favorisées dans leur développement par la faiblesse des muscles respiratoires, l'insuffisance des contractions du cœur, l'atonie des membranes vasculaires, peut-être aussi par les altérations du sang.
Les membres, et spécialement les doigts, dont les articulations sont roidies à la suite d'anciennes inflammations, présentent souvent une coloration rouge bleuâtre et une température objective et subjective plus basse qu'à l'état normal.
4° La classe la plus nombreuse des stases, est celle des stases proprement dites, des hyperémies mécaniques ou par compression, dues à un obstacle qui entrave l'écoulement du sang veineux avec insuffisance de circulation collatérale. Telle est celle qui résulte de la compression des veines : nous citerons par exemple, la compression des veines du bassin et des extrémités inférieures par l'utérus gravide; l'accumulation de matières fécales pour les veines hémorrhoïdales ; l'actioh de tous les vêtements étroits, particulièrement chez les femmes et les soldats, celle des bandages herniaires et des bandages divers ; l'influence des tumeurs aux extrémités et dans les cavités étroites, celle des exsudais ; les conséquences de la rétraction cicatricielle aussi bien à la peau que dans les glandes, par exemple dans le foie granulé; celle de la mobilité des [reins, des mouvements de rotation et de l'étranglement des tumeurs ovariques ; la compression des veines intestinales dans les hernies étranglées, et des veines rectales par le prolapsus des tumeurs hémorrhoïdales, etc. Telle est encore la stase qui provient de la formation de caillots et de concrétions dans les veines ; de dilatations veineuses simples ou variqueuses aux extrémités inférieures, au cordon, dans le bassin, à l'intérieur et autour de l'utérus ; du cancer des veines; des dilatations vasculaires caverneuses, etc.
Il est probable qu'il se produit aussi des contractions idiopatbiques dans les veines, mais nous ne connaissons rien de positif sur ce sujet.
Les affections hépatiques proprement dites, celles du tissu cellulaire et des autres parties constituantes du bile du foie, ainsi que celles de la veine porte, ont pour conséquence la congestion veineuse des branches d'origine de cette dernière, congestion dont les suites peuvent être neutralisées, en partie, par les anastomoses de cette veine avec d'autres branches veineuses.
Nous devons encore mentionner ici certaines affections du cœur, spécialement l'insuffisance de la valvule murale et la sténose de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche , ainsi que les maladies des poumons dans lesquelles le cœur droit se dilate, quoiqu'il en résulte finalement
une hyperémic de tout le système veineux. Dans ce cas, 15 déversement du sang des veines pulmonaires est entravé, puis, par l'intermédiaire de celles-ci, la stase se propage aux veines bronchiques déterminant la bronchite chronique, et, par la voie des capillaires pulmonaires, aux artères pulmonaires, au cirur droit, au foie et jusqu'à la cavité abdominale à travers le système capillaire hépatiqu e(hypcrémie abdominale).
11 est certaines parties du corps qui offrent une disposition particulière aux congestions passives ; telles sont les veines hémorrhoïdales dont les parois sont dépourvues de valvules et dont le sang a un deuxième système capillaire à traverser ; la veine spermalique gaucho qui se jette dans la veine rénale gauche et produit souvent le varieocèle du même coté, etc. Cette disposition peut être acquise comme pour le territoire de la veine saphène dans la grossesse, ou congéniale ainsi qif on l'observe dans les veines hémorrhoïdales.
Symptômes de Vhypcrêmic passive.
Les causes de cette hyperémic étant généralement plus durables, les symptômes sont plus persistants que ceux de la congestion active. Ils se développent aussi plus lentement et dans beaucoup de cas ne disparaissent jamais. Enfin ils se manifestent en général sur des régions plus étendues parce que les causes ont ordinairement une action plus profonde et que toutes les veines ont entre elles de nombreuses anastomoses.
Le symptôme le plus saillant, est la coloration rouge bleuâtre sombre de la partie (d'une extrémité, des lèvres, de la cavité buccale, etc.), provenant de la dilatation des veines et des capillaires, du ralentissement de la circulation dans ces vaisseaux et de l'accumulation d'acide carbonique qui en est la conséquence.
Cohnhcim (Vire!), .-irc/i., XLÏ, p. '.220', eu observant au microscope, après la ligature de la veine crurale, la membrane natatoire de la grenouille, a remarqué que la dilatation des artères et des veines est minime, et que les capillaires ne s'élargissent que d'un cinquième de leur diamètre primitif. Toutefois quand la stase dure plus longtemps, on peut constater une dilatation considérable, ainsi qu'on l'observe sur les parties visibles de l'homme et sur le cadavre.
Le même auteur a vu la circulation de la membrane natatoire devenir pulsatile, rhythmique, quelques secondes seulement après la ligature de la veine crurale : l'oblitération subite de ce vaisseau augmentait tellement la résistance dans les veines et les capillaires, (pie celle-ci ne pouvait être surmontée que par la systole.
Gohnheiin a remarqué, en outre, qu'aussitôt après la ligature, les vaisseaux se remplissaient de globules sanguins. Le courant cesse d'être central dans les artères et
dans les veines, les globules blancs et rouges arrivent immédiatement au contact de la paroi vasculaire. Ce phénomène est encore plus frappant dans les capillaires : le nombre des globules augmente h chaque contraction systoli'jue; leur axe longitudinal se place encore, au début, dans la direction du courant, mais bientôt ils lui opposent leur surface. Leurs contours sont encore visibles; après un certain temps cependant, déjà en certains points au bout de vingt minutes, les capillaires semblent remplis d'une matière rouge tout à fait homogène dans laquelle on ne distingue que les globules blancs. Cette coloration devient bientôt rouge bleuâtre, et alors le mouvement cesse complètement.
Quand ï'hypérémic nerveuse s'étend a la peau et jusque dans les vaisseaux les plus déliés, de telle sorte que cet organe et spécialement les parties saillantes, tels que le nez, les lèvres, les joues les doigts, et même ordinairement les muqueuses visibles prennent une (einte bleuâtre, on dit que ces parties sont cyano$ées. Mai*, dans le sens étroit du mot, on donne le nom de cyanose générale h la coloration bleuâtre qui se développe plus ou moins rapidement dans la peau tout entière et dans les muqueuses, sous l'influence d'un échange de gaz insuffisant dans les poumons et d'un ralentissement du courant sanguin dans les capillaires.
On constate aussi dans les parties atteintes d'hyperémic passive, un abaissement de température qui résulte en partie du ralentissement de la circulation et en partie de la diminution du mouvement nutritif. C'est aux parties périphériques et exposées au refroidissement extérieur que cet abaissement est le plus manifeste, et il -y est tout
aussi sensible pour le malade que pour le médecin.
Quand la stase se développe rapidement, la température s'élève d'abord sous l'influence de l'afflux du sang artériel : 0. Weber a constaté une augmentation de 2 à 5^ C. a l'oreille du lapin après la ligature des veines.
On n'observe ordinairement de fortes hémorrhagies, sur les surfaces libres et dans les parenchymes, que dans les cas où les vaisseaux sont délicats ou non protégés comme dans les méninges ramollies et dans les alvéoles pulmonaires, quand ils sont altérés ou bien quand la congestion est très-forte.
Cohnheim a aussi vu au microscope les globules rouges sortir des capillaires de la membrane natatoire de la grenouille après la ligature de la veine crurale. Quarante-cinq minutes au plus tôt après celle opération, on voyait apparaître à la périphérie des capillaires modérément dilatés et remplis d'une masse rouge homogène (globules rouges agglomérés), de petites saillies rondes, de couleur rouge, qui s'accroissaient de plus en plus, présentaient des excroissances rondes* et formaient enfin des amas volumineux, irréguliers et bosselés. Ceux-ci se désagrégeaient ensuite et on les trouvait composés de globules rouges ordinaires, sortis ainsi des vaisseaux. CeUe issue des globules au travers des parois vasculaires s'observe aussi dans les petites veines où la sta.se est très-prononcée. Il n'est pas encore démontré qu'il sorte en même temps des globules blancs.
Les hémorrhagies, celle du rectum (flux hémorrhoïdal) par exemple et celle du net, eicrccnt ur.e action favorable sur les hyperémies passives, en produisant une
^:x SOrVEAl x ÉLÉMENTS DE IWTIIOLOCIE GÈNÉÏUr.E.
dcplélion sanguine, locale et «générale ; aussi peut-on les utiliser eu thérapeutique, notamment dans les stases de la circulation céphalique.
Los fonctions des parties hypérémiées se restreignent à cause du ralentissement de la circulation et de la nutrition, de la pression que les capillaires dilatés exercent sur les éléments environnants (cerveau, cellules glandulaires), et enfin du déplacement d'autres substances, de l'air par exemple dans les alvéoles pulmonaires. Dans le eencau, on observe principalement des signes de dépression dos (onctions psychiques, motrices et sensibles, des absences, des vertiges, dos troubles des sens, etc. ; aux nerfs des extrémités, la sensation d'engourdissement et de faiblesse ; dans les organes respiratoires, de la dyspnée, même en l'absence de bronchite.
D'après Landnis Olcd. Ccnlralbl. 1807, n* 10», la congestion de lu moelle allongée et spécialement la stase veineuse peuvent produire des accès épilepliformes.
Dans les parties qui ont été pendant longtemps le siège d'une hyperémie veineuse, on voit facilement se produire des transsudations aqueuses, lesquelles se manifestent sous forme d'œdènie dans les organes membraneux, tels que la peau, et dans les parenchymes, et sous forme d'épanchenieut dans les cavités séreuses. On observe le catarrhe chronique sur les muqueuses, surtout sur celles des bronches et du canal digestif; les altérations de la >éerétion sont dans ces cas encore peu connues. Dans le foie et dans les reins, l'albumine passe dans la bile et dans l'urine.
Mentionnons encore la tuméfaction modérée des parties, jointe à une sensation de pesanteur ou à une douleur sourde, tensive on oppressive. Quand l'hyperéut'ie dure longtemps, elle peut aboutira 1'hyporlrophie des parois dos vaisseaux dilatés et même des tissus. C'est ce que l'on voit souvent aux jambes variqueuses et à l'anus. Plus soment elle détermine de l'atrophie, mais celle-ci est masquée par l'engorgement séreux. La gangrène ne se développe ordinairement que dans les cas où il existe en mémo temps une pression extérieure (décubitus à la région sacrée, etc.), ou bien quand la circulation s'arrête totalement.
Quand les causes de la stase veineuse sont passagères, on constate le rétablissement rapide dos conditions normales; mais cela peut s'observer également quand l'hyperémie dure plus longtemps : la circulation se rétablit d'abord dans les veines, puis dans les capillaires, le sérum exsudé abandonne les tissus et est emporté par les
vaisseaux lymphatiques, les globules rouges extravasés subissent la métamorphose graisseuse ou pigmentaire. '
Cohnheim a vu dans ses expériences, que la masse rouge homogène qui remplissait les vaisseaux (globules rouges agglomérés) se décomposait déjà en ses éléments normaux quelques minutes après l'enlèvement de la ligature : des globules rouges enclavés dans la paroi vasculaire pour la traverser, les uns arrivaient au dehors, tandis que les autres étaient repris et emportés par le torrent circulatoire. Us avaient tous disparu douze li seize minutes après l'enlèvement de la ligature.