II. — kmbolic
Les thrombus qui ne s'organisent pas, deviennent insensiblement plus mous et plus friables ; s'ils sont pariétaux et qu ils n'obturent que partiellement le vaisseau, le courant sanguin peut en détacher des fragments et les emporter, ou même enlever le caillot tout entier. Cela peut même arriver pour le thrombus obturateur total et prolongé, quand celui-ci l'ait saillie au delà du point d'embouchure du vaisseau dans lequel il s est formé: le courant qui parcourt
le vaisseau dans lequel proémine la pointe du thrombus et qui la rencontre sous un angle souvent assez obtus, l'enlève en totalité ou en sépare des fragments qu'il entraine dans le torrent de la circulation. Dans l'un et l'autre cas, le fragment détaché vient s'enclaver au point rétréci le plus proche des voies circulatoires. Les fragments ainsi emportés peuvent être volumineux et cylindriques (on rencontre des embolus de quelques pouces de long et de, la grosseur du doigt) ; dans d'autres cas, ils sont plus petits et même microscopiques.
11 est démontré par l'expérimentation et par de nombreuses observalions sur le cadavre, que les caillots trouvés en d'autres endroits du corps que le thrombus, sont emboiiques et non autochthones. En effet, on peut se convaincre en examinant la forme, la stratification et la coloration des fragments enclavés, qu'ils ont été détachés d'un caillot siégeant en un autre endroit ; des expériences multipliées ont également prouvé que le torrent circulatoire peut charrier, nonseulement des caillots de ce genre, mais encore des corps plus lourds, tels que du caoutchouc, des morceaux de muscles, du mer* cure, etc.
C'est dans les veines que se produit le plus souvent le phénomène de V enlèvement du thrombus, et particulièrement dans la veine crurale, dans laquelle se prolongent notamment les bouchons des veines musr culaires; il s'observe souvent aussi dans les veines hypogastrique, iliaque, rénale, jugulaire, dans les sinus du crâne et le cœur droit, rarement dans d'autres veines. Dans le courant artériel, la formation (ht caillot et la migration s'observent dans l'aorte et ses branches principales, rarement dans les veines pulmonaires ; ensuite dans le cœur gauche, principalement sur la valvule mitralc cl plus rarement sur les valvules aortiques.
L'embolus est constitué presque toujours : 1° par des caillots sanguins qui ne sont autres que des thrombus autochthones ou prolongés, dont la consistance a été tellement amoindrie, que le courant du sang a pu en détacher des fragments et.les emporter ; parfois Jes thrombus sont détachés dans leur totalité, comme par exemple les phlébolithes. C'est ce premier genre d'embolie qui sert de base a l'étude du processus embolique ; 2° par des substances qui primitivement étaient en connexion organique avec les parois vasculaires; quand cette connexion cesse d'exister, ces substances sont emportées par le courant de la circulation et s'arrêtent à In manière des embolus ordinaires, dans le premier point rétréci qu'elles rencontrent : ce sont des fragments détachés des valvules du cœur pétrifiées, ossifiées ou athéro-
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mateuses, des artères, de la membrane interne ou dégénérée et hypertrophiée ; o° par des substances qui ont pris naissance sur la surface interne des voies circulatoires, telles que les produits d'inflammation des valvules cardiaques (endocardite ulcéreuse), de la carcinose de l'endocarde, des veines, des gros vaisseaux lymphatiques, etc ; 4° dans d'autres cas, par des matières formées au dehors du système circulatoire, mais qui, en se développant, ont perforé les parois vaseu* laires et sont enfin arrivées à l'intérieur des vaisseaux : carcinome et abcès, plus rarement enchondrome et sarcome du cœur et des veino;
I. 'observation de Itnltclier se rapporte en partie à cette cla<se d'embolie : cet auteur a trouvé dans des abeès néphrétiques inélaslatiques, des libres élastique provenant probablement d'abrès pulmonaires. Yo\e/ au reste les nêopUisies secondaires.
h" par des plantes ou des animaux parasites qui parviennent dans les voies circulatoires par le fait de leur développement (champignon du muguet, échinoeoque) ou de leurs migrations (embryons du ticnia. i!i>tomum luematobium, parfois la trichine. Yo\cz les chapitres correspondants) ; C° par des substances matérielles qui peuvent aus>i s'introduire dans le système circulatoire ; tels sont la graisse liquide, l'air et les molécules pigmentaires de la mélanémie. La graisse provenant d'os fracturés, du tissu graisseux déchiré, ou de foyers purulents, pénètre souvent dans les veines et de là dans toute la masse du sang, et spécialement dans les poumons. L'air entre par les lésions veineuses et parfois aussi d'une façon inconnue. Il est probable que les molécules pigmentaires de la mélanémie passent toujours de la rate dans les veines ; 7" enfin par un certain nombre do substances qui pénètrent dans le sang à l'état de dissolution et se déposent ensuite en un endroit quelconque, ordinairement sur un point déterminé : métastases. Nous citerons:
a. Les substances normales de l'organisme, dont l'excrétion par les veines et les lymphatiques est entravée, qui arrivent ainsi dans la circulation générale et se déposent en des endroits divers : telle est la matière colorante de la bile ;
b. D'autres principes normaux du corps, qui, dans certaines maladies, ne sont pas transformées, ni sécrétées comme à l'état physiologique, ou bien sont formées en plus grande quantité; ainsi l'acide uriqueet les u rates, qui, dans la goutte, se déposent dans les articulations et dans leur voisinage ;
f. Des substances qui, introduites dans le sang en trop grande
ASATOMIK ET PHYSIOLOGIH PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES. 237
quantité, ne sont décomposées ni excrétées comme à l'état normal ; tels sont les sels de chaux qui se déposent dans les reins, dans les poumons, dans l'estomac, etc. (métastase calcaire), chez les malades atteints d'ostéomalacie, de cancer des os, d'ostéite ;
d. Enfin certains médicaments, comme les sels d'argent, qui se déposent dans la peau et le tissu rénal, les sels de plomb qui s'accumulent au bord des gencives, etc.