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SYMPTOMES DE L* EMBOLIE

Les thromboses autochthones se distinguent de l'embolie par la lenteur avec laquelle se produisent les phénomènes consécutifs ; les conséquences de l'occlusion embolique, en effet, se manifestent tout d'un coup. Si, par exemple, l'embolie atteint une grosse artère cérébrale, telle que l'artère sylvienne, il survient aussitôt une apoplexie, c'est-à-dire la paralysie de la partie du cerveau correspondante ; si elle se déchire dans un rameau volumineux de l'artère pulmonaire, on observe une suffocation subite; enfin quand elle se produit dans une artère coronaire, elle détermine une paralysie aiguë des mouvements du cœur, de la douleur et un sentiment d'anéantissement sans perte de connaissance. Beaucoup d'amauroses instantanées qui se présentent dans la pyoémie, la fièvre puerpérale, le rhumatisme articulaire aigu, sont d'origine embolique, et leur cause prochaine est l'endocardite qui complique si souvent ces affections. — On peut suivre très-netteipent aux extrémités les symptômes de l'occlusion embolique : il se produit tout d'un coup une violente douleur accompagnée d'une sensation d'engourdissement, parfois de frisson et d'insensibilité tactile ; il survient en même temps des douleurs générales, de la pâleur et une sensation de froid, de pesanteur et d'engourdissement des muscles ; au-dessous du point oblitéré, le pouls devient insensible, tandis qu'au-dessus les battements artériels sont renforcés.

Dans l'appréciation d'un cas particulier, il ne faut pas oublier la fréquence de l'embolie du côté gauche. Les paralysies cérébrales d'origine embolique sont plus fréquentes à droite, parce que c'est ordinairement l'hémisphère gauche qui est aUeint, et les paralysies emboliques des extrémités inférieures siègent le plus souvent à gauche.

Si l'embolie n'entraîne pas immédiatement la mort, le malade se rétablit après les premiers symptômes graves parmi lesquels on observe souvent un frisson intense. Les phénomènes ultérieurs dépendent de l'établissement d'une circulation collatérale, et c'est ce qu'il est rarement possible de prévoir pendant la vie pour chaque cas particulier. Les troubles qui se manifestent dans la région correspon-

dante à l'occlusion, sont par conséquent très-variables. Il arrive souvent ([lie l'ischémie est si prononcée, que les veines perdent aussitôt la force de pousser le sang en avant : il se produit, notamment aux extrémités, une coloration rouge bleuâtre qui succède à la pâleur, un peu d œdème, de petites ecchymoses et même des vésicules, parfois de véritables thromboses veineuses. D'un autre coté, il peut arriver qu'à la suite de l'occlusion d'une petite branche, il y ait un tel afflux de sang dans les vaisseaux voisins, qu'il en résulte des phénomènes inflammatoires.

I/arlère carotide par exemple pont être oblitérée par un einlolus dans le canal carotidicn,ce qui amène une paralysie unilatérale : celle-ci toutefois disparaîtra rapidement, parce que le sang du coté opposé aflluc par le cercle artériel de Willis, ainsi que par la basilaire et la vertébrale. Mais si l'embolus dépasse le cercle de VAillis, s/il s'engage, par exemple, dans l'artère s\l\iennc, il se déclare une hémiplégie.

Dans les occlusions artérielles considérables et complètes, notamment dans le cerveau et aux extrémités, la terminaison ordinaire est le ramollissement ou la gangrène, qui progressent incessamment jusqu'au point oblitéré.

Les symptômes font défaut ou sont de pou d'importance dans les parties pauvres en nerfs, tels que le foie, la rate, les reins, la plupart des muqueuses, etc. Dans les reins, l'hyperémie collatérale qui entoure l'embolus, occasionne souvent une hématurie momentanée : dans le foie et la rate, quand l'infarctus est périphérique, on observe parfois des symptômes de péritonite partielle.

On constate encore des différences notables dans les symptômes, selon que l'embolie atteint les vaisseaux nutritifs ou les vaisseaux fonctionnels : il faut surtout citer à ce point de vue, l'artère pulmonaire.

L'occlusion emholique de quelques branches de cette artère est la [dus fréquente des embolies, mais elle est presque toujours exempte de symptômes ; on n'eu observe pas davantage quand de grosses branches de l'artère pulmonaire sont oblitérées par des caillots chevauchants. Tantôt, sur le cadavre, les parties correspondantes du poumon n'ont subi aucune modiliralion essentielle, parce que les vaisseaux bronchiques ont éprouvé une dilatation compensatrice ; tantôt elles sont anémiées , affaissées , et légèrement emphysémateuse* dans les environs ; tantôt enlin il s'est produit des infarctus hémorrhagiques entourés d'une hyperémic collatérale. — Il ne se manifeste de symptômes bien évidents que dans les cas où l'oblité.

ration porle, simultanément ou successivement, sur un grand nombre de petits rameaux de l'artère pulmonaire ou bien sur une trèsgrosse branche, quand, par conséquent, une partie considérable du poumon est subitement privée de sang et qu'il en résulte un afflux immodéré vers d'autres régions. On observe d'abord une dyspnée instantanée et si elle dure longtemps, un œdème aigu consécutif à la fluxion collatérale. Les résultats de la percussion restent normaux ; l'auscultation fait à peine reconnaître des râles fins quand il se développe de l'œdème. L'inspiration s'effectue librement. Le pouls devient petit, la peau et les muqueuses très-pâles ; le bruit de l'artère pulmonaire et l'impulsion du cœur sont renforcés ; les extrémités se refroidissent et les muscles s'affaiblissent. La mort arrive à la suite d'une anémie artérielle générale du cerveau et de la moelle allongée . A l'autopsie, on trouve les deux moitiés du cœur à l'état de diastole , le cœur gauche et les veines pulmonaires vides, le cœur droit rempli de sang et les veines coronaires fortement dilatées.

La mort subite, dans les cas d'embolie étendue de l'artère pulmonaire, est le résultat de la suppression de l'afflux du sang artériel vers le cerveau et la moelle allongée. Les phénomènes qui accompagnent la mort dans l'interruption indirecte do l'afflux du sang artériel vers les centres nerveux, sont tout à fait identiques, et le mécanisme de la mort est le même dans les deux cas ; ce n'est ni uno asphyxie, ni une paralysie du cœur. Dans l'embolie considérable de Tarière pulmonaire, la pâleur extrême de toutes les parties du corps accessibles à l'œil est un phénomène tout à fait constant et initial (conjonctive, gencives, lèvres, cavité buccale). La substance blanche du cerveau est complètement exsangue ; au contraire les veines et les sinus cérébraux sont gorgés de sang. Celte pâleur est aussitôt et constamment suivie d'extension tétanique des membres, d'évacuation involontaire des urines et des excréments, et de mouvements inspiratoires convulsifs et très-profonds (expériences de Panum).

Dans l'embolie des artères mésentériques, on observe des hémorrhagies intestinales abondantes et épuisantes, des douleurs de ventre, parfois très-violentes et de nature colique, enGn la tension et le soulèvement tympanique de l'abdomen, et des exsudations péritonéales. (Cohn, Oppolzer, Gerhardt, Kussmaul.)

Jusqu'à présent, les symptômes de l'embolie capillaire ne sont guère accessibles qu'à l'observation ophthalmoscopique.

L'occlusion embolique des capillaires pulmonaires par de grandes quantités d'air ou de graisse liquide, constitue la cause d'un certain nombre de morts subites. L'embolie d'origine aérienne résulte de l'aspiration de l'air extérieur par l'ouverture accidentelle (blessures, ulcérations, etc.) des grosses veines de la région inférieure du cou, de la partie supérieure du thorax, du creux axillaire, rarement des extrémités supérieures et presque jamais des extrémités inférieures ;

l'embolie graisseuse survient à la suite de déchirures ou de contusions étendues du tissu graisseux sous-cutané et surtout de la moelle des os. Cette embolie a pour conséquence une déearbonisation incomplète du sang et surtout la cessation de l'afflux du sang artériel vers la moelle allongée. 11 est probable que de petites quantités d'air ou de graisse, restent souvent inoffensives en se perdant dans la masse du sang.

Voyez Amussat (Recherches sur l'introduction accidentelle de l'air dans les veine*, 1858) ; Poiseuille, Mercier, Bock, 0. AVeber (Handb. p. 95) -, l'Auteur (Areh. der Heilli., III, p. 241; VI, p. 1 Mi, 50!) et 4SI), Busch (Viivh. Arch. XXXV. p. 521). Voyez en outre les articles Pyocmie, Gangrène, etc., pour ce qui concerneles embolies dues à des matières putrides et gangreneuses, les métastases, etc.

On ne connaît pas encore les symptômes de l'embolie des lymphatiques. Au reste, l'embolie ne peut s'y produire que dans une mesure Uès-restrcintc, car ces vaisseaux doivent traverser des ganglions avant de se jeter dans de grosses branches et spécialement dans le canal Ihoracique.

Voyez du reste les observation de Scbweiggcr-Seidel (Stud. d. phys. Inst. zu Hresfau, 1801, I. II. p. 07).

Le diagnostic de l'embolie ressort : 1° de la connaissance de la source d'où peut provenir l'embolus ; 2° de la démonstration d'une diminution ou même de la disparition subite et complète du thromhus, source de l'embolie; 5° de l'apparition de frissons atypiques, avec ou sans tuméfaction de la rate, accompagnée de rémission complète ; 4° de l'explosion soudaine dans un organe, de troubles fonctionnels que l'on peut expliquer complètement sinon exclusivement par l'embolie ; ces troubles se manifestent habituellement d'une manière très-violente, et ils amènent rapidement une issue fatale ou bien s'amendent un peu, mais lentement, dans la suite.

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