Hydropisie
(Œdème et hydropisie.}
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On donne le nom d' hydropisie à l'accumulation morbide et le plus souvent consécutive à des troubles circulatoires, d'un liquide plus ou moins ressemblant au sérum du sang et à la lymphe, dans le parenchyme des tissus et des organes, ou bien dans les cavités séreuses closes.
L'hydropisie des parenchymes s'appelle œdème, infiltration oedémateuse ou séreuse, anasarque, etc. ; celle des cavités closes prend le nom $ épanchement séreux^ et d'après les cavités où elle se produit, ceux à9ascite (hydropisie du péritoine) ^d' hydrothorax (h. de la plèvre), d'hydropérkarde (hyd. du péricarde), d'hydrocéphale intente et externe (hyd. des ventricules et des méninges), à'hydrocèle (hyd. de la tunique vaginale), dhydarthrose (hyd. des articulations), d*/ij/drophthalmie (hyd. de l'œil), etc.
Par dérogation au tangage habituel, on donne le nom $ œdème pulmonaire, a Fépanchement séreux se produisant dans les alvéoles des poumons. — Dans la plupart des cas, l'œdème de la glotte n'est pas un véritable œdème, mais une infiltration purulente ou séro-purulente se développe dans les replis muqueux de l'orifice du larynx.
L'oedème peut être considéré comme une accumulation pathologique
de lymphe, quantitativement et qualitativement altérée, dans les radicules lymphatiques, ensuite dans les autres interstices des tissus et à l'intérieur de certains éléments cellulaires et fibreux. C'est en
effet ce que démontrent rexpérimenlation, quelquefois les recherches anatoino-patholo^iqucs et dans la plupart des cas Tétiologie.
Les expériences, à ce sujel, ont été instituées par Ludwig et ses disciples : c!k*7 ranimai vivant, l'œdème peut se dissiper complètement par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques. Quand on entoure d'un cordon la lèvre supérieure d'un chien, elle devient fortement œdémateuse; si on enlève la ligature et qu'un ouvrit n lymphatique du cou, on voit la lymphe découler abondamment par ce \aisseau <t l'œdème diminuer à vue d'œil. On accélère encore l'écoulement de la lymphe et la diminution de l'œdème en pressant la lèvre entre les doigts.
LMiydropisie peut être locale, limitée à une cavité, aune extrémité, ou bien plus ou moins généralisée.
La prédisposition à l'œdème, variahle d'après les tissus, dépend des condition*» qui déterminent le passage de la lymphe des racines dans le tronc du lymphatique, c'est-à-dire de l'élasticité des parois dos espaces lymphatiques, de leur conlraetihtë et du degré de réplétion des cellules et des glandes voisines; mais elle est aussi en rapport avec le [dus ou moins de résistance que rencontre la lymphe sur son parcours, par conséquent avec la dimension des voies lymphatiques, la hauteur de la colonne de ce liquide, les glandes à traverser, etc. Ainsi la peau du visage subit l'action de muscles divers et l'écoulement de la lymphe s'y fait de haut en Las; aux extrémités inférieures au contraire, la peau renferme peu de fibres musculaires et la lymphe doit remonter et traverser de nombreux ganglions. (Ludwig.)
L'infiltration œdémateuse se produit avant tout dans le tissu cellulaire, et premièrement dans le tissu lâche ou aréolaire, tels que le tissu intervasculaire et interviscéral, le tissu cellulaire sous-cutané, la gaine des vaisseaux, la moelle des o>, le tissu sous-muqueux, mais surtout celui des malléoles, des paupières et des bourses; ce n'est que plus lard qu'elle envahit le tissu cellulaire résistant et les parties qu'il constitue, telles que b*s enveloppes du cerveau et de la moelle, les muqueuses, etc. Klle se montre encore dans le tissu musculaire et nerveux, spécialement le cerveau, dans les organes glandulaires, tels que les ganglions lymphatiques, le foie et les reins, etc. L'u'dème ne s'observe pas dans les parties résistantes, peu ou point extensibles, comme sont la substance des os compactes, le cartilage, les tendons, etc.
Quand on examine au microscope les parties œdématiées, formées, en totalité ou en grande partie, de tissu cellulaire, on remarque que les libres conjonctives sont plus ou moins dissociées par un liquide plus ou moins riche en globules de lymphe, clair et donnant des coagulums moléculaires (mucus) par l'action de l'alcool. Les résultats de cet examen permettent rarement de reconnaître d'une manière certaine la réplétion des capillaires lymphatiques. Ordinairement l'adventice seule est fortement distendue et même éloignée de la paroi vasculaire propre, spécialement dans les muqueuses et dans le cerveau. Les libres de tissu cellulaire sont en outre un ptu troubles. On ne connaît pas encore suffisamment l'état anatomique des autres tissus quand ils sont œdématiés, surtout des tissus formés de cellules. Les cellules épitbéliales résistent pendant longtemps à la pression des tissus sous-jaeents, mais ehV< finissent par s'atrophier, ou, ce qui est rare, par devenir œdémateuses. On obsene une atrophie semblable sur les cellules glandulaires du foie et des reins. Dans les cellules graisseuses, on voit la graisse devenir moins abondante, puis se diviser en petites gouttelettes jusqu'à ce qu'enfin la membrane cellulaire ne renferme plus que du sérum.
L'hydropisie des cavités séreuses peut être également considérée comme une accumulation pathologique d'un liquide altéré quantitativement et qualitativement, surtout depuis que l'expérimentation a démontré la communication de ces cavités avec le réseau lymphatique et la pénétration de substances solides et liquides dans ce dernier. (Voy. p. 184.)
Dans l'hydropisie (s'il n'existe aucune complication, telle que l'inflammation), les membranes séreuses sont pâles, anémiées, troubles, amincies ou épaissies, moins élastiques. Les cellules épithéliales sont faciles à détacher, souvent augmentées de volume, de forme moins régulière et finement granulées. Les éléments cellulaires offrent parfois la dégénérescence graisseuse, mais parfois aussi ne présentent aucune anomalie. Les muscles qui les entourent sont pales ; au bout d'un certain temps, ils s'atrophient ou subissent la métamorphose adipeuse. Les altérations de la substance cérébrale qui entoure les cavités du cerveau dans l'hydrocéphale aigu, sont habituellement le résultat de l'inflammation et non de l'hydropisie. Dans l'hydrocéphale chronique» on observe parfois un ramollissement de la substance cérébrale périphérique, lequel n'est peut-être qu'un phénomène cadavérique.
Voyex surtout Recklinghausen (/. c), Dybkowsky, Ludwîg et Schweigger-Seidel (fier. d. S. Acad. 1866).
D faut distinguer des hydropisies, 1* les hydropisies faussée ou enkystées, consécutives a l'oblitération des conduits excréteurs de glandes, des muqueuses ou des diverticulum8 muqueux, dans lesquels, après une longue durée, on trouve un liquide séreux ou séro-muqueux avec ou sans traces du contenu normal primitif: tels sont l'hydropisie des reins ou bydronéphrose, l'hydropisie de la vésicule biliaire, des trompes, de l'utérus, de l'appendice vermiculaire et du sac lacrymal ; les kystes résultant de l'occlusion des conduits excréteurs des glandes muqueuses, etc. ; 2# les sécrétions séreuses sur les surfaces libres, particulièrement sur les muqueuses (sur celle de l'intestin, par exemple, dans certains catarrhes intestinaux, dans le choléra, etc.) ; telle est aussi celle qui se forme dans certaines glandes comme la salivation pour les glandes salivaires. Toutefois, il est souvent impossible, pendant la vie comme sur le cadavre, desavoir si l'on doit considérer comme exsudation ou transsudation (liquide hydropique) le liquide que l'on trouve dans un parenchyme ou dans une cavité séreuse; il n'existe pas de limite bien tranchée entre l'une et l'autre. Le liquide des ampoules vésicatoires, par exemple, est dans certains cas analogue au sérum du sang, c'est-à-dire qu'il est riche en sels, peu albumîneux et très-pauvre en substance fibrinogène ; dans d'autres cas, au contraire, il renferme beaucoup d'albumine et une quantité relativement considérable de fibrine. La coagulabilité de ce liquide augmente, quand on fait plusieurs applications successives de vésicatoires a la même place, parce qu'une irritation répétée entraîne à sa suite des troubles circulatoires plus profonds. (0. Weber.)
Le liquide hydropique (transsudation œdémateuse ou hydropique) est incolore ou légèrement jaunâtre, clair et transparent, d'une saveur fade ou un peu salée, alcalin ou quelquefois faiblement acide et d'un poids spécifique moindre que celui du sérum du sang.
Ses principes constituants sont les suivants :
Eau : dans la proportion de 95 pour 100 environ, par conséquent,
en quantité plus grande que dans le sérum du sang qui en renfernio 91 pour 100 environ; moins abondante dans les épanclicments anciens.
Albumine : après l'eau, c'est le principe le plus essentiel de la plupart des liquides hydropiques ; très-peu abondante dans le liquide de l'hydrocéphale et Thydrorachis. Elle y est généralement en raison inverse des sels, et presque en raison directe de la sub>tanc€ librinogène. Quand elle existe en grande quantité, elle rend le liquide visqueux ou ccuineux.
Dans un cas do maladie do Ilright, C. Sehmidt a trouve kJ,8r> d'albumine dans le liquide de la plèvre, UTidans celui du péritoine, 0,0 à 0,8 dans celui des ménin-e* et (),.")(» dans celui du tissu cellulaire sous-cutané. Si les quantités varient d'après les cas, il faut reconnaître que chez le même individu, les rapports ne changent pas. (llopp, /. <■., IX. p. kJil et 25S.) (le dernier auteur a observé en outre que de> ponctions succé»ives et rapprochées diminuaient la quantitéd'alhumine dans le liquide tran>sudé [Ih'uhrhc kliirih, 1853, p. U. — Virch. Arch^Wl, p. oill); dans quelques cas il a trouvé plu> d'albumine à la seconde ponction, alor* que la transsudation et la pres>ion avaient augmenté. Virch. An h., IX, p. 2-40.) Dans un liquide dépourvu de -lobules sanguin* et provenant d'un œdème des pieds, il n'a rencontré que 1.7 de parties solides et 0,5 p. KM) d'albumine.
La quantité d'albumine dépend : 1" du s\>tème capillaire qui donne na^sanec à la :ran»udation (C. Sehmidt) ; 2' de la rapidité du cour* du sang: le transsudat e^t d'autant plu> riche eu albuniiiie que la circulation est plus lente dans les capillaires (Lchmann) ; quand le cour» du *ang est notablement entravé dans les veines abdominales par des tumeurs considérables, on trouve plus d'albumine dans le liquide épanché que dans les cas où il existe un obstacle mécanique peu important. ain>i dans les affections du foie avec rétraction du parenchyme occasionnant un ralentissement de la circulation veineuse; dans l'hydrocéphale aigu, la quantité d'albumine e>l plu* grande que dans l'hydrocéphale chronique; â# de la qualité du sang; le transsudat contient d'autant moins d'albumine que le sang eu renferme moins, notamment, par conséquent, dans la maladie detiright ; 'r de la durée de l'hvdropiMe : après une longue durée de celle-ci et lorsque l'équilibre de pression est établi entre le liquide épanché et le sang, les sels et l'eau se résorbent tandis que l'albumine ne pouvant traverser les membranes que >ous une lertiinc pression, re>tc et augmente en quantité relative, (llopp.)
La constance muqueu-e que présente souvent le liquide de l'hvdroptsie ovarique, est due non à la muciue, mai* à une substance albuminoidc particulière (métalbumiue et paralbumine de Scherer).
Fibrine : elle se trouve rarement dans les liquides bydropiques comme combinaison de la substance librino-plastiquc avec la substance librinogène et sous forme de llocons ou de coagulums gélatineux homogènes : parfois elle ne se dépose qu'après un long repos. Toutefois tous les transsudats renferment de la substance fibrinogène, le plus souvent en quantité proportionnelle à celle de l'albumine et par conséqueut très-petite. C'est dans le liquide du péricarde et de Tlivclrocclc
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qu'on en trouve le plus. Elle ne prend pas la forme solide, parce que la substance fibrino-plastique fait défaut ; aussi produit-on une coagulation instantanée par une addition de cette dernière substance, par exemple de sang.
Schroidt a examiné 93 transsudats au point de vue de leur contenu en fibrine : 12 provenant de l'hydrocèle, 42 du péricarde, 15 de la plèvre, 16 du péritoine, 1 des ventricules du cerveau, 1 du tissu cellulaire induré d'un nouveau-né, 5 d'ampoules, de vésicatoires, 1 d'un hygroma, d'un herpès fébrile, 1 d'une articulation du genou enflammée. Dans 81 (le ces cas, une addition de sang provoqua la coagulation, et dans 1 1 , celle-ci ne put être obtenue. Dans ces derniers cas , le sang avait été épuisé dans l'organisme même, par des sécrétions antérieures, soit pendant la vie, soit après la mort par le passage du sérum a travers les parois vasculaires privées de vie; ou bien lors de l'évacuation pendant la vie ou de l'autopsie après la mort, il y avait eu préalablement mélange manifeste du liquide avec du sang et coagulation consécutive. En outre la plupart des' exceptions mentionnées se rapportaient, non pas à des liquides pauvres en fibrine et en albumine, mais, au contraire, à des transsudats concentrés, provenant, à la vérité, d'organes enflammés. La coagulation spontanée du liquide, après son évacuation du cadavre, s'observe très-souvent et ordinairement après qu'elle s'est déjà produite une fois dans le corps ; elle ne commence pas avant une heure ou une heure et demie, parfois seulement après huit ou dix jours.
Les liquides cadavériques sont toujours coagulés ou du moins légèrement troubles ; sur le vivant, au contraire, on obtient souvent des liquides fibrincux parfaitement limpides et qui restent exempts de coagulation spontanée jusqu'au début de la putréfaction. On doit admettre, d'après cela, que, sur le cadavre, la coagulation est le résultat de la transsudation d'une petite quantité de substance fibrine-plastique au travers des parois inertes. — A l'intérieur du corps, elle est produite par le sérum du sang qui filtre à travers les parois des vaisseaux, et dans les hydropisies lymphatiques de Virchow, par un mélange avec le sang survenu pendant l'opération ou dans l'organisme lui-même.
Des ponctions successives et rapprochées effectuées dans une cavité séreuse hydropique ont généralement pour conséquence d'augmenter la quantité de l'albumine et même celle de la fibrine renfermées dans le liquide épanché.
Matières extractives : en quantité variable et souvent relativement grande, et d'autant plus considérable que l'hydropisie est plus ancienne ; elles atteignent parfois *4 à 8, 6 pour 100 de la quantité d'albumine» Elles se composent de matières colorantes inconnues produisant la coloration du liquide ; parfois ce sont les matières colorantes du sang et de la bile ; le tritoxyde de protéine ; la pyine (?), le mucus.
Graisses : en petite quantité dans les hydropisies récentes ; en quantité plus grande dans les hydropisies anciennes ; dans l'hydrocèle, on trouve presque constamment des cristaux de cho lesté ri ne en petite quantité et souvent en grande abondance*
Urée : constante ; en grande quantité dans la maladie de Bright.
Les acides ludiques (dans la fièvre puerpérale), hippurique et urique, la xanthine, ta créatine, la créatinine, se rencontrent rarement.
Les acides et la matière colorante de la bile, dans l'nscitc due aux affections du foie et aux maladies accompagnées d'ictère.
Sucre : constant dans le diabète sucre; à part cela rare.
Sels solubles : notamment le chlorure de sodium, ensuite les carbonates, les phosphates et les sulfates, ordinairement a base de soude et en petite quantité à base de potasse ; ils se rencontrent toujours à peu près dans les mêmes proportions que dans le sérum du sang, et en quantité d'autant plus grande que le sang est plus aqueux cl le transsudat plus riche en albumine.
Dans la maladie de Kright, le résidu solide du transsudat contient parfois plus do sels que de matières organiques. — Dans l'hydrocéphalie, ce sont les phosphates et les combinaisons potassiques qui dominent. (G. Schmidt.)
Sels de chaux et de magnésie : le plus souvent en petite quantité.
Sels ammoniacaux : ne se rencontrent que dans les cas où le sang et le liquide transsudé renferment beaucoup durée.
Gaz : acide carbonique, oxygène et azote en petite quantité.
Le tableau suivant indique la composition de quelques transsudats comparée avec celle du plasma sanguin, du pus, etc.
Principes Fan. solides. llboniot. Fibrlof. S?!s.
Plasma sanguin 901.51 98,19 81.92 S. 06. 8.51
Sérum 907. 00 97». 40 77.02 — 9.45
Pus «71.50 128.58 08. 00 — 10.50
Sécrétion des plaies 959.20 G0. 80 45. OU traces. 8.90
Liquide des ampoules de vésiealoire. 952 98 70.55 61.85 — 8.59
— del'lndrocéle. 940.08 59.92 49.88 —
Transsudat pleural. . ..'.... 9J5.15 5i.85 2G.74 0. 00. 8.17
— du péricarde 965.11 54.89 20.15 — —
— du péritoine 902.07 57.55 17.91 — 8.11
— de l'anasarque 950.97 19.05 18.57 — 8.22
Liquide cérébro-spinal 980.56 15. Oi 5.10 — 8.55
Les éléments microscopiques des liquides transsudés sont trèspeu abondants : on n'y trouve comme principes constituants essentiels et constants, qu'un nombre variable de globules de la lymphe. D'après les observations récentes sur la circulation de ces globules et d'après la pathogénèse que nous avons donnée des hydropisies, il est facile d'expliquer leur présence constante dans le liquide infiltré
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aussi bien que dans le liquide épanché dans les cavités. — On rencontre accidentellement des cellules épithéliales de la séreuse atteinte, parfois des cristaux de cholestérine, etc.
Le liquide hydropique offre parfois l'apparence du petit-lait, surtout dans la cavité abdominale ; cette apparence est due à un mélange de graisse ou bien à la présence d'un composé albumineux particulier (fibrine moléculaire d'À. Schmidt). — Le transsudat ressemble parfois à du mucus liquide.
CAUSES DE l'hYDROPISIE.
La cause de l'hydropisie réside généralement dans une altération de certains organes, soit du sang, soit de celui-ci et de ceux-là en même temps. Ces organes sont surtout le cœur, les veines et les vaisseaux lymphatiques, les reins, les poumons et le foie. L'altération du sang consiste dans une diminution de la quantité d'albumine et une augmentation des parties aqueuses. Toutefois il n'est pas encore possible d'interpréter tous les cas d'hydropisie ; très-souvent, d'un autre coté, l'altération du sang crée la prédisposition, et une cause mécanique provoque l'explosion des symptômes. Cette dernière cause n'est autre qu'une exagération dans l'activité sécrétoire du sang ou une diminution relative dans la résorption des liquides sécrétés et non élaborés. L'augmentation de la sécrétion dépend, soit d'un accroissement de la pression sanguine locale par hyperémie artérielle et sur* tout veineuse (hydropisie par stase), soit d'une diminution dans la tension des tissus qui entourent les capillaires (ventouse simple ou de Junod) , soit enfin d'un relâchement des parois vasculaires qui en augmente la porosité. La diminution de la résorption est due à l'exagération de la pression sanguine locale, ou à la qualité des liquides.
D ne faut pas confondre la arase hydropique ou séreuse, suite de l'hydropisie, arec l'altération primitive du sang, cause de celle-ci.
On doit considérer la transsudation comme une filtration du sérum du sang à travers les parois des capillaires, se produisant sous l'influence d'une exagération de la pression dans le système vasculairc ; toutes les substances qui se trouvent réellement dissoutes dans le sang, telles que les sels, les graisses, l'urée, transsudent dans les proportions où elles existent dans le liquide sanguin. Les substances imparfaitement dissoutes, au contraire, — l'albumine, la substance fibrinogenc et les éléments organisés, — sont extravasés en moindre quantité. — Il faut aussi prendre en considération les lois de la diffusion des liquides à travers les membranes (endosmose et exosmose) : ce sont les sels plutôt que l'albumine qui, d'après ces lois, passent du sang vers las liquides des tissus, et si ces derniers sont* légèrement acides, il passe encore bien moins d'albumine à travers les membranes, en un temps donné et dans les mêmes conditions, que si ces liquides sont neutres ou alcalins (Heynsius).
CILt ET WAGXIR. — PATH. CLH. 18