Hydropisies mécaniques
Elles sont le résultat d'un obstacle au retour du sang veineux ou de la lymphe, rarement d'une hyperémie active ; elles prennent naissance dans les capillaires sanguins et lymphatiques. L'extravasalion di l'eau est la conséquence de l'exagération de la pression exercée sur les parois vaseulaires par le contenu des vaisseaux.
l/hyperémie passive ou mécanique entraîne à sa suite, soit F unième local, soit des épauchements dans les cavités séreuses, soit des hydrepi si es générales.
Il résulte «rime expérience faite par Ludwig et Tomsa , qu'une augmentation illa pression sanguine active la sécrétion de la lymphe dans le testicule. A la suiî> du rétrécissement des veines du plexus pampiniforme , la Jvmphc coulé }•!'.* abondamment qu'à Tétai normal; la movenne de l'augmentation, prise* sur tr-oanimaux, atteignait 09 pour 100 de la quantité de hmphe qui était donnée par le plexus lihre de toute compression.
Huand on lail la ligature complète des veine^ du phxus, de manière à ne permettre le retour du sam: des testicules que par l'intermédiaire de petites braniho collatérales, l'augmentation, d'après une moyenne prise sur cinq animaux, s'éleva j ê.7 fois la quantité de hmplie écoulée à l'état normal.
On observe fréquemment des œdèmes locaux consécutifs à rinporémie veineiw. accompagnés ordinairement de la dilatation des veines et se produisant surtout d.tv le domaine de la veine cave inférieure. Ils résultent du rétrécissement des uni* produit par une pression extérieure (vov. p. -li>), et c'est à cette catégorie qu'appartient la tumeur repliai ique des nouveau-nés; par tiraillemeul (rétraction cicatricielle^; par altération anatomique des parois veineuses (cancer); par tliivUiiboso, etc. Les conditions- .pie nous venons de mentionner produisent l'œdème à elles seules, ou bien avec l'aide de causer adjuvantes, telles que la station liai ituéii-.'. des \ète:r.ent^ peu conven ihle>. la convalescence, llndrémie, etc. — Il est certaine tumeurs, volumineuses et xascuLiirv^. qui agissent, non-seulemenl par pression iucanique. mais par agrandissement des voies lireulatoires (adjonction d'un iioiikj'1 système capillaire^.
l/h\dro;»i>:e des cavités séreuses se produit dans quelque* cas, par hvperé '..■' passive; par exemple, l'nydrocèle par phléhcctasio des vaisseaux; l'ascite par r-tréeissemont du tronc ou de branches de la veine porte; l'iiydrocéphale interne pir compression de la grande veine de C.alien ou du sinus droit par des tumeurs cl'1 la base du crâne, etc. L lndropisie de la hernie ou du sac herniaire se développe suivant le même mode.
hunsiin craint nombre des cas mentionnés ci-dessus, Tlndropisie est entiju*" dans son développement par la circulation collatérale. Lorsque le saii£ de la veim' porte rencontre des obstacles très-prononcés, son passage à travers le foie 'pjr exemple, dans la cirrbose\ on observe d'abord la ddataîion de cette veine. pu* celle de ses racines abdominales; ensuite le^ petits vaisseaux qui font commuuiijii<,r cette veine avec le système de la "veine cave s-v dilatent également, de façon à ce f"' le sang du premier de ces vaisseaux arrive dans celle-ci en contournant le foie.
L'hydropisie générale par hypcrémic veineuse s'observe dans un grand nombre d'affections du coeur ; elle est due alors aux obstacles que rencontre le sang veineux pour retourner au cœur droit. 11 faut surtout mentionner la péricardite, la myocardite et l'endocardite chroniques, et notamment les insuffisances et les sténoses. L'hydropisie se produit directement par insuffisance de la valvule tricuspide, laquelle s'oppose à l'évacuation du cœur droit, et par conséquent, à l'afflux du sang des Tcines du corps; elle se développe indirectement, au contraire, par l'insuffisance de la val vu le mi traie; celle-ci détermine d'abord des stases dans la petite circulation, et ensuite, par l'intermédiaire des artères pulmonaires, dans le cœur droit et dans les veines de la grande circulation. Les vices des valvules aorliques agissent encore plus indirectement : l'hydropisie se déclare dans ces cas assez tardivement et probablement par insuffisance de la vis a ter go.
On observe à la suite de l'Iiyperémic artérielle, V œdème collatéral , si important au point de vue du diagnostic et qui résulte d'une exagération.de la pression latérale dans le système capillaire. Cet œdème se rencontre principalement autour des parties enflammées ; tel est l'œdème qui entoure l'érysipèle et le pseudo-érysipèle ; des parties superficielles du tronc ou des extrémités dans les abcès profonds; l'œdème sous-cutané d'une moitié du thorax dans le pyothorax ; celui du prépuce, accompagnant les chancres ; l'œdème de la face et de la cavité buccale dans les cas de suppuration de ces parties ; l'œdème de la glotte dans les catarrhes et les ulcères des régions du larynx voisines.
L'influence de rhyperémie active sur l'épanchement de la lymphe, n'est pas aussi constante que celle des stases ; et elle est due à ce que le sang arrive avec plus d'abondance et de rapidité, à travers les artères dilatées, dans les vaisseaux capillaires. Ludwig en comparant la quantité de lymphe recueillie après la section du sympathique au cou, avec celle que Ton obtenait auparavant, observa que, dans certains cas, la sécrétion en était notablement activée, et que dans d'autres elle n'était pas modifiée. La rougeur delà peau et l'exagération delà sécrétion de la lymphe s'observent souvent simultanément.
L'hydropisie provient rarement d'obstacles au retour de la lymphe, par exemple de la thrombose des lymphatiques, de l'infiltration purulente ou cancéreuse de leurs parois ou des ganglions correspondants : en effet les radicules lymphatiques ont de nombreuses anastomoses; ensuite une exagération de la pression que subissent les liquides renfermés dans les parenchymes a pour conséquence une augmentation de la résorption par les lymphatiques, et enfin les veines suppléent à ces derniers, quand le cours de la lymphe est enrayé.
Neder (ZUchr. f. rat. Med.t 1860, X, p. 323) a démontré expérimentalement que la r Jsorption ne se fait plus par les lymphatiques après la ligature de l'aorte ; partout où elle s'effectue, c'est par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins qui nais-
sent au-dessus de l'endroit fie la ligature; ceux-ci se dirigent de haut en bas r-t arrivent au contact des liquides qui remontent par voie mécanique.
Ce n'est que dans des cas très-rares qu'on a observé Thydropisie générale cons»'cutivement à l'occlusion du canal thora«ique. Wrisber^ , Scherb , Fr. Nasse l'ont rencontrée chez Fhominc, et Vircbow sur un veau nouveau-né. Il arrive beaucoup plus souvent que Fbydropisie manque complètement dans le rétrécissement ou l'oblitération decc vaisseau (Yirchow, Oppolzcr, etc.); il ne faut pas oublier en effet qu'il existe d'autres points d'embouchure des lymphatiques dans le torrent circulatoire.
11 est tout aussi rare d'observer Fhydropisie locale provenant des lymphatique. Dans un jrrand nombre des cas auquels on a attribué celte origine, il existait en même temps un obstacle à la circulation veineuse ou une altération des ganglion* lymphatiques, ce que rend probable, du reste, la situation rapprochée des veines et des lymphatiques aux points de flexion des membres (région inguinale, creux <K' l'aisselle, etc.). D'autres cas ont été rapportés, en l'absence de preuves analomiqu^ positivcs.au rétrécissement ou à l'inflammation «les vaisseaux lymphatiques ; te'< sont l'éléphantiasis, la phlegmasia alba dolens, les oreillons, le sclérème des nou- \ eau-nés. Au contraire, dans la plupart des œdèmes, on trouve les vaisseaux lymphatiques, surtout ceux des régions rélropérilonéale et inguinale, fortement dilatés et gorgés d'un liquide limpide ; ce qui démontre bien moins une exagération qu'une diminution d'activité consécutive au relâchement de l'élasticité cl de la tonicité de leurs parois, à l'affaiblissement des mouvements musculaires des extrémités, ces organes respiratoires et du cœur.
Dans les hydropisies résultant d'affections des glandes (foie, rate, reins ou ganglions lymphatiques multiples), la cause mécanique (rétrécissement des vaisseaux) se complique le plus souvent au bout d'un certain temps, d'une cause dyscrasique, Vhydrémie. Le rétrécissement vasculaire porte sur les capillaires, les artérioles et les veinules, et il est le résultat principale ni eut de la dégénérescence des parois vasculaires, surtout de la dégénérescence lardacée, de l'hypertrophie et de la rétraction cicatricielle du tissu cellulaire des glandes, avec atrophie simultanée des vaisseaux et des éléments glandulaires (foie, reins granulés).
Dans des cas relativement rares, l'hydropisie se développe dans les cavités séreuses à la suite d'affections des membranes qui les tapissent, surtout à la suite d'un épaississement de celles-ci dû à l'inflammation, aux tubercules ou au cancer; c'est dans la tunique vaginale et l'articulation du genou que ce fait s'observe le plus fréquemment. De semblables hydropisies se transforment d'une manière insensible en inflammations avec exsudât séreux.
Avec les connaissances que nous possédons actuellement sur la structure des membranes séreuses (v. p. 18 i), l'explication de ces hydropisies est facile à donner. Néanmoins nous manquons encore de recherches détaillées sur ce sujet. Itons ce* cas d'hydropisie, tantôt les autres séreuses sont normales, par exemple dans
ITijdrocèle, l'hydrocéphale interne chronique, la tuberculisation ou le cancer péritonéal ; tantôt elles renferment du liquide, mais en quantité beaucoup moindre, c'est ce que Ton observe surtout dans l'hydropéri carde très-prononcé.
Les hydropisies et les œdèmes ex vacuo. s'observent dans les cas suivants : l'hydropisie des méninges et des ventricules dans l'atrophie cérébrale générale et partielle; la réapparition rapide dans une cavité séreuse du liquide qui en a été évacué ; l'hydropéricarde dans l'atrophie d'un ou des deux poumons, etc.