Métamorphose graisseuse
Dans la métamorphose graisseuse, les substances protéiniques se transforment en molécules graisseuses qui ne se fusionnent pas, parce qu'elles possèdent encore une enveloppe ajbumineuse ; mais
502 Sol'YLAUX KLÉMESTS DK PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
ces molécules augmentent constamment en nombre, Je telle façon que les tissus atteints finissent par perdre leur structure; elles se désagrément ensuite et si: résorbent. Les propriétés fonctionnelle* du tissu .s'affaiblissent nu disparaissent, suivant (pie la dégénére>eenre est plus ou moins avancée.
La graisse prend sans doute naissance de la manière suivante . l'azote est éliminé sous forme de combinaisons plus simples (urée, etc.), et la graisse reste comme deuxième produit de décomposition de la substance albmniunido.
Los preuves de l.i pivuliulÏMii de l.i i;iMi->e p.u la substance allmniiiuude. sOîiL
jiluisiuhKjitjiics. l'Liniitjiii'S ( / fHldli.h.ujifjUCS. ].' > prouves j>!iii^i<>l<><jiijii< .s m»iiI 1»'> s;u\.mU'v :
1 L on r.iivv,jjH-:ii sn .> 1 intluruee d uiumIiiii ntahon composée de uande ex»'iupl de i^r.u^so o! de »n re \\o\\. et .) ;
*J l.,i pn» lucli»»:i de î.i i ire. (i»iiiii«ji)«iiit,;it ;,]i;i1aiuc aux corps uas. par le> abeilk-ii«iurrie> d'.tll'Uiumo et de mo iv (KimIui-i ;
."' Le lait »1 un i liii'u îi'iurii d<^ 'v i;iii']«.- maigre e>t (L's plus riches ru uraUse, relaînement ri :i li^ulu iM.'iit iSsub.tliu. keiuuuTii li • : le lail devient plus abondant eu iîicm-' temps eu'il cntiont plu* «:«• rr.ii^r ;
V Pendant !•' développement de> iuh du Huiii'i'iis st<ujnnlix% la Liasse auirnieulc de ." ou i t'ois eu ipiaulilé i lUii'.l.uh» ;
I.a li'i'.Ui-ut i! i« »n 1 1 ■ > i ; > tniiruît d\.utre> p..'ii\es;
.Y «Jn.iu .i la Militante iuu>. ul.i iv. *;.n> ilimiiiut'-r île \ t/.uuir. se tianstonne ei. adijoeiiv, de> lecliei elles etnmupies posi;<\e> Wetlieril' oM démontré MU il t-\ist.ut ib's ,u hl. v ^î.tv ti\ t> (Jiijiu. \ ireu-iw ;
l'MJn.itil l.i caserne >•■ ir.uM'ni ne- eu lroma e. la ijuanliîé d albumine il in j mi f*' et la tiUaulite de ^r.u^^e augmente iYiberi.be> île Hlondeau >ur le frotnaiv de I»"tpieUat. fM'.eMeON nuis U">u i iiiiiitif-t > p.ir Pra>>uTi :
7 l.a riai->e .uuu.i nv d.,us le l, ut .ai repos i Huppe. SMibotin '. 1 ti> pi en\ <•> chini' rit s d ii « e-es > .»u! !e- >uî\au'.« > :
S' l.a lonuat:ou des te: mes intérieurs ,ie la >ene îles acide* i'ras lors de Powila- 11011 et de la puliciaitMii de> eoi p> iilhuuun ude> ;
!'% l.a t>>:niatn»u de l.i lemmo qui Lut p.u- io dis acides ,ra*. dan< la déeonipoMtio.: et la du- stioii de< M.d>-ta:kr> .idaunin '.dis.
Niuis tr«'ii\o!is er.i!t m ni une pn-uve f>;th !>-<H<jitc iLuis:
K' l.a di-^ene OMiMie»' ^i .usseu>e de> tiss'.,> dan< diii-u«<ntt < maladies, par exemple dans 1 intoviutiosi ai.ucpar 1- p'i-^. !,,u e. M-i'iei iaut „\ee une élimination v\j- «t'-rei' d mee .P. muni' .
I es tr.msp'nntahons t.nt d-tim.' iuî i >.,!'.a! ii'.iht \\. Wa^uor a ol serve une diminution vie p.n.K e: une .iiL.ii' :.lat: ei ; -us li •;. .;:!i'-- de ,iai*<«4 >ur le te^lieii'.e ci le ei is! li.m ; \t 1 '.! i .■•;, ,! r> le- s* .i* s-n- l.s ,»> n'a trouvé d" la i^r.ii">e tpie .iaiis l. s ea\i'. st . ; \\ , ,d i^. d.., > ,; s :,■ lu u b>'v sm* 1-s t»-udon*. la Mibstaïuv ((•in -e e: le eaiti', i. . n' >.i a m. ■••.::,'■ p.; • Le;- 1 s p,-.«îie< eelîul.'iise> ; lîiird.ii-li a tait la mè ne «tbs,M\a.i-vi s;ir e l» ..< «t h m ..-li. .'.» sveau. l'es iVajnients d'ull'iiniino el de er^tallin . euleunos d. :is dis mni,' ij..e> impennèai les , n\mt jia> eban^r île j>oids ;:i d»* >l'u luiv : il >'»>>( touu ■ un •. xmi lai crai>seux sur cesac.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GEriERÀLES. 305
La métamorphose graisseuse se déclare dans des tissus normaux ou bien à la suite de l'infiltration albumineuse, et elle se produit à peu près uniformément dans les divers éléments anatomiques. Dam les cellules on observe d'abord, ordinairement dans le voisinage et parfois dans l'intérieur même du noyau, une ou plusieurs molécules de graisse qui se caractérisent par leur brillant et par leurs contours sombres, ainsi que par leur résistance à l'égard de tous les réactifs micro-chimiques; l'éther seul les dissout et souvent seulement après une addition préalable d'acide acétique ou de potasse caustique. Ces molécules se multiplient ensuite et s'accumulent autour du noyau ou bien se distribuent uniformément dans l'intérieur de la cellule ; cette dernière elle-même se dilate d'une manière régulière pour atteindre un volume trois ou quatre fois plus considérable, et elle prend souvent une forme arrondie, si elle possédait une autre forme auparavant. Toutefois, si les cellules sont renfermées dans une substance fondamentale solide, comme, par exemple, les corpuscules du tissu conjonctif, elles augmentent de volume, mais conservent leur configuration primitive, fusilbrme ou étoilée. Enfin la cellule se remplit de molécules serrées les unes contre les autres, de grosseur uniforme ou différente ; et alors elle est ordinairement arrondie et possède encore sa membrane ; le noyau persiste encore ou n'est plus visible. On donne le nom de cellule granuleuse ù une semblable cellule complètement remplie de molécules ou de goultelcttes de graisse et pourvue d'une membrane véritable ou d'une couche protoplasmatique enveloppante non graisseuse. Après un temps plus ou moins long, la membrane, réelle ou apparente , disparait, tandis que les gouttelettes de graisse augmentent ou non, formant ce que l'on appelle une masse granuleuse. Ces gouttelettes, que réunit sans doute la substance protoplasmatique restante, finissent aussi par se désagréger en commençant à la périphérie, ou bien la masse tout entière se «divise en plusieurs agrégats de gouttelettes et enGn en gouttelettes isolées, nageant dans un liquide alcalin : c'est ce qui constitue alors le détritus graisseux. Les molécules de graisse se résorbent ou restent pendant quelque temps inaltérées. Elles donnent ensuite naissance à des cristaux de margarine, d'acides margarique et stéarique, et quand la résorption rencontre des obstacles, à de la cholestérine.
U est possible que les molécules graisseuses sortent encore d'une autre façon dos cellules, au moins des cellules contractiles. Stricker (Sitzgber. d. Wien, Acad.tL\\\t p. 181) a observé sur des globules de colostrum (qui sont analogues aux cellules
graisseuses) maintenus à 10° c, des changements de forme lents, mais manifestes. Dans un certain nombre de cas, il a remarqué en même temps que des globule^ de graisse se rapprochaient des parois apparaissaient ensuite à la surface de la cellule pour èlre éliminés plus tard. D'après cela on pourrait interpréter la sécrétion du lait de la manière suivante : les globules de coloslrum, constitués par des cellules détachées île la glande ou par le produit de la division de ces cellules, expulseraient par des contrariions actives, la substance qu'ils produisent dans leur intérieur sans pour cela se détruire. Schwarz ilbid. L1V, p. GÔ) a confirmé ces observation*. Non-seulement il a observé l'expulsion des globules de graisse, mais il a vu plusieurs fuis au*si des fragments de matière proioplasmatique se détacher du globule de colostrum, ensuite changer de forme et s'éloigner.
C'est ainsi que se produit également la dégénérescence graisseuse des noyaux, des substances librillaires (libres umsculaires) et des substances fondamentales, apparentes ou réelles (capillaires, cartilage, cornée, etc.). Dans ces dernières substances, la métamorphose graisseuse ne se produit ordinairement qu'à la suite d'une dégénérescence semblable des cellules.
Dans les muscles striés, la métamorphose graisseuse commence sous forme d'infiltration albumineuse ; ensuite apparaissent de petits corpusiules graisseux ordinai- 1 c.iicnl dans le voisinage des noyaux ou dans leur intérieur, plus rarement dans la substance même des fibrilles ; les molécules de graisse se déposent le plus souvent, à cette époque, eu séries parallèles aux stries longitudinales du muscle. Elles se multiplient jusqu'à ce que toute la substance contractile ait disparu, que les libres musculaires soient constituées par des séries longitudinales de petites gouttelettes de graisse et qu'enfin le muscle n'eMste plus. Parfois la marche du processus est différente ^Mettenheiner.etc.) Les an.ilvses chimiques démontrent que les muscles renferment toujours une quantité notable de graisse in\isible,et c'est ce qui explique que dans les cas de dégénérescence peu a\aucée, on ne trouve pas plus de graisse que dans les muscles normaux.
ha tln>lcstcrint\ qui est souvent un produit «le la métamorphose graisseuse, peut se reconnaître à l'ieil nu quand el'e existe en quantité notable : elle constitue des tables rhomboidales. trè^-iuinecs. isolées ou superposées et dont l'angle aigu mesure Tîl". ."»(); dans tles cas rares il est p-e<que droit iN7',,">n) ou plus aigu (57°, 20). Par lattion d'un mélange de ô p. d'acide sulluiique et d'une p. d'eau, ces tables se colorent d'abord en brun mujeàtre. puis »n rou.e pourpre et se fondent enfin en une niasse brune. Par l'addition d'acide sulfurique concentré et d'un peu d'iode, elles deviennent d'un loune carmin, blem s et vertes. — Varide margarique forme des faisceaux d'aiguilles très-liue> et recourbées ; rarement des feuillets lancéolés. — I.a minyaritit' se compose d'aiguilles très-fines et droites disposées ordinairement en huseeaux ou en masses aciniformes volumineuses. — L'acide stéarique constitue des tables allongées, aiguës, rhoinhoidales, isolées ou disposées en forme d'étoiles.
I.a métamorphose graisseuse est facile à reconnaître à Fœil nu, sauf dans ses degrés les moins élo\és et quand elle a pris peu d'extension. Les tissus ou organes atteints offrent à leur surface ou sur leur coupe une coloration jaune ou gris jaunâtre, détendant d'une ma-
nière uniforme à toute la partie, ou bien se présentant sous forme de taches, de stries, de réseau, etc. L'organe est en outre plus ou moins tuméBé selon l'extension que prend la dégénérescence, et le sang qu'il renferme est moins abondant; sa consistance est diminuée surtout quand la métamorphose a également envahi la substance fondamentale (cartilages, os); ou bien quand il existe des matières liquides ou ramollies à côté des tissus dégénérés (foyer athéromateux). Les liquides qui renferment un grand nombre de cellules dégénérées prennent l'aspect du colostrum, du lait ou du beurre.
Dans quelques cas, les tissus prennent une coloration autre que la teinte grise ou jaune. C'est ainsi que dans la métamorphose graisseuse de sa couche musculaire, le jéjunum prend une teinte rougeâtre, et que les villosités intestinales infiltrées de graisse deviennent noires (l'Auteur, Ârch. d. Heilk, II, p. 455).
La durée de la métamorphose graisseuse est plus ou moins longue ; parfois elle est arrivée à son maximum en quelques heures ; d'autres fois elle se prolonge pendant des années.
Les causes de la métamorphose graisseuse résident dans des troubles nutritifs de tout genre : le marasme sénile, l'inaction des parties et surtout des muscles; l'anémie et l'hyperémie plus ou moins prolongées ; la thrombose et l'embolie ; la compression exercée par des extravasats, des ex3udats ou des néoplasmes ; les troubles de l'influx nerveux ; certains poisons et surtout ceux qui dissolvent ou détruisent les globules du sang, tels que l'alcool, l'éther, le chloroforme, le phosphore, l'arsenic et l'antimoine; l'oxyde de carbone; les acides sulrurique, phosphorique et arsénîquc ; les* acides de la bile ; certains contagiums, comme ceux de la variole, de la scarlatine, de la fièvre puerpérale ; la sanie de la pourriture d'hôpital, etc.
Le mode suivant lequel agissent certains poisons et contagiums pour déterminer la métamorphose graisseuse d'un nombre plus ou moins grand de tissus ou d'organes, se réduit probablement à rendre le sang impropre à la nutrition des tissus atteints (en partie à cause de l'altération des globules) .
On a aussi observé dans presque tous les organes et tissus des cas de dégénérescence graisseuse dont la cause n'a pas encore été découverte. Un certain nombre de ces cas sont probablement le résultat d'empoisonnements par le phosphore. (Voy. l'édition précédente de ce livre.) D'autres ont été observés pendant les couches (Hecker, Montchr. f. GeburUk, XXIX, p. 521). Buhl a donné la description dune dégénérescence graisseuse aiguë des nouveau-nés (Hecker et Buhl, Klin, d. GeburUk. 1861, p. 296), et Farstenberg a observé des processus analogues sur les moutons (Virch. Arch. XXIX, p. 152), Roloffsur les cochons (tft., XXXIII, p. 553), Buhl chez le poulain (Hecker et Buhl, /. c).
On observe, à l'état normal, une métamorphose graisseuse tout à fait semblable à la dégénérescence pathologique.
:iLK KT WAGKEB. — PATI1. GÉX. -0
Nous citerons, à ce sujet, la métamorphose graisseuse des cellules glandulaires dans la formation de leur sécrétion : ainsi pour le colustruni, le lait, le sébum, etc; la dégénérescence de certains organe-, comme phase de leur développement, telle que celle de la gland* mammaire, des glandes sébacées et sudoripares : la métamorphose de répithélinm (membrane granuleuse) des follicules de Graaf. produisant une couche jaune autour de Textravasat ; celle des fibre* musculaires organiques de l'utérus, qui commence du cinquième au huitième jour après l'accouchement, et aboutit probablement .• l'atrophie du tissu musculaire.
Il e>t probable que la dégénérescence graisseuse ilu lobe antérieur de la glano» pi'.uitairo et de la paitic eorlieale des capsule., .surrénales, es! aussi phvsioloi'lqu' : i: en est de même pour la métamorphose de l'épitlielium des canalicules ^éminii» racliez l'adulte et surtout ebez le vieillard. On rencontre toujours dans les sére;st. quelques eellubs épitbt'liales qui ont subi la métamorphose i:rais>< use. La iadu-[ii«j réfléchie, d'après Ci r t a i 1 1 •> auleur>, se détruit par dégénérescence adipeuse, et dans la caduque \raie , d n'est j»a> rare de rencontrer ur.e métamorphose avancée d^éléments cellulaires, même quand le fœtus est normal.
La métamorphose graisseuse pathologique est très - fréquente et atteint les tissus normaux aussi bien que les néoplasmes.
La métamorphose grais>eiise des cellules s'observe souvent, et son importance varie suivant l'organe qu'elle atteint. La dégénérescence adipeuse des cellules glandulaires, isolée, ou combinée à des altérations des vaisseaux et du Mroina, constitue un groupe d'atTectious glandulaires très- importantes. Klle peut se rencontrer dans toutes les glandes, et elle présente les degrés? le> plus divers, (.'est dans lureins qu'elle oflre le plus d'importance pratique.
I es cellules ••pithéhal» - des s'ivise* <o\\[ atteintes de déirénéreseenco grais5eiiv«au plu< haut d-^ré dan> 1 h\dn pisio. les êpinc'.ement* inflammatoires, les pn«umatoses. etc.. descavit»"» correspondantes. Celte im taumrphose u est pas rare dan* 1^ cellules i-i it'ielnles des mujueuses. surtout dans les ca< de catarrhe aiiru ou chr».»ni pie. de c mpre»ion. eic. L'e>t | riiuîi'alemont da.i> le< \ -des respiratoires, juiqu aux plus fines br- nche< et au\ ;d\eob's pulmonaires, et sur la îmufiieu^ astnque, qu'on l'observe. A la peau. <.e ne sont que les cellules épithéliales de la couebt de Malp ^hi qui subissent C''te dr vn- n scence. dans le> cas de suppuration à>: cettepari'e, du oniuin ou du iis>u > us- u'ané.
La ii.etam rpho>e «irai**, u^e j . u: >\ n paivr d» ' n* le* él ment< solides du s;.n. surt^ :t de li fibrine e ijju1..'- i. d> ■> f, .bul--s }.'. i'A>. i r..: i: i. mr:it ;.iis>i des ^l»ù«jif* rou;e> à un le.er de.tv. K'L- se pr< .iu.t qinnd le >an est arrêté, soit à tint» rieur, >o:t à Ue\tein-ur des \ais>e»u\.
Les ceda.es .r.audu. aires sont tiequ 'uuueu: attiintes de do.L néuscence jrais.seu^. surtout dan> le u»i>in je d'abcès ..u de néoplasmes; dans Us „- andes des muqueuse-. on l'observe ordinairement avec le catarrhe ai u <^u chronique de celles-ci. ains,
dans l'utérus, dans l'estomac et le col, où elle se rattache peut-être à la production de certains ulcères, etc. On rencontre aussi la dégénérescence graisseuse dans les glandes sudorales, et elle est cause de certaines sueurs abondantes. Dans les glandes acineuses volumineuses, on trouve également la métamorphose graisseuse des cellules glandulaires; par exemple, dans les glandes mammaires, le pancréas, la prostate (dans le catarrhe aigu et chronique, l'hypertrophie et la rétraction cicatricielle du tissu cellu- Liire, les néoplasmes, etc). Dans les reins et surtout dans la substance corticale, on trouve la métamorphose graisseuse, spécialement à la seconde période de la maladie de Bright, combinée avec des altérations semblables ou différentes des vaisseaux et du stroma. On n'observe que rarement et seulement d'une manière secondaire, la dégénérescence adipeuse des cellules du foie, par exemple, dans l'hépatite parenchymateuse aiguë et chronique. Les canal icules séminiferes du testicule subissent la métamorphose graisseuse, non-seulement dans la vieillesse (voy. plus haut), mais aussi à la suite de rhumatismes, de formations néoplastiques, de pression exercée par des épanchements dans la tunique vaginale, etc.
La métamorphose graisseuse atteint les fibres musculaires lisses aussi bien que les fibres striées, et surtout le cœur, dans les muscles normaux comme dans les muscles hypertrophiés.
On observe celte dégénérescence sur les muscles lisses aux parties sexuelles de la femme, dans l'œsophage, l'estomac et l'intestin, dans les voies aériennes, etc.; elle est habituellement peu marquée, et se rencontre dans les catarrhes et les ulcères chroniques de la muqueuse correspondante, dans les phlegmasies de la séreuse (elle est parfois très-étendue dans les cas de périmétrite). On la trouve également, légère ou plus étendue, dans la tunique musculaire des artères de tout calibre, coexistant ordinairement avec une affection de la membrane interne.
La métamorphose graisseuse peut atteindre les muscles striés du tronc et des extrémités, de même que ceux du cœur. Dans les muscles striés volontaires, elle t'iistc dans quelques faisceaux ou dans un nombre plus ou moins grand de muscles, dans le cas d'abolition complète ou incomplète de leurs fonctions, consécutivement à des affections du cerveau, des nerfs, des os ou des articulations; dans l'inflammation des parties mêmes ou de la séreuse correspondante; dans les néoplasmes, etc.; on la tencontre disséminée dans le typhus abdominal, et enfin elle s'observe comme processus particulier, parfois héréditaire (atrophie musculaire progressive). D'après Calknder (Lancet, 1867, I, n* 2), la dégénérescence graisseuse du diaphragme offre de l'importance, non-seulement comme cause spéciale de mort, mais comme complication d'autres maladies. La métamorphose graisseuse du cœur s'observe, surtout aux ventricules, dans le marasme, de quelque nature qu'il soit, dans les affections des artères coronaires, dans les épanchements péricardiques, etc.; elle se produit dans le cœur normal comme dans le cœur hypertrophié, et présente un aspect uniforme, ou bien une ponctuation fine et régulière, rarement de grandes taches irrégulières. Elle atteint, tantôt le ventricule droit, tantôt le gauche, tantôt le cœur tout entier, tantôt enfin une partie de cet organe, et spécialement les muscles papi lia ires du côté gauche (l'Auteur, die Fettmetatnorphose des Hevzfleisches, 1864).
La dégénérescence graisseuse s'empare non-seulement des corpuscules, mais encore de la substance fondamentale du tissu cellulaire ; elle s'observe dans tous les tissus de cette nature et dans tous les organes qui en sont formés, spécialement dans la tunique interne des artères,
dans le derme cutané et mu queux, dans les membranes fibreuses et séreuses, dans le tissu interstitiel des glandes, dans lanévroglie, etc., et surtout à l'intérieur et à la périphérie des foyers inflammatoires aigus et chroniques, dans les cas de néoplasmes, etc. Parfois aussi on trouve une métamorphose graisseuse étendue des corpuscules cellulaires dans les fausses membranes et les exsudats de séreuses, >urtout de la plèvre ; elle ressemble alors, à l'œil nu, au tubercule jaune.
On rencontre la dégénérescence graisseuse de la cornée, principalement de ses corpuscules, dans les mêmes circonstances, ainsi (pie dans la vieillesse (arc sénile. -u gérontoxon).
A l'état normal, les cellules cartilagineuses renferment constamment une petite quantité de graisse. On en trouve souvent une plus grande quantité à Pétât pathologique dans ces cellules, et plus rarement dans la substance fondamentale; cela s'observe surtout dans la vieillesse, dans les phlcgmnsics aiguës et chroniques, surtout dans celles des cartilages articulaires, et ordinairement avec des affections des autres éléments de l'article.
On rencontre la métamorphose graisseuse dans les cellules osseuses et leurs prolongements, aussi bien dans la substance compacte que dans la substance spongieuse, dans les cas de phler:ma>ies aiguës ou chroniques suppuratives , dans les cas dé néoplasmes, parfois dans rostéomalacie, etc.
La métamorphose' graisseuse peut atteindre tous les éléments du tissu nerveux, et elle présente alors une importance pratique trèsgrande, soit comme phénomène primitif, soit comme phénomène consécutif (à une pression extérieure, à des hémorrhagies, à de? phlegmasies et à des néoplasmes).
Les cellules granuleuses que l'on trouve dans diverses maladies aiguës et chroniques i\(%^ parties centrales du système nerveux, coexistant le plus souvent avec un ramollissement, sont probablement toujours constituées par de< corpuscules de tis^u cellulaire de la néwo^lie atteints de dégénérescence graisseuse ou par des globules .upus. Celle déjéurrescence n'a pas e;ieue été démontrée dans les libres nerveuscMi» cerveau et de la moelle. Llle peut s'emparer de la moelle, soit comme dans le cerveau, suit à la suite d'affections de ce dernier consistant en une destruction de I.» substance cérébrale. A la suite de sections pratiquées sur l'extrémité péripheri^nt-des nerfs, de la destruction des parties centrales du système nerveux ou de la séparation des branches nerveuses qui en sortent, après l'atrophie des expansions nerveuses périphériques, par exemple, pour les nerfs optique et acoustique à la suite de désordres de l\eil et de l'oreille interne, dans l'inll uuinatioii et la gangrène, a'n*' que dans le voisinage des tumeurs, on trouve dans la couche médullaire des tiiTi* nerveuses périphériques, peut-être aussi dans le cylindre de l'axe, à l'inlériour
d'une gaine inaltérée, d'abord de grosses gouttes de graisse (formées par la moelle et le cylindre de Taxe qui se divisent en grumeaux), puis de petites gouttelettes dont le nombre et la petitesse augmentent constamment, et qui finissent par être absorbées; la gaine apparaît alors comme un filament renfermant à certains endroits des noyaux et quelques molécules de graisse. La métamorphose graisseuse des terminaisons périphériques des nerfs n'est connue que dans les corpuscules de Pacini.
On observe la métamorphose graisseuse dans les vaisseaux de tout genre, et parfois dans toutes leurs membranes ; tantôt elle constitue une affection primitive, tantôt elle dépend d'une altération des parenchymes. C'est l'une des maladies vasculaires les plus importantes.
Dans les capillaires, elle atteint les noyaux et leur voisinage, rarement d'autres points de la membrane. D'après Billrotb (Arch. der Heilk. III, p. 47), la prétendue dégénérescence graisseuse des capillaires cérébraux ne serait constituée que par nue couche de graisse entourant le vaisseau, et ne serait pas la cause, mais la conséquence d'un trouble nutritif du tissu nerveux, et peut-être même dans certains cas un phénomène cadavérique. Dans les artères, elle se déclare dans Tépithélium (?) ; dans la tunique interne normale ou hypertrophiée ; dans les fibres musculaires organiques de la membrane moyenne, et rarement dans l'adventice. La métamorphose graisseuse suit une marche analogue dans l'endocarde et les valvules du cœur. Dans les veines, cette métamorphose est rare et ordinairement peu marquée.
Pour ce qui concerne la dégénérescence graisseuse des néoplasmes, voyez ceux-ci et spécialement le tubercule et le cancer.
La métamorphose graisseuse a surtout pour effet de diminuer, d'altérer ou d'abolir totalement la fonction du tissu, rarement d'amener l'atrophie de celui-ci. Quanl elle atteint l' épi t hélium, elle prive les membranes correspondantes de leur tégument, et entraine ainsi des conséquences diverses : sur les muqueuses, il se forme des érosions et des ulcérations; dans les vaisseaux, il se produit des dépôts fibrineux avec altération des parties profondes. La dégénérescence graisseuse des cellules glandulaires détermine la cessation de la fonction spécifique et, par suite, divers troubles généraux et locaux, ( ainsi ceux qui dérivent de l'albuminurie ). Celle des éléments musculaires occasionne une perte de la contractilité pouvant aller jusqu'à la paralysie complète, ce qui est d'une grande importance au cœur et donne lieu aux troubles circulatoires lés plus graves; celle des muscles papillaires produit l'insuffisance de la valvule correspondante ; celle des autres régions du cœur cause le ramollissement, la formation de thrombus pariétaux, etc.; celle des fibres musculaires organiques amène la dilatation des cavités qu'elles entourent (bronchiectasies cylindriques ou sacciformes). La dégénérescence graisseuse des éléments nerveux entraîne à sa suite la perte de la fonction spécifique, etc. Il est d'autres désordres qui résultent de la diminution
MO .NOrYE.U'X ELEMENTS hï. PATHOI.Of.lE l'.EXERAI.E.
«lo consistance; ainsi la compression et ratrnjihio des cartilages articulaires avec inflammation consécutive de l'os sous-jacent, <Ian> limai sénile des articulations ; la dilatation du c<eur et des vaisse iu\. le ramollissement cérébral, l'ulcération de la muqueuse nasale, etc. : les déchirures du eieur, des vaisseaux et d'autres membranes.
Lr> conxMjuenci's Mint |'lu> i;ra\es ciiccie quand il cxi-le dèj.i d'aulies ;ilt>:.tions dans 1rs organes i oiicsjruid.iiils, ji.ir eviiijd»', 1»' r.im »lli>M*iin,nt de la mi!- -latiee t'<>ii«l.iitif'iitalt» (ulcère- «■• t'nvrs athérom ateuO, la d-'urnéreseence lardai ♦"• des vaisseaux, 1 • passiN-ein- nt des 1 1 1 1 1 i • ] 1 1 « k s glandulaires, «-le.
II. Millier ■ ]Yiii:b. mcd. Zt^lir., 1 vt i i . \, y. J*Ji a t !■ »u\ -J- cIm*/ un imli\idu m -:\ de maladif de f>ri^l)t. dans les vaissem\ artériels du c.'rve.iu et de la eiiorvuiir, w ♦■ dégénérescence va\ii>seuse jnnnonfée des cellules épitli» lialrs aliouti-sant a. leur eM-»lialion et à l'oblit*' ration du vai— eau dan- une Claude élendue.
Dans les tissus et les ornant en voie de dégénérescence «jraU- >euse, il n'v a oïdiiiairemcnt que quelques-uns des éléments qui s'atrophient complètement. C.o phénomène est favorable dans lenéoplasmes, car ceux-ci peuvent ainsi être éliminés partiellement ou complètement de l'organisme ; c'e>t ce qui s'observe souvent d. iules livpert'ophies cellulaires, surtout celles des glandes lymphatiques, des tousillos, etc., dans le pus, et seulement dune manière [Partielle dans le tubercule et le cancer. <Yoy. plus bas.)
Il e-t probable que les molécules de ^rais-e ne peuvent se résorber et les tissus dégénérés reprendre leur texture normale que dans les c.is de métamorphose légère ou modérée, et quand la cause cesse d'agir.
Vtirft>'"i il e<t /.''i//i'nn/W(' de dist'uoiuer la métamorphose <jraisseu>e de l'infiltration, et il n'e*t pas tare de rencontrer Finie ù ente de /\///tiw par exemple, dans les cartilages et h>> vaisseaux des vieillard-; dan- pi'esque t. m- h - ti-sus, eu ea- d'empoisonnement aiiai par le phosjihoiv et par d'autres agents t.>xi<pics.
La métamorphose doit se di-tiiuiur de l'augmentation du tis^u graisseux qui résulte de l'auiandisseinent et de la production de nom elles cellules adipeuses, constituant la prolifération interstitielle du ti>su adipeux A'.vWo-vi -'aecompa^ne habituellement de l'atrophie îles partie- a\oi-iuante-, surtout de celle des muscles striédans l'eu-Trais-ement de- muscles du coi ps, etc.. et se déclare autour d'organes atrnphiques, p,,r exemple de- reins, etc. Il n'est pas rare d observer à la lois et au même endinit l\ dégénérescence et la prolifération adipeuses, ainsi dans les mus, h^ atteints d'atrophie musculaire progressive, dans les os pris d'ostéomalacie.
c. — Infiltration ou métamorphose pigment aire. (Pigmentation. Chronutose. Nélanose.)
Bruch, Unters. zvr Kenntn. d. kôrn. Pigmenté der Wirbelthiere , 1844. — Zwicky, Decorp. lut. origine atque.transform., 1844. — N. Guillot, Arch. gén., 1845.— Basse et Kôlliker, ZUchr. f. rat. Med., 1846, IV, p. 8. — Ztschr. f. wiss. Zool.f I. p. 260. — Ecker, Ztschr. f. rat. Med., 1847, VI. — H. Meckel, Ztschr. f.Psychol., 1847.— Deutsche Klinik, 1850.— Virchow's, Archiv, 1847, 1, p. 379,11, p. 587, IV, p. 515, VI, p, 259. — Sanderson, Monthly journ. sept, et dec> 1851.— Remak, in Mttller's A rch., 1852, p. 115. — Frerichs, in Gdnsburg's Ztschr., 1855, VI.— Fôrster, t» Virch. Arch., 1857, XII, p.197.— Jaffé, in Virch. Arch., 1858, XIII, p. 192. — Zenkcr, S. Ber. d. Ges. f. Natur. u. Heilk. in Dresden, 1858, p. 53. — Valentin, m Giînsburg's ZUch.f. klin. Med. 1859, 1, p. 46.— Grohe, in Virch. Arch., 1861, XX, p. 306.— Heschl, Ztschr. d. Wten. Aente, VI.— Œstr. ZUchr. f. pract. Heilk., 1862, n** 40, 42 et 44.
La métamorphose pigmentaire consiste dans la production d'une substance particulière, — la mélanine ou Yhématoïdine — de forme et de coloration variables, et provenant d'une transformation de la matière colorante du sang (hématine).
L'bématoïdine est diffuse, granuleuse ou cristalline.
Uhématoidine diffuse colore les tissus en jaune ou en rougeàtre d'une manière plus ou moins uniforme, et se transforme ordinairement en Tune des formes suivantes. — Vhématoidine granuleuse présente, suivant son ancienneté et les organes dans lesquels elle existe, toutes les nuances depuis le jaune clair jusqu'au rouge et au noir. D'après le lieu et le mode de son développement, etc., elle constitue des granulations plus ou moins volumineuses, tantôt isolées , tantôt groupées en nombre variable , tantôt arrondies , tantôt anguleuses et dentelées. — Uhématoidine cristalline constitue des colonnes obliques, régulières, formant presque toujours des rhomboèdres purs. Leur volume varie depuis les limites du visible jusqu'à un diamètre de —de millimètre environ ; leur épaisseur, quoique généralement petite, varie également, et il en est de même pour leur largeur. Ces cristaux sont très-réfringents, translucides, parfois même transparents, légèrement brillants à leur surface. Leur coloration est généralement d'un rouge brique, variable, toutefois, d'après l'épaisseur des cristaux et d'après les organes. A côté de cette forme cristalline, on rencontre aussi, mais très-rarement, des aiguilles isolées ou groupées irrégulièrement ou en étoiles, d'une teinte jaune orangé
ou rouge brun. Les granulations, de même que les cristaux, s'observent le plus souvent à l'état libre ; rarement ils sont renfermés dans des cellules ou dans dos masses irrégulières.
Le pigment granuleux ou cristallisé est insoluble dans l'eau, l'alcool, Féther, l'acide acétique, les acides minéraux dilués et les alcidis. La potasse caustique lui donne ordinairement une teinte d'un rouge feu ; mais il se désagrège ensuite insensiblement , >e résout en granulations rouges , et finit par se dissoudre. Les acides minéraux concentrés, notamment l'acide sulfurique, parf-iis aussi l'acide azotique, enlèvent aux cristaux la netteté de leurs contours, et produisent une gamme chromatique analogue à celle que Ton obtient avec la matière colorante de la bile; la substance, en effet, devient successivement rouge brun, verte, bleue, rose, et disparait enfin, en laissant une teinte d'un jaune sale el, à la place «1rs cristaux un nuage finement irranulé. Toutefois cette réaction n'est pas toujours an<si régulière, ni aussi nette, et parfois l'une des teintes fait défaut.
D'après Robin. les granulations d'in-matoidines [hèmato&inc de oet auteur) ditït'tvnt des cri>taux au point de \ue cliimituic.
On donne le nom de mélanine à une substance noire ou brun foncé, ordinairement granuleuse ou irrégulièrement ciistalli>ée. formant rarement des tubes rhomboiques, très-peu attaquable par les réactifs, et probablement trè>-riehe en carbone, qui a sans doute la même origine que riiématoïdino, et que l'on rencontre surtout dan> la gangrène et dans certains néoplasmes.
Le pigment se produit toujours à la suite d'un ralentissement ou d'une stase de la circulation, ou bien (et c'est le cas le plus commun i cà la suite dune extra\asation sanguine, plus rarement d'une stase ou d'une extravasation de bile i?). Si le pigment provient du sang, ce qui est le cas habituel, la matière colorante re>te quelquefois dans les globules qui se transforment en>uite totalement en granules pigmentaires ; mais ordinairement elle en sort pour se mêler auv liquides environnant* ou pour s'infiltrer dans les éléments solides voisins, spécialement dans les cellules; elle s'y transforme ensuite en granules, rarement en cristaux d'hématoidine. Mans ces cas, les globules peuvent rester dui< les >ais-eau\, et la matière colorante du sang filtrera tra\ers les paroi> de ceux ci, d'une manière analogue peut-être à ce qui >e fait dan> la pigmentation du réseau de Malpighi et de la choroïde. Néanmoins, dans les cas ordinaires, la matière
ÀNÀTOMIE et physiologie PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES. 315
colorante est encore renfermée dans les globules quand elle sort des vaisseaux, soit à la suite d'une déchirure vasculaire, soit par diapédèse (voy. p. 247).
La matière colorante du sang sortie des globules se mélange d'abord avec les liquides environnants, libres ou contenus dans les cellules. Le sérum du sang (par exemple, dans l'œdème de la gangrène, dans l'œdème pulmonairo),lesexsudats, etc., se colorent plus ou moins en jaune ou en brun. Mais l'infiltration de la matière colorante est plus apparente dans les parties solides; c'est ce que l'on peut artificiellement démontrer en plaçant un peu de sang avec de l'eau sous le microscope ; les globules rouges perdent leur matière colorante qui pénètre dans les globules blancs et les colore, notamment leur noyau, en jaune plus ou moins intense. L'hématine s'infiltre aussi bien dans les parties amorphes que dans les éléments figurés, dans les tissus pathologiques que dans les tissus physiologiques : elle pénètre les caillots fibrineux, les fibres, moins souvent les substances intercellulaires, mais surtout les cellules de toute nature, tels que les globules du sang et du pus , les cellules épithéliales des séreuses et des muqueuses, les cellules du foie et de la rate, les cellules cancéreuses, celles du tissu conjonctif, etc.
L'infiltration de l'hématine dans les cellules est souvent inégale, car (ordinairement) c'est le contenu seul qui se colore ou (plus rarement) le noyau. Dans la pigmentation physiologique de la peau, de la choroïde et de l'arachnoïde, le noyau reste également exempt de coloration. 11 est très-rare de voir le contenu et le noyau se colorer simultanément et uniformément. La membrane cellulaire ne se colore jamais, car si on la prive de son contenu par diffusion, il ne lui reste aucune trace de coloration. D'ailleurs, les cellules ne subissent aucune altération.
Après un certain temps, l'hématine diffuse se condense progressivement en petits granules ou amas plus manifeslementcolorés dont le volume est variable : elle constitue alors des molécules très-fines, à peine visibles, et dont on ne peut reconnaître que la forme, ou bien qui atteignent la grandeur d'un globule rouge et au delà. La forme des granules les plus gros est rarement arrondie ; le plus souvent, elle est un peu anguleuse et dentelée; leurs contours sont toujours très-nets et sombres; la surface eu est claire, brillante et souvent miroitante. Tantôt ils possèdent les nuances les plus diverses, depuis le jaune jusqu'au rouge; tantôt ils sont rouge brun, brun noir ou noirs ; les nuances foncées constituent sans doute les phases les plus avancées du développement. La coloration des granulations piginentaires est assez constante pour le même organe. Pendant que s'opère la transformation du pigment diffus, on ne peut découvrir aucune altération dans les éléments des tissus qui le renferment : les cellules, par exemple, persistent ou parfois elles peuvent subir une dégénérescence graisseuse.
Pendant que la matière colorante du sang, sortie des globules, subit ces modifications, ceux-ci deviennent plus pâles et plus petits. À leur pourtour et parfois aussi a leur centre, on voit de petits granules, au nombre de un à quatre et plus, nettement limités, à contours obscurs, clairs et incolores au centre, d'apparence graisseuse, qui restent tantôt isolés, et tantôt constituent des séries de forme parfois semilunaire. Leur nombre diminue progressivement jusqu'à ce que l'on n'en voie plus qu'un ou deux, lesquels sont limités par une membrane à peine perceptible ; celleci disporait même tout à fait, et il ne reste plus que les granules qui finissent par se dissiper. Ces granules, ainsi que la membrane qui les enveloppe, ne s'allèrent nullement dans l'eau, l'acide acétique dilué ou les alcalis faibles. Les acides acétiques et minéraux concentrés ainsi que les alcalis forts, les dissolvent complètement.
D'après los observations de LYover sur la pénétration des corps étrangers dans 1»? cellules contractiles de la lymphe et du sanu, on doit ad mettre que les cellules piuîutMit.iiivs doi\ent leur pigment solide, non-seulement à la transformation dans leur intérieur de Inéinatoidine ditfuse, mais enc )re à l'introduction dans leur cavité de particule.* pumentaires solides (Yircli. Arch., XXX, p. ilô).
Ouaud la matière colorante du samj rote à l'intérieur des globules, ceux-ci dewonnenl progressivement pluspelils, plus compactes et plus foncés, et ils acquièrent inu1 résistance plus -rande contie le-» ré u lifs. Tantôt il> restent isolés, ce qui *'<[ rare, tantôt ils forment îles ;iin;is nie cin i à uuin/e1 irré-iuliers ou arrondis. Ces amas de- \ionnent de plus en plus fonce», >e confondent les uns a\ee les autres, et finalement eu n'apenoit | lu< ipii* desfo:-me> tLilo|)éc<ou mamelonnées, ou hien un granule pLrii!"!itaire compaitc et tïiaide, (.;i . • uîiii Ie> cristaux mentionnés plus haut. Tous ces « oijw sont lil'j-es ou l'ion eut >més d'un-' aiéol»- incolore, clair»', arrondie ou allongée, ou luen loSnlée comme l'amas piuneni. ,ire, analogue à mie memhran? cellulaire, mais ,|ui. toutetois, ne po»èd'» nullement les propriétés d'une mcmbianc pointe. dde et separit'îe «le > v,i conte:ni. Il e>t >ou\«nit ditti i le ou impossible de distiit^.jtM' ces coipiiMides d.s cdliil»*^ reiilei ui.utt des globules sanguins \\oy. p. -*>TK
Le temps que mettent à se produire ces différentes métamorphoses, \ario probablement d'après les circonstances. Il est à présumer qu'il faut au inoin> quelques jouis, et ordinairement une à deux semaines, pour une les cristaux d'iuinatoidino se forment.
l».i:is un i.»> où mi homme de .." ans, . cra>é entre d-:ux wi.ons. mourut au dou- :ièn\e . ur a\ec les *miijî''IV'> d"ir.:e jeiitor.ite suba »ue. j'ai trouve le péritoine mm . r..î tî par.ij.ù rconurt d'un" u»., (.•;•• e[ai>M- de l millim''tre de caillots san- i;i:> an. e ils. p neuar.t d»1 i- u\ r..p'ui-'S .in t de. l.'.îte c »u;h • reiitermait, dans t lis s. -s ' o;!r.s, .le i:o:!.i r-, ;im > iL/.uIcn yuir.entaiivs Ir.m i lue »t de petits crissa.i\ ri 'îiil' »:.ia :\.
l.'henutoi !ine M-journe dan> l'oigne pendant un temps variable, et l'on ne sait pas de quelle iVon ille disparait.
I ; ris V< ot-M'^a: ,ns f .:-< d,r< i^< vas .:"• ■':v..!T:.'-.i» cwtar.éo par contusion,
\'\: ... ' ..i •• e.. s; .:.»:. >x-; : % :.'.. ::'•,*:.:.■. i^ *ï. •; \. ;• >":i!, -rai m* dépose dans
\. i . . >. * s...; \ •; . .■ •> ;hr ■■". r.; s ;. "... . ;•••.;, :î :•>? r in d '•:/ pendant
JiiMjue d iiis «os dcrnnr> k'-.ps. "U a « onsi iéré K 1 1 ô ma toi d i ne r ".nue très anah^uo et :v.»:r.c : V':.p' à la ::.ati*'ie colorante delà bùe biinubme . * :;.:ï> vdîe .s^-im tia p«s et: continuée par les tochc:c!;e> modernes.
r un .i.5:v.e:*.: e i : i^itiie d - I \. . \\ . \\:\ ct.it ia bilirubine >autre'.oi^ W. !:d\i;:e , en >c basa:: ^:::t ..î -a; • . -.-a» ia b'iirubine se sépare toujoui^ de sa d;»,\;;t'. i*.ï /;;■> \i ■. . :.î.ï;;4e. en cristaux semblables quant à ia toi me et à .a ; .;•;.-.;:. r. .; veux de i'hematoîJine, et sur la prx\M>mption non xeiitiee .jv.e t xi:s !e< pi,::iunt- du corps doi-
vent, en dernière analyse, dériver de la matière colorante Jdu sang (hématine). '
D'après Holm (hum. f. pract. £hemie, 1867, G., p. 142), ces deux substances sont complètement différentes. Les différences les plus importantes sont les suivantes : les cristaux d'hématoïdine, bien formés et non attaqués par les dissolvants, paraissent d'un vert cantharide magnifique à la lumière réfléchie, tandis que ceux de bilirubine sont rouge orange. L'hématoïdine se dissout dans le sulfure de carbone en lui donnant une teinte d'un rouge de feu, ou bien si la solution est diluée, d'un rouge orange ; la bilirubine donne une solution d'un jaune d'or. Celle-ci se combine, en proportions déterminées, avec les alcalis et se dissout dans les alcalis proprement dits ; l'hématoïdine ne possède aucune de ces propriétés : il en résulte qu'une lessive alcaline, secouée avec la solution dans le chloroforme de ces deux corps, enlève la bilirubine et non l'hématoïdine. La bilirubine, en solution dans l'alcool, donne, avec l'acide nitrique charge d'acide hypoazotique, une magnifique série de couleurs, verte, bleue, violette, rouge et jaune (réaction de la matière colorante de la bile) ; l'acide hypoazotique colore l'hématoïdine en bleu clair et puis en jaune, ou bien la décolore.
Il existe dans la bile d'autres matières colorantes qui peuvent être coasidérées comme étant dérivées de la bilirubine (CwH'*IS*06); telles sont : la bilifuscine (Cwil»0IW), la biliprasine (C"H**N*0<*) et la bilihumine. La biliverdine (C3*U*aN*0t0î) dont on n'a pas encore démontré avec certitude l'existence naturelle , peut être considérée comme dérivant artificiellement de la bilirubine.
D'après Péris, les pigments non cristallisés qui proviennent du sang, deviennent bleus sous l'influence du ferrocyanure de potassium et de l'acide chlorhydrique exempt de fer, à cause d'une production de bleu de Prusse ; le pigment de la choroïde, au contraire, et probablement ceux qui dérivent de la graisse ou de la matière colorante de la bile, ne donnent pas cette réaction (Kœnigsb. med. Ces., nov.f 1866).
Les molécules pigmentaires d'un rouge foncé, d'un brun rouge ou noires que l'on trouve parfois dans les cellules du foie, proviennent probablement de la matière colorante de la bile qui s'y trouve à l'état normal. Il n'est pas rare, surtout chez les vieillards, et quand la rate est en même temps pigmentée de noir, de voir le voisinage de la veine centrale des acini du foie ponctué de noir. Sous le microscope, on aperçoit des molécules pigmentaires noires renfermées dans de petites cellules, souvent allongées, qui probablement ne sont autres que des cellules hépatiques atrophiées ; entre ces cellules on découvre un tissu obscurément fibrillaire, fermé sans doute de capillaires détruits.
La métamorphose pigmentaire peut s'observer à ïétat physiologique : nous citerons surtout à ce sujet la formation des corps jaunes de l'ovaire.
Le sang sorti des vaisseaux du follicule de Graaf et épanché dans sa cavité, se coagule et ne subit que peu d'altérations pendant quelques mois. Dès le quatrième mois environ, le caillot commence à s'atrophier: on observe dans si partie centrale, des globules décolorés et du pigment à l'état diffus, granuleux ou cristallisé, et notamment sous forme de cristaux d'un rouge brique ou minium, libres ou contenus dans des cellules. Au lieu d'un corps jaune, on trouve parfois un corps autrement coloré, far exemple, un corps noir, dû à la transformation de l'extravasat en pigment noir;
rilt» NOl'YFMX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GENERALE.
un corps blanc dans les cas d'épanehemcnt peu abondant (chez les vieilles femmes^ etc.
Le m<><le de production du piirment dans le roseau de Malpiidii, dans la choroïde, dans Us cellules ganglionnaires, in st pas encore bien coni.u.
On oliserve >i ti éipienunet;t des degr< s légers de pigmentation dans le tissu interstitiel des poumons ou dans les glandes bronchiques, dans l'arachnoïde de la moelle allongée et le ti»u neneux \oi>in,que peut-être on ne peut pas les considérer comme pathologiques. Uuant aux poumons, vo\ . p. Ht.
Lu métamorphose p'ujmcntairc pathohujuiue est fréquente : elle n'a «juère d'importance en elle-même , car elle n'altère pas d'une manière essentielle la fonction de la partie qu'elle atteint, si ce n'est dans les cas où le pigment s'accumule en très-grande quantité, ou bien lorsque, sous rinlluenee de conditions spéciales, il pénètre dans le système va^ulaire et donne lieu à des occlusions capillaires nnélanèmïc). Toutefois, de ce qu'il existe du pigment en un point déterminé, on peut conclure qu'il s'y est produit, à une ou plusieurs reluises, îles livperémies et surtout des bémorrha^ies. dépendant la déduction opposée ne serait pas fondée; car dans un ijrand nombre d'extravasations sanguines, la matière colorante se résorbe complètement et sans subir de métamorphoses piimientaires (voy. p. *2.VJ|.
La métamorphose pi^iuentaire s'oh>erve dans tous les tissus vaseulaires ou qui ont des vaisseaux dans leur voisinage : les cellules, par exemple les cellules épithéliales et glandulaires de toute nature, y compris celles de la rate et des ^an^lions lymphatiques; le tissu cellulaire, spécialement celui de la peau, des muqueuses et des séreuses, rad\enticede< \ai-seaux, le tissu conjonctif des poumons, des glandes, et paiticdièreiuiMit des glande- lymphatiques et de la rate, les libres musculaires lisses ou striée*, la substance cérébrale et nerveuse.
l'e n'e»t que dan* le* ca< où l'on traîne le< pr--;n: 'i> de.rè* de dé\eloppement de iv i :iu m!, qu'on peut t tre i ei !.nn <pi i! tu e > «n ««î i«io»« du>an f. Tel e>t le cas dan> U'v >: s.'s vaiuuin v di'< \eine* pu'inoiiaire^. dues .tu\ atl'ecti .»ns du \enlr.cule gauche f*. «1 duiîes s-n.jun* p-'iièlr •! t pobahieuwHta' «r* ti.ns 1' pithdium pulmonaire et >• li.i'i^lorn en! in* ,ite en pLin-r.t. L'e*t ie >iii<' 1"«>ïi ob>.T\e eiuore dan> les h»m i rl:.u t s du ti^u ] ul'u.<n.nr<\
Ki tous lî < or,. .!!••<. (.e >o:i: 1 ^ p"U'ni>n* qi.i } r>^ n'eut le pi :> souvent une pignunîa'ion qui e^t ordin.i rement n.'.re. t. • puni-nt pulm -naire se compose parfois «tevi *t.iii\. m.iis j>1un vt-r.ent d'^ramib* "...m's. j!iï> nu m »i- s rro>. Il est déposé I du. meut da-iv le ^ttoti.a lu poumon. iim^ le» corp'ivib s du ti^<u c«»n,onctif ou bien d.ns la lumièie ies capillaires et des pe.its \ai>seau\ o lit- ie<. t lu le trome, >o:t dans le *troma pro n,M eut dit. v- t .i.i!i> !e t wi iclVi ire ;ui entoure les lobules priuiitîf* et >tc >n i.ons, s t." m- le i«.*>»: >. a— j ..:.!. !a u.iii:it<- en est tellement ^ariibîe. qu'il oi >ou\.nt ini:.»^i:\ , '.o m; ca> p rt . u! er, de tracer o!t*s limites entre la >aut » et 1 1 mala iie. l'u n sto. da-i* un <.e:t.un non.bre de tas, le pigment ne lire pas son en«me du sang, mais il a pénètre du dihors dans le tissu pulmonaire tsurtoul la tumee de charbon . ^ ^ . p $ 1 . '
Le pigment de la peau siège dans le réseau de Malpighi ou dans le derme. A l'état normal, le pigment se trouve en petite quantité dans le réseau de Malpighi , si C6 n'est chez les hommes de couleur, dont les enfants , an reste , ne se colorent que quelques jours après la naissance, et les individus dont le teint est foncé par voie congénitale ou acquise; il n'existe en grande quantité que dans les éphélides, le chloasma et le mélasma, la maladie d'Addison, etc. Le derme s'infiltre de pigment sous Tinfluence de cataplasmes chauds, de sinapismes, de vésicatoires, etc.; à la suite de phlegmasies chroniques, spécialement dans le voisinage des ulcères de la jambe; dans les nœvi materai et dans les cas très-rares de mélanose vraie.
A la suite d'inflammations et d'hémorrhagies, les séreuses présentent une pigmentation ordinairement noire et disposée par taches, rarement uniforme; le pigment siège habituellement dans les corpuscules du tissu cellulaire.
U est une pigmentation rougeâtre particulière que Ton observe surtout à la surface externe de la partie supérieure du jéjunum et qui a son siège non dans la séreuse, mais dans les fibres musculaires : la matière colorante est de nature graisseuse.
On observe une pigmentation ordinairement noire et disposée par taches, rarement brune, sur les muqueuses, par exemple dans la cavité de l'estomac, à la suite de catarrhes chroniques et d'hémorrhagies, parfois aussi après une stase sanguine prolongée. Le pigment se dépose rarement dans les cellules épithéliales de la muqueuse ou des glandes, mais souvent dans le tissu muqueux. La coloration noire que présentent fréquemment les villosités intestinales ne sont pas dues au pigment ordinaire, mais a une substance soluble dans l'éther, et par conséquent graisseuse.
La métamorphose pigmentaire des autres tissus et organes offre peu d'importance pour la pathologie.
Yirchow (Arch.y XXXVII, p. 212) a décrit sous le nom à'ochronose une coloration noire particulière de presque tous les cartilages et disques ligamenteux des articulations, des membranes synoviales, des cartilages des organes respiratoires, des cartilages intervertébraux, de la membrane interne des grosses artères, etc., observée chez un homme de 67 ans ; la coloration des cartilages variait, suivant les régions, du gris clair au noir. Au microscope, on découvrait des granules bruns ou jaunes, enclavés dans la substance intercellulaire. Cette coloration était probablement due a un dérivé de la matière colorante du sang.* Chez les vieillards, les cartilages costaux et bronchiques offrent généralement une teinte foncée due au dépôt de fines molécules pigmentaires. Le cas précédent n'était qu'une exagération de cet état.
Pour ce qui concerne la mélanémie (existence de molécules noires dans les vaisseaux sanguins, voyez plus bas.
Parmi les néoplasmes vasculaires, c'est surtout le tissu cellulaire de nouvelle formation qui devient le siège de la métamorphose pigmentaire, ainsi les fausses membranes des séreuses, le tissu conjonctif hypertrophié, le tissu cicatriciel, les tumeurs, etc. Dans certains cas, l'extravasation et la pigmentation sont plus importantes ou plus marquées que la néoplasie conjonctive et vasculaire elle-même ; ainsi dans l'apoplexie intra- méningée, dans le cancer et le sarcome mélanique. (Yoy. au reste les Néoplasmes.)
On révoque encore en doute l'existence de tumeurs pigmentaires pures (mélanomes), c'est-à-dire de productions formées de pigment déposé en grande quantité dans le tissu conjonctif préexistant.
Un cas communiqué par Virchow (Arch., XXV, p. 181), dans lequel la pie-mère cérébrale et spinale présentait tous les degrés de l'affection, depuis la simple coloration diffuse et disséminée jusqu'aux tubercules bruns et noirs, offrait la transition de la mélanose au sarcome. Le cas de Rokitansky est analogue ( Allg, Wien. Ztg., 1861}n* 15). Dnns un cas de mélanose bien caractérisée de la peau et de cancer mélanique de différents tissus, j'ai trouvé les corpuscules conjonctifs de la peau et du tissu adipeux sous-cutané, du péricarde et de l'endocarde, etc., ainsi que les corpuscules musculaires tellement remplis de pigment, que celui-ci produisait non-seulement une coloration anormale des parties, mais encore des tubercules noirs plus ou moins volumineux (Arch. d. Heilk., V, p. 280). C'est dans la choroïde et l'iris que la mélanose pure parait plutôt survenir.
Pour les colorations anormales d'une autre nature, il faut consulter les chapitres correspondants; ainsi peur celles qui résultent de l'introduction de substance:» étrangères dans l'organisme, ou bien qui sont la conséquence de l'anémie, de l'hjperémie, des métamorphoses et des infiltrations mentionnées ci-dessus, de celles qui sont dues à la bile, etc.
d. — Infiltration calcaire et formation des calculs. { Incrustation. Pétrification. )
Mejer, Ztschr. f. rat. Med., 1851, I. — Scbrôder v. d. Kolk, Nedcrl. Lanc., 1853, p.97. — O.Weber, m Yirchow's Arch., 1854, VI, p. 561. — Virchow, Arch., 1855, VU1, p. 103; IX, p. 618; XX, p. 405. — H. Meckel, Microgéologie, 1856. - Beckmanu, in Virch. Arch., 1858, XV, p. 540.
L'infiltration calcaire consiste soit dans la pénétration dans les tissus et les sécrétions glandulaires, de molécules ou de granules, parfois de cristaux de carbonate et de phosphate de chaux ou de magnésie, soit dans la précipitation anormale des principes constituants des sécrétions glandulaires et spécialement de l'urine et de la bile. Il se produit ainsi dans les tissus des indurations qui peuvent atteindre la dureté de la pierre: calcification, crétification ; dans les liquides, des concrétions ou des calculs.