‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 60 sur 102 · Concrétions ou calculs · texte numérisé non relu

Concrétions ou calculs

Quand des concrétions calcaires se forment dans les liquides (sécrétions), ceux-ci se troublent d'abord, prennent la consistance d'un lait de chaux, ensuite d'une bouillie et enfin celle d'une masse semblable à de la craie ou à une pierre (concrétions ou calculs), dont la forme et le volume sont très-variables. La forme dépend soit de celle de la cavité qui renferme la concrétion, soit de causes inconnues. La sur-

eau ET WAGRCIl. — PATU. GEN.

ace (Mi est lisse ou bosselée, la consistance molle ou friable, pierreuse ou osseuse. La couleur varie, d'après la composition de la concret ion et d'après les principes accidentels qu'elle renferme, du blan« au jaune, au rougeàtre, au noir brun, etc.

L'examen microscopique des concrétions se fait sur des coupe* minces ou sur des fragments quand la friabilité ne permet pas d'en faire des coupes. Dans le premier cas, ou aperçoit à la lumière tran>mise, dans une substance fondamentale claire, des points irrégulièninent arrondis, allongés ou autrement figurés, de grandeur variais et qui parfois ressemblent à des corpuscules osseux, mais qui toultfois ne paraissent être que des lacunes naturelles ou artilicielle*, remplies d'air; la substance fondamentale est complètement dépourvue de structure, haus le second cas, on voit des fragments plu* ou moins gros, irréguliers, à contours foncés et qui se comportent comme nous l'avons dit plus liant quand on les traite par les acides.

Les concrétions reconnaissent pour cause le catarrhe des muqueuses correspondantes, la présence de corps étrangers et l'altération des sécrétions glandulaires.

Elles ont pour conséquence l'irritation, de la muqueuse (colique* calculeuses, catarrhes, ulcérations, perforations) ; le rétrécissement ou l'oblitération des ca\ités,et par suite la diminution ou l'abolition de la fonction glandulaire; plus rarement l'irritation de la séreuse environnante ( péritonite i ou des vaisseaux adjacents I pyléphlébitei.

Les concrétions restent parfois longtemps dans le même état ; dan* d'autres cas elles se transforment en d'autres substances < metahemutismiis), ce qui peut amener une décomposition spontanée; ou bien entin elles sont éliminées de différentes manières.

Les concrétions calcaires se composent principalement de carbonate et de phosphate de chaux en proportions variables, d'un peu d« carbonate de magnésie, d'eau, de mucus, d'albumine et d'autre* matières organiques ; parfois le noyau est formé par un corps étranger. On les rencontre surtout dans les amygdale*, l'appendice vermiculaire et les veines; plus rarement dans le nez, le larynx et les bronches, le< poumons, l'utérus* le vagin, sous le prépuce, etc.

Los |ihlrl>ulitlu»x sont, pour l.i plupart, des caillot* sanguin* ot filirincux intiltrô do chaux, loiilot'oi*. il o*t proluMo qu'iU ont au**i une autre origine (Wedl, Œsli . med.Jahrb, 1S01).

Les concrétions des sécrétions glandulaires sont : les calculs urin air es et biliaires, le tartre de la bouche, les calculs salivaires, pan-

créatiques, lacrymaux, prostatiques, mammaires et sébacés; nous devons ajouter encore l'infarctus des reins et les calculs spermatiques.

Les calculs urinai res et biliaires méritent une mention spéciale.

Les calculs unnaires proprement dits, que l'on trouve surtout dans la vessie, s'y développent, soit à la suite d'une fermentation acide ou alcaline provoquée par le mucus jouant le rôle de ferment, soit par le dépôt des sels de l'urine autour de corps étrangers solides qui se trouvent dans la vessie (pus, mucus, sang, corps étrangers accidentels) ; parfois ils prennent naissance dans les reins ou les voies urinaires supérieures ; ils parviennent ensuite dans la vessie et s'y accroissent.

Ou établit la division suivante d'après les principes constituants qu'ils renferment :

Calcul* formée d'acide urique et d'urates : le plus souvent ronds ou arrondis ; durs; jaunes, bruns ou brunâtres; rarement blancs; lisses ou légèrement bosselés; ordinairement stratifiés sur leur coupe.

Calculé d'urate a" ammoniaque pur : analogues aux précédents ; rares.

Calculs composé* de phosphates, spécialement de phosphate* ammoniaco-magnétien* ou de chaux : communs ; ronds ou arrondis , durs ou crétacés ; blancs, lisses ; ordinairement stratifiés à la coupe.

Calcul* de phosphate de chaux pur : analogues aux précédents ; rares.

Calcul* formés en même temps d'acide urique ou d'urates et de phosphate*, soit que ces substances forment des couches alternes, soit que l'une constitue le noyau et l'autre l'écorce; communs.

Calcul* renfermant en outre du carbonate de chaux, soit au centre, soit dans les couches extérieures.

Calcul* d'oxalate de chaux : communs, surtout chez les jeunes individus; les plus gros offrent une surface mamelonnée, même épineuse (calculs muraux) et une coupe stratifiée; ils sont d'un brun foncé et très-durs ; les plus petits sont lisses et moins colorés.

Calcul* d'oxalatede chaux entouré de couches de phosphate de chaux ou d'urates.

Calcule de cystine : très-rares, petits, arrondis, jaunâtres, lisses.

Calculs de xanlhine : très-rares, petits, arrondis, brun clair, lisses.

Les plus gros oakuls sont presque toujours uniques; les moyens, uniques ou multiples, et les plus petits (graviers) sont parfois innombrables.

On donne le nom d'infarctus aux dépôts de sels dans le tissu rénal, surtout dans les pyramides, et qui se forment, soit dans la lumière des canalicules urinifères, soit dans leurépithélium, soit dans leur membrane. Parfois, ils n'offrent aucune importance, mais dans d'autres cas, ils aboutissent à la production de concrétions plus volumineuses ou d'affections rénales plus profondes (kystes, etc.).

Ces infarctus se divisent de la manière suivante, d'après leur composition :

V infarctus urique, produit par l'acide urique etl'uratede soude, commun chez les nouveau-nés, depuis les premiers jours après la naissance jusqu'à la troisième et quatrième semaine; rare chez l'adulte.

L'infarctus calcaire, dû au carbonate de chaux , et surtout, d'après Hoppe, au phosphate de la même base (Deutsche Klinik, 1854, n* 14) ; est fréquent dans la vieillesse.

V infarctus de phosphate tribasique (Froriep).

f L'infarctus pigmentaire (Virchow), dans lequel on trouve de grandes masses de pigment dans les canalicules urinifères.

Le* calcul* biliaire* se rencontrent principalement dans 1" vésicule biliaire, plus

r.-ji noeveux éléments de i'athoiocie générale.

rarement dans les conduits : leur nombre, lewr volume, leur forme, ainsi que leurs autres piopriétés, varient d'après leur composition. On y trouve comme prim ipe* constituants : la cholestérinc et la matière colorante de la bile, spécialement le ci-'lépvrrhate de chaux ; le carbonate et le phosphate de chaux, le mucus, les acide* ibla bile et la margarine. Les caleuls biliaires prennent naissance par suite de 1 Violence d'un excès de eholeslérine et de matière colorante dans la bile; parfois, la précipitation de ces substances est facilitée par le catarrhe de la muqueuse: d'autres loi*, enlin, «les corps étrangers en deviennent le point de départ.

On lc>di\ ise ordinairement en :

Calculs île chofestirine : uniques ou peu nombreux; petits ou atteignant le voluin d'un (eut; arrondi>nu ovales ; lisses ou granulés de différentes manières : blanchâtres ou brun jaunâtre; plus rarement anguleux; la cassure et la coupe offrent toujours une surlace cristalline ravmnée.

Calculs de cludestcrine et de matière colorante avec de petites quantités de carbir nate cî de pbo^phatede chaux en différente proportions : ce sont les plus communs, bruns o'i verts; de volume variable; ordinairement multiples ou nombreux; ronds ou aiuuleux; lisses; coupe d'apparence etaveusc, ressemblant à la surface extérieure et preseniant plusieuis cou» lies différeuunent colorées.

Cal uls d<" niidirre cuivrante pure : rares ; bruns ou verts; petits, peu nombreux; ronds ou denteb s.

Calculs de carbonate de cliau.r jnirc : clairs, bosselés; cassure cristalline.

.1 a: trouw. dans le* xéskule* séminales d'un cvphotique à^é de quarante ans enui on. une ptoluction représentant probablement un de^ré inférieur de calcul $/.'</•matiaue. Elle avait un diamètre de - decenlimètre environ; elle était arrondie, ur: p< u aplatie, ei se composait dune subs'ance homogène, résistante, inaltérable p r l'action de l'acide acétique et des al alis. et de nombreux spermatozoaires. Cvux-ci etaie complètement en.ajés dans la concrétion, ou bien le corps seulement y pénétrait, tandis que les ùlanients terminaux faisaient saillie à la surface.

c. — Dci/enèrcsccncc ou infiltration lardacces.

I'-.'vi.-'i'. s 1... r .,: \\\ ,.\:t , i!ieu?o, n-llulc-i-pjo. Genfli "iiunt u'reux. [^jénére^cente htalcndt'.-

l'urlvin.-e. lier, nber die Praaer. Yerh. tl. .Witurf., 1*57. — Chrislensen, Cnpenh. /o-s'/.. i> i t.— Meck» 1. Chariti-Ann.. 1*55, IV, p. *JG*.— iluck, Quart. Jauni. vf im> r. ,n- .. l.s.M. — honile:>. ^'cricri, lanc, 1*5». — Uiirdner, Monthhj Jour. «/Mie/ s>\. 1*5*. — Kekit.uisk^. Sitzsier. d. Wien. .4<W., 1*54, XIII — *auders. M .dh'n Jnurn.. I*5«i.— Yirchow. Arch . l*5i. VI, p. fc2b8 et 41»>:

VIII. p. lin et ôoi. M. p. InS; XIV. 1*7; XV, p. 23:2. - Wurzb. Yerh., VIE p. ---. — M.'l.-s h<»tt.lï"ii,//.H icht n<ehr.. 1*55.— Fri»,dreich.iw Virch. .l/i7i..l*5(i

IX. p. olô: \. p. *J"l »t -*>oT; XI. p. 5*7: XV. p. 50; XVI, p. 50.— Loeper. Wiirzb. lhss..\^0.W\\^>j',u ,'s }(<•<}> /■' i> .1*5»'». IL — l'auliskv, LVr/. />««*.. 1857. —Vircli Arcli.. XVI. ; . ! i7.— l'a.:is!e '• e; . \Yur:: . Dis*., 1*5*.— kekule, Heidelb. Jhrb.. 1*5*. livkïiiaun. /'. Xii'.h. t •'».. 1*5*. MIL p. Oi. — Neumann, Deutsclu A. ru'.. iM'e». n 35 et 57. — A<-li. d. Ib.iik., I*0*\ p. 55. — Meischl et kl.»!», \Yi.n. HV.//,-'i,N."'jr.i 1m;i. — I.iînil. Arch. tl. Frz Jos -Kinder-Sfut., |s,;o. p. r,!!.— I . W,u:i,r. Ar '.. ,/.//' - ■'. . . ! *ù l . 11. y. i*l.— Hertz, Gnifue. nud. luttr.m !>'.»."». y. •».". C. S.hiii.d:. An-i. d. Client, u. Pharm., C\. p. i»50.

On donne le nom do de u nérisccncc hirduccc i une affection sou-

▼eut chronique et presque toujours secondaire, dans laquelle la trame des tissus (spécialement les artérioles et les capillaires, rarement les autres éléments), se remplit d'une substance particulière, homogène, d'un éclat terne, translucide et, quoiqu'elle soit de nature albuminoïde, prenant presque toujours une coloration caractéristique sous rinfluence de l'iode et de l'acide sulfurique. Cette dégénérescence produit à un haut degré l'anémie des tissus qu'elle atteint, et en détermine l'atrophie ; elle diminue ou abolit la fonction de l'organe qu'elle envahit, s'accompagne généralement de marasme et n'est pas susceptible de guérison quand elle est arrivée à un haut degré.

Après la métamorphose graisseuse, c'est la plus importante et la plus commune des dégénérescences. A cause de l'extension qu'elle prend, l'influence qu'elle exerce sur l'organisme est plus marquée que celle de toute autre dégénérescence.

Les organes qui subissent le plus souvent la dégénérescence lardacée, sont les glandes lymphatiques, la rate, le foie et les reins; en seconde ligne viennent la muqueuse et le tissu sous-muqueux du canal digestif, l'épiploon et les capsules surrénales. On l'observe plus rarement, presque toujours à un degré beaucoup moins élevé et en même temps que dans les organes précédents, dans les autres membranes du canal digestif depuis la bouche jusqu'à l'anus, dans le pancréas, dans la muqueuse urinaire, dans la prostate, dans l'utérus et le vagin, dans les ovaires, dans le cœur, dans les vasa-vasorum de l'aorte, dans les petites veines, dans la glande thyroïde (goitre amyloïde), dans les bronches et les poumons, dans certains nerfs, etc.

L'ordre suivant lequel les organes sont atteints ne peut pas encore être nettement établi. Il estprobableque, dans les suppurations de longue durée, les ganglions lymphatiques correspondants se prennent d'abord et puis les autres organes. On ne peut pas davantage expliquer pourquoi, dans des cas en apparence semblables, parfois la rate, les reins et le foie sont à peu près également atteints, tandis que dans d'autres cas l'un de ces organes reste intact. La dégénérescence lardacce est très-rare dans les vaisseaux des muscles extérieurs et dans la peau, elle n'a jamais été observée dans ceux des os.

La dégénérescence lardacée ne peut se reconnaître à l'œil nu quand elle est légère. Dans ses degrés élevés, au contraire, elle altère les organes, surtout le foie et la rate, et puis les reins, les ganglions lymphatiques et les muqueuses, d'une façon caractéristique. Ces altérations consistent dans une tuméfaction plus ou moins prononcée de l'organe avec conservation de la forme normale ou bien avec épahsissement des bords tranchants; la coloration prend en même temps

une teinte grise ou gris blanc; l'organe paraît homogène, sec el fortement translucide soit sur la coupe, soit dans son intégrité ; sa consistance est empâtée, analogue à celle d'un œdème résistant. Ces modifications peuvent s'étendre uniformément à tout l'organe (foie, rate, reins, intestins), ou bien non atteindre que certaines parties ou du moins se produire d'une manière plus marquée dans certains points: ainsi dans la rate, l'altération portera sur les follicules; dans les reins, sur la substance corticale ; dans les capsules surrénales, sur la substance médullaire, etc. —Les parties renferment presque toujours beaucoup moins de sang; et celui qui sort des gros vaisseaux sur une coupe est clair et fluide. L'organe se décompose difficilement.

Quand l'organe est en même temps atteint d'une autre affection, les caractères de la dégénérescence sont plus ou moins masqués : les altérations que l'on rencontre le plus fréquemment alors sont l'infiltration et la métamorphose graisseuses des éléments cellulaires (foie, reins, pancréas, etc.), l'hypertrophie du tissu conjonctif (reins, etc.), rhyperémie et l'infiltration pigmentaire.

Pour reconnaître la dégénérescence lardacée peu prononcée des parenchymes mentionnés ci- dessus, ainsi que celle des organes membraneux ou du tissu cellulaire interstitiel, on emploie le microscope ou bien l'iode et l'acide sulfurique.

Sons le microscope, la dégénérescence amyloïde se caractérise par l'augmentation plus ou moins grande du diamètre des éléments atteints, par l'aspect particulier, clair, homogène et d'un éclat terne qu'ils prennent, parla coloration qu'ils acquièrent sous l'influence de l'iode et de l'acide sulfurique, par la disparition de l'apparence granuleuse du contenu de la cellule, et parce que le novau et la membrane cellulaire deviennent invisibles, etc.

Les artériolcs, les capillaires et en dernier lieu les veines, sont plus souvent et plus tôt atteints que les autres tissus. C'est dans les vaisseaux que la métamorphose est le plus caractérisée. Le diamètre des capillaires augmente du double et plus; leurs parois offrent les caractères que nous avons mentionnés plus haut et ne renferment aucun noyau ; la lumière en est plus ou moins rétrécie, parfois tout à fait oblitérée. — Il en est de même pour la dégénérescence des artériolcs : il est probable que la métamorphose atteint d'abord la membrane interne avec son épit hélium, puis la musculaire, et rarement l'adventice ; les membranes propres, par exemple celle des canalicules urinifères, se comportent de la même façon. l)ans la dégénérescence lardacée des cellules glandulaires qui s'observe beaucoup plus rare-

ment, ainsi que dans celle des noyaux et des cellules de la rate et des ganglions lymphatiques, ces éléments augmentent de diamètre, deviennent clairs, homogènes, prennent un éclat terne, adhèrent plus fortement les uns aux autres et finissent même par se confondre. Le noyau disparaît ou devient invisible. Enfin la cellule ressemble à une lamelle brillante et translucide, très-friable. L'existence de cette dégénérescence dans le tissu cellulaire est encore douteuse.

Les vaisseaux lymphatiques situés dans le voisinage de capillaires dégénérés sont communément fort rétrécis : les cellules glandulaires subissent tous les degrés d'atrophie jusqu'à la disparition complète, soit à la suite de la diminution ou de la suppression totale de l'afflux du sang, soit à la suite de la compression.

D'après Hertz (Greifw. med. Beitr., 1863, p. 93), la dégénérescence lardacée du foie part principalement des cellules de cet organe : au premier stade, la cellule grossit, le noyau se gonfle et le contenu devient granuleux ; au deuxième stade, les granulations du contenu disparaissent, et Ton aperçoit une masse plus transparente H brillante, le noyau ne change pas; dans le troisième stade, le noyau n'est plus fisible, la cellule ressemble a une lamelle transparente et brillante; dans le quatrième stade enfin, les lamelles se réduisent en petits fragments.

Rokitansky (Hdb., 1855, 1, p. 329), Lambl et Neumann ont également trouté la dégénérescence lardacée dans les éléments cellulaires de la paroi intestinale, c'està-dire dans la substance musculaire des villosités, de la muqueuse et de la tunique musculaire même. Les fibres musculaires s'élargissent, leur noyau cesse d'être apparent ; elles semblent se confondre les unes avec les autres et se brisent facilement, selon la largeur, en lamelles irrégulières.

Hayem (Gaz.méd. de Paris, 1866, n° 6) a tu la dégénérescence amyloïde envahir toute l'épaisseur de la paroi intestinale, spécialement les points correspondants aux follicules, et produire finalement des érosions et des ulcères. Il a également observé cette métamorphose dans le tissu conjonctif et très-rarement dans les cellules adipeuses. Le dépôt se forme alors dans la membrane ou autour du noyau ; la graisse et les cristaux de margarine renfermés dans la cellule se trouvent au côté opposé du contenu cellulaire.

C'est surtout la réaction donnée par la substance amyloïde qui est caractéristique : sous l'influence de l'iode (solution aqueuse ou teinture diluée d'iode, solution d'iode iodurée), les parties qui ont subi cette dégénérescence prennent une coloration brun rouge particulière. Si Ton ajoute de l'acide sulfurique concentré, elles acquièrent soit immédiatement, soit après quelques minutes ou quelques heures, une teinte violette, parfois bleue, qui persiste des heures et même des semaines, ou bien disparait rapidement. Si les parties renferment encore des albuminates normaux, il se produit une coloration vert bleu ou même verte. Parfois la réaction ne réussit qu'après des essais répétés* Les autres réactions de la substance amyloïde n'offrent rien

de remarquable : l'eau ne l'altère pas; l'acide acétique n'exerce aucune action quand il est dilué, et il la gonfle quand il est concentré; les alcalis concentrés la dissolvent; l'alcool et Péther sont san* action sur elle.

Ouoique habituellement l'iode et l'acide sulfuriquc soient nécessaires pour produire la coloration caractéristique, Freidreirh a décrit un cas do dégénérescence de la rate dans lequel l'iode seul donnait naissance à mie coloration bleu foncé ou ble»i violet aussi bien dans la pulpe que dans les follicules, ce qui détermine cet auteur à admettre une dégcncrescence amylacée.

On crevait autrefois pouvoir reconnaître la composition de la substance lardaeée d'après la réaction iodique et iodosulfurique. quoique depuis longtemps on donnât à la maladie le nom d'occlusion albumineu?i\ ({'infiltration albuwinoïde. Les Anglais l'appelaient dégénérescence cireuse; Budd. déaénérescence colloïde; Meckel, f/e./énérescence efwleslérique là cause de l'analogie de réaction, etc.); Vircbow proposa successivement les noms de dégénérescence cellulosique , ligneuse et awyloidc O. Weber ceux de gonflement vitreux, dégénérescence hyaloide ou hyalinosi\ — Ui plupart de ces dénominations et de ces opinions ne peuvent être maintenues, car deux analyses élémentaires faites par des chimistes différents sur des organes différents, ont donné un résultat tout à fait inattendu. Les recherches de Kekule, exécutées sur une rate dégénérée au plus liant deurê, ont démontré que l'organe contenait une quantité considérable de cholesterine sans que celle-ci toutefois fût la cause de la réaction iodosulfurique; qu'il ne renfermait aucun corps analogue, au point de vue chimique, à l'amidon ou à la cellulose; «pie la composition de la substance lardaeée concorde tellement avec celle des matières albuminoides, que cette concordance n'est possible que pour un corps appartenant à ce groupe chimique, quoiqu'on ne puisse en donner la formule exacte, et que par conséquent la substance am\loïde n'est autre iii'im corps albuminoide modifié dune manière particulière, b'îiprès "ne anahse élémentaire faite par C. Schmidt également sur une rate lardaeée, la substance amyloïde ne constitue nullement un hxdratc de carbone exempt d'azote et appartenant au groupe de la cellulose, mais un albuminate riche en azote. Il est très-probable que la dégénérescence lardaeée n'est qu'une métamorphose régressive des albuminates, et la substance lardaeée un de^ré intermédiaire entre ces derniers et les graisses ou la cholesterine. 11 existe peut-être encore d'autres substances intermédiaires, et l'azote contenu dans la substance lardaeée ne démontre pas qu'elle constitue un corps alhmninoide proprement dit. Les recherches de Meckel \ avaient déjà démontré l'existence d'une grande quantité de cholesterine.

Itudneff et Kubne ont débarrassé la substance lardaeée de tout corps alhuminoide en la soumettant à l'action du suc gastrique artificiel aussi longtemps que celui-ci, à une température de 40' centigrades, put dissoudre de la peptone. Sa composition concordait encore après cela avec celle de l'albumine, mais elle donnait naissance à quelques réactions différentes de celles de cette dernière. Toutefois su constitution est plus compliquée que celle de l'albumine.

On ignore encore si la substance aimloidc est le produit de la métamorphose des matières protéiniques ou bien si elle se dépose par métastase. On ne sait pas davantage si elle est analogue à nue substance qui donne la même réaction avec l'iode et l'acide sulfurique et que l'on rencontre quelquefois dans les cellules et la substance fondamentale de certains cartilage* (Vircbow ï, ainsi que dans les caillot* tîbrineux anciens (Kriedreirh). Il est probable qu'elle n'a rien de commun avec le* corps amylacés que l'on trouve surtout dans le système nerveux central, et qui se

colorent en bleu par l'iode seul, ni avec les corpuscules particuliers que Virchow a vus dans les Taisseaux de la rétine et dans ceux de la vésicule biliaire, ni avec la myéline, etc. — Rindfleisch range la dégénérescence lardacée parmi les infiltration* et admet qu'un corps albuminoïde du liquide nourricier, retenu par les tissus, est sécrété sous forme solide. De là proviendrait l'affection précoce des artérioles et des capillaires.

La dégénérescence lardacée se produit presque toujours à la suite de maladies qui s'accompagnent de suppuration prolongée des os ou des parties molles, avec évacuation de pus et de débris de tissus à* l'extérieur; ordinairement le foyer purulent produit encore un écoulement de pus au moment de la mort. Nous citerons principalement la carie osseuse, la tuberculisation pulmonaire ulcéreuse chronique, soit simple, soit plus souvent compliquée d'ulcères intestinaux tuberculeux, surtout du côlon ; plus rarement les ulcères chroniques des parties molles en général, et spécialement les ulcères intestinaux chroniques, simples ou tuberculeux, et les ulcères chroniques simples de la peau ; les ulcères syphilitiques chroniques de la peau ou de l'intestin ; les fistules urinaires de longue durée, les carcinomes ulcérés, les abcès psoïques chroniques, les bronchiectasies, les pyélites chroniques, retc( 11 est beaucoup plus rare d'observer cette dégénérescence à la suite de la syphilis constitutionnelle non accompagnée de suppuration prolongée, ou bien de diarrhées colliquatives sans ulcères intestinaux. Elle est très-rare dans la leucémie ou comme affection primitive, sous forme par exemple de maladie de Bright.

Rokitansky a observé la dégénérescence lardacée après le rachitisme, après les fièvres intermittentes rebelles, les affections organiques du cœur, et à l'état congénital chez des enfants nés de parents syphilitiques. Chez une femme de 58 ans, souffrant depuis longtemps d'une arthrite déformante grave, et depuis deux mois environ d'une maladie de Bright, j'ai trouve un degré léger de dégénérescence lardacée du foie et de la rate, et un degré avancé du même mal dans les reins.

Il s'écoule quelquefois plusieurs années entre le moment où cesse la suppuration qui] a produit la métamorphose lardacée et la mort qu'amène cette dernière. J'ai observé dans un cas un espace de cinq ans ; pendant ce laps de temps, le malade se porta bien, sauf toutefois dans la dernière année ; à la fin, il devint hydropique et mourut en partie a la suite de l'extension de la dégénérescence, et en partie à la suite d'épistaxis profuses et répétées.

Dans la plupart des cas, la dégénérescence lardacée, ainsi qu'il résulte de l'observation clinique, constitue une affection chronique se prolongeant souvent pendant des années. Dans quelques cas trèsrares, sa durée est beaucoup plus courte, et n'atteint qu'un ou quelques mois. Jusqu'à présent les causes déterminantes ne peuvent nous donner aucun éclaircissement sur ce point.

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le diagnostic de la métamorphose lardacée en général doit se baser sur les consi- ; ..-.liions sunantes: 1J l'affection cau>ale; '2* la tuméfaction du foie et de la rate ,on>t que le développement, rarement appréciable, des glandes lunphatiqnes et des teins ; ,V les symptômes de l'anémie, de l'amaigrissi-meiit et de la cachexie, qui manquent très-rarement quand la maladie se prolonge; \ l'Indropisie des extri* mites inférieures, qui fait rarement défaut, et l'hvdropisie générale qui se rencontre dans la moitié des cas environ : ,V l absence d'au'.res (anses de stase. Comme les reins sont souvent atteints eu même temps de dégénérescence lardacée, L urine présente ordinairement des altérations as>e/ caractéristiques, surtout quand les autres lésious rénales, et notamment celles qui dépendent des affections cardiaques, peuvent être exclues : le poids spécifique de ce liquide est habituellement plus ele\~é et la quantité de matière colorante est augmentée; l'urine est claire et albuini-

^ ^l'albumine disparaisse à certains moments; elle renferme des cylin-

* ^ Nullement caractéristiques ; au début, la quantité en est augmentée,

%* *\ nlus tard (Traube, Rosenstein, etc.). Enfin on observe souvent

^ % ^X aqueuses abondantes, soit à cause des ulcères intestinaux qui

\ soit à cause de la dégénérescence lardacée des vaisseaux

£ '** **> <, '•» 1862, XIV, p. 257) a observé, chez un homme de

^ "<y^\ ^ lcération de la peau avec la dégénérescence amyloïde.

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^ "% ^ ', ^ *£ lichen rubra, de Tichthyose cornée, de l'ichthyose

*^*,\ 'V^Ê "V tait en outre 50 à 60 ulcères, lesquels, ainsi que

•% ^ ' / -"t. 4 uent douloureux.

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ces corps prennent une coloration bleue ou

. i influence de l'iode seul ; parfois ce n'est que par

. ae l'iode et de l'acide sulfurique qu'ils acquièrent cette

•cuite; quelques-uns d'entre eux deviennent verts, bruns ou jaunes,

sans doute à cause d'un mélange avec d'autres substances azotées.

L eau chaude et les alcalis caustiques les dissolvent lentement,

tandis que l'alcool et l'éther ne les altèrent pas. On n'a pas encore

réussi à les transformer en sucre. Les corps amylacés de la prostate

contiennent souvent dans leur centre des cellules, des noyaux ou des

productions analogues à ceux-ci.

Les corps amylacés se rencontrent principalement dans le système nerveux aux points où existe la névroglie, par conséquent dans l'épendyme des ventricules surtout quand il est épaissi, dans la substance cérébrale blanche (dans les maladies mentales chroniques, dans l'atrophie du cerveau, etc.), dans les points correspondants de la moelle épinière (à un haut degré dans le tabès dorsalis), dans la glande pi tui taire, dans le plexus choroïdien, dans les nerfs en voie d'atrophie, surtout dans le nerf optique et la rétine ; ensuite dans la prostate où ils atteignent leur plus grand volume, par le fait que plu-

Les conséquences de la dégénérescence aniyloïde sont difficiles à déterminer, car cette affection est très-rare comme maladie primitive; en effet les suites de l'affection primitive et celles delà dégénérescence sont en partie identiques et la métamorphose des vaisseaux des organes glandulaires entraine souvent après elle des lésions secondaires des cellules (atropliie'ou métamorphose graisseuse) et même du stroma : principalement la diminution de l'afflux du sang artériel, la diminution ou même la suppression totale de la transsudation normale, ainsi que les conséquences de la compression exercée par les vaisseaux épaissis sur les capillaires lymphatiques et les cellules glandulaires environnantes. La diminution de la nutrition entraine des suites moins marquées, sauf dans certains organes, tels que l'intestin où la dégénérescence lardacée donne lieu peut-être à des ulcères particuliers, dits ulcères lurdacés ; il eu est de même pour le l'oie, mais dans des cas très-rares : toutefois elle détermine une dépression de la fonction qui est surtout prononcée quand la dégénérescence atteint les glandes. Les troubles fonctionnels consistent en un désordre de la sanguification (dans la dégénérescence du foie, de la rate, des glandes lymphatiques, de la muqueuse intestinale), en anémie, hydrémie, marasme et hydropisie consécutives; parfois ils portent sur des fonctions spéciales, comme celles du foie, des reins, de la muqueuse intestinale, etc., sans être cependant bien connus au point de vue clinique.

La dégénérescence aniyloïde, dans ses degrés élevés qui sont les seuls susceptibles d'être diagnostiqués, se termine par la mort, saut quelques cas exceptionnels. Les degrés légers au contraire, quoiqu'ils échappent à l'observation, peuvent, sans aucun doute, guérir par la cessation de la cause, par exemple de la syphilis ulcéreuse secondaire. Le mode suivant lequel s'opère la guérison nous est inconnu.

Le diagnostic de la métamorphose lardacée en général doit se baser sur les con>idérations suivantes: 1° L'affection causale; f2ft la tuméfaction du foie et de la raie ainsi que le développement, rarement appréciable, des glandes lyniphatiqnes et des reins ; .V les symptômes de l'anémie, de l'amaigrissement et de la cachexie, qui manquent très-rarement quand la maladie se prolonge; 1° Tlndropisie des extrémités inférieures, qui lait rarement défaut, et l'hydropiMe générale qui se rencontre dans la moitié des cas environ ; 5° L'absence d'autres causes de slase. Comme les reins sont souvent atteints eu même temps de dégénérescence lardacée, l'urine présente ordinairement des altérations assez caractéristiques, surtout quand les autres lésions rénales, et notamment celles qui dépendent des affections cardiaques, peuvent être exclues : le poids spécifique de ce liquide est habituellement plus élevé et la quantité de matière colorante est augmentée; l'urine est claire et albuini-

neuse, quoique l'albumine disparaisse à certains moments; elle renferme des cylindres qui sont probablement caractéristiques ; au début, la quantité en est augmentée, mais elle diminue plus tard (Traube, Rosenstein, etc.). Enfin on observe souvent également des selles aqueuses abondantes, soit à cause des ulcères intestinaux qui coexistent fréquemment, soit à cause de la dégénérescence lardacée des vaisseaux de la muqueuse digestitc.

Buhl (Ztschr. f. rat. Med., 1862, XIV, p. 257) a observé, chez un homme de 54 ans, l'hypertrophie et l'ulcération de la peau avec la dégénérescence amyloïde. La peau tout entière était malade depuis treize* ans environ, et l'affection offrait les caractères du pityriasis ruber, du lichen rubra, de l'ichthyose cornée, de l'icnthyose simple, la surface du corps présentait en outre 50 à 60 ulcères, lesquels, ainsi que toute la membrane tégumentaire, étaient douloureux.

Corps amylacés et corps amyloides stratifiés.

Ces corps sont habituellement rapportés à la dégénérescence lardacée, quoiqu'ils n'aient de commun avec celle-ci que la réaction qu'ils donnent avec l'iode, ou quelquefois avec l'iode et l'acide sulfurique. Ils renferment probablement de l'azote.

Ce sont des corps très-petits, parfois visibles à l'œil nu, ronds, ovales ou irréguliers , homogènes ou bien présentant des couches concentriques plus ou moins régulières et nombreuses, d'un éclat terne. La plupart de ces corps prennent une coloration bleue ou gris bleu sous l'influence de l'iode seul ; parfois ce n'est que par l'action de l'iode et de l'acide sulfurique qu'ils acquièrent cette teinte; quelques-uns d'entre eux deviennent verts, bruns ou jaunes, sans doute à cause d'un mélange avec d'autres substances azotées. L'eau chaude et les alcalis caustiques les dissolvent lentement, tandis que l'alcool et l'éther ne les altèrent pas. On n'a pas encore réussi à les transformer en sucre. Les corps amylacés de la prostate contiennent souvent dans leur centre des cellules, des noyaux ou des productions analogues à ceux-ci.

Les corps amylacés se rencontrent principalement dans le système nerveux aux points où existe la névroglie, par conséquent dans l'épendyme des ventricules surtout quand il est épaissi, dans la substance cérébrale blanche (dans les maladies mentales chroniques, dans l'atrophie du cerveau, etc.), dans les points correspondants de la moelle épinière (à un haut degré dans le tabès dorsalis), dans la glande pitui taire, dans le plexus choroïdien, dans les nerfs en voie d'atrophie, surtout dans le nerf optique et la rétine ; ensuite dans la prostate où ils atteignent leur plus grand volume, par le fait que plu-

Z7d NOUYE-WX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE (ÎÉNÉIWLE.

sieurs do ces corps ont souvent une enveloppe commune ; dans la muqueuse uro-génitale , dans les poumons autour des particule.** pigmentaires et d'amas de globules sanguins, dans la bile et rarement dans certaines cellules épitbéliales des muqueuses et des séreuses, dans les cicatrices de la peau, dans les phlébolithes, dans le pus et d'autres néoplasmes cellulaires, par exemple le cancer, dans l'ostéomalaeie, etc.

On observe dans les cartilages et spécialement dans les disques intervertébraux, plus rarement dans les autres cartilages articulaires, surtout en cas d'altération:* séniles ou de carie, «les cellules cartilagineuses à couches concentriques bien manifestes, presque régulières et qui par l'iode se colorent en rou^c rosé ou en >inld clair (Luschka, Virchow).

Les corps amylacés ne présentent ordinairement pas d'altération particulière; parfois cependant ils s'inliltrcnt de ebaux. même à un degré prononcé, et de telle sorte que l'on trouve dans le système nerveux des masses plus ou moins dures; ceux de la prostate sont quelquefois bruns ou noirs.

Chez un vieillard qui avait été épileptique et idiot, j'ai rencontré, dans le voisinage de la corne postérieure du ventricule latéral du cerveau, un corps «jros comme une cerise, irrégulièrement arrondi, de consistance pierreuse et dont la surface ressemblait à celle de la pierre de sable; dans le voisinage existait un autre corps de la grosseur dune fève, très-dur en certains points et inoins résistant en d'autres endroits. 11 se composait d'éléments volumineux, arrondis ou ovales, formés de couches concentriques et complètement infiltrés de chaux, de même que la substance intermédiaire qui était striée. Tous les vaisseaux de la substance cérébrale voisine avaient subi l'inliltration calcaire, et cette substance renfermait des corps anivlacés innombrables, pour la plupart volumineux et entourés d'une enveloppe homogène à noyaux nombreux ou obscurément libi illaire.

Le développement des corps amylacés est toujours la conséquence d'une affection locale, jamais celle d'une maladie générale comme la dégénérescence lardacée. Il est probable que ces corps sont la conséquence et non la cause de l'atrophie. On nen connaît pas davantage sur ce sujet.

Myéline.

On donne le nom de myéline à un corps qui provient ordinairement de la substance nerveuse et se caractérise surtout par ses formes et par un éclat particulier. On lui a donné ce nom à cause de sa ressemblance avec la moelle nerveuse. Ses éléments morphologiques sont le plus souvent à contours simples ou doubles, et parfois raar-

qués de stries concentriques ; leur volume est variable ; leur configuration ronde, ovale, filamenteuse, tortueuse ou en massue, etc.

Quand on examine au microscope les tissus qui renferment de la myéline, cette substance présente les propriétés suivantes : Peau la gonfle fortement ; l'alcool chaud, Téther, le chloroforme, l'essence de térébenthine la dissolvent aisément; les acides et les alcalis dilués sont presque sans action ; les alcalis concentrés la ratatinent d'abord légèrement, puis lui enlèvent son aspect caractéristique ; les acides forts et spécialement r acide sulfurique concentré la gonflent davantage et la détruisent ensuite. L'acide chromique en solution concentrée la rend jaune, dure et rigide ; la teinture d'iode la colore faiblement en brun; sous l'influence de l'acide sulfurique concentré, elle prend une teinte rouge, quelquefois violette. Si Ton ajoute une solution concentrée de sel à une substance dans laquelle se développe la myéline, cette substance se ratatine.

Toutefois il ne faut pas considérer la myéline comme un principe chimique déterminé, ni comme la moelle nerveuse inaltérée. 0. Liebreich (Virch. Arch., XXXII, p. 587) a démontré que ni le protagon (C,5,H141NPhO*4), ni aucun des produits de décomposition qui se forment par l'action des alcalis sur ce principe (acide phosphorique glycérine, acides gras, névrine), ne produisent par eux-mêmes aucune des formes de la myéline, mais que Ton en obtient de très-belles en ajoutant un alcali (névrine, potasse, soude, etc.) à un mélange de protagon et d'acides gras, c'est-àdire quand on met le protagon en présence d'un savon ; ces mêmes formes de myéline prennent naissance quand on traite de la même manière le produit (non phosphore) que l'on obtient en faisant bouillir le protagon (phosphore) avec l'acide chlorhydrique. Kôhler (ibid. XLI, p. 265), qui dans ses recherches sur la substance cérébrale est arrivé a d'autres résultats que Liebreich, a trouvé qu'aucun principe du cerveau, quand il est pur et inaltéré, ne produit de formes de myéline avec l'eau ; mais que le produit de décomposition décrit par lui sous le nom d'acide neurolique (Cioo[[3ophOS4) et la myélomargarine (CH^O10), s'ils sont mélangés de choleslérine, donnent de la myéline par une addition d'eau. Du reste, la nature chimique de ces deux substances n'est pas encore suffisamment établie. D'un autre coté, Diakonow ayant démontré que le protagon n'est pas un corps simple, mais un mélange de lécithine (C^H^NPhO18) avec une substance qui ne renferme probablement ni phosphore ni azote, il semble que Kôhler se soit approché de la vérité dans l'explication qn'il a donnée de la nature chimique de la myéline. £n outre, Beneke a fait voir qu'une solution de cholcstérine dans le savon, et Neubauer a établi que l'acide oléique donnaient de la myéline sous l'influence de Tammomaque ; le protagon de Liebreich, qui produisait de la myéline avec le savon, ne contenait cependant pas de choies terme.

f. — Métamorphose colloïde ci dégénérescence cireuse .

Schrant, Tijdtchr. d.Nederl. MaaUch. 1*52. et Arch. f. phys. Heilk. IX.— Arch. f. d. holl. Beitr. zur Natur.- u. Heilk., 1858, I, p. 169. — Luschka, Arch. f.phy*. Heilk., 1854, p. 9. — Virchow, Wùrzb. Vcrh., II. — Unter*. ûb. d. Entwicklung der Schadelgrundes, 1857. — Die krankh. Gcschiv. 111, p. 2. — E. Wagner. Arch. f. phys. Heilk. 1856, XV, p. 106. — Haeckel, Virch. Arch. 1859, XVI, p. 253. — Zenker, Ber. d. Dresd. natur for sch.Ge$., 1861.— Veb. d. Verhand. d. wilk. Muskelnim Typh. abdom., 1864.

La métamorphose colloïde consiste dans la transformation des tis-

.->.-,* NOUVEAUX ELEMENTS DE PATHOLOGIE iiENEKALE.

sus en une substance complètement homogène, incolore ou légèrement jaunâtre, d'un éclat terne, translucide, tantôt liquide ou semblable à une gelée molle, tantôt plus consistante, mais toujours peu cohérente, inaltérable par l'action de 1 acide acétique ou bien de l'iode et de l'acide suH'uriquc, et se dissolvant ordinairement dans les alcalis caustiques. De même que la substance lardacée, la substance colloïde est constituée par un corps protéinique (albuminate de soude) modifié (copule avec un hydrate de carbone). Elle ne possède aucun caractère positif : elle se distingue de l'albumine par son insolubilité dans l'acide acétique, du mucus en ce qu'elle ne se coagule pas sou? rinfluence du même acide, et de la substance lardacée en ce qu'elle ne se colore pas par l'action combinée de l'iode et de l'acide sulfurique.

D'après Ekbwald (Wiïrzb. vied. Zlschr., lsr>4. V, p. w270), la substance colloïde n'est qu'une modification du mucus, car sc> réactions se confondent insensiblement avec celles du mucus vrai. La substance des spbères colloïdes, la mueiiie, la substance colloïde et la peptone muqueuse ne se distinguent guère «pie par la facilité plus ou moins grande au*c laquelle elles pussent de l'état liquide à l'état solide : le> alcalis dilués les dissolvent, mais les acides les précipitent de ces solutions» ; elles se dissolvent également dans les acides minéraux ; de même que toutes les substanceproléiniques, elles sont précipitées par l'alcool, donnent la réaction de Millon, etc. D'après Scberer (ibid., INltti, Vil, p. Cn, la mueine, la métalbumine et la substamc colloïde >e trouvent dans le même rapport réciproque que la caséine, l'albumine et la librine. La nuieine dissoule, comme la caséine en solution, est toujours combinée aux alcalis et précipitée de ces combinaisons par les acides. — D'autres considèrent la substance colloïde comme de l'albumine devenue insoluble dans l'acide acétique à cause de la grande quantité de sel marin qu'elle renferme.

La métamorphose colloïde atteint de préférence les cellules, plus rarement les autres éléments et parmi ceux-ci particulièrement le? libres musculaires.

i. — Métamorphose colloïde des cellules.

La cellule devient claire dans toute sa masse, par le fait que le contenu, granuleux auparavant, se transforme eu une substance homogène; parfois il se forme dans ce contenu un point clair ou légèrement violet, homogène et rond, qui grossit insensiblement, repousse le contenu vers les parois, qu'il finit par atteindre lui-même, et dont il sort après en avoir déterminé l'atrophie ; dans certains cas, il se produit à la fois plusieurs de ces points qui se réunissent avant que de sortir de la cellule. En même temps, le noyau s'atrophie ou bien subit la métamorphose graisseuse. Enfin, dans quelques cas, la niétamor-

phose colloïde commence dans le noyau, qui grossit peu à peu, devient clair et homogène, atteint la membrane cellulaire et en provoque l'atrophie. Dans tous les cas, cette métamorphose entraîne la destruction de la cellule. — Au début, la matière colloïde ainsi formée est ordinairement liquide et elle se réunit avec celle qui se produit dans les autres cellules. Parfois elle est d'une consistance ferme et reste toujours plus ou moins isolée quand elle abandonne la cellule dans laquelle elle s'est formée; c'est ainsi que prennent naissance les grumeaux ou les granulations colloïdes qui sont de volume variable, ordinairement aplatis, et forment des masses homogènes arrondies ou tout à fait irrégulières.

On observe fréquemment aussi des productions colloïdes spéciales, constituées par des couches plus ou moins nombreuses et plus ou moins régulièrement concentriques; parfois elles présentent en même temps qu'un noyau central stratifié, des stries radiées, ou bien celles-ci occupent toute l'épaisseur de la masse et sont plus ou moins rapprochées les unes des autres ; la surface alors est marquée d'ondulations régulières ou correspondantes à ces stries. Ces productions sont dans certains cas entourées d'une membrane enveloppante commune.

On observe souvent dans une même cellule, en même temps que la métamorphose colloïde, la dégénérescence graisseuse, parfois avec production de cholestérine, ou bien encore l'infiltration calcaire, la pigmentation diffuse ou granulée, etc.

La métamorphose colloïde des cellules se produit aussi bien dans les tissus normaux que dans les tissus pathologiques ; elle s'observe principalement dans la glande thyroïde et dans les plexus choroïdiens. Ce n'est qu'au microscope que l'on peut en reconnaître les degrés légers. Quand elle est très-prononcée, elle entraine la tuméfaction et l'anémie des tissus, dont la trame s'infiltre d'une substance analogue à une gelée liquide ou à du sagou cuit, uniformément épanchée ou bien renfermée dans des espaces kystiformes clos.

Les conséquences de la métamorphose colloïde des cellules sont peu graves, car elle n'entraîne habituellement à sa suite qu'une tuméfaction modérée des parties atteintes.

Dans la glande thyroïde, ce sont les cellules épithéliales des follicules qui deviennent le siège de la métamorphose colloïde. Les follicules s'agrandissent plus ou moins en conservant leur individualité ou bien en se confondant les uns avec les autres après avoir provoqué l'atrophie du stroma. La métamorphose se déclare dans le tissu normal comme dans le tissu de nouvelle formation de la glande, et elle constitue la cause de la plupart des goitres (Struma lymphatica, s. colloïdes, s. ijelatinosa).

Dans ces derniers temps, Virchow a nié la réalité de la métamorphose colloïde des cellules. D'après lui, la matière colloïde, la gélatine, delà glande thyroïde se forme non dans les cellules, mais dans le liquide libre des follicules et dans le contenu des cellules, extravasé ou rais en liberté par destruction de la cellule. Cette gélatine se produit aussi quand ces matières arrivent au contact de grandes quantités de soude

350 NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE l'ATUOLUGIE GÉNÉRALE.

ou de sel. Virchow en admet deux vrriétés ; l'une se dissout dans une grande quaiitit''1 d'eau et se comporte alors connue une solution alcaline d'albumine; l'autre ne se dissout pas complètement dans l'eau même bouillante, ni dans l'acide acétique ou chlorlndrique ; ce dernier la colore en violet et l'alcool la solidifie. Ces deux formes peuvent être produites artificiellement en ajoutant de grandes quantités d<: sel à un liquide renfermant de ralbuuiinatc de soude, c'est-à-dire de l'albumine dissoute à l'aide de Hydrate ou du carbonate de soude. 11 résulte de cela que Y* granulations colloïdes ou gélatineuses ne sont que des concrétions.

Les cellules épilhcliales des séreuses, des muqueuses et des vaisseaux subissent parfois aussi la métamorphose colloïde.

Les glandes lubuleuses et aeineuses, spécialement celles du col de l'utérus, «le l.i prostate et des lèvres, les caualiciiles uriuilères et les corpuscule* de Malpiglii de> reins, les lobes antérieurs de la glande pituitaire, la substance corticale des capsule* surrénales, et, à un moindre degré beaucoup d'autres glandes se transforment en kvstcs colloïdes, grâce à la métamorphose colloïde de leurs cellules épithéliales. (Yoy. Productions kjsliques.)

J'ai décrit (Arch. ri. //<///»., VU, p. 40ô^ un cas très-remarquable de dégénérescence colloïde des glandes sébacées de la lace.

Par métamorphose colloïde de leurs cellules de tissu conjonclif, les plexus choividiens donnent naissani e à des agrégats de kystes colloïdes.

Il est un certain nombre de productions particulières qui ne se produisent que rarement, et 4111 ont une certaine analogie avec les masses colloïdes, mais il ot probable qu'elles ne rentrent pas dans cette catégorie ; telles sont celles qui prennent naissance dans les cellules ganglionnaires tic la rétine, du cerveau, etc.

Pour ce qui concerne la métamorphose colloïde des cellules de nouvelle formation, voyez plus loin.

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