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SYMPTOMES DE LA GANGKÈNK

La gangrène produit dos symptômes qui intéressent à la fois la partie atteinte, les tissus \oisins, et l'organisme tout entier (symptômes locaux et généraux).

Symptômes locaux. — Ils varient considérablement d'après la nature de la gangrène ainsi que d'après la vascularité, les propriétés et la situation des tissus.

Autrefois, on admettait deux espèces de gangrène : la gangrène sèche, dans laquelle les parties sont noires, sèches et froides ; et la guwjrène humide, dans laquelle elles sont blafardes et molles. Mais actuellement on en distingue 1er* espèces suivantes :

1° (Juand les parties liquides, qui sont situées entre les éléments des tissus ou à leur intérieur disparaissent par évaporatiou ou par absorption, sans qu'il se produise d'altérations morphologiques bien marquées, c'est ce que Ton appelle le dessèchement. Il se produit en grand sur le fœtus extra-utérin, parfois dans la grossesse gémellaire, quand l'un des fœtus meurt prématurément et que Tautic continue à se développer; on l'observe également sur les helminthes renfermés dans l'intérieur des tissus icvstic.erques, échinocoques, trichines) ; dans ces cas, il atteint tous les tissus. Le même phénomène se rencontre sur les globules du sang extravasé dans l'intimité des tissus, sur ceux du pus et du tubercule, plus rarement sur les cellules du cancer (atrophie simple ou caséeuse, dessèchement). (Voy. p. "204.) Dans tous ces cas, les éléments peuvent rester inaltérés pendant longtemps après la disparition de l'eau, ou bien se ealcitier non pas par métamorphose des tissus, mais par infiltration : si les parties sont \o!umineus«s. par exemple les fœtus morts, il se forme d'abord une couche extérieure calcifiée, et les régions plus profondes restent longtemps dépourvues de principes calcaires; si les parties sont moins volnmineu>es, si ce sont des helminthes par exemple, les cellules se calcitient dans toute leur épaisseur.

Sur des fœtus enkystés de la eavité jvriioïK'ale, Yirchow et d'autres ont encore trouvé, après plusieurs années, des nnix le<. du ti>Mi eonjonelif et des vaisseaui.

2" La gangrène sèche ou momification se développe dans les

térieurcs du corps, à la suite de la résorption et de la

des principes liquides, dans les cas où il se produit

ANAT0M1E ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES. 3à3

du ne manière plus ou moins rapide un obstacle à l'afflux du sang artériel, de sorte que les tissus ne retiennent que la quantité habituelle de sang, et où il ne survient ni circulation collatérale, ni hypcrémie veineuse et capillaire. C'est ce qui se présente le plus souvent aux extrémités des membres inférieurs dans la gangrène par embolie et par marasme sénil. Ces parties, et ordinairement les orteils d'abord ou le pied tout entier, tout en conservant leur forme, se ratatinent pour constituer une masse brune ou noirâtre, parfois sonore à la percussion. Cela s'observe également dans les différentes formes de gangrène par compression, quand les parties comprimées deviennent fortement anémiques : les tissus mortifiés prennent ordinairement alors une coloration blanche.

5° Ramollissement simple, sans décomposition (colliquation), — gangrène par ramollissement, ou inodore quand il ne se produit pas de gaz fétides. Cette forme de gangrène consiste en une liquéfaction (les liquides qui se produisent proviennent du tissu lui-même ou du dehors) et en un ramollissement simple ou une dégénérescence graisseuse des tissus. Elle se développe dans les tissus normaux, et surtout sous forme de ramollissement blanc du cerveau, à la suite de thrombose ou d'embolie des artères cérébrales, lorsque la circulation collatérale qui s'établit est insuffisante. On l'observe encore dans les thrombus. parfois dans les foyers hémorrhagiques d'organes non accessibles à l'air, dans la pneumonie chronique, peut-être anssi dans les abcès. Elle est connue depuis très-longtemps sous le nom de ramollissement secondaire ou de fonte dans la tuberculisation (du cerveau, des ganglions lymphatiques, etc.), et le cancer; elle commence par le centre du néoplasme et, 'par sa propagation vers la périphérie, détermine la formation d'ulcères sur les surfaces organiques.

4° Le plus ordinairement, il se produit une véritable décomposition semblable a la putréfaction qui atteint toutes les substances animales en présence d'une grande quantité d'eau : c'est alors la gangrène humide, le sphacèle. Toutes les parties molles exposées à l'air se décomposent dès que le mouvement nutritif y cesse, et ordinairement cette décomposition y est d'autant plus rapide, qu'elles sont plus gorgées de sang (par hyperémie veineuse préalable), plus molles et plus aqueuses (lissus cellulaires graisseux et muscles). Tantôt elles renferment le ferment nécessaire, tantôt il leur est amené du dehors. Les mots gangrène et sphacèle sont employés comme synonymes; on donne cependant plus spécialement le nom de

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gangrène à la mortification chaude, accompagnée «u précédée il'in-

(lammalion. Parfois la UOcoinposiLinn va jusqu'à la formation de ga/

-ayr smi. (orme .rieuln^'ii,.- riirl.(.n.": lï'lnli Ï.J.- Oiii l-.ni.jii.- l'I i-i'l eall. (l'etlrtiUHcr.)

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Au début île la gangrène humide, les parties deviennent d'abord plus molle- et plus flasques, empalées, blafardes; bientôt In matière colorante du sang si; dépose, cl il se produit une coloration foncée,

hlene et rouge noir. L'épidémie se sonlève sous l'orme de [îlilyctt'ik? l'emplies d'un liquide rougeàlrr ou brun Ipblvclènçs gangreneuses] ; c'est surtout au-des-ous île ces phlvrlèues que progresse la décomposition. Les tissus se détruisent el tombent eu lambeaux déchiquetés, puis m? Iransl'onnent en un liipiide smiiux, noir, liriui ou jaune, tout en rëpanilanl une odeur tros-t'étide. Quelques parties se dessèchent ; d'autres se détachent on hien restent attachées aux tendons, aux ligaments cl aux os. Dans lu gangrène d'une extrémité lotil entière, la destruction de la peau et du tissu cellulaire est ordinairement plus profonde que celle des muselés, el ceux-ci sont plus altérés que les os. L'hydrogène sulfuré qui se forme dans ces ca>, colore en noir les sondes eu argent el les pièces de pansement qui renferment du plomli, par suite de la formation de sulfures d'argent et de plomb.

Sous le microscope, les éléments mortifiés paraissent d'abord légèrement troublés tout en conservant leur l'orme, niais plus tard ils se " en particules incolores de plus en plus petites (détritus!. du sang et les cellules adipeuses se décomposent d'à-

iKiuitre ordinairement eu grande abondance, le plus , el, en partie, cristallisée. I.a matière colorante protide partie, di s ti-sus détruits, en partie aussi peut-être ation extérieure. I.a Htmit' i/rTHr/micji.sv se compose prial'eau, de sang décomposé. <le graisse et d'une inast' Les] cellules glandulaires el épithéliales se dctniisei]i

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presque simultanément ; ensuite les muscles et les nerfs ; le tissu cellulaire et le cartilage résistent plus longtemps, et surtout les tissus corné et élastique (dans les artères et les bronches, par exemple), les membranes hyalines, les os et les dents. Finalement on trouve au microscope, une masse granuleuse (molécules d'albumine, de graisse, de pigment), de gros amas pigmentaires, des gouttelettes et des cristaux de graisse, de la cholestérine, des cristaux de sel marin, de phosphate tribasique, de sulfate et de carbonate de chaux, de sel ammo- . niac et de leucine. 11 n'est pas rare de rencontrer, en outre, des infusoires et des champignons, spécialement des moisissures. Comme produits chimiques ultimes, il faut noter les acides butyrique' et valérianique, l'hydrogène carboné, l'ammoniaque, les hydrogènes sulfuré et phosphore, parfois l'azote ; c'est ainsi que s'expliquent la coloration et l'odeur des masses gangrenées.

La moisissure des parties mortifiées peut se combiner avec chaque espèce de gangrène.

Tantôt la partie nécrosée est nettement limitée, et le processus

prend alors le nom de gangrène circonscrite; tantôt il est difficile de

séparer les tissus vivants des tissus morts ; dans ce dernier cas, c'est la

gangrène diffuse. Celle-ci prend ordinairement plus d'extension que la

première ; elle atteint, par exemple, un lobe pulmonaire tout entier.

Les quatre espèces de gangrène que nous avons signalées, ainsi

que la gangrène diffuse et la gangrène circonscrite, peuvent passer

de Tune à l'autre de différentes façons. Ainsi, par exemple, dans la

gangrène sénile, la mortification est sèche à la surface et humide sous

la peau ; dans l'embolie, on observe souvent la momification aux

orteils, tandis qu'à la partie supérieure de la jambe on trouve la

gangrène humide ordinaire.

La pourriture d'hôpital (gangrène nosocomiale) atteint aussi bien les plaies récentes que celles qui bourgeonnent et sont en voie de cicatrisation : quelquefois la surface bourgeonnante se transforme en une bouillie d'un jaune sale dont les couches superficielles sont faciles à enlever, mais dont les couches profondes sont fortement adhérentes. La peau environnante subit la même transformation, et en trois ou quatre jours la plaie a doublé d'étendue. Dans d'autres cas, la plaie se creuse rapidement et sécrète un liquide séro-sanieux qui laisse les tissus à découvert quand on l'enlève. Cette ulcération se produit habituellement sous une forme circulaire assez nettement circonscrite et atteint souvent à une grande profondeur. Os altérations s'observent principalement sur des plaies légères, telles que les piqûres do sangsues, la scarification des ventouses, les surfaces des vésicatoires, etc. Ces deux formes sont connues sous le nom de pourriture d'hôpilal pulpeuse et ulcéreuse.

Le volume des parties et des organes mortifiés poursuivant la nature de la gangrène* rester normal, augmenter ou diminuer.

-,.y> NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE KÈNÈKALE.

La coloration reste parfois intacte ; d'autres fois elle est blanche (««■angrène blanche par anémie locale ou par inliltration purulente! ; dans certains cas elle offre des nuances diverses de gris, de gris ble-i, de gris vert, de rouge brun, de brun, de noir. Ces dernières nuauee> sont dues à l'infiltration des tissus par la matière colorante du suni:, ou bien en même temps à la production de sulfure de fer.

Tantôt les parties mortifiées sont inodores; tantôt elles répandent une odeur fade ou très-fétide (putréfaction de !a peau détruite, gangrène pulmonaire, etc.)

La température des tissus gangrenés leur étant communiquée par les corps environnants, est abaissée; la consistance est dure, empâtée ou crépitante (yanyrène emphysémateuse), suivant la nature do la gangrène.

La fonction des parties mortiliées est complètement abolie. La sensibilité et le mouvement font défaut dans les parties extérieures; si la première existe parfois encore, cela s'explique par la loi bien connue que l'irritation d'une libre nerveuse sur un point quelconque de son parcours est ressentie à son extrémité périphérique, et quand il s'y produit encore des mouvements, ils sont dus à ce que les tissus morts renferment des tendons dont la masse musculaire est située au-dessus du foyer de la gangrène.

La douleur fait habituellement défaut dans la gangrène, même: quand celle-ci atteint des parties extérieures riches en nerfs; ainsi, dans la plupart des cas de gangrène par compression. Quelquefois elle existe comme dans certains cas de gangrène sénile précédée de symptômes inflammatoires, dans tous les cas de gangrène embolique consécutive à l'endocardite (yunyrèue rhumtitismale) ; si ce sont les extrémités qui se morlitient, elles donnent au malade la sensation d'un poids inerte, et si la partie était très-douloureuse avant l'invasion de la gangrène, le patient éprouve du soulagement quand celle-ci se déclare; d'un autre côté, les douleurs des parties supérieures sont souvent ressenties dans les tissus périphériques insensibles. Les petits foyers gangreneux qui se produisent dans les poumons, dans le cerveau, en un mot dans les parties peu fournies de nerfs sensibles, sont tout à fait indolents. Les tissus qui entourent les parties mortiliées, sont fréquemment œdématiés.

Les symptômes locaux de la gangrène se manifestent plus ou moins promptement , suivant le siège du mal et l'intensité de la cause et suivant la nature du tissu.

Le mode (l'invasion des symptômes locaux varie parfois dans la même espèce il:

gangrène. La gangrène par décubitus, par exemple, commence dans certains cas sous forme d'inflammation locale très-douloureuse qui passe à l'ulcération et a la gangrène ; dans d'autres cas, il se forme d'abord des taches livides qui donnent naissance à des phlyctènes ou à des eschares.

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