ISÉOPLASIE DE NÉVROGLIE
Virclmw, Ztschr. /'. Psyrh., ISiG, p. fc2i2. - 6V*. .1/'//., p. «8* et 887. — Airh. III, p. tM.*»; V, p. W2 ; VI, p. l."ir>: VIII, p. MO. — Die Krankh. Geschw., IL p. Jkjr>. — ()l»Mi'vati»»ii< dr HV/V/.cW, Sdtiipjn'I, etc. — Vov. en outre ks tuvaux |ih\ >îti1uL*îf|iios de lïiddiT et Kupier, Stillin^, Kulliker, Lenhossek, Jacu- . bowilsch, Coll, Froiiiinann, Fn y, Deitcrs.
La névroylie est une substance analogue au tissu conjonctif, formant dans le cerveau, la moelle et les nerfs des sens supérieurs, un réseau ordinairement très-délicat dans les mailles duquel se trouvent les libres nerveuses et les cellules ganglionnaires. Celte substance peut être, suivant les régions, tantôt résistante et analogue à un réseau de tissu conjonctif à noyaux, par exemple dans Tépendymedes ventricules; tantôt et le plus souvent si molle, qu'elle apparaît tout à fait amorphe ou linernent granulée. Dans ce dernier cas, au milieu d'une substance fondamentale ordinairement très-peu abondante et constituant, après durcissement par l'alcool, un très-fin réseau, on aperçoit des éléments cellulaires arrondis, fusiformes ou ramifiés, et tellement friables que souvent on ne retrouve plus (pie des noyaux.
La néoplasie de névroylie se produit sous forme diffuse (hypertrophie) et sous forme de tumeur.
A. — Hypertrophie diffuse de névroylie .
Cette hypertrophie se rencontre souvent dans lépendyme des ventricules sous une forme homogène ou granulée; il est plus rare de la voir envahir le cerveau tout entier ou des parties de cet organe (hypertrophie du cerveau, hyperplasie interstitielle).
L'hypertrophie de la névroglie se produit sot» l'influence de causes diverses et presque inconnues, et elle s'accompagne ordinairement d'une altération de cette substance. Parfois la névroglie augmente en quantité sans être altérée dans ses propriétés ; dans d'autres cas ses noyaux se multiplient ; quelquefois elle prend une transparence cornée , une teinte gris jaunâtre , un aspect de verre mat et elle devient rigide ; dans certains cas enfin elle devient plus ou moins manifestement fibreuse. Les fibres nerveuses, les prolongements des cellules ganglionnaires et celles-ci elles-mêmes restent normaux, ou bien ils se dissocient, se déchirent, se vident de leur contenu, etc. En même temps il se produit souvent des cellules granuleuses, des corps amylacés, des amas de pigment en quantité variable. — L'affection suit une marche aiguë, subaigué ou chronique, et elle atteint surtout l'épendyme, la substance médullaire des autres régions du cerveau, la moelle allongée et la moelle. Elle se rencontre dans les différentes espèces d'hypertrophie du cerveau et de la moelle, dans les scléroses, les indurations et un grand nombre d'atrophies de ces organes ; dans les parties du cerveau qui environnent les tubercules et les autres tumeurs ; dans les paraplégies et les paralysies générales, spécialement dans la folie paralytique; dans beaucoup d'affections mentales chroniques; dans certains cas d'atrophie musculaire progressive ; dans les affections convulsives aiguës et chroniques, surtout Tépilepsie, le tétanos, la chorée, la paralysie agitante ; dans certains cas d'hyperesthésie générale prononcée ; dans l'hydrophobic (prolifération de tissu conjonctif dans les cordons latéraux de la moelle) (Rokitansky, Lekrb. d. path. Anat., II, p. 430).
B. — Tumeur de névroglie. Gliome.
Cette tumeur est composée de névroglie à l'exclusion <f éléments nerveux. On la trouve le plus souvent dans l'encéphale et principalement dans la substance médullaire des lobes antérieurs et postérieurs, à la surface du cerveau proprement dit et dans l'épendyme des ventricules (spécialement dans l'hydrocéphalie chronique). Le gliome constitue une tumeur unique, rarement multiple, peu volumineuse surtout dans l'épendyme, atteignant parfois le volume du poing et au-dessus, et ordinairement mal limitée ; ces tumeurs sont le plus souvent très-molles et faciles à écraser ; elles ressemblent à la substance médullaire du cerveau et quelquefois sont colorées en rouge ; dans quelques cas, surtout dans l'épendyme, elles sont dures, consistantes, même cartilagineuses et dépourvues de vaisseaux, soit dans toute leur épaisseur, soit dans leurs parties centrales. Ces différences dépendent de la quantité relative des cellules et de la substance fondamentale ainsi que du nombre des vaisseaux : yliome mou, riche en cellules, médullaire ; — GL dur, fibreux ; — Gl. téléangieetasique. — Le microscope y fait découvrir les caractères de la névroglie normale ; en outre on y trouve souvent, surtout autour des vaisseaux, de longues
cellules fibreuses renfermant un noyau dans un prolongement fusionne, et des corps amylacés (dans IVpendyme).
Le gliome de la substance cérébrale ne se propage jamais aux méninges, mai» parfois il y adhère — Parfois il est congénial, cl parfois consécutif à des lésions t rau ma tiques.
Ordinairement le développement du gliome est lent au début et par conséquent ne s'accompagne d'aucun symptôme. La marche ultérieure en est également leule, sauf quand il se vascularise fortement. — Le gliome produit les conséquences soixante*, outre celles qui accompagnent toute tumeur : congestions avec symptôme* d.compression ou d'irritation cérébrale; phénomènes apoplectiques; h\ilropisie de* ventricules cérébraux consécutive à la compression des veines, spécialement dan» les gliomes des couches optiques et tirs lobes postérieurs.
On rencontre dans le gliome les métamorphoses suivantes : vasculari^ation piononcée ; hémorrlianies ; métamorphose, graisseuse des cellules donnant naissante soit à d<\s cavités analogues aux fovers du ramollissement jaune, soit à des cavités k>stiforincs ; ossification. Peut-être la guérisou serait-elle possible par métamorphose graisseuse.
Le gliome se combine parfois avec d'autres néoplasmes, particulièrement avec le sarcome et le myxome; parfois il offre divers degrés «le transition au uiyxum*1 (mij.rcHjliome)* au fibrome (fibrogliomc); aux scléroses partielles de la substance cénbrale (seléiome de Ilobin). Suivant la nature du gliome, son aspect extérieur peut présenter de l'analogie, soit avec l'encéphalite aiguë (ramollissement ronye), soit avec les hémonhagie^ cérébrales simples, soit avec, les fovers de ramollissement jaune, soit avec les sarcomes, les tubercules, les cancers, etc.
h'après Yirchow (die Krhh. Geschw., p. 148), il faut peut-être ranger parmi bs gliomes, rhyperplasie de la glande piuéale, Thyperpla^ie partielle de la substance médullaire des cansules surrénales; certaines tumeurs congénitales delà région *>acrée ; certaines tumeurs des nerfs des sens supérieurs, surtout du nerf acoustique : quelques tumeurs de la rétine qui offrent des points de transition aux néoplasmes iutlammaloires et au sarcome; quelques tumeurs médullaires des reins qui accompagnent parfois la néphrite interstitielle.