‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 87 sur 102 · C. — Tumeur nerveuse. — Sèvrome vrai · texte numérisé non relu

C. — Tumeur nerveuse. — Sèvrome vrai

Cette tumeur se compose de fibres nerveuses et de tissu conjonctif vasculairc en quantité ordinairement prédominante ; les fibres nerveuses sont rarement parallèles ; le plus souvent elles sont ramifiées, entre-croisées, et plus ou moins larges ; tantôt elles renferment de la moelle, tantôt elles en sont dépourvues; habituellement elles ne sont pas reliées aux fibres du nerf malade.

Certains névromes ne renferment guère que des fibres nerveuses grises, dépourvues de moelle et difficiles à reconnaître dans la trame conjonctive : c'est ce que l'on appelle névrome amyclinique, en opposition avec le névrome myélinique. Virchow admet des névromes purs, dans lesquels les éléments nerveux prédominent; des ruvromes téléiuujiectasiques et, d'après la nature du tissu interstitiel, des nêvromt* /ibreiu\ (jliomateiu- et muqueiuc.

D'après Forsler (Wiïr:7>. med. Ztschr , II, p. 10."), les fibres nerveuses du névrome proviennent de cellules tusiformes qui prennent naissance dans le tissu conjonctif, s'allongent, s'anastomosent par leurs pointes et finissent par renfermer de la moelle nerveuse.

Le névrome se rencontre sur le trajet d'un ou plusieurs nerfs périphériques, ordinairement spinaux, rarement cérébraux et sympathiques ; il existe en nombre variable et sous forme de tumeurs ordinairement petites et compactes, arrondies, lisses et nettement cir-

consentes ; on le trouve aussi à l'extrémité des nerfs dans les moignons d'amputation.

Le névrome est quelquefois con génial, parfois d'origine traumatique ; les causes qui le produisent sont habituellement inconnues.

Le développement du névrome est lent et la tumeur atteint rare* ment de grandes dimensions. Les tissus environnants sont comprimés, mais ne se transforment pas en tissu nerveux. Les récidives sont très* rares, et les métastases n'ont pas encore été observées.

On a quelquefois trouvé des fibres nerveuses dans les pseudo-membranes de la plèvre; mais il n'est pas probable qu'il s'en développe dans les tumeurs proprement dites.

Dans les cystomes de l'ovaire et du testicule, dans les tumeurs du sacrum, on a trouvé dans certains cas, de la substance médullaire nerveuse, le plus souvent de couleur grise et sans liaison avec les fi* bres nerveuses normales.

(Observations de Gray, Verneuil et Virchow.)

On observe, quoique rarement, dans la paroi des ventricules cérébraux, des tumeurs de volume variable, le plus souvent uniques, formées de substance cérébrale et qui sans doute sont congénitales.

On donne le nom de tubercules douloureux à des tumeurs ordinairement souscutanées, peu ou point saillantes, le plus souvent petites et mobiles, qui occasionnent de très-rives douleurs, soit spontanément, soit par la pression. Ce sont parfois des névromes, mais plus souvent des fibromes, etc.

x. — néoplasïe de substance adénoïde ou cytogène

(tissu pseudo-glandulaire).

Voyei les travaux d'histologie normale et pathologique de Bîllroth, Bis, Virchow, Henle, Kôlliker, Heidenhain, Frey, Schmidt , Eckart, W. Mûller, l'auteur, ainsi que la bibliographie sur les néoplasmes typhiques et leucémiques.

Le tissu conjonctif cytogène, adénoïde ou réticulé, appelé jadis pseudo-glandulaire ou glandulaire congloméré, se compose d'une trame fibreuse formant des réseaux de cellules étoilées à noyaux ou bien des trabécules dépourvues de noyaux, provenant du réseau cellulaire, analogue au tissu conjonctif et donnant de la colle ou renfermant de l'albumine ; et d'une substance épaisse qui remplit les mailles de ce tissu et renferme des cellules avec une petite quantité de liquide. Les cellules sont en voie de multiplication et ressemblent aux globules blancs de la lymphe ou bien constituent des noyaux libres ; en beau-

coup d'endroits elles suppléent les globules de la lymphe, car elle* pénètrent dans des cavités qui correspondent avec le système circulatoire. La substance, cyto^ène se rencontre dans les glandes lymphatiques, dans la pulpe et les follicules de Malpighi de la rate, dans les amygdales, dans les glandes folliculeuses de la base de la langue et du pharynx; dans les follicules de l'estomac et de l'intestin, dans le thymus, dans la muqueuse gastrique et intestinale, etc. Tantôt elle est renfermée dans des follicules ou des glandes ; tantôt elle est disséminée sous forme d'amas mal délimités, dans le tissu conjonctif ordinaire. La néoplasie de substance cgtogène se rencontre souvent suu* forme d'hypertrophie pure ou bien d'augmentation du liquide glandulaire; plus rarement sous forme de production héte'roplastique. On n'a pas encore observé d'une manière positive la régénération de ce tissu.

A. — Production Injperplustique on hypertrophie vraie de tissu cytogène.

Elle s'observe fréquemment soit à l'état aigu, soit à l'état chronique ; soit localisée, soit diffuse. Les organes atteints augmentent plu> ou moins de volume. La néoplasie porte tantôt sur les cellules, tantôt (et plus souvent) sur la partie la plus délicate de la trame fibreuse et souvent aussi sur la portion plus dense du stroma et sur les vaisseaux.

Los propriétés historiques et les rapports de cette néoplasie avec la néoplasie lymphatique du typhus, de la leucémie, etc., n'ont pas encore été suffisamment étudiée.

a. Hypertrophie des glandes lymphatiques — Elle est plus souvent secondaire que primitive; elle présente les formes aiguë, subaigue et chronique.

Dans Y hypertrophie primitive, qui se produit dans les parties extérieures (cou, etc.) et dans les cavités, et qui s'observe surtout chez les individus jeunes, sains d'ailleurs ou scrnfulcux, 1rs glandes lymphatiques ressemblent à certains sarcomes; maisell^ se distinguent des engorgements glandulaires d'une autre nature par l'uniformité de la surface et de la coupe et par leur fusion intime avec des glandes voisines. H faut rapportera Yhyperlrophie secondaire des glandes lymphatiques la plupart des engorgements glandulaires qui aceompagneiit l'inflammation des parties périphériques extérieures (culites, pseudo-érysipèle, etc.) ou intérieures (glandes bronchiques dan« le* bronchites, la pneumonie; les glandes mésentériques dans le catarrhe intestinal, le choléra, etc.); ceux qu'on nh«erve dans le* 7<mnn<es, dans l'infection cadavérique dans certaines maladies contagieuses, surtout la scarlatine, la rougeole, la variole. Ij coqueluche: dans la syphilis, les pyémies. le typhus (iniiltration médullaire des glandes mésentériques, hépatiques, liénales et bronchiques), dans la leucémie (K*ucémie lymphatique) ; dans le cancer (engorgement glandulaire lymphatique); dans b scrofulose et la tuberculose.

L'engorgement se manifeste, soit dans une ou plusieurs glandes voisines correspondant à des parties internes ou externes, soit dans un système glandulaire de la surface du corps (inflammations simples et syphilitiques; infection cadavérique; scrofulose, etc.); soit enfin dans la plupart des glandes externes ou des glandes internes, ou dans les unes et les autres à la fois (leucémie ; hypertrophie idiopathique sans leucémie, etc.). — Les glandes ainsi altérées restent longtemps dans le même état, ou bien elles continuent de se développer ; parfois elles subissent d'autres altérations (inflammation, suppuration, fonte sanieuse, tuberculisation, crétification, etc.).

D'après Mûller (ZUchr. f. rat Med., CXX, p. 231), tous les éléments normaux de la glande prennent part à l'hypcrplasie vraie. Les espaces situés sous la capsule persistent, au moins en partie , même quand le développement de la glande est considérable. Le tissu des canaux lymphatiques présente le caractère embryonnaire; il se compose d'une substance fondamentale pâle, granulée, striée et renfermant des noyaux délicats qui se multiplient par subdivision. Dans ce tissu embryonnaire il se produit des cordons qui relient les glandes entre elles, se mettent en communication avec des bourgeons provenant des capillaires voisins et se transforment ensuite pour la plupart en capillaires à parois minces. Ces cordons vasculaires s'enveloppent de globules lymphatiques provenant des noyaux embryonnaires et se transforment en canaux lymphatiques, dans lesquels on ne voit que plus tard la eouche fibreuse et une couche limitante manifeste mais incomplète. Dans les canaux lymphatiques formés, certains points du réseau fibreux peuvent aussi rester a l'état embryonnaire. L'agrandissement des ampoules est dû à la multiplication des globules lymphatiques qui y sont contenus et à la transformation du réseau Gbreux en une substance plus embryonnaire et à noyaux.

Le rôle que jouent les ganglions lymphatiques hypertrophiés dans la formation des éléments du sang est d'un grand intérêt au point de vue physiologique et pathologique. 11 est probable que, dans certaines hypertrophies, ils sont la source principale de la néoplasie des globules blancs du sang et la cause de leur accumulation plus ou moins considérable dans la masse sanguine; ainsi, dans plusieurs maladies aiguës, spécialement le typhus et les affections puerpérales, dans la scrofule et particulièrement dans la leucémie.

b. Uhypertrophie des follicules solitaires de l'estomac, de Tintestin grêle et du côlon, et celle des plaques de Peyer, se rencontrent, surtout dans l'iléon, à différents degrés et dans un grand nombre de circonstances : celles-ci sont représentées par des processus qui produisent une altération analogue des ganglions mésentériques.

Dans le typhus abdominal, l'hypertrophie des follicules intestinaux, des glandes mésentériques correspondantes et de la rate, constitue l'élément anatomique le plus important. Toutefois, il n'est pas rare d'observer en même temps une néoplasie de cellules se déposant comme le tissu cytogène, dans le tissu conjonctif préexistant et dans le voisinage des régions malades de l'intestin, même dans le péritoine, dans le foie, etc. ( Voy. plus bas la néoplasie lymphatique.)

AU NOrVFAtïX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GENERALE.

Wedl donne la «lesrription d'une formation probablement héléroplastiqu^ »u «•landes solitaires dans le grand épiploon ((Est. Jahrb., 1801).

c. L'hypertrophie de la rate peut être vraie ou se présenter sou> forme d'engorgement accompagné d'une augmentation du volume de> follicules ou de la quantité de la pulpe, quelquefois de l'un et l'autre phénomène à la fois, avec ou sans hypérémie. Les circonstances dan? lesquelles se développent les hypertrophies vraies ou fausses sont essentiellement les mêmes que pour les hypertrophies des ««landes lymphatiques. C'est dans la leucémie liénalc que la rate atteint le volume le plus considérable.

Rokitansky (Wien. ally. med. Ztachr., I8M), p. ÎIS) et Griesinger (Arch. d. Ileilk,, Y, p. 5'Jo) ont trouvé dans la snlxlnnec de la rate des tumeurs de toIiiiiu: variable, formées de lis>u liénal, complètement enkystées et analogues aux ratt » supplémentaires. L'auteur a observé un cas semblable.

d. La plupart des engorgements tonsillaires sont dus à une véritaMhypertrophie de leur tissu glandulaire, accompagnée ordinairement d'une augmentation du contenu et du stroma des follicules.

On ne connaît pas encore les rapports qui existent chez les enfants entre cette hvpertropbie et l'amaigrissement, les déformations du thorax, l'anémie et h»$ troubla digestifs qui l'accompagnent parfois.

e. L'hypertrophie du tissu ajtogène de la paroi postérieure du pharynx se produit souvent, soit à l'état diffus, soit sous forme de tumeur de volume variable, atteignant parfois celui d'un pois et mémo plus.

(B. Wagner, Arch. d. Heilk., VI, p. ,"16.)

f. L'hypertrophie du tissu cytogène de la conjonctive produit le trachome de cette membrane.

(Stromeyer, Deutsche KliiiiL, 1850.)

g. On a décrit un grand nombre de cas plus ou moins prononce d'hypertrophie du thymus chez l'enfant, le nouveau-né et l'adulte; mais jusqu'à présent nous manquons encore d'observations anatoniopathologiques sur ce sujet.

h. L'hypertrophie n'a pas encore été observée avec certitude ni dans les glandes surrénales, ni dans l'hypophyse du cerveau.

B. — Production hrtcroplastique de tissu ajtotjène.

Elle s'observe rarement, et elle donne naissance soit à des tumeurs, soit à des infiltrations d'étendue parfois très-considérable et

qui ressemblent généralement au cancer fibreux et surtout au fongus médullaire. La. coupe en est homogène, ordinairement blanchâtre, rarement rougeàtre, humide, donnant parfois un suc crémeux; tantôt elle est très-molle ; tantôt de consistance fibroïde. On trouve au microscope comme éléments essentiels, des cellules, des noyaux libres, un stroma délicat et des capillaires tout à fait semblables ou analogues pour les propriétés et la disposition à ceux du tissu cytogène ; on y rencontre en outre une quantité variable de tissu conjonctif ; les vaisseaux lymphatiques y font défaut. — Cette néoplasie s'observe dans et sous la peau ; dans le tissu conjonctif intermusculaire ; dans le périoste, dans les membranes séreuses, dans la dure-mère ; dans les poumons, les reins, le foie, la rate, les glandes lymphatiques ; dans les membranes du pharynx, de l'estomac et de l'intestin. Il est rare de l'observer dans un seul de ces organes ; elle existe le plus souvent dans deux ou plusieurs d'entre eux. Les tissus atteints se détruisent au niveau de la néoplasie ; ce qui, combiné au volume et au nombre des tumeurs, produit dans l'organe et dans l'organisme des troubles divers qui sont ordinairement mortels, quand ils se développent dans les parties internes. La multiplication des globules blancs du sang ne se rattache pas à ces troubles.

(L'auteur, Schmùiï» Jb., CM, p. 109. — Arch. d. Heilk., VI, p. 44. — Billroth, Virch. Arch., XVIII, p. 82. — Fôrster, Hdb. d. path. Anal., I, p. 357. — Yoy. plus loin le cancer.)

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