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Neoplasie de cellules épithéliales isolées

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On observe très-fréquemment la régénération des épithéliums de toute nature: si lYpitlulium renferme plusieurs couches de cellule? connue à la peau, et si les eoiuhcs supérieures seules sont détruite!" tandis que les intérieures restent intactes, comme c'est le cas dans les Posions de la jhmu et des inuqueiiM-s, la régénération $e fait suivant le même mode que l'accroissement normal; toutefois nous n'en connaissons pas encore les phénomène* histologiques intimes. — Dau*

les cas où tontes les couches ou bien la couche unique de l'épithélium sont enlevées, nous ne savons pas suivant quel mode s'effectue la régénération, mais l'observation directe nous démontre qu'elle a réellement lieu sur la peau et les muqueuses. La régénération de l'épithélium part habituellement des bords de la lésion : formation épithéliale périphérique ; — il est plus rare de la voir commencer en un ou plusieurs points éloignés des bords : formation centrale.

La régénération est relativement limitée ; et elle parait beaucoup plus considérable qu'elle ne Test réellement parce que la rétraction cicatricielle se produit en même temps dans toute la plaie.

Les avis sont encore fort partagés relativement au mode de formation de l'épithélium sur les surfaces des plaies bourgeonnantes. La plupart lui attribuent une double origine ; ils le font provenir en partie de l'épithélium normal des bords de la plaie, et en partie des cellules de granulation, par conséquent du tissu conjonctif. Us s'appuient surtout sur ce qu'il se forme des îlots d'épithélium loin des bords, de même que , sur les résultats encore douteux de l'examen microscopique. D'autres observateurs, en particulier Thiersch (der Epithelialkrebs, 1865. — Pitha-Billroth'i Hdb.d. Chir., I, 2, Abdh.y p. 531) et, après lui, Waldeyer (Virch. Arch., XLI, p. 470) font dériver l'épithélium nouveau exclusivement de l'épithélium préexistant, soit des cellules qui restent à l'intérieur ou au-dessous des granulations de la plaie, par exemple pour les plaies superficielles dans la partie de la couche de Malpighi qui s'enfonce entre les papilles, soit des cellules des bords de la plaie qui pénètrent dans celle-ci en se multipliant. Thiersch appuie son opinion sur ce que ses adversaires n'ont pas encore démontré la transformation épithéliale des couches supérieures du tissu de granulation; ensuite sur ce que la formation épi dermique périphérique ne s'étend pas au delà de 1 à 2 centimètres sur les plaies cutanées et qu'alors les cellules épithéliales préexistantes ont perdu leur capacité de reproduction, ce qui rend l'opinion contraire invraisemblable. Dans certains cas, Thiersch a vu également quelques Ilots épidermiques se former sur des granulations bien protégées et à des endroits où toute participation de l'épiderme préexistant était impossible ; mais ces ilôts disparaissaient après quelques heures ou un jour.

D'après les recherches de Schron, les phénomènes de la régénération épithéliale à la peau sont encore plus compliqués (Contrib. alV anat., fUiol. e patol. délia cute tanane, 1865) ; il admet avec Œhl, trois couches épithéliales : le ré$eau de Malpighi, qui provient du feuillet corné ; le ttratum pellucidum, dérivant des couches supérieures du réseau de Malpighi, et le stratum corneum, ou épidémie proprement dit. Schron fait provenir celui-ci non pas de la couche de Malpighi, mais des glandes sudorifères, peut-être aussi des glandes sébacées. La couche cornée présente sa plus grande épaisseur à la paume des mains et à la plante des pieds, et c'est là également que les glandes sudoripares sont le plus abondantes ; elle manque aux endroits où ces glandes font défaut et le stratum hlcidum y est à découvert, pai* exemple aux ongles, à la surface du gland, à la face interne de l'oreille externe. D'après Schron, le revêtement des cicatrices ne se compose que du réseau de tfalpighi et du stratum lucidum, quand il n'existe pas de glandes sudorifères au niveau de la plaie ; c'est pourquoi la cicatrice reste lisse et miroitante. Il peut cependant s'y former des lamelles épidermolides irrégulières (tlratnm lucidum hypertrophié; Rindfleiscb , Lehrb., p. 557? les appelle èpiihèliomfit cicatriciels). Dans les plaies superficielles de la peau,

U8 NUlYEAl X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

les glandes sudorifères restent ordinairement intactes et , comme ces glandes produj>erit les cellules cornées, la régénération totale de lépidcrme est possible.

La régénération de la substance omjuéale a lieu quand les ongles tombent par cause mécanique, à la suite de brûlures, de congélation, d'inflammation ou d'héniorrha^ic de la matrice, etc.

Celte régénération se fait rarement d'une manière régulière ; d'après I'echlin. un enfant perdait, à charpie automne, ses ongles, devenus noir bleu, ainsi que répiderme, et ils repoussaient ensuite. D'après Laulli et Hyrll, le lit de l'ongle se couvre dan* tous ces cas de lamelles cornées molles, qui durcissent peu à peu pour constituer un ongle véritable et Unissent par s'avancer par leur bord libre au delà de l'extrémité du doigt. (Kolliker, Htlb. d. 6Vm\) — J'ai vu les ongles se former sur la deuxième phalange après la perte de la troisième, chez un garçon, à qui les dernières phalanges des trois doigts moyens de la main droite avaient été coupées; à l'extrémité de chaque moignon, il s'était formé un ongle petit, épais et irrégulièrement quadrangulairc.

Les cheveux se reproduisent quand le bulbe est conservé.

On sait que les cheveux qui tombent à la suite de maladies graves repoussent habituellement : il est probable qu'ils se forment dans les anciens follicules, car. d'après E. H. Wcber, ces follicules persistent longtemps après la chute des cheveux. On n'a pas encore observé une néoplasie de cheveux dans les cicatrices proondes de la peau.

Le tissu lenticulaire est reproduit dans certains cas, par les cellules épithélialcs delà capsule.

La régénération de V épithélium des muqueuses à épithélium pawmenteux, qui jusqu'à un certain point se produit à l'état normal, n'a pas encore été étudiée d'une manière particulière; mais elle a trèssouvent lieu à la suite de lésions traumatiques, de catarrhes, etc.

J. Arnold (Mal. CcntraWL, 1SG7, n° 0) prétend avoir observé la formation d'ilob épidermiques au palais, dans la cicatrisation de pertes de substance si profonde qu'il ne restait aucune cellule épilhéliale. Ces ilôts se composaient d'une couche superliciellc de cellules aplaties et d'une couche profonde d'éléments arrondis, disposé* en forme de papilles comme ceux du réseau de Malpighi ; on trouvait ensuite une couche épaisse de tissu conjonctif.

A chaque époque menstruelle, il se produit une élimination physiologique, suivie d'une régénération rapide de la plus grande partie de l'épithélium du corps dcl'uterus. (Voy. plus bas ce qui se passe dans la grossesse.)

Nous devons mentionner ici la transformation dermoide qui se produit dans le? parties des muqueuses qui sont exposées à l'air, aux irritations permanentes, etc. : l'épithélium pavimenteiix devient analogue à répiderme, mais, d'après Schron, il ne forme jamais qu'un stratum lucidum; répithélium cylindrique se transforme en épithélium pavimenteux (par exemple au nez, aux paupières, au vagin et au rectum, sur certains polypes muqueux). 11 en est de même de la transformation que subissent certaines muqueuses à la suite de catarrhes chroniques de longue durée; répithélium s'épaissit parfois alors considérablement et il se forme de nouvelles papilles.

La régénération des cellules glandulaires u a pas encore été positivement démontrée ; toutefois, elle est très-probable pour certaines glandes.

Jusqu'à présent on ne sait pas encore si les glandes sébacées et sudoripares se régénèrent à la suite des pertes de substance profondes de la peau ; il en est de même pour les glandes des muqueuses dans les catarrhes, etc. La régénération des cellules glandulaires s'observe très-probablement dans l'épithéliura des canalicules urinifères, par exemple dans la maladie de Bright aiguë consécutive a la scarlatine. Il peut se faire alors que, pendant longtemps, de grandes quantités de cellules épithéliales des canalicules et les cylindres qui en sont formés, soient éliminés avec l'urine sans que la santé en soit sensiblement altérée.

B. — Néoplasie épithéîiaîe sous forme d'hypertrophie et de tumeur.

Vhgpertrophie ordinaire et Yhypertrophie en forme de tumeur ou hyperplasie s'observent souvent et sous des formes diverses. C'est à la peau qu'elles sont connues depuis le plus longtemps, et elles y sont très-pures, c'est-à-dire exemptes de toute combinaison avec d'autres tissus ; souvent elles sont la conséquence d'irritations fréquemment répétées de la région atteinte.

V hypertrophie de V épidémie se rencontre sous forme de durillons, de cors, d'ichthyose et d'hystricisme, ou bien de certaines espèces de cornes de la peau ; dans les verrues, etc. .

La verrue nécroçénique, qui se rencontre aux mains des anatomistes et qui se distingue par son aspect semblable à celui d'une Ternie, par sa chronicité et sa résistance (contre tous les moyens curatifs, est, d'après Wilks, de nature épidermoidale.

Lebert (ueber Kératose, 1864) admet : I. la kératose circonscrite : (a) k. c. épidermique, dans laquelle la production cornée siège sur la surface libre de l'épidémie ; (b) k. c. folliculaire, dans laquelle cette production sort des glandes cutanées. Lebert distingue dans ces deux espèces les variétés suivantes : la forme cornée (production épidermoldale vraie) et la forme multiple non cornée, dans laquelle une ou plusieurs régions du corps sont recouvertes d'excroissances cornées irrégulières. — • II. la kératose diffuse : (a) k. d. folliculaire, dans laquelle des régions étendues du corps et même le corps tout entier sont recouverts de productions cornées, dont le point de départ habituel est le follicule sébacé ches l'adulte, et aussi la glande sudoripare et le follicule pileux chez le fœtus; (b) k. d, épidermique (ichthyose, hystricisme des auteurs) : la prolifération cornée provient principalement de la couche cornée et de la couche de Malpigbi : toutefois, les glandes sébacées, sudoripares et pileuses y contribuent également. Nous citerons parmi les variétés de ces deux kératoses diffuses, la kératose légère, constituant un épaississement assez lisse et régulier; la kératose rugueuse, donnant lieu à une desquamation plus irrégulière et continue, caractérisée par une peau rude et fendillée, et la kératose luxuriante, qui est trèsproliférante et s'accompagne de plaques cornées très-abondantes et de forme variable. Les kératoses diffuses sontintra-utérines ou congeniales, extra-utérines ou acquises 9

3BLE ET WACNK». — l'A TH. CET. 29

On observe un épaississement notable du stratum lucidum dans le premier sUldu cancer épithélial, dans les papillomes et les condyloines, ainsi que sur les muijucuses desséchées par l'action de l'air (Schron, 11, )lorg.y Vil, 1865). Je l'ai observé eu beaucoup d'autres circonstances quand une pression assez forte s'exenvi' sur les parties voisines (dans l'hémorrha^ie sous répithélium, la variole, etc.). Le o>r. d'après Schron, est dû au développement excessif du stratum lucidum, avecatropi îles glandes sudorales et de la couche cornée; on trouve autour de lui le corps paj laire hvpertrophié, les glandes sudorales augmentées de volume et la couche corat* épaissie. Cette dernière, se développant au-dessus du durillon, peut produire renclauinent de celui-ci dans le derme.

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L'hypertrophie de répithélium muqueux se présente sous form d'épaississement de la couche épithéliale de certaines muqueuses ; épithélium pavimenteux (papilles filiformes de la langue, différentes régions de la muqueuse buccale, cordes vocales, vessie).

Vhypertrophie des cellules glandulaires consiste dans l'augmentation du volume ou de la quantité des cellules : hypertrophie trait' et hyperplasie. On l'observe dans les glandes de la peau, sous forme de inilium et d'alhéroiuc, et en outre sous forme de perles épidermiques qui sont constituées par des amas de cellules épithéliales déposées en couches concentriques, distendant les glandes ou le> follicules pileux. — L'hypertrophie des glandes muqueuses, dan* laquelle les anciens aeini s'agrandissent pendant qu'il s'en produit de nouveaux, se rencontre rarement seule ; elle s'accompagne généralement de la métamorphose colloïde des cellules glandulaires aux lèvres supérieure et inférieure; elle donne naissance à des tumeurs du volume d'un pois ou d'une noisette, simples ou complexes. Il est probable (pie l'hypertrophie des glandes muqueuses du voile du palais se rattache à cette catégorie d'affections : les tumeurs atteignent, dans ces cas, le volume d'une noisette ou d'un œuf de poule. — Dans le foie, on constate parfois une hypertrophie des cellules dan> le voisinage de cicatrices, etc. ; en général, elle survient, à la suite d'hypérémies mécaniques, dans la leucémie et le diabète, sans causes connues. — Dans les reins, on l'observe des deux côtés chez les buveurs et les diabétiques; d'un seul côté, quand la fonction est supprimée dans l'autre rein ou que celui-ci est détruit.

2. — Néoplasie simultanée d'épithélium et de tissu conjonctif

vasculaire.

Cette néoplasie s'observe dans les circonstances et sous les forme.* les plus diverses, soit sous forme de régénération des plaies de la peau

et des muqueuses, soit à l'état d'hypertrophie, soit sous forme de tumeurs circonscrites ou diffuses, qui parfois restent localisées, parfois se généralisent. L'épithélium et le tissu conjonctif s'y trouvent dans les proportions les plus variables; généralement le premier l'emporte considérablement. Tantôt l'épithélium y existe seul dès le début, et la néoplasie conjonctive et vasculaire n'y est que secondaire ; tantôt le tissu conjonctif se développe d'abord et l'épithélium ensuite.

La régénération de la peau s'observe à la suite des plaies et des pertes de substance en général (voy. Cicatrisation, p. 388) ; on rencontre aussi la néoplasie du tissu cutané dans différentes maladies, sous forme d'hypertrophie (éléphantiasis, naevus, tumeur verruqueu- 8e); très-rarement sur les muqueuses (transformation dermoïde. Voy. p. 448); dans les kystes dermoïdes. Voy. Kystes).

La peau de nouvelle formation possède les mêmes couches que la peau normale : 1'épiderme, le réseau de Malpighi, le derme avec la portion papillaire et la portion réticulaire, et le tissu cellulaire sous-cutané ordinairement accompagné du pannicule adipeux. Habituellement, toutefois, les couches ne sont pas aussi nettement limitées. Ce ne sont que le3 papilles vasculaires et jamais les papilles sensibles qui se régénèrent plus ou moins. À la suite de lésions cutanées profondes, la cicatrice reste dépourvue d'épiderme (voy. p. 447), de pigment, de papilles, de glandes et de poils.

Dans les ulcères chroniques de la jambe, Thiersch a trouvé la surface des granulations translucides, pauvres en cellules et dépourvues de vaisseaux; les noyaux des cellules étaient allongés et la substance intercellulaire fibrillaire. D'après lui, la membrane hyaline limitante provient de cette couche transparente, qui sépare le jeune épithélium du stroma vasculaire. Thiersch explique la reproduction des papilles par le mode de développement et la disposition des vaisseaux des granulations ; quelques vaisseaux perpendiculaires se développent plus fortement et persistent, tandis que ceux qui sont moins développés, obliques ou horizontaux, s'atrophient en même temps que le tissu des granulations.

La néoplasie du tissu des muqueuses s'observe dans les mêmes circonstances que celle du tissu cutané.

Les altérations physiologiques de la muqueuse utérine, pendant la menstruation et la grossesse, sont dignes de remarque. Pendant la menstruation, la muqueuse «hypertrophie réellement; elle s'épaissit de façon à atteindre 1, S et même 3 lignes et jusqu'à 5 et 6 lignes dans les replis saillants ; elle devient plus molle et on trouve dans son tissu, outre les glandes fortement développées, un grand nombre de jeunes cellules, rondes et fusiformes. (Kôlliker.)

La muqueuse peut se détacher à chaque menstruation; elle est alors éliminée avec le sang menstruel et elle se reproduit complètement pour la période suivante. Toutefois, d'après Haussmann (MonaUchr. f. Geburtsk., 4868, XXXI, p. 4), cette prétendue dysménorrhée membraneuse est toujours la conséquence de rapports sexuels et ûe s'observe jamais chez les vierges. C'est un avortement dans les premiers jours ou les premières semaines, dans lequel, après la mort ou l'expulsion du fœtus, la caduque est éliminée avec des douleurs. L'avortement se produit de préférence à l'époque menstruelle.

Nous devons également mentionner ici les transformations que subit la muqueus' utérine dans la grossesse, pour se changer en caduque vraie, etc.

Il est probable que les portions de muqueuse détruites (par plaie, ulcération, etc.' ne se régénèrent jamais.

L'épi (hélium qui recouvre la surface des tumeurs présente généralement 1-mêmes propriétés que celui delà membrane avec laquelle la tumeur est en rapport. Si celle-ci soulè\c une membrane muqueuse, et sort totalement ou partiellenv-ni de la cavité muqueuse, comme certains pohpes de l'oreille et du colon, la partitextérieure de la tumeur est presque toujours recouverte d'une couche analogue à l'épidémie. (Voy. p. 448.)

La néoplasie de substance dentaire se rencontre sous différentes formes sur les dents normales, ou bien sous forme de deuts surnuméraires des alvéoles et dans certains kystes dermoïdes. (Voy. Kystes.)

D'après Wcdl (WochenbL <l. Ztschr. d. Wicn. Aerzte, n° 52), il se produit de nouvelles couches osseuses à la face intérieure de. la dent, jusque dans un âge avancé.

Dans des cas très-rares, les dents brisées guérissent par formation d'un cal : h substance osseuse se trou\e près de la surface de fracture, la dentine, cornu:-couche centrale, et la masse globulaire est disséminée en quantité plus ou uioiib considérable. (Wedl.)

Dans ces derniers temps, Milscherlich (Arch. /'. klin. Chir., 1865, IV, p. 37 «Y1 j pratiqué la replautation et la transplantation de dents d'individus vivants et morK et il a donné une relation complète de ces opérations. Dans certains cas, il est trè>probable que les dents replantées el transplantées reprennent racine réellement, cV*là-dirc qu'il y pénètre de nouveaux vaisseaux et de nouveaux nerfs. Généralement cela ne se produit (pic dans les cas où le périoste de l'alvéole a été plus ou moiii* complètement conservé. Le périoste semble déterminer une résorption partielle de h dent par pression continue et la maintenir pendant que sa substance gonflée et ramollie donne naissance à un dépôt osseux.

11 ne faut pas confondre a\ec les tumeurs dentaires proprement dites, uni cornes dentaires, la rétention des dents et les tumeurs qui proviennent de la substance osseux voisine, soit de l'alvéole, soit de l'intérieur de l'os, comme, par exemple, dur* !•> c;;s de rélentiuii dentaire profonde. L'nsléome dentaire est dû à une production de substance cémentaire nom elle, provenant du périoste de la racine et recouvrant celle-ci dans une grande étendue; parfois il forme de petites e\o*loses [exostose dentaire proprement dite) ; dans d'autres cas, il constitue des productions hvperpl^tiques généralement peu volumineuses, arrondies ou hémisphériques, recouverte d'émail et qui prennent naissance à la couronne, an collet ou à la racine ydenls />"«'gratinantes); il peut aussi aboutir à la fusion plus ou moins complète des dents: entin, il se présente sous forme iVodontotne, c'est-à-dire de substance dentaire proprement dite de nouvelle formation. (Yirchow, Die hhh. Geschw., Il, p. oô.)

On n'a pas encore observé d'une manière positive la néoplasie iln tissu cutané avec glandes sébacées et sudori fèves, amenant une régénération totale; elle ne parait possible (pic dans les cas où la partit' supérieure des glandes a été seule détruite.

L'hypertrophie de la peau et des glandes sébacées et sudoriiere> s'observe dans certaines maladies.

On a souvent observé une augmentation, de volume des glandes sudorifères, et surtout la dilatation de leur orifice, par exemple dans l'éléphantiasis des Grecs, dans certaines verrues molles. D'après Virchow, c'est à cette augmentation de volume des glandes, accompagnée de dégénérescence graisseuse de l'épithélium glandulaire, ou bien à cette dernière seule (voy, p. 306), que sont dues les sueurs abondantes de certains malades, par exemple des phthisiques.

On rencontre une néoplasie de tissu cutané avec glandes sébacées et sudorifères, ou sudorifères seulement, dans la paroi de certains kystes. (Voy. Kystes dermoïdes.)

On voit parfois des tumeurs, nommées adénomes de la peau, qui produisent l'épaississement et l'ulcération de cette membrane , et ressemblent en tout au cancer épithélial ulcéré : elles se composent de glandes sudorifères accompagnées de nombreux bourgeons aplatis, remplis de cellules, ou bien en même temps de glandes sébacées altérées de la même façon.

(Berna k, DeuUche Klinik, 1854, n* 16. — Fôrster, Atlas d. p. An. PL, XXIII, fig. 1-4. — Lotzbeck, Virch. Arch.y XVI, p. 160. — Verneuil, Arch. gén., 1854. — Voy. aussi Cancer épithélial.)

La néoplasiedu tissu des muqueuses avec glandes muqueuses n'a pas encore été observée sous forme de régénération. Elle se présente fréquemment, au contraire, à l'état d'hypertrophie en forme de tumeur; tels sont les polypes muqueux de la plupart des muqueuses. On donne ce nom (en opposition aux polypes fibreux) à des productions à pédicule large et quelquefois étroit, rondes ou ovales, de forme simple ou irrégulière, lobée, et de volume variant depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'un œuf et au-dessus ; la surface de ces polypes ressemble entièrement à celle de la muqueuse qui leur donne naissance et offre à un haut degré l'aspect de cette membrane ; la coupe est de consistance moyenne, de texture plus ou moins fibreuse et vasculaire. Ces tumeurs doivent leur nom aux glandes muqueuses qu'elles renferment, soit à leur périphérie, soit dans leur intérieur, et qui s'ouvrent, pour la plupart, à la surface ; ces glandes sont en nombre très-variable, mais ordinairement elles sont nombreuses. Tantôt elles sont simplement tubuleuses, tantôt elles sont à fois tubuleuses et acineuses. Leur contenu est constitué principalement par une masse muqueuse renfermant quelques molécules albumineuses et graisseuses ainsi que des cellules épithéliales normales et altérées; leur épithélium se compose d'une simple couche de cellules cylindriques qui prennent une forme cuboïde à l'extrémité arrondie de la glande et reposent sur une membrane solide, homogène et analogue à une mena-

hrane propre. La surface du polype est «généralement recouverte d'un épitliélium semblable a celui dont est revêtue la muqueuse qui lui a donné naissance; dans les polypes ou portions de polypes qui .sont à l'extérieur (polypes de l'oreille, du rectum), cet épithélium devient pavimenteux. La masse principale est formée de tissu conjonctif, présentant souvent de nombreuses papilles à sa surface, sillonné d'un grand nombre de vaisseaux qui entrent par la base de la tumeur, constituent un réseau capillaire à sa surface et donnent ensuite naissance à des veines qui en sortent de la même manière. On n'a démontré l'existence de nerfs que dans quelques polypes. On trouve dans l'intérieur de ces productions, outre les glandes qui s'ouvrent à la surface, d'autres glandes probablement dépourvues d'orilice extérieur; ces tumeurs renferment en outre un grand nombre de kystes séreux ou muqueux, ordinairement petits et arrondis: parfois, ces kystes sont si développés, que le polype perd son caractère glanduleux ou muqueux, et se transforme en polype kystique nu vésiculeux. Dans le stroma cellulaire, on trouve quelquefois de Tbvpérémic, de l'œdème, de l'inflammation, des abcès, de l'hémorrhagie, de la gangrène, etc.

Les glandes des polypes muqueux sont le plus souvent si nombreuses qu'elle? iv peuvent être considérées comme éléments préexistants de la région sur laquelle L» tumeur s'est développée. Elles se produisent par dépression de l'épilhéliuin à la surface du pohpe, ainsi que cela s'observe pour les glandes analogues chez l'enibrjon et l'enfant. Kilos s'agrandissent de même par renflement du tube primitif. Certains polypes de la muqueuse ne sont autres que des glandes à pepsin»' (Korsler) allongées et dilatées.

Les polypes muqueux se rencontrent sur presque toutes les muqueuses, mais surtout dans le nez, dans le pharynx, le rectum et l'utérus.

Les consr<iucMY& qu'entraînent les polypes muqueux glanduleux dépendent surtout de leur volume et des rapports qu'ils affectent avec le canal muqueux. de leur situation et de leur mobilité (surtout pour les polxpes à pédicule étroit), de leur plus ou moins de proximité de la surface du corps, de leur vascularisation, des altérations de leur parenebyme et de l'irritation qu'ils provoquent sur la muqueuse qu'ils atteignent. Par conséquent, ils n'occasionnent parfois aucun symptôme; tels sont les polypes petits et moyens, et même les pohpes très- volumineux dans les cavités muqueuses lar.es, par exemple dans l'estomac; tantôt ils produisent <\es rétréeiWment plus ou moins duraides et même l'occlusion du canal, surtout dans les voie< aériennes, et les sxinptômcs sont plus ou moins prononcés selon les circonstances (temps bunude, e.xacerliation du catarrhe de la muqueuse, etc. ). S'ils sont situés sur une muqueuse mobile et près de la surface du corps, ils se montrent au dehors constamment ou par inten ailes et ils occasionnent «lu ténesme ou d'autres sensations

analogues» la pfocidence de la muqueuse, etc.; sous l'influence des mêmes causes ou tout a fait spontanément, ils amènent des hémorrhagies plus ou moins abondantes, même dangereuses pour la santé et la vie. Presque tous les polypes entretiennent sur la muqueuse un catarrhe chronique, qui disparait ordinairement atec rapidité quand on a enlevé la tumeur, et donne souvent lieu à des hypertrophies de la muqueuse ou de tout l'organe.

Néoplasie de tissu glandulaire. — Adénome

Heschl, ZUàw. d. Ge$. d. Wien. Aerzte, 1852. — Rokitanskj, SUzungtber. d. Wien. Acad., 1853. — ZUchr. d. Ges. d. Wien. Aerzte, 1860. — Birkett, Guy' s Hosp. rep., 1855. — Robin, Gaz. de Paris, 1855. — E. Wagner, SchmidV* Jahrb., 1859, OU, p. 92. — Arch. d. HeilL, II, p. -473; VI, p. 44.

Le tissu glandulaire de nouvelle formation constitue, soit uhe hypertrophie ou une hyperplasie de toute la glande dont la texture reste intacte, mais dont tous les éléments essentiels augmentent en nombre pendant que leur volume diminue, s'accroît ou reste normal ; soit des tumeurs sessiles ou pédiculées qui sont manifestement reliées à l'organe primitif, ou bien en sont indépendantes. Dans ces tumeurs, le tissu glandulaire peut former une partie accessoire ou bien l'élément principal de la masse.

Le tissu glandulaire de nouvelle formation se présente sous des formes aurai diverses que le tissu normal, et dans la plupart des cas, sa genèse est analogue. Parfois les cellules et en conséquence les subdivisions de la glande (follicule, acinus, etc.) augmentent de volume; dans d'autres cas, les cellules se multiplient par segmentation , et alors chaque subdivision de la glande augmente régulièrement de volume; quelquefois il se développe dès le début des bourgeons solides qui pénètrent dans le tissu conjonctif environnant et y donnent naissance a des nouveaux bourgeons et souvent à des ramifications. Plus tard, ces bourgeons se creusent d'une cavité d'apparence glandulaire. A leur périphérie, ils sont revêtus d'une tunique propre. Le tissu conjonctif et les vaisseaux s'y développait suivant les mêmes proportions que dans le tissu normal. Ces tumeurs peuvent rester en communication avec le lobule glandulaire primitif, ou bien s'en séparer complètement, ce qui est dû, soit à l'atrophie spontanée de certaines parties, soit à la prolifération normale concomitante du tissu conjonctif environnant.

La fonction du tissu glandulaire de nouvelle formation est rarement tout à fait semblable à celle du tissu normal ; ordinairement elle est nulle.

450 NOUVEAUX ÉLÉMENTS PE PATHOf.OGÎE GÉNÉRALE.

Les cas dans lesquels il se produit une néoplasie glandulaire pendant la périme fivtale (glandes thyroïdes et pancréatique, rate et capsules surrénales supplémentaires, production de substance hépatique dans le foie (Rokilansky, Wien.alla. mai Zlzchr., 1859, p. 08) et dans le ligament suspenseur (l'auteur, Arch. d. Heilk., Il, p. 471) ne doivent pas être rangés ici.

C'est principalement dans les glandes acineuses composées, surtout dans le sein de la femme, dans la prostate et la glande thyroïde, qiu Ton a observé la néoplasie générale, partielle ou en forme de tumeur du tissu glandulaire.

V adénome du sein (chrome mainmary tumour, pancreatic sarcoma, cystosarcome, tumeur adénoïde, lohular imperfect hypertrophy, adénocèle, serocystic tumour, hypertrophie partielle, glandular tumour) se caractérise par la formation sur un uu plusieurs lobes de la glande mammaire, de corps arrondis ou allongés, bien limités et analogues aux cellules glandulaires, quoique ordinairement plus volumineux et de forme plus irrégulière, pourvus d'une membrane homogène périphérique et renfermant le plus souvent dans leur cavité des cellules à noyaux régulièrement disposée sous forme d'épithélium, parfois de simples noyaux ; ils sont creusés, dans un certain nombre de cas, d'un espace central considéré comme cavité glandulaire. Ces résinil^ glandulaires sont ordinairement groupées dans un tissu conjonctif mou; toutefois, I.» plus souvent elles ne se réunnissent pas pour former un conduit glandulaire et ell« ne se rattachent pas toujours d'une manière positive à celui de la glande primitive. (les tumeurs offrent généralement une coloration gris rouge ou rouge sombre, un aspect intermédiaire entre celui de la chair et celui des glandes ; elles sont traversées par des trabécules fibreuses disposées de façon variable, et elles renferment un suc muqueux plus ou moins abondant. Les autres propriétés anatomiques sont fort variables suivant que la tumeur envahit toute la glande ou bien un ou plusieurs lobes seulement (adénome partiel et général), suivant la forme, le volume et le mode oV réunion des vésicules, etc.; d'après les métamorphoses ultérieures (formation de kystes, tuberculisation, etc.); d'après la quantité et la nature du tissu de nouvelle formation constituant le stroma (tumeur glandulaire pure ou fibreuse; tissu muqueui ou fibreux); d'après l'état des conduits galactophores (souvent ceux-ci sont dilaté* sous forme de cavités cystoïdes. ou bien il s'est développé à leur face interne de* excroissances papillaires ou autres de structure variable : affection hydatique, cystosarcome simple, phyllode ou luxuriant de la mamelle; cancer hydatique, tumeur kystique; kystes bourgeonnants, etc.).

On rencontre parfois aussi dans la parotide et le pancréas une hypertrophie générale ou partielle, analogue à celle de la mamelle. Beeker a décrit minutieusement un adénome de la glande lacrymale. (OEst.Jahrb.. 1867, p. 17.)

On observe aussi dans la prostate une hypertrophie générale ou partielle : celle dernière s'observe surtout dans la vieillesse, se caractérise par la production de tumeurs plus ou moins volumineuses, souvent bien circonscrites et faciles à ênutléer, siégeant dans la profondeur ou à la surface de la glande et, dans ce dernier cas. préominant souvent dans la cavité vésieale sous forme de gonflement ou de poly}«e. Leur structure est analogue à celle de la prostate, mais elles ne se rattachent \v* aux conduits excréteurs dé cette glande : le tissu glandulaire est généralement peu abondant relativement aux tissus conjonctif et musculaire. De même que la glande normale, elles deviennent souvent le siège du développement de corps amyloide< et colloïdes» et de calculs prostatiques. La tumeur partielle, quand elle acquiert «n

volume considérable et que le siège en est défavorable, produit le rétrécissement du col de la vessie et par suite le catarrhe de la muqueuse, l'hypertrophie de la tunique musculaire, etc.

L'hypertrophie générale de ces glandes existe rarement seule ; le plus souvent le tissu non glandulaire s'hyperlrophie en même temps qu'un grand nombre de points isolés de la glande.

Dans la glande thyroïde, on observe les formes suivantes : 1* la dilatation de* vésicules primitives, se produisant d'une manière uniforme dans toute la glande ou d'une manière prédominante dans certains lobules ; elle est généralement accompagnée de dégénérescence colloïde (goitre simple) ; 2* la néoplasie d'éléments glandulaires ou multiplication des follicules (goitre hypertrophique), accompagnant ordinairement la première forme; il se produit alors des nodules arrondis dont le volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une noisette et au delà (tubercules goitreux), qui sont séparés de la glande normale par une enveloppe cellulaire et peuvent même en déterminer l'atrophie ; 3" le développement de glandes accessoires dans le voisinage de la glande normale, lesquelles peuvent atteindre le volume d'une noisette et sont probablement congénitales. Le tissu glandulaire de nouvelle formation devient malade aussi souvent que le tissu normal, et éprouve les mêmes affections : hypérémie, inflammation, hémorrhagie, métamorphoses colloïde, graisseuse, calcaire, etc., et cet affections s'y présentent sous des formes aussi diverses que dans la glande normale. Tandis que Frericbs, Hescbl, Fôrster et d'autres admettent une hypertrophie de la glande thyroïde dérivant du tissu conjonctif, Virchow la fait provenir du tissu glandulaire préexistant.

Dans les ovaires, jusqu'à l'âge de la ménopause, il se produit continuellement à l'état physiologique des follicules de Graaf. Jusqu'à présent, on n'a pas encore démon* tré l'hypertrophie vraie des ovaires.

On n'a pas encore observé d'hypertrophies générales du foie avec formation de nouveaux lobules, etc. Au contraire, on y voit asscs souvent des néoplasies glandulaires circonscrites. (L'auteur, Klob, Hoffmann, etc.)

Voyet le cancer pour ce qui concerne l'adénome carcinomatoide du foie.

Néoplasie de tissu conjonctif vasculaire sous forme de papilles recouvertes d'épithélium : tumeur villeuse ou papillaire; papillome.

Ecker, Arch. f. phys. Heilk, 1844. p. 380. — Rokitansky, Lchrb. d.path. Ânat., «55, I, p. 170. — Billroth, Virch. Arch., 1859, XVIÏ, p. 357. — Yirchow, Verh. d. Berl. Ges. f. Gebwrtsk., 1Y. — Wûrzb. Verh.t 1. — Die Kkh. Geschw., I, p. 334.

De même que les papilles vasculaires de la peau et que les villosités intestinales , la tumeur papillaire se compose d'un corps formé de tissu conjonctif le plus souvent vasculaire, rarement de tissu muqueux, et d'un revêtement épithélial. Le corps de la tumeur est simple ou plus ou moins ramifié, et d'un volume plus ou moins grand relativement à l'ensemble de la production. Les vaisseaux se composent d'une seule anse capillaire ou bien d'un rameau ascendant et descendant, donnant naissance à un réseau capillaire intermédiaire ; il est rare de trouver des tumeurs tout à fait dépourvues de vaisseaux.

tfîR .NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

Le revêtement épithélial correspond entièrement à celui de la peau ou de la muqueuse dont provient le papillome ; il se compose, soit d'une couche plus ou moins épaisse d'épithélium pavimenteux (sur la peau), soit d'une ou plusieurs couches de cellules cylindriques, soit d'un épithélium de transition (sur les muqueuses, etc.).

Les tumeurs papillaires se rencontrent principalement sur la peau ou sur les muqueuses pourvues de papilles ou de villosités ; toutefois, on en trouve également sur les autres muqueuses et dans les néoplasmes.

Le mode de développement du papillome est en conséquence variable : sur les régions pourvues de papilles, il résulte ordinairement d'une hypertrophie partielle ou générale de ces papilles. Sur les autres régions, il se produit d'abord une prolifération de tissu conjonctif et de vaisseaux ; parfois ceux-ci ne se développent (pie plus tard en pénétrant dans la substance fondamentale d'abord homogène, à la manière des villosités de la surface du chorion. — Les cellules épithéliales qui recouvrent le papillome sont toujours augmentées en nombre : parfois elles s'y trouvent à peu près dans les mêmes proportions que sur la peau ou la muqueuse ; parfois en quantité relativement plus grande.

D'après ce qui précode, l'épilhélium des tumeurs papillaires proviendrait de Uépithélium préexistant; mais certains auteurs le font dériver du tissu conjonctif. Ainsi, Hindlleisch dit dans son Traif*'*, p. 70 : « Les points les plus saillants d'un papillome à croissance rapide sont constitués par un tissu primordial qui, sans délimitation précise, se transforme en épiltiéliiiui vers l'extérieur, et en tissu conjonctif vers l'intérieur. »

Les causes du papillome sont le plus souvent des irritations de toute nature ; sur les muqueuses, il se développe parfois à la suite d'inflammations chroniques.

Le papillome entraîne les conséquences suivantes, variables d'après les régions : pression sur la peau sous-jacente, rétrécissement de canaux muqueux, ulcérations, hémorrhagies, etc.

Les tumeurs papillaires dures se composent d'un corps de tissu conjonctif simple ou ramifié, relativement épais et peu vasculaire, parfois grêle et court, recouvert d'un épithélium abondant et constituant une masse cornée. Ces productions se rencontrent principalement sur la peau et rarement sur les muqueuses à épithélium pavimenteux. — Il faut y rattacher les verrues ordinaires, les cornes de la peau, les verrues ulcérantes, le condylome cutané et les papillomes durs des muqueuses, qui sont plus rares.

La verrue cutanée, ou verrue ordinaire, se compose d'un tronc conjonctif relativement grêle, peu vascularisé, provenant sans doute d'une ou plusieurs papilles vasculaires et recouvert d'une couche épithéliale très-épaisse. La verrue est hémisphérique ou bien formée de papilles isolées, suivant que celles-ci sont recouvertes ou non d'une couche cornée commune : elle siège principalement aux mains.

Nous devons rapprocher des verrues la plupart des cornes de la peau (toutes celles qui renferment à leur base des papilles vasculaires).

La verrue humide ou ulcérante, qui se rencontre surtout aux lèvres et qui est souvent confondue avec le cancer épilhélial à cause de son aspect et de son siège, offre la même structure que la verrue ordinaire, sauf qu'elle a plus d'étendue (parfois un pouce carré et plus). Elle prend l'aspect qui lui est propre, soit immédiatement après son développement, soit après avoir longtemps subsisté sous forme de verrue ordinaire. La tumeur se gorge d'abord de sang, sa surface s'humecte, l'épiderme se détache, les papilles deviennent plus apparentes, puis s'ulcèrent et se détruisent. En même temps, la dégénérescence s'étend aux parties phériphériques, tandis que le centre sécrète continuellement un liquide purulent fétide , qui s'écoule ou se concrète. La cicatrisation commence rarement au centre.

Le condylome commun ou acuminé se compose d'un tronc plus ou moins régulièrement ramifié, formé de tissu conjonctif fibrillaire ou homogène, d'un vaisseau capillaire tortueux et assez large, pénétrant dans toutes les ramifications, et d'une couche épithéliale mince et facile à enlever. Les différences que présentent les cond viornes sont en rapport avec leur volume, l'humidité ou la sécheresse de leur surface, et surtout avec le siège qu'ils occupent soit sur un point de la peau libre ou voisin d'une muqueuse, soit sur une muqueuse ou entre des replis cutanés, etc. Le condylome se rencontre de préférence aux environs des organes génitaux maies et femelles (rainure du gland, prépuce, petites lèvres, surface interne des grandes lèvres) et de l'anus.

Kranx (Arck. f. klin. Med., 1866) a observé que la sécrétion ou des fragments du papiUome humide (condylomes récents), introduits sous le prépuce ou sous la peau d'un homme bien portant, provoquent, dans la plupart des cas, le développement de papillomes qui peuvent atteindre, en deux ou trois semaines, une longueur d'un millimètre.

Ici se rapportent également les tumeurs cutanées nommées porreaux, qui sont analogues aux précédentes, mais qui sont aplaties et congénitales ou acquises.

Les tumeurs papillaires dures des muqueuses passent par gradation insensible aux tumeurs molles. Leur structure ne présente rien de remarquable : leur aspect corné est dû principalement aux cellules épithéliales parvimenteuses abondantes qui entourent le tronc conjonctif, lequel est peu vasculaire et peu développé. On les rencontre dans la bouche, sur la luette, dans le nez, sur les cordes vocales, dans l'urèthre de l'homme et de la femme, dans le vagin, au col de l'utérus, etc.; on les trouve cependant aussi sur les muqueuses à épithélium cylindrique, telle que celles de la vésicule et des conduits biliaires, celle des conduits g:ilactophores; par conséquent, tout aussi bien sur les régions recouvertes à l'état normal de papilles que sur celles qui en sont dépourvues.

Les tumeurs papillaires molles ou villeuses sont constituées par des troncs mous, simples ou ramifiés, renfermant un grand nombre de capillaires de calibre ordinairement considérable, et recouverts d'une ou plusieurs couches, faciles à enlever, de cellules épithéliales pa-

'»f>0 NOrVEU'X ELEMENT* DE PATHOLOGIE GENERALE.

viinenleuses ou cylindriques. Parfois elles se présentent sous la l'orme de tumeurs papillaircs ; parfois , au contraire , sous forme île masses sphériques, lobulées ou polypeuses, molles, vasculaires, et dont le caractère villeux n'apparaît qu'après que Ton a enlevé l'épithélium qui réunit les extrémités des villosités. Elles se composent du tissu normal des muqueuses, dont les capillaires sont dilatés. — Les tumeurs villcuscs se rencontrent dans la vessie, dans le vagin et le col de l'utérus (choux-fleurs), dans l'estomac cl l'intestin, surtout dans le côlon, rarement à la surface interne delà dure-mère et sur les méninges cérébrales. Suivant l'endroit où elles se développent, elles produisent de la compression, le rétrécissement des points correspondants, surtout des hémorrhagies souvent suiwt-s de mort.

Néoplasie de cellules épithéliales et de tissu eonjoncti/ vasculaire sous une forme particulière, etc. — Cancer épithélial. (Voy. plus loin.)

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