Neoplasie lymphatique. — Lymphome
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Les néoplasmes lymphatiques constituent des masses ordinairement petites, rarement volumineuses, en forme de tumeur ou d'infillralion, de couleur blanche ou blanc gris, souvent molles et rarement dures. Ils se composent de noyaux plus ou moins volumineux, arrondis, brillants, et souvent aussi de petites cellules analogues aux globules lymphatiques ou aux globules blancs du sang, mais qui parfois sont beaucoup plus grosses. Ces deux espèces d'éléments se trouvent entre les éléments normaux en nombre plus ou moins grand et accompagnées d'une quantité variable de substance intermédiaire demi-liquide.
La neoplasie Ivmphatique passe par transitions à la néopla>ie hyperplastique ou même hétéro- plastique du tissu eytogèue, et parloir sans distinction possible (voy. p. iï?)).
(iette neoplasie s'observe constamment dans le typhus abdominal, fréquemment dans la leucémie et quelquefois aussi dans la rougeole, la scarlatine et la variole, dans la lièvre puerpérale, dans les maladies chroniques du cœur, dans la maladie de bright, etc.
Dans le typhus abdominal, cette neoplasie constitue l'altération aiiatomiqiic essentielle de l'intestin grêle cl du colon, des glandes méseiilériques correspondantes, de la raie, souvent aussi du foie et même des reins, du péritoine, de la muqueuse du larynx, etc. \\\n< le canal intestinal et les ganglions mésentériques, elle produit l'infiltration médullaire: dans la rate, la tuméfaction molle ; dans le foie, les reins et le péritoine des granulations nombreuses, petites et même microscopiques, grises ou blanches et molles.
Les nnjaux et les cellules île nouvelle formation résultent parfois d'une multiplication du contenu glandulaire, pat exemple dans les follicules solitaires de l'intestin
grélc et du côlon, dans les plaques de Peyer, dans les glandes lymphatiques du mésentère, du foie, de la rate, des reins, des bronches ; dans la rate, etc.; parfois ils sont infiltrés dans les tissus ou bien ils forment des granulations très-petites, gris blanc, molles, isolées ou confluentes : c'est ce que l'on observe dans la capsule des follicules intestinaux, dans le tissu conjonclif des membranes muqueuse, sousmuqueuse, musculaire, sous- séreuse et séreuse, qui entourent le follicule malade*, dans la capsule des glandes lymphatiques et dans le tissu conjonctif qui les environne; dans le tissu cellulaire du hile des glandes; dans le foie, où les granulations occupent l'intérieur des acini ou la gaine des vaisseaux; dans les reins, où la substance corticale en est le siège principal; dans quelques cas aussi dans la muqueuse des voies urinaires et, dans le péritoine, sur un point éloigné des follicules atteints.
Ce n'est que dans le typhus abdominal que nous savons ce que deviennent les néoplasmes lymphatiques et que nous connaissons les métamorphoses qu'ils subissent ; mais nous ignorons le rapport qui existe entre cette néoplasie et l'affection générale qui s'observe constamment en même temps.
Dans le typhus, le néoplasme lymphatique se résorbe ordinairement par voie de métamorphose graisseuse ; parfois il tombe en atrophie simple accompagnée, dans certains cas, de métamorphose graisseuse ; c'est ce qui constitue Yeêcharification que Ton rencontre principalement sur la muqueuse intestinale, où elle a pour conséquence les ulcères typhiques, rarement dans les ganglions mésentéiïques ou en d'autres régions. Dans d'autres cas, il se ramollit par augmentation de la substance fondamentale liquide, et quelquefois les noyaux se transforment en même temps en globules de pus, par exemple dans les glandes mésentériques; quelquefois, enfin, il s'infiltre de chaux. Il est probable que, dans la plupart des cas, les parties atteintes reviennent tout a fait à l'état normal; parfois, cependant, il s'y produit une atrophie simple ou cicatricielle, par exemple dans la muqueuse intestinale et dans les glandes mésentériques ; ou bien il s'y dépose du pigment, etc.
Dans les autres maladies contagieuses, on observe dans quelques cas la néoplasie lymphatique, surtout dans le foie et la, rate, rarement dans d'autres organes.
Les néoplasmes leucémiques se rencontrent dans la rate (leucémie liénale) et dans les ganglions lymphatiques (leucémie lymphatique) ; ils sont rares dans le foie, et surtout dans les reins, dans la muqueuse de l'estomac, du jéjunum, de l'iléon, du rectum et des grosses bronches, dans la plèvre pulmonaire, dans le péritoine, dans le périoste et dans les tousillcs (leucémie néoplcstique). La rate et les glandes lymphatiques augmentent de volume d'une manière ordinairement uniforme et peuvent atteindre des dimensions de cinq à vingt fois plus grandes qu'à l'état normal. Dans les autres organes, on trouve des masses ordinairement peu volumineuses, parfois microscopiques, arrondies ou sphériques et analogues dans certains cas aux
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luborcules miliaires; dans des cas plus rares, elles sont plus grosse*. aplaties et ramifiées, plus rarement encore infiltrées. Elles ne présentent d'ordinaire aucune altération essentielle, ou seulement un clcyré léger d'atrophie simple ou graisseuse; les ulcères et les cavernes leucémiques sont rares. — La marche en est habituellement chronique, très-rarement aiguë.
On ne connaît pas encore le rapport qui existe entre la néoplasie lymphatique et la multiplication des globules blancs du sang; il e>t probable que la leucémie n'est pas duc uniquement 5 ce que la rate, les glandes lymphatiques, etc., fournissent un plus grand nombre de globules blancs, mais encore à ce que ceux-ci ne peuvent se transformer en globules rouges.
Deiters a public la relation d'un cas remarquable à cause de ses rapports avec leucémie, mais qui s'éloigne sous plusieurs rapports des observations connues. Il a trouvé des traînées de cellules tusitormes dont les couches extérieures contribuaien à former la paroi des capillaires, et les couches internes à la production des globules lymphatiques.
Kosler iikrl. Coiir., 1808, n" 2) prétend que, dans la leucémie, les globules blancs du sang pénètrent dans les membranes et les cavités séreuses : il n'a pu constater l'existence dune néoplasie dans îe tissu ronjonchf séreux. 11 considère également les cellules hmphoïdes que Ton trouve dans les interstices des organes J'oie, rems», comme étant des globules blancs du sang extravasés.
L'observation de Schuh, établissant l'existence d'une tendance aux hémorrhngies dans la leucémie, est d'une grande importance pour la pratique : dans un cas de cachexie leucémique peu prononcée d'ailleurs, la plaie d'une opération de taille latérale donna naissance ù une hémorrha^ie rebelle qui amena la mort en quatre heures.
Klob (iritvi. mal. )Yorhensrhr.t 180*2, n° 55 et 50) conteste l'existence des prétendues adénites leucémiques; il prétend que l'on obsene en l'absence de tumeur* ganglionnaires une altération du sang analogue à celle de la leucémie, et qu'il existe «les observations très-précise* d'hyperplasie lvmphalique très-considérable sans altération correspondante du sang. D'après Klob, il n'> a pas de tumeurs spécifique qui appartiennent à la leucémie ou qui en dépendent, par conséquent pas de tumeurs leucémiques.
(Vo\. sur les néoplaMcs leucémiques, es «articles du SchmtWs Jahrb., XCVII, I». 205; CXII, p. 55, et C\V, p. 175.)
On observe quelquefois une ulTeclion chronique, connue en clinique sous le nom d'anémie lymphatique, qui se caractérise par l'hypertrophie d'un grand nombre de glandes lxmphtiliqiies internes et externes, et par le développement de la rate; souvent aussi par des néopla<ies lymphatiques, ordinairement atrophiques dans la rate et le t'oie, rarement dans les reins, la muqueuse digestive etc.; elle s'accompagne d'une anémie pronom e et conduit souvent à l'hvdropsie. Jusqu'à présent on n'a pas encore pu déterminer la nature de la lésion ;matomi.|ue : il est probable qu'elle estde nature tantôt tuberculeuse, tantôt syphilitique, tantôt cancéreuse, et que parfois elle appai lient aux néoplasmes lymphatiques. (Uudgkin, Mai. chir. tran&act., 1852, Wll, p. 08, etc. Voy. Auanie générale.)