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Syphilome

(Tubercule ou gomme syphilitique. Tumeur gommeuae. Syphitide.

Ricord, Trattéprat. des ma*, vén., 1858. — Dittrich, Prag* Vtljschr., 1849, I, If. — Bàrensprung, Deutsche Klinïk, 1858, n* 17. — Ann. d. Char., IX, p. 110.— Virchow, Arch., 1858, XV, p. 217. — Die Kkh. Geschw., II, p. 393. — Wilks, Transact. ofthe pat h. Soc., 1858 et suiv. — Lebert, Hdb. d. pract. Med., 1859 1, p. 370. — Chassaignac, Allg. Wien. med, Ztg, 1859, n° 50. — Robin, in van Oordt, des Tumeurs gommeuses, 1859, n# -44. — Buhl (-Lindwurm), Wûrzb. med. Ztschr., 1863, III, p. 154. — E. Wagner, Arch. d. Heilk., 1863, IV, p. 1, 161, 221 et 356; V, p. 121. — Univ. Progr., 1863, de Syphilomate ventriculi.

(Voy. en outre la littérature delà syphilis en général.)

Le syphilome est un néoplasme circonscrit ou diffus, de volume variable, qui se rencontre dans presque tous les tissus et organes et qui est produit par la syphilis constitutionnelle ; l'élément essentiel est constitué par des cellules à noyaux volumineux, analogues aux globules blancs du sang, et par des noyaux libres, enclavés isolément ou en petits groupes, dans un tissu conjonctif peu vasculaire.

(Virchow range le syphilome parmi les tumeurs de granulation (granulomes^ cytoblastomes).

Le syphilome se rencontre probablement dans tous les tissus vasculaires. On le trouve surtout à la peau, principalement aux parties génitales et à l'anus (chancre induré, condylome large, gommes), et dans les parties sous-jacentes, notamment dans le tissu conjonctif sous-cutané, dans les muscles, dans le périoste et les os, dans le foie; il est plus rare dans la dure-mère et les méninges, dans la muqueuse de la bouche, de la gorge, de l'estomac, de l'intestin grêle et du côlon, dans celle du larynx, de la trachée et des bronches, dans les membranes qui entourent les organes digestifs et respiratoires, dans la rate et le pancréas; dans les poumons, le cerveau et la langue ; dans le cœur et les gros vaisseaux ; dans la glande thyroïde, les reins, le testicule, l'épididyme et leurs tuniques.

Le syphilome constitue, à l'état récent, une masse gris rougeàtre, parsemée parfois de taches sanguines, molle et homogène, ne renfermant pas de suc ou bien seulement une petite quantité d'un suc mu queux, clair ou trouble, il n'est jamais nettement limité, ni enkysté, mais toujours diffus. Il forme dans les membranes comme dans les parenchymes, des tubercules de volume variable et pouvant atteindre la grosseur du poing, de forme ronde, arrondie ou irrégulière, et

parfois nettement limités en apparence; dans d'autres cas, et surtout dans les membranes, plus rarement dans les parenchymes (poumon-. Joie*, rate), il constitue des infiltrations diffuses, d'étendue variable: quelquefois enfin on rencontre des nodosités tuberculeuses dans une infiltration diffuse (poumons, foie).

Après une durée, indéterminée, le sypliilome est pris d'atrophie simple avec métamorphose graisseuse, ou bien il s'ulcère ou creuse des cavités; parfois ces deux genres d'altération s'observent simultanément. Dans le premier cas, la niasse devient insensiblement grise ou gris jaunâtre, plus compacte et plus sèche: cette altération commence habituellement par le centre du tubercule ou de l'infiltration, rarement dan* les parties périphériques. La limite entre les parties gri> rougeàtre et les parties jaunes peut être nette ou confuse. Dana le second cas, il se forme à la surface de la peau ou des muqueuses des ulcères sinueux détendue variable, et dans les organes parencJiymateux, ainsi que dans les infiltrations tuberculeuses, des tissus membranifornies, des cavités semblables à des cavernes qui renferment, au milieu d'un liquide séreux ou muqueux, des restes de la niasse jaunâtre solide ou caséeuse.

Au microscope, on trouve dans le sypnilome des cellules ou des novaux, parfois ces deux espèces d'éléments à la fois et en quautité relative variable. Les syphilomes récents, ainsi que les parties périphériques des syphilomes anciens, se composent ordinairement de novaux qui sont parfois accompagnés de quelques cellules. Les syphilomes anciens qui n'ont pas encore subi un degré trop prononcé d'atrophie, ne renferment guère que des cellules ou bien des cellules a\ee quelques noyaux. Les noyaux n'offrent rien de caractéristique: leur volume est eu moyenne de 1 300 de ligne ; ils sont le plus souvent ronds, ou arrondis, allongés et même anguleux; ils présentent rarement des traces de subdivision et ils renferment habituellement un nucléole apparent. Les cellules ressemblent pour la plupart aux globules blancs uni-nucléolaires du sanu. Leur volume varie entre I 13(1 et 1300 de ligne; quelques-unes atteignent même 1/100: leur forme est arrondie, parfois ovale; et, dans les points où elle? sont pressées les unes contre les autres, elles deviennent anguleuses par suite de leur aplatissement mutuel. La membrane cellulaire est presque toujours apparente, et le contenu modérément granuleux. Le noyau qui se trouve tantôt au centre, tantôt à la périphérie, est le plus souvent unique, paifois double et jamais multiple; ordinairement son volume est consideiable relativement à celui de la cellule,

et il en résulte qu'il n'est pas éloigné de la membrane. Certains sypbilomes renferment aussi des corpuscules dont la nature cellulaire ne peut être positivement établie.

C'est principalement le rapport entre ces éléments et la substance environnante, qui est caractéristique. Le plus souvent, en effet, ces cellules et ces noyaux se trouvent isolés dans de petites cavités entourées de tissu conjonctif, et celui-ci est en si minime quantité que Ton ne voit que de minces fibrilles conjonctives dans l'intervalle des cellules ou des noyaux. C'est comme si dans le derme cutané ou muqueux chaque cellule était enclavée de manière à donner naissance à de petites alvéoles serrées les unes contre les autres. Parfois le tissu conjonctif est beaucoup plus abondant que la masse des cellules. Dans certains cas, on trouve plusieurs cellules, même dix et plus, dans une alvéole réeire ou apparente. Si, en effet, on passe le pinceau sur des coupes fines de semblables tumeurs, on voit apparaître, quand on a enlevé les cellules, de véritables alvéoles, c'est-à-dire des espaces nettement limités, ronds ou arrondis et complètement vides ; parfois on aperçoit dans l'alvéole que Ton croyait simple de très-petites fibrilles qui forment de petites alvéoles secondaires dans l'intérieur de la première.

Le tissu conjonctif dans lequel sont enclavés les cellules et les noyaux, est tantôt abondant, comme cela s'observe souvent dans le derme cutané ou muqueux, dans le tissu cellulaire qui relie les organes et leurs subdivisions ; tantôt en petite quantité, par exemple dans les membranes formées de fibres musculaires organiques, dans les membranes élastiques , dans les parenchymes pauvres en tissu conjonctif (foie, poumons, cerveau), etc. Si le tissu conjonctif est parfois très-abondant dans les syphilomes anciens de manière à ne constituer que des masses en apparence calleuses, c'est le résultat de l'atrophie simple et graisseuse et de la résorption consécutive des éléments cellulaires*

Quand les cellules et les noyaux se trouvent isolés dans ce tissu fondamental, ce dernier ne s'altère guère et conserve presque partout une structure fibrillairc apparente. S'il existe des alvéoles plus grandes, le tissu fondamental s'altère davantage, les fibres deviennent plus rigides et la slriation moins manifeste. Les capillaires et les vaisseaux plus volumineux des tissus inûltrés ne paraissent subir que de légères altérations.

La métamorphose la plus fréquente du syphilomc est V atrophie simple des cellules et des noyaux, combinée avec une dégénérescence graisseuse habituellement légère, rarement très-prononcée et limitée

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alors à certains points. Tantôt les deux métamorphoses se rencontrent dans la même cellule, tantôt dans des cellules ou des noyaux diflérents; elles se déclarent d'abord dans les parties centrales et les plu> anciennes du néoplasme; elles se propagent ensuite vers la périphérie de telle sorte que, parfois, ce n'est qu'à l'aide du microscope que Ton peut encore trouver des éléments intacts. Ces métamorphoses donnent naissance à des ulcères dans les cas d'infiltration diffuse de la peau et des muqueuses, et au contraire à des cavernes, dans l'infiltration tuberculeuse des membranes et des parenchymes. Si l'atrophie se produit à quelque distance de la surface de la peau ou de la muqueuse, et si les couches superficielles de ces membranes ne sont que peu ou point infiltrées, il se forme à leur surface des points cicatritricicls ou ressemblant à des cicatrices. 11 est rare d'observer dans le syphilomc des hémorrhagics et la métamorphose pigmentaire de répanchement.

Le syphilnme dérive du tissu conjonclif et, en certains points, probablement de< capillaires. Le premier fait a été démontré parVirchow pour 1rs régions les plus diverses Dans certains organes, pauvres en tis>u conjonclif, les cellules et les noyam du syphilome proviennent <b' la prolifération des noyaux des capillaires, et 1j paroi de ces derniers se transforme ensuite en tissu fibreux ; ainsi dans le cerveau, le foie, etc.

Dans la plupart des cas, les cellules et les noyaux constituent la seule production nouvelle du syphilome. Toutefois, il est probable que souvent il se forme en même temps du tissu conjonclif, spécialement dans les organes pauvres en tissu de ce genre (cerveau, foie, rate, elc.i.

En général, le syphilomc exerce sur le tissu malade la même influence que les autres productions cellulaires. Les régions atteintes de la peau et des muqueuses, des membranes fibreuses et des pareilcbvmes deviennent plus ou moins impropres à l'exercice de leurs fonctions, soit à la suite du dépôt de cellules et de noyaux, soit a cause de la compression ou de l'atrophie consécutive des capillaires, des conduits cl des cellules glandulaires, etc., renfermés dans les tissus. Les canaux se rétrécissent et l'influence qu'exerce ce rétrécissement varie d'après sa situation, son importance, etc. ; les espace* qui renferment de l'air se rétrécissent également, même jusqu'à complète occlusion. Si la membrane atteinte constitue l'organe formateur de parties sus-jacenles, par exemple de cellules épithéliales, celles-ci souffrent dans leur nutrition, surtout quand l'infiltration se produit dans les couches superficielles. (Test ce que nous voyons surtout aux

ongles et sur la peau en général : l'onyxis syphilitique est probablement toujours le résultat d'une infiltration cellulaire de la matrice de l'ongle.

Le syphilome se distingue essentiellement, et sous presque tous les rapports, des autres néoplasmes.

D'abord l'étiologie en est totalement différente. La prédisposition au syphilome est aussi générale que la prédisposition à la suppuration : ce néoplasme s'observe à tout âge et surtout chez le fœtus, et dans les deux sexes. Les causes occasionnelles en sont mieux connues que celles des autres néoplasmes.

Dans la plupart des cas, le syphilome présente, à l'œil nu et au microscope-, des caractères si tranchés qu'il est impossible de le confondre avec d'autres néoplasmes. Au point de vue de la structure, du mode de naissance et de développement, ainsi que de l'influence qu'il exerce sur les tissus atteints, sur les parties environnantes et sur l'organisme, le syphilome diffus présente surtout de l'analogie avec certaines suppurations diffuses ou infiltrations purulentes, avec le tissu de granulations dans la tumeur blanche des articulations, avec les lésions granuleuses et trachomateuses des muqueuses, avec les néoplasmes diffus de nature tuberculeuse, lymphatique ou cancéreuse, etc.; le syphilome circonscrit avec certains abcès, les tubercules, les sarcomes et les cancers. On ne peut le comparer avec le lupus dont l'histologie n'est pas encore suffisamment connue et qui, dans les cas où celle-ci a été étudiée, offre tant d'analogie avec le syphilome qu'il n'est probablement autre chose qu'une tumeur de cette nature.

Pour ce qui concerne le syphilome des tissus et des organes en particulier, je dois renvoyer aux ouvrages spéciaux ; mais je dois mentionner ici plusieurs affections qui se rapportent indubitablement au syphilome, comme le démontrent les données anamnestiques, la coïncidence d'autres affections syphilitiques et, enfin, les propriétés anatomiques et surtout histologiques; ainsi certains cas de lupus, certains ulcères de b peau qui ne se rapportent à aucune affection connue, quelques affections particulières de la dure-mère et des méninges, certains tubercules des méninges et du cerveau, quelques tumeurs du larynx, l'hépatisation blanche des poumons chex le IvJelus, certains cas de tubercules pulmonaires particuliers, quelques affections du foie avec formation de cicatrice attribuées jadis a l'inflammation, certains cas de glossite disséquante, la plupart des gros tubercules de la rate ; un certain nombre de cas d'hypertrophie de toutes les tuniques de l'estomac; quelques ulcères intestinaux.

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