Lupus
Berger, Diu. de lupo., 1849. — Martin, Illustr. med. Zeit., 1852, 1. — Pohl, in Virch. Arch., 1854, VI, p. 174. — Mohs, De lupi forma et structura nonn, Lips., 1855. — Àuspitx, Œlr. med. Jahrb., 1864.
Le lupus est constitué par des noyaux et des cellules déposes sous forme diffuse ou nodulaire dans le derme de certaines régions de la peau (surtout de la face) et parfois des muqueuses voisines. Les noyaux n'offrent rien de caractéristique; ordinairement ils sont ronds; plus rarement ovales et peu ou médiocrement volumineux. Tantôt les cellules manquent complètement, tantôt elles existent en petite quantité,
tantôt enfin elles constituent l'élément principal du néoplasme : elle» ressemblent aux globules blancs uninucléaires du sang, ou bien elles sont plus volumineuses, arrondies ou irrégulières; parfois elles offrent de l'analogie avec les cellules épithélialespavimenteuses. Tous ces éléments sont habituellement renfermés dans une substance fondamentale plus ou moinsabondante. Dans certains cas la plupart des cellules ressemblent aux globules du pus; parfois on rencontre un nombre plus ou moins grand de cellules fusiformes, analogues à celles du sarcome. Il n'est pas encore certain qu'il se forme des capillaires. Les cellule épithéliales des conduits ou des extrémités glandulaires et des follicules pileux s'accumulent parfois, forment des couches concentriques et souvent alors deviennent visibles à l'œil nu.
Les éléments du lupus présentent encore d'autres variations, dan* leur disposition, leur distribution, leurs métamorphoses, etc. En général, ils forment des tubercules très-petits, mais qui peuvent dépasser le volume d'un pois, arrondis, de teinte brunâtre ou rougeàtre, dans l'intervalle desquels la peau présente, à un degré léger, une altération analogue. Parfois l'infiltration, uniforme ou nodulaire, n'atteint jamais la surface du derme; la peau qui la recouvre parait normale ou bien présente une légère desquamation, et après une durée plus ou moins longue, les éléments du lupus se résorbent et laissent une cicatrice lisse ou rayonnée : c'est ce qu'on appelle lupus non exedens, ou bien quand la desquamation épidermique est abondante, lupus exfoliativus. Quand les tubercules ou l'infiltration sont plus développés, le néoplasme prend le n )in de lupus hyperlrophicus. Si les éléments de nouvelle formation se détruisent après avoiratteint la surface de la peau ou de la muqueuse, et s'il se forme des ulcères habituellement recouverts de croûtes et dont le fond repose sur la masse du lupus, c'est ce qu'on appelle lupus exedens, ex ilcerans,rodens, eslhiomenos.
Il résuit»* do l.i description qui précède, que non-seulement les diverses espèces île lupus <e rapportent à des ditterences dans retendue, le* métamorphoses, etc., mais que ee néoplasme présente de nombreuses analogies avec certaines production inflammaloire> aiguës et chroniques, avec les productions tvphiques, tuberculeuses, sarcomateuses et surtjut syphilitiques.
b. — Lèpre.
Punk et Daniellsen, 0-n spcdalskhai., ÎSIT. — i D'après Forsler, Path. Anaiotn.,
e-ediu I. p. 45Ô.)
La lèpre ^élépliontiasis dos Grecs', qui t tait autrefois répandue dans toute l'Europe et endémique eu Allemagne, ne se rencontre plus maintenant en Europe qu'en
Islande, en Norwége (spedalskhed), dans les provinces baltiques de la Russie et sur les cotes de la mer Caspienne et de la Méditerranée ; on la trouve en outre dans l'Asie Mineure, en Arabie, en Egypte, dans les Indes, en Chine et sur quelques points de l'Amérique. Elle existe dans certains pays à l'état endémique et y est plus ou moins répandue; elle s'observe à tout âge, mais surtout entre dix et vingt ans; par-' fois elle est congéniale; elle n'est pas contagieuse, mais quelquefcis héréditaire. La marche en est habituellement chronique, et la guérison très-rare. La mort arrive souvent à la suite d'anémie, d'atrophie, de diarrhées profuses, de pneumonie, de pleurésie et de méningite.
La forme commune de la lèpre est caractérisée par la formation de tubercules : lèpre tuberculeuse. U se développe à la peau et dans un grand nombre d'autres organes, des tumeurs qui se rapprochent en tout des tumeurs lymphatiques. Elles atteignent le volume d'un pois, d'une noix et au delà ; elles sont circonscrites, mais non enkystées; au début, elles sont compactes et leur coupe est lisse et homogène; puis elles deviennent molles, pulpeuses et tombent en détritus en même temps que les tissus malades de manière à produire des cavités et des ulcérations; leur coloration est blanc jaunâtre. L'examen microscopique démontre que ces tumeurs sont en grande partie formées de cellules rondes et granulées, analogues aux globules de lymphe et dans l'intervalle desquelles on trouve une substance granuleuse et albuminoïde. Les nodules sont d'abord petits; ils croissent ensuite jusqu'à ce qu'ils atteignent le volume que nous avons indiqué, et ils tombent alors en décomposition. Parfois le mal s'étend aux ganglions lymphatiques.
Les tubercules de la lèpre se développent dans le derme culané, principalement à la face, mais aussi au tronc et aux extrémités ; ils sont précédés de taches rouges et toujours les tubercules primitifs sont multiples ; ils sont d'abord compactes, mais ils se ramollissent progressivement ; la peau s'ouvre et il se forme des ulcères qui se recouvrent ordinairement de croûtes épaisses dans lesquelles, en Norwége, on a trouvé des acarus de gale innombrables. Parfois les tubercules disparaissent sans s'ouvrir ; quand, exceptionnellement, les ulcères se guérissent, il se produit des cicatrices blanches, ravonnées et fibreuses. Les tubercules et les ulcères se montrent ensuite sur les paupières, la conjonctive, la muqueuse buccale, la langue, les cavités et surtout la cloison nasales, la muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches; puis sur la muqueuse de l'intestin, de l'utérus et des trompes : il se forme en outre de nombreux tubercules sur les membranes séreuses, la plèvre, le péricarde et le péritoine; dans le foie, la rate et les reins et, consécutivement, dans les ganglions cervicaux, bronchiques, mésenlériques etcœliaques; les poumons «u restent toujours eiempts (ce qui distingue la lèpre de la tuberculose, avec laquelle, du reste, elle a beaucoup d'analogie).
Dans l'autre forme de la lèpre, lèpre anesthésique, les tubercules font défaut; mais on trouve à la surface de la moelle une masse dense, épaisse et jaune, qui ressemble à un exsudât fibrineux ou albumineux et qui, probablement, constitue une néoplasie diffuse de même nature que les tubercules lépreux. Cette masse détermine l'atrophie de la moelle, donnant naissance à une paralysie de la sensibilité et pius tard du mouvement; la nutrition epi abolie et ce phénomène se manifeste sous forme de momification et de nécrose de la peau, de gangrène des doigts cl des orteils avec élimination de ces organes. Dans certains cas, les deux formes de lèpre se réunissent chez le même individu.