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ET DES PANSEMENTS

Elles sont destinées à être placées directement sur les plaies pour les protéger contre l’action irritante des matières à pansement ou des antiseptiques ou sur les pansements pour empêcher leur évaporation.

L’extension prise actuellement par les pansements secs, antiseptiques ou aseptiques, a restreint considérablement l’emploi de ces substances imperméables. L’enveloppe imperméable du pansement n’est généralement conservée que pour les pansements humides. Mais on doit toujours recouvrir la plaie ou la ligne de réunion de deux ou trois couches de gaze hydrophile, surtout lorsqu’on emploie le coton absorbant, l’étoupe, le coton de bois, la ouate de tourbe, etc., et que l’on applique un pansement sec.

1° Protective (silk protectivej. — Le prolective de Lister, peu employé aujourd’hui, et qui s’appliquait directement sur les plaies, est une étoffe de soie très mince, huilée et revêtue d’une couche de vernis copal; après dessiccation du vernis, la soie est enduite sur ses deux faces avec une mince couche d’un mélange de dextrine et d’amidon.

Le prix élevé de cette substance lui a fait préférer par beaucoup de chirurgiens le papier de soie ou à cigaretle huilé, la baudruché, la gutta-percha laminée.

2“ Mackintosh . — C’est une étoffe de coton ou de toile imperméabilisée en l’enduisant d'une mince couche liquide de caoutchouc. Le mackintosh, généralement coloré en rose, très souple.

GOLLODION

s’applique sur le pansement pour empêcher l’évaporation de l’antiseptique et assurer l’occlusion de la plaie.

3° La gutta-percha laminée en feuilles très minces se prête aux mêmes usages que le mackintosh et le protective et les remplace souvent. Elle est de conservation très difficile.

4° Le taffetas gommé, taffetas imperméable, fabriqué avec une gaze de soie ou de coton enduite d’huile siccative de lin, peut jouer le même rôle que le mackintosh et est beaucoup moins dispendieux ; il est fréquemment employé. Gomme tous les matériaux préparés à l’huile siccative, U finit par s’altérer lorsqu’on le conserve longtemps en approvisionnement.

3” Le papier ciré se prépare en plongeant une feuille de papier dans de la cire fondue dans un vase chauffé au bain de sable ; après l’avoir retiré, on le fait égoutter et sécher pendant quelques heures dans un endroit froid.

Le papier parcheminé, employé par J. Bœckel, s’obtient par l’imbibition du papier avec l’acide sulfurique.

6“ La paraffine a été employée par Springer comme protective. Dans un vase plat offrant une surface d’environ 30 centimètres carrés, on chauffe de l’eau à 100», on y projette 1 à 2 centimètres cubes de paraffine à point de fusion à 45»-47°, et on laisse bouillir encore pendant une dizaine de minutes. On place ensuite le récipient dans l’eau froide, ce qui amène la solidification de la paraffine sous forme d’une mince pellicule à la surface du liquide. On assouplit cette pellicule en plaçant le vase dans un bain-marie à 40° avant de l’employer et on l’applique sur les plaies par la face qui était en contact avec l’eau.

ARTICLE II

AGGLUTINATIFS, GOLLODION, SPARADRAPS

Le collodion, les sparadraps agglutinatifs, le diachylon remplissent des rôles assez variés dans la pratique des pansements : tantôt ils servent à occlure directement une plaie, constituant ainsi tout le pansement, tantôt on les emploie pour aider au rapprochement des lèvres d’une plaie sous forme de suture sèche, ou encore comme moyen de fixation, etc.

I I. — Collodion

Le collodion est le résultat de la dissolution de la pyroxyline ou fulmi-coton dans un mélange d’alcool et

PANSEMENTS

(l’éther. Découvert en 1847 par Maynard (de Boston), il se présente sous forme d’un liquide sirupeux qui, par son exposition à l’air, laisse comme résidu une matière sèche et blanc grisâtre : on doit par conséquent le conserver dans des flacons hermétiquement clos.

Ce collodion a l’inconvénient, en vertu de sa rétraction, d’attirer trop fortement les tissus à son pourtour et, par suite, de les ulcérer ; en outre il se fendille peu de temps après son application. On lui préfère généralement le collodion élastique obtenu en ajoutant 1 partie d’huile de ricin à 10 gr. de collodion ordinaire (de LatOur).

On applique le collodion au moyen d’un pinceau en crm ou d’un petit tampon de ouate hydrophile ou d’une baguette de verre.

Lorsqu’on se sert du collodion comme moyen d’occlusion, pour les petites plaies et exulcérations, pour fermer la piqûre due à l’introduction d’un trocart, etc., il faut, suivant le conseil de Guyon, l’incorporer à de petits flocons de ouate. On préférera, dans ces cas, le collodion iodoformé ou salolé (10 gr. d’iodoforme ou de salol pour 100 gr. de collodion).

Le collodion est aussi employé pour appliquer des sutures sèches qui seront décrites ultérieurement.

On s’en sert encore comme agent de compression à la périphérie de l’érysipèle, sur le scrotum dans l’orchite, en larges couches sur l’abdomen pour combattre la péritonite (R. de Latour), etc,, etc. ; dans ce dernier cas, à son action compressive s’ajoute l’immobilisation des parois abdominales.

Divers agents médicamenteux ont été incorporés au collodion : iode, tanin, iodoformé, salol ; nous ne pouvons insister sur ces préparations, dont le mode d’emploi n’a rien de spécial.

I IL — Sparaduaps emplastiques

Les sparadraps les plus employés sont le diachylon, le taffetas d’Angleterre, la percaline agglutinative, la baudruche gommée, etc.

Le diachylon, sparadrap emplastique, est préparé en étalant avec une large spatule sur une toile bien ten-

SPARADRAPS EMPLASTIQUES

duo (tissu de chanvre, de lin, de coton, ou de calicot écru) l’emplâtre diachylon à la litharge, ramolli par la chaleur sans dépasser le point de fusion. La couche doit être bien égale, adhérente, et le sparadrap obtenu assez souple pour se rouler facilement. On prépare aussi du sparadrap caoutchouté plus adhésif que le précédent et qui tend à le remplacer.

On reconnaît que le sparadrap est de bonne qualité en le pliant sur lui-même du côté de sa face emplastique et en pressant l’une contre l’autre, avec lesi doigts, les deux surfaces juxtaposées : si, en les séparant brusquement, le diachylon laisse toute sa surface emplastique sur un seul côté, c’est qu’il est de mauvaise qualité ; de même, en appliquant la face emplastique contre la face non emplastique, la première ne doit pas se dépouiller de son emplâtre au profit de la seconde (Ghassaignac). Préparé depuis longtemps, il s’altère, devient sec et cassant.

Lorsqu’on roule une pièce de sparadrap, il faut disposer préalablement sur la feuille emplastique une feuille de papier ciré ou paraffiné pour empêcher l’adhérence de l’emplâtre au dos de l’étoffe.

Pour couper une bandelette de diachylon, la feuille choisie est exactement tendue par un aide qui en saisit une extrémité entre ses deux mains, le chirurgien saisit l’autre extrémité entre le pouce et l’index de la main gauche, et tenant des ciseaux à demi ouverts de la main droite, il les fait marcher dans l’étoffe par une simple pression, sans chercher à couper. La bandelette est ainsi taillée uniformément dans toute sa longueur et sur la largeur choisie. On peut aussi la préparer en déchirant le diachylon entre les doigts après avoir incisé légèrement le point de départ sur le bord de l’étoffe, mais elle est moins régulière et souvent l’emplâtre s’écaille.

Au moment d’appliquer une bandelette, on la chauffe légèrement soit devant un foyer de chaleur, soit en la faisant glisser rapidement entre les doigts, de manière à la rendre plus adhérente par le ramollissement léger de l’emplâtre.

Les bandelettes de diachylon constituent la base essentielle du pansement par occlusion de Ghassaignac ; on les applique aussi sur les plaies atoniques, les

PANSEMENTS

ulcères, etc. ; elles servent à faire des sutures sèches. Les bandelettes sont imbriquées sur les plaies, c’est-àdire que chacune d’elles se recouvre sur la moitié ou le tiers de sa largeur. Sur les escarres de décubitus, on applique des carrés de diachylon taillés en croix de Malte. 11 est nécessaire dans tous ces cas de saupoudrer les plaies avec un antiseptique pulvérulent (iodoforme, nasophène, aristol, etc.).

Les bandelettes de diachylon sont encore employées comme moyen de compression dans les cas d’affection du testicule, en entourant le scrotum du côté affecté dans une sorte de cuirasse ou coque composée de tours croisés, lohg’itudinaux et obliques qui enserrent le testicule à travers les tissus. On leur préfère alors généralement les bandelettes de sparadrap cum mercurio de Vigo.

Avec de larges bandes de diachylon, on remplace avantageusement le bandage de corps dans les fractures de côtes. Inutile d’insister davantage sur tous les modes d’emploi de cet agglutinatif.

2® Le taffetas cV Angleterre (emplâtre adhésif anglais, percaline agglutinative) est un sparadrap préparé à la colle de poisson ou ichtyocolle qui s’extrait de la vessie natatoire de l’esturgeon et renferme de fortes proportions de gélatine. Pour se servir des bandelettes de taffetas, il faut les humecter d’eau ; elles ne sont guère employées ({ue pour les petites plaies des mains, de la face, et sont très adhésives. On prépare du taffetas salicylé, benzoïqué, etc.

3*^ La baudruche, pellicule de l’intestin de bœuf ou de mouton, se gomme, soit avec de la colle de poisson, soit avec une solution de 4 parties de gomme arabique dans 5 parties d’eau et 1 partie de sirop de gomme ; ses usages sont restreints aux petites plaies superficielles.

§ III. — De quelques autres agglutixatifs

Il est encore quelques agglutinatifs employés dans certains modes de pansement ou pour suppléer au collodion.

La solution de' caoutchouc dans le chloroforme ou dans l’essence de térébenthine a servi à Swédiaur à préparer

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